Ki Tétsé – Les enfants responsabilisent leur parents

24 août 2009 at 16:39 | In 1, Ki Tétsé | Leave a Comment
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La paracha de la semaine traite dans les détails les divers cas où un homme va s’unir avec une femme. C’est surtout l’occasion de bien définir ce qui est permis et ce qui est parfois obligatoire. D’où l’évocation de cette veuve qui n’a pas eu d’enfants où la Torah oblige le frère du défunt de la prendre pour épouse et ainsi permettre la continuité de la descendance du disparu. S’il refuse pour diverses raisons il y a la cérémonie de H’alitsa, ainsi la femme n’est plus tenue envers sa belle famille et peut ainsi se remarier avec la personne de son choix.
On voit donc ici l’importance de la cellule familiale, idée que nous dévelpperons dans cet exposé.
Mais revenons au début de la paracha qui commence par le verset suivant : “Quand tu iras en guerre contre tes ennemis, que l’Éternel, ton Dieu, les livrera en ton pouvoir, et que tu leur feras des prisonniers; si tu remarques, dans cette prise, une femme de belle figure, qu’elle te plaise, et que tu la veuilles prendre pour épouse, tu l’emmèneras d’abord dans ta maison; elle se rasera la tête et se coupera les ongles, se dépouillera de son vêtement de captive, demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère, un mois entier. Alors seulement, tu pourras t’approcher d’elle et avoir commerce avec elle, et elle deviendra ainsi ton épouse. S’il arrive que tu n’aies plus de goût pour elle, tu la laisseras partir libre de sa personne, mais tu ne pourras pas la vendre à prix d’argent: tu ne la traiteras plus comme esclave, après lui avoir fait violence.” (Dévarim 21,10-14)
On remarquera que le verset précise que l’homme part en guerre et non pour faire la guerre car c’est Hachem qui se bat et qui décide de livrer les ennemis de son peuple en captivité. Il s’agit ici d’un cas particulier où la Torah, connaissant à la perfection la nature de l’homme, autorise ce dernier à s’unir avec une captive originaire d’une nation ennemie du peuple Juif, qui par sa beauté a été envoyée aux premières rangées afin de détourner la concentration des combattants ennemis et ainsi les pousser à faillir dans leur mission.
De plus, on avait appris dernièrement que les soldats Hébreux étaient tout d’abord les plus grands érudits et les plus pieux parmi les gens du peuple. Mais la Torah n’épargne personne car nul ne saurait résister à l’attirance sexuelle qu’une femme, aussi dépravée soit-elle, provoquerait chez l’homme. Et c’est pourquoi ce soldat pourra la prendre pour épouse après un mois où elle aura été laissée dépérir et convertie par la suite. En effet on devra lui raser la tête, laisser pousser ses ongles, l’isoler pour qu’elle puisse pleurer ses parents et ses origines, et si malgré tout notre combattant la désire toujours, il s’unira avec elle et ainsi elle sera son épouse.
Qu’est-ce que ce texte aurait à nous enseigner de plus si ce n’est la force du Yetser Ara qui pousse l’homme à agir contrairement à tous ses principes?  La Torah étant humaine, l’autorise à s’unir avec cette femme car sinon il n’y résistera pas !!!
Le Yetser Ara est un expert et agit en provoquant chez l’homme l’impression que cette faute lui est autorisée pour une série de raisons. Il se rassurera en pretextant que la Torah ne lui demande pas d’être  un Tsadik mais plutôt d’être respectueux des 613 commandements, un bon Juif en quelque sorte…
Justement, le verset précise “et que tu la veuilles prendre pour épouse”, nos Sages de déduire: pour toi mais pas pour tes enfants. Ce qui signifie que les raisons, pour lesquelles tu te permets l’union avec une femme qui représente le contraire des valeurs que tu voudrais transmettre à tes enfants, ne seront pas justifiées aux yeux des enfants que tu auras avec elle. L’influence destructrice ne sera pas tempérée par toutes ces raisons !!!
 
Souvent on pense que nos enfants peuvent très bien imaginer comme nous des pretextes à nos actions et trouveront le moyen de nous déculpabiliser, alors que c’est totalement faux. Car ce qu’on se permet à postériori en disant qu’on avait pas le choix, devient chez nos enfants une philosophie de vie à priori. Ils ne jugent que les actes et puisque papa agit ainsi, alors nous aussi et c’est tout !!!
Le Kli Yakar nous enseigne qu’en vérité il y a plusieurs endroits dans la Torah où l’on évoque le Yetser Ara. On reconnait facilement agir en dépit de notre conscience simplement parce que la pression sociale est trop grande, même si à priori il serait préférable d’agir différement. On se justifiera on disant que ce ne sont que des interdits de nos Sages mais que la Torah n’est pas vraiment explicite sur le sujet.
C’est pourquoi il est impératif de savoir qu’il est possible de trouver des raisons justifiant nos actes, qu’il est trop dur de nager à contre-sens mais il ne faut pas oublier le regard de nos enfants sur nous. Un gamin qui voit ses parents investits dans le matériel, où tout est axé sur le paraître et non sur l’être, il ne faudrait surtout pas espérer qu’il ait une quelconque attirance vers la démarche spirituelle de la vie, au-delà de ce que la société propose.
Et c’est tout naturellement que la paracha poursuit par l’histoire de cet enfant rebelle, âgé de 12 ans, qu’il faudra tuer et ainsi l’empêcher de devenir criminel. L’histoire nous a montré que ce cas n’est jamais arrivé dans notre peuple, mais la Torah n’écrit jamais des commandements pour rien et la leçon de tout ça est que tout est lié, qu’on ne peut occulter de notre conscience les conséquences de nos actes et que les gens ne sont pas forcément portés vers un jugement circonstentiel de ce qu’on leur montre de nous-mêmes.
Je terminerai en partageant avec vous l’histoire connue sur le Gaon de Vilna qui reçut un jour la visite du boucher du village lui demandant comment se fait-il que son camarade de classe soit devenu Gaon (le plus sage de sa génération) et que lui et ses enfants, de simples bouchers ? le Gaon lui demanda :
_ “quand est-ce que tu as commencé à te préoccuper de l’éducation de tes enfants ?
_ dès qu’ils ont eu l’âge de parler.
_ moi, j’ai commencé lorsque j’ai eu l’âge de 15 ans !!!!!
 
Ce qui nous montre que nous nous devons, par soucis de père et surtout de futur père, nous habituer à agir en fonction de ce que nos enfants comprendraient pour eux-mêmes. Ceci nous responsabilise bien avant d’en avoir et l’on ne pourra jamais dire qu’on observera les mitsvot seulement lorsqu’on mettra nos enfants à l’école juive, car pour bien imprégner nos héritiers des valeurs profondes du judaïsme il faudrait déjà nous éduquer nous-mêmes, afin de jouïr pleinement de l’épanouïssement et de la plénitude dans nos familles !!!

Choftim – Lutter face à la menace psychologique de l’ennemi

16 août 2009 at 12:48 | In 1, Choftim | Leave a Comment
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Cette semaine, la paracha commence par l’ordre de mettre en action, dès l’entrée du peuple Juif en Israël, un appareil juridique et policier agissant avec impartialité et professionalisme. Il y a là une nécéssité de rendre justice rapidement, pas de mise en examen, pas d’emprisonnement le temps de préparer l’accusation. Il est vrai que la justice permet d’éviter les conflits, de protéger les dominés. Mais tout cela n’est que conséquence de la justice mais pas le but recherché. En effet, ce dernier est beaucoup plus métaphysique, car la justice permet à l’homme de purifier son relationnel avec son prochain. Il y a là notion de purification tout comme celle des sacrifices qui permet à l’homme de se rapprocher de l’Eternel. On comprend pourquoi l’animal devait être Cacher mais surtout sans défaut physique, car il est un vecteur de pureté.
Ce préambule nous permet de mieux aborder le sujet de la guerre. Après que Hachem énnoncera précisément ce que signifie la justice durant les trois quarts de la paracha, voici que l’on change de chapitre et le verset d’annoncer: “Quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille, et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, n’en sois pas effrayé; car tu as avec toi l’Éternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte.” (Devarim 20,1)
Rachi explique le rapprochement en disant que si l’on garde la justice scrupuleusement, Hachem nous protègera lors des guerres à venir.
De nos jours avec la menace atomique que l’Iran fait peser sur nous en Israel, les menaces verbales de ces derniers jours qui échauffent les esprits de chacun, ce verset devient des plus actuels. C’est pourquoi il serait intéréssant d’analyser, d’après la Torah, ce que veut dire la peur de l’ennemi. Car le passouk est clair en nous ordonnant de repousser ces sentiments de craintes qui, à priori, sont naturels. Néanmoins, si l’on poursuit notre lecture on s’aperçoit qu’il y a contradiction avec l’ordre de partir en guerre sans crainte de notre vulnérabilité potentielle. Le verset continue: “Or, quand vous serez sur le point de combattre, le pontife s’avancera et parlera au peuple. Il leur dira: “Ecoute, Israël! Vous allez, en ce moment, livrer bataille à vos ennemis; que votre courage ne mollisse point; soyez sans crainte, ne vous laissez ni déconcerter ni terrifier par eux. Car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui marche avec vous, afin de combattre pour vous contre vos ennemis et de vous procurer la victoire.” Ensuite les préposés parleront au peuple en ces termes: “Si quelqu’un a bâti une maison neuve et n’en a pas encore pris possession, qu’il parte et s’en retourne à sa maison; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre en prendrait possession. Si quelqu’un a planté une vigne et n’en a pas encore acquis la jouissance, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre acquerrait cette jouissance. Et si quelqu’un a promis mariage à une femme et ne l’a pas encore épousée, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre homme l’épouserait.” Les préposés adresseront de nouveau la parole au peuple, et diront: “S’il est un homme qui ait peur et dont le cœur soit lâche, qu’il se retire et retourne chez lui, pour que le cœur de ses frères ne défaille point comme le sien!” Alors, les préposés ayant fini de parler au peuple, on placera des officiers de légions à la tête de l’armée.” (Devarim 20,2-9)
On se demande alors, si la Torah prévoit qu’il puisse avoir des morts au combat, pourquoi nous demande-t-elle de ne pas avoir peur de l’ennemi ??? La réponse se trouve dans le verset lui-même si l’on prend la peine de le lire correctement. Il s’agit de la peur des chars, d’un peuple plus nombreux. Qu’est-ce qui engendre la peur ? Le danger lui-même n’effraie pas car objectivement tout le monde sait qu’il y a toujours des morts lors d’un conflit, mais lorsqu’on observe l’ennemi, son arsenal, sa force de frappe, on est pris d’un effroi incontrolable. C’est l’imagination, la projection de ce que pourrait impliquer une défaite qui détruit le morale du soldat. C’est là tout le message qu’Hachem veut nous donner.
Il ne faut pas croire que ce sont les armes, les missiles ou les chars de nos ennemis qui sont la menace, ils ne sont qu’une illusion car en fait Hachem contrôle ces ustensils. Il ne s’agit pas ici de rentrer sa tête dans le sable et attendre de se faire tirer dessus en pensant que peu importe l’arme qui va faire le sale boulot puisque de toute façon le résultat sera le même. Au contraire, on se doit d’anticiper et d’adopter la meilleure stratégie pour gagner le plus facilement. Hachem nous interdit de craindre la menace psychologique de l’ennemi. On a tous en mémoire les défilés des chars russes pendant la guerre froide, ou dernièrement ceux d’Iran. Leur manière n’a pas changé, il y aura toujours quelqu’un pour menacer le peuple Juif, mais notre réaction doit toujours être la même, à savoir que la menace n’est pas directement liée à l’ennemi, ce dernier n’a pas la possibilité d’exécuter tant qu’Hachem ne lui donne pas le feu vert. Tout n’est qu’illusion et c’est l’Eternel qui fait la guerre.
 
Le Hafets Haïm reprend cet enseignement pour aller encore plus loin et dire que la vrai guerre n’est pas celle que nos enemis nous livrent mais surtout celle que notre Yetser Ara nous prépare à chaque moment de la journée. Ce sont les mêmes procédés qui agissent ici. Prenons l’exemple d’un homme qui se lève le matin en prenant la ferme résolution de modifier son quotidien. Aujourd’hui il sera à l’heure à la prière, il ne quittera pas la synagogue avant la fin, il gèrera ses affaires le plus justement et sans compromis, il sera concentré au cours de Torah du soir; toute une révolution dans sa journée !!
Mais le Yetser Ara se prépare également au combat…, il sait que cet homme tiendra ses promesses tant qu’il restera concentré sur ses nouveaux objectifs. Ainsi, il va tout faire pour l’en éloigner. Et c’est parti: le téléphone sonne juste avant que notre homme ne franchisse le pas de la porte pour aller à la synagogue, au milieu de la prière il se souviendra que juste aujourd’hui il avait promis à son épouse de faire les courses avant d’aller au travail, et là dommage que justement aujourd’hui vient l’assureur constater les dégats et qu’il faille arrondir le montant (vers le haut bien sûr). On le comprend mais demain c’est sûr il sera parfait ……
C’est ainsi qu’on prend conscience de l’emprise qu’exerce sur nous cet ennemi intérieur. A chaque fois on a l’impression de ne pas avoir le choix, on voudrait être sur la bonne voie mais encore une fois tout n’est qu’illusion et il nous est difficile de s’en défaire.
 
La justice, c’est cela !! C’est remettre de l’ordre dans notre vie et tout d’abord à l’intérieur de nous mêmes. C’est une chance que D.ieu nous donne d’avoir un mois entier pour se préparer à Roch Hachana, en purifiant notre intérieur par l’introspection, le bilan de nos actions, l’analyse de nos faiblesses, des mauvaises influences, de notre léthargie à accomplir les mitsvot. Hachem nous interdit d’avoir peur, cette peur qui bloque l’esprit, celle qui nous ralentit dans notre engagement, ce “je peux pas, c’est pas pour moi”…
Il faut se dire qu’Hachem fait ce qu’il a à faire, la nature remplit son rôle à merveille, le soleil ne refuse jamais d’éclairer le monde, et les nations attendent toujours de nous voir exemplaire, mais nous est-ce que nous remplissons notre rôle de Juif ? Alors faisons ce que nous avons à faire et au diable les illusions !!!!
Je terminerai en évoquant le message adressé dans la paracha de la semaine dernière. Hachem présente au peuple Juif  le choix entre la bénédiction si l’on suit les commandements de la Torah et la malédiction si on les refusent. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de troisième option, celle du milieu à savoir: accomplir ce qui nous arrange parmi les mitsvot de manière passer entre les mailles en disant “qu’on me laisse tranquille, je veux être ni beni ni maudit !”
C’est impossible, notre histoire nous a montré qu’il n’y a jamais eu de période où l’on a cessé de s’interresser aux juifs.
Souhaitons que  le mois de Eloul nous permette de faire le vide à l’intérieur de nous mêmes et qu’Hachem nous aide à prendre les bonnes résolutions pour l’année à venir !!!!

Balak – La jalousie et la concurence détruisent la société

2 juillet 2009 at 19:05 | In Balak | Leave a Comment
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Cette semaine nous est racontée l’histoire d’un roi Moabite Balak qui a fait appel à Bilam, le plus grand des prophètes et des magiciens parmi les nations pour maudire le peuple Juif et ainsi l’affaiblir en l’écartant de sa foi. ”Il envoya des messagers à Bilam, fils de Beor, à Pethor qui est sur le fleuve, dans le pays de ses concitoyens, pour le mander, en ces termes: “Un peuple est sorti d’Egypte; déjà il couvre la face du pays, et il est campé vis-à-vis de moi. Viens donc, je te prie, et maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi: peut-être parviendrai-je à le vaincre et le repousserai-je du pays. Car, je le sais, celui que tu bénis est béni, et celui que tu maudis est maudit.”(Les Nombres 22,5-6)

Bilam accepte et rencontre un ange d’Hachem sur son chemin qui l’avertit du risque qu’il prenait en tentant de s’opposer aux destinées du peuple élu. Ainsi Bilam rejoint Balak sur une colline dans le désert surplombant le campement des Hébreux et le prévient de répéter strictement les propos que D.ieu lui dictera.

On connait la suite, à trois reprises ce ne seront que des louanges proférées par Bilam, déconcerté, qui énerveront Balak au point de renvoyer ce prophète chez lui avec toutes les malédictions qu’on puisse souhaiter à son pire ennemi.

Quel est le message qui nous est adressé à travers ce récit ? Le fait que nous soyons super protégés par Hachem ? Surement pas, l’histoire nous montrera le contraire car nos ancêtres ont fauté, suite à cet événement, en se laissant séduire par les Moabites, réputées pour exceller en philosophie idolâtre et extérieurement vêtues de la dernière mode.

La description de l’état d’esprit du peuple Juif à cette époque nous est contée par les louanges de Bilam, dictées par l’Eternel lui-même.

Je voudrais relever avec vous l’une d’entre elles qui a fait de ce verset un chant connu de tous : “Ma tovou oalé’ha Yaacov michkénoté’ha Israel” qui se traduit par “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël!” (Les Nombres 24,5). On notera la présence des deux noms de notre patriarche Yaacov, appelé plus tard Israël par Hachem lui-même.

Rachi explique ce verset en relevant une caractéristique propre aux Hébreux, qui dans leur campement du désert ont tenu à respecter l’intimité du voisin en évitant de placer les portes de leur tentes les unes en face des autres. c’est ce qui a inspiré Bilam à citer ce verset.

Dans le traité de Sanhédrine (108 A) Rabbi Yo’hanane nous enseigne qu’à travers les bénédictions de cet impie (Bilam) on discerne les mauvaises intentions de ce dernier. Car nous savons qu’il avait été engagé pour maudire le peuple du Livre et Hachem renversait le tout par des louanges. Bilam désirait anéantir les synagogues et autres lieux d’étude de la Torah, ainsi l’Eternel lui dicta “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob”. il souhaitait écarter la présence Divine, mais Hachem lui récita “Tes demeures, ô Israël”.

 

A priori on serait tenter d’opposer l’explication de Rachi à celle de la guémara Sanhédrine car selon Rachi l’intention de Bilam était de maudire ce peuple qui tenait à respecter profondément la vie privée de chacun, alors que d’après la guémara il voulait anéantir leur lieux de cultes.

 Penchons nous d’abord sur le commentaire de Rachi. En fait, ce qui a frappé Bilam était cette capacité de chacun à améliorer son confort sans empêcher le voisin de respecter ce proverbe de nos sages: qui est riche ? celui qui sait se réjouir de ce qu’il possède.

Cette philosophie de vie nous permet de comprendre le fait que grâce à cela nul ne serait amené à convoiter, à jalouser son prochain et à rechercher tous les moyens d’en avoir autant. En effet, la jalousie, indépendamment du mal qu’elle contient en elle, provoque chez l’homme le besoin de courir après les plaisirs de ce monde, et de ralentir sa recherche spirituelle. Les sages nous ont enseigné à ce propos que celui qui désire faire rentrer à l’intérieur de soi les enseignement que nous offre la Torah doit auparavant prier afin de moins désirer manger et boire.

On comprend maintenant que les enseignements de Rachi et du Talmud sont en fait complémentaires, car en se comportant de manière à ne pas convoiter le bien de son prochain on empêche le Yetser Ara de nous influencer à rechercher les plaisirs les plus matériels de ce monde. Ainsi l’homme devient libre de vouer sa vie à l’évolution spirituelle quotidienne qui apporte un équilibre à tous ceux qui harmonisent leur vie en concordant leurs besoins matériels à ceux spirituels.

Bilam désirait mourir tel un juste, “Qui peut compter la poussière de Jacob, nombrer la multitude d’Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur!”(Les Nombres 23,10), c’est à dire faire téchouva une minute avant de quitter ce monde sans faire un bilan de ses actes régulièrement et essayer de se parfaire en vivant harmonieusement avec la Torah.

Il voulait mourir avec la téchouva mais pas vivre avec cette dernière.

C’est un sentiment qui abrite beaucoup de gens de la communauté, et cela de tout temps. On écoute le discours du rabbin le chabbat matin, on s’en souvient et on le répète quelque fois à table, mais aller jusqu’à mettre en application ces conseils de vie dans son quotidien, s’en est trop ! Changer ses habitudes, maitriser ses envies, se réjouir de se qu’on a c’est bon pour les hommes qui ne vivent que pour l’étude de la Torah !!!

Cette bonne conscience pour les autres nous affaiblit nous-mêmes et nous empêche de rechercher l’authenticité dans notre vie. C’est pour cela qu’il faut encore plus s’investir dans l’étude et tout mettre en œuvre pour l’intégrer dans notre quotidien, car tout le monde envie celui qui vit en harmonie avec sa conscience !!!!!

Quelle liberté d’action !!!

Bamidbar – Objectif commun, chemins différents

22 mai 2009 at 14:44 | In Non classé | Leave a Comment
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Le livre des Nombres commence ainsi: “Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël, selon leurs familles et leurs maisons paternelles, au moyen d’un recensement nominal de tous les mâles, comptés par tête. Depuis l’âge de vingt ans et au-delà, tous les Israélites aptes au service, vous les classerez selon leurs légions, toi et Aaron. Vous vous adjoindrez un homme par tribu, un homme qui soit chef de sa famille paternelle. ” (Bamidbar 1,2-3-4)

La Paracha qui ouvre ce quatrième tome du Pentateuque évoque, en abondant de détails, dans un ordre bien rigoureux, le recensement du peuple Juif. En lisant les versets de ce dénombrement des hommes agés de vingt à cinquante ans, on a l’impression de se retrouver dans un bureau de statistiques nationales et, mis à part l’information des chiffres intéréssante, on est en droit de se demander quelle est la raison si cruciale de quantifier, de compter chaque tribu des Hébreux durant cette traversée du désert, au point que tout ce livre soit intitulé ‘Les Nombres’? De plus, que nous apporte ce recensement sur le plan spirituel, des milliers d’années plus tard?

En fait, il faut comprendre que dans le précédant livre, le Lévitique que nous venons de clôturer, il nous a été enseigné les lois du sacrifice avec tous les détails permettant à la sainteté du peuple Juif de péréniser dans le temps, tant sur le plan individuel que collectif. Désormais, le temps est à la concrétisation de cet état de fait et le livre de Bamidbar vient nous indiquer le moyen de réaliser cette mission ô combien vitale pour la suite de l’histoire de notre peuple. Comment donc construire ce foyer juif tout en évitant les pièges que nous réserve l’Histoire?

La première étape consiste à “relever” le nombre exact de membres en âge d’activité. Dans le terme relever il ya le mot lever qui indique dès l’ouverture de ce recensement la présence d’une donnée à caractère spirituel puisqu’il s’agit d’élevation. En effet, compter est aussi séparer, individualiser, mais surtout apporter une importance à chaque entité bien définie et de ce fait indépendante. Chaque membre, quel que soit ses qualités, bonnes ou mauvaises, est appelé à remplir une mission unique au sein du peuple, et qu’il est seul à même de réussir. Nous avons déjà une indication quant à la nécéssité de recenser seulement les hommes âgés de 20 à 50 ans, qui sont principalement les seuls capables, physiquement et mentalement, de répondre à cette attente. Seulement eux sont considérés comme membre de cette “communauté des enfants d’Israël” car une communauté est un groupe de personnes qui ambitionnent l’atteinte d’un objectif commun et qui conjuguent ensembles leur force pour y parvenir.

Partant de ce principe, nous pouvons comprendre le sens de ce “recensement nominal” car le nom exprime l’essence de la personne qui le porte, et c’est une invitation à un placement de chacun au bon endroit, pouvant remplir sa mission selon ses capacités. D’autre part, il ne s’agit pas d’un recensement d’individus uniquement mais celui de “familles”, de “maisons paternelles”. Chaque famille est bien distincte de ses voisines mais il n’y a pas de paradoxe avec l’appélation commune d’enfants d’Israël. La Torah vient nous enseigner une règle de base à savoir que malgré le fait que l’objectif soit commun - nous tous étudions la Torah et respectons ses mitsvot - le chemin emprunté pour atteindre l’objectif qui est de vaincre le Yetser Ara et acquérir la crainte d’Hachem, doit forcément être différent pour chacun d’entre nous tant nos caractères et nos personalités diffèrent selon les personnes, les familles ainsi que les tribus. Il est donc évident que cette approche sera différente et devra être adaptée selon les personnes.

En conclusion, nous voyons que l’unité du peuple Juif n’est pas une notion abstraite ou superficielle, elle répond à un objectif qui est celui de l’éternité. Pour l’atteindre il faut avoir à l’esprit ces deux paramètres indissociables qui sont: l’union des personnes par le fait qu’elles sont toutes au même niveau face à leur mission, mais également la reconnaissance de la différence entre ces derniers et non l’occultation. C’est la garantie de l’éternité du peuple Juif ainsi que sa mission spirituelle en ce monde.

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