Kedochim – Sanctifier le matériel
1 mai 2009 at 14:57 | In Kedochim | 1 CommentTags: Adam, Arou'h Achoul'han, Bnei Brak, Bnei Israel, Chabbat, Créateur, Devarim, Dix Commandements, eternel, gloire de l'Eternel, hachem, Kedochim, Kedoucha, Maitre du Monde, matériel, Midrache Raba, mitsvot, Mont Sinaï, paracha, Parnassa, peuple juif, Prouchim, Rachi, Rav Yehiel Epstein, Rav Zilberstein, respect des parents, sainteté, Sanctifier, Soyez saints, torah, Vayikra, veau d'or
”Parle à toute la communauté des enfants d’Israël et dis-leur: Soyez saints! Car je suis saint, moi l’Éternel, votre Dieu. Révérez, chacun, votre mère et votre père, et observez mes sabbats: je suis l’Éternel votre Dieu.” (Vayikra 19,2-3)
Ces deux versets par lesquels la Paracha commence, indiquent au lecteur que la notion de Kedoucha, de sainteté, est liée à celles du respect des parents et de l’observance du Chabbat. La question saute aux yeux, à savoir quel est le rapport entre cette notion de sainteté d’une part, qui à priori fait appel à un état d’esprit des plus élevés, ainsi que Rachi traduit Kedochim par Prouchim, celui de la piété, et le respect des parents et du Chabbat qui sont apparemment des mitsvot qui relèvent de la morale collective? De plus, pourquoi le verset termine-il par la répétition “je suis l’Éternel votre Dieu”?
Le Rav Yehiel Epstein, auteur du Arou’h Achoul’han rappelle que lors de la seconde fois où les Dix Commandements ont été énoncés, dans le livre de Devarim, on retrouve explicitement “je suis l’Éternel” à propos de ces mêmes mitsvot: “Observe le jour du Sabbat pour le sanctifier, comme te l’a prescrit l’Éternel, ton Dieu…Honore ton père et ta mère, comme te l’a prescrit l’Éternel, ton Dieu, afin de prolonger tes jours et de vivre heureux sur la terre que l’Éternel, ton Dieu, te destine.” (Devarim 5, 11-15)
Le sens à cela est le suivant: ces deux commandements sont logiques, acceptés et promulgués dans toutes les civilisations modernes, car il est concevable chez tout un chacun que l’homme a besoin d’un jour hebdomadaire pour se ressourcer et ainsi pouvoir péréniser son efficacité dans son travail, tout comme respecter ses parents relève de la morale minimum. C’est pourquoi la Torah nous recommande de ne pas respecter ces mitsvot sous pretexte que tous les peuples s’accordent sur leur nécéssité pour l’humanité, mais parce que Hachem nous l’a ordonné “comme te l’a prescrit l’Éternel”. La première fois où ont été prononcés les Dix Commandements au Mont Sinaï, il n’y avait pas de besoin d’un tel avertissement tant le degré spirituel des Bnei Israël était élevé et comparable aux anges, mais suite à la faute du veau d’or qui les avait fait descendre de niveau il fallait appuyer, préciser que ces commandements doivent être respectés seulement “comme te l’a prescrit l’Éternel”.
Nous pouvons aussi ajouter que la proximité des versets “Soyez saints” et “Révérez, chacun, votre mère et votre père, et observez mes sabbats” indique le chemin qui permet d’atteindre la Kedoucha, car lorsque l’homme observe les mitsvot pour honorer le Maître du Monde, et non pas parce que ces lois ne dérangent pas son mode de vie, il s’élève et peut arriver à la sainteté. Il en est ainsi pour toutes nos activités touchant au matériel, si l’on conjugue le spirituel dans le domaine matériel en donnant une place centrale au Créateur dans notre vie, alors nous pouvons sanctifier notre existence!
Nous pouvons désormais comprendre le Midrache Raba (Vayikra 24,9): ‘Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté’. A savoir qu’Hachem nous demande de tendre à un haut niveau de sainteté mais seulement en sanctifiant le matériel et non pas en devenant ascète comme d’autres croyances le préconise. Le peuple Juif est constitué de personnes égales les unes des autres si bien qu’il n’y a pas de hiérarchie qui ferait que l’élevation n’est réservée qu’aux élites, au contraire, chaque homme a le devoir de se réaliser en sanctifiant son quotidien, en agissant pour la gloire de l’Eternel!
A ce propos, le Rav Zilberstein raconte l’histoire du premier imprimeur de Bnei Brak qui avait l’exclusivité dans ce secteur jusqu’au jour où un concurent vint s’installer en face de lui. Evidemment toute la famille s’insurgea, mais quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils virent leur père accueillir ce nouveau concurent les bras ouverts en lui donnant une longue liste de clients et en lui expliquant durant de longues heures le fonctionnement des machines à imprimer. Ses enfants lui demandèrent, interloqués: nous pouvons comprendre que par ta bonté extraordinaire tu n’as pas chercher à le nuire, mais montre nous le verset dans la Torah qui te demande d’aider ton concurent avec une si grande générosité?
Leur père leur répondit calmement: il y’a bien une chose sur laquelle nous sommes tous d’accord, c’est que la Parnassa (gagne-pain) est fixée par l’Eternel et que personne ne peut ôter de son prochain ce qui lui est réservé ne serait-ce qu’un sou, donc c’est tout naturellement que j’ai aidé cette personne qui vient seulement d’entrer dans ce secteur d’activité en sachant que rien de ce qui m’est réservé par Hachem ne sera touché, n’est-ce pas?
Cette histoire nous montre qu’en fait nous savons beaucoup de choses qui nous permettent de connaître la véritable pensée juive mais qui ne sont pas assez ancrées dans notre esprit, et c’est cela la sagesse, c’est de vivre en harmonie avec ces enseignements. Ce vieil imprimeur continua: ‘mes chers enfants, sachez que chercher son gagne-pain est une malédiction car si jamais Adam (le premier homme) n’avait pas fauté nous aurions le mérite de vivre en priant et étudiant la Torah tout le temps, mais puisque désormais nous devons suer pour gagner notre vie, n’est-ce pas une occasion en or de me décharger de cette malédiction en aidant mon prochain et ainsi pouvoir être plus libre d’étudier dans la joie? N’avons-nous pas assez de pain pour manger et d’habits à porter?’
Voici un exemple vivant de ce que peut voiloir signifier la sainteté, au-delà de ce que cet homme a été miséricordieux avec son prochain, il a répandu la Kedoucha dans le monde entier!
Vayikra – L’humilité inégalable de Moché Rabénou!
27 mars 2009 at 13:01 | In Vayikra | Leave a CommentTags: paracha, hachem, moise, torah, eternel, Pentateuque, peuple juif, Bnei Israel, Rachi, Mer Rouge, Maitre du Monde, prophète, Tabernacle, Vayikra, Moché Rabénou, humilité, Tente d'assignation, sacrifices, Michkane, Bera'ha, humble
La Paracha Vayikra (1, 1) s’ouvre sur ces mots : « L’Éternel appela Moïse, et lui parla, de la Tente d’assignation, en ces termes». Ce troisième livre du Pentateuque “Vayikra” traîte des sacrifices, chacun avec ses particularités, que les Bnei Israel allaient apporter au Michkane, ce tabernacle transportable. Mais le mot “vayikra” est un appel d’Hachem à Moché avec une connotation affective, tel que l’explique Rachi. On voit que contrairement aux autres prophètes où Hachem leur parlait subitement et sans préambule, Moché se fait appeller d’une manière plus respectueuse, comme l’on ferait à quelqu’un de respectable, une personalité.
Parallèlement, on retrouve dans toute la Torah la même attitude chez Moché rabénou, sa Anava (humilité) hors du commun.
Dès la première rencontre avec D.ieu dans le buisson ardent, Moché se voile le visage, se tenant à distance. Tout comme ici après la construction du tabernacle, il se comporte de la sorte, toujours effacé si bien qu’Hachem l’interpelle affectueusement, l’élevant vers Lui !!!!
Le message ici est profond car il nous enseigne la notion d’humilité telle que Moché l’avait perçu. Car pour nous cette notion est relative, proportionnelle à la personne. Un homme simple ne paraîtra pas extraordinaire par son humilité car on ne s’attendrait pas à un autre comportement. De même un homme public, avec de nombreuses responsabilités, tel qu’un ministre, son humilité sera mal appréciée voire déplacée. On attend de la prestance et de l’assurance mettant en avant le sens de ses responsabilités, ceci ne sera pas perçu comme de l’orgueil au contraire !!!
De ce point de vue, on ne comprend plus la démarche de Moché qui est le dirigeant du peuple Juif. Un homme d’une extrême grandeur, qui a eu le mérite de faire sortir cette nation d’Egypte, leur ouvrir la Mer Rouge, un homme qui a parlé directement avec Hachem, restant 40 jours et 40 nuits dans les sphères célèstes, avec les anges pour apprendre la Torah orale. Comment peut-il continuer à rester effacé, attendant patiemment l’appel de l’Eternel ????
Cependant, il faut bien le comprendre, l’humilité de Moché n’était pas un refus de l’honneur seulement, c’était tout simplement une partie de lui-même, sa véritable personalité. De ce fait, il n’avait jamais besoin de se demander comment les gens percevraient telle ou telle démarche initiative. Il avait conscience que plus il s’approchait d’Hachem et percevait Sa grandeur, plus il avait conscience de la petitesse de l’homme. On pourrait dire que son humilité n’était pas dans son rapport à autrui, mais plutôt dans son approche de l’Eternel, et donc, pas tenue à une chose !!!!
Hachem l’avait réellement compris et c’est pour cela qu’un miracle se produisait dans le dialogue entre Moché et le Maître du monde; Rachi explique que le son de la voix d’Hachem traversait le campement du peuple Juif arrivant jusqu’aux oreilles de Moché sans que personne n’entende quoi que se soit. Ainsi le prophète pouvait rester fidèle à lui-même, sans que personne s’aperçoive qu’il communiquait avec D.ieu.
Le sujet de la Anava me tient à coeur, car il y a quelques années j’ai appris la disparition brutale de mon ancien directeur du kodech au Gan Ami à Marseille, emporté par un infarctuce un vendredi soir alors qu’il chantait les chants de chabbat Vayikra. Rav Jacky Barkats comme on l’appellait, n’avait même pas 60 ans. Je l’ai toujours connu effacé mais actif, toujours présent et initiateur de tous les projets de l’école. On se considérait tous pour ses enfants, tant il nous aimait et c’est cette valeur hors du commun qui le caractérisait, demandant toujours conseil avant d’agir et allant jusqu’au plus profond de chaque enfant pour l’aider à donner le meilleur de lui-même !!!
Son emprunte indélébile accompagne aujourd’hui encore des milliers d’anciens élèves, à savoir que la Torah doit être vécue au quotidien dans la joie et que l’action doit aller au delà des connaissances tout en restant humble !!!
C’est le testament qu’il nous a laissé, quittant ce monde au lendemain soir du conseil de classe…. Que son souvenir soit une source de Bera’ha!
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