Balak – La jalousie et la concurence détruisent la société

22 juin 2010 à 19:05 | Publié dans Balak | Laisser un commentaire
Tags : , , , , , , , , , , , , , , , ,

Cette semaine nous est racontée l’histoire d’un roi Moabite Balak qui a fait appel à Bilam, le plus grand des prophètes et des magiciens parmi les nations pour maudire le peuple Juif et ainsi l’affaiblir en l’écartant de sa foi. ”Il envoya des messagers à Bilam, fils de Beor, à Pethor qui est sur le fleuve, dans le pays de ses concitoyens, pour le mander, en ces termes: “Un peuple est sorti d’Egypte; déjà il couvre la face du pays, et il est campé vis-à-vis de moi. Viens donc, je te prie, et maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi: peut-être parviendrai-je à le vaincre et le repousserai-je du pays. Car, je le sais, celui que tu bénis est béni, et celui que tu maudis est maudit.”(Les Nombres 22,5-6)

Bilam accepte et rencontre un ange d’Hachem sur son chemin qui l’avertit du risque qu’il prenait en tentant de s’opposer aux destinées du peuple élu. Ainsi Bilam rejoint Balak sur une colline dans le désert surplombant le campement des Hébreux et le prévient de répéter strictement les propos que D.ieu lui dictera.

On connait la suite, à trois reprises ce ne seront que des louanges proférées par Bilam, déconcerté, qui énerveront Balak au point de renvoyer ce prophète chez lui avec toutes les malédictions qu’on puisse souhaiter à son pire ennemi.

Quel est le message qui nous est adressé à travers ce récit ? Le fait que nous soyons super protégés par Hachem ? Surement pas, l’histoire nous montrera le contraire car nos ancêtres ont fauté, suite à cet événement, en se laissant séduire par les Moabites, réputées pour exceller en philosophie idolâtre et extérieurement vêtues de la dernière mode.

La description de l’état d’esprit du peuple Juif à cette époque nous est contée par les louanges de Bilam, dictées par l’Eternel lui-même.

Je voudrais relever avec vous l’une d’entre elles qui a fait de ce verset un chant connu de tous : “Ma tovou oalé’ha Yaacov michkénoté’ha Israel” qui se traduit par “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël!” (Les Nombres 24,5). On notera la présence des deux noms de notre patriarche Yaacov, appelé plus tard Israël par Hachem lui-même.

Rachi explique ce verset en relevant une caractéristique propre aux Hébreux, qui dans leur campement du désert ont tenu à respecter l’intimité du voisin en évitant de placer les portes de leur tentes les unes en face des autres. c’est ce qui a inspiré Bilam à citer ce verset.

Dans le traité de Sanhédrine (108 A) Rabbi Yo’hanane nous enseigne qu’à travers les bénédictions de cet impie (Bilam) on discerne les mauvaises intentions de ce dernier. Car nous savons qu’il avait été engagé pour maudire le peuple du Livre et Hachem renversait le tout par des louanges. Bilam désirait anéantir les synagogues et autres lieux d’étude de la Torah, ainsi l’Eternel lui dicta “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob”. il souhaitait écarter la présence Divine, mais Hachem lui récita “Tes demeures, ô Israël”.

 

A priori on serait tenter d’opposer l’explication de Rachi à celle de la guémara Sanhédrine car selon Rachi l’intention de Bilam était de maudire ce peuple qui tenait à respecter profondément la vie privée de chacun, alors que d’après la guémara il voulait anéantir leur lieux de cultes.

 Penchons nous d’abord sur le commentaire de Rachi. En fait, ce qui a frappé Bilam était cette capacité de chacun à améliorer son confort sans empêcher le voisin de respecter ce proverbe de nos sages: qui est riche ? celui qui sait se réjouir de ce qu’il possède.

Cette philosophie de vie nous permet de comprendre le fait que grâce à cela nul ne serait amené à convoiter, à jalouser son prochain et à rechercher tous les moyens d’en avoir autant. En effet, la jalousie, indépendamment du mal qu’elle contient en elle, provoque chez l’homme le besoin de courir après les plaisirs de ce monde, et de ralentir sa recherche spirituelle. Les sages nous ont enseigné à ce propos que celui qui désire faire rentrer à l’intérieur de soi les enseignement que nous offre la Torah doit auparavant prier afin de moins désirer manger et boire.

On comprend maintenant que les enseignements de Rachi et du Talmud sont en fait complémentaires, car en se comportant de manière à ne pas convoiter le bien de son prochain on empêche le Yetser Ara de nous influencer à rechercher les plaisirs les plus matériels de ce monde. Ainsi l’homme devient libre de vouer sa vie à l’évolution spirituelle quotidienne qui apporte un équilibre à tous ceux qui harmonisent leur vie en concordant leurs besoins matériels à ceux spirituels.

Bilam désirait mourir tel un juste, “Qui peut compter la poussière de Jacob, nombrer la multitude d’Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur!”(Les Nombres 23,10), c’est à dire faire téchouva une minute avant de quitter ce monde sans faire un bilan de ses actes régulièrement et essayer de se parfaire en vivant harmonieusement avec la Torah.

Il voulait mourir avec la téchouva mais pas vivre avec cette dernière.

C’est un sentiment qui abrite beaucoup de gens de la communauté, et cela de tout temps. On écoute le discours du rabbin le chabbat matin, on s’en souvient et on le répète quelque fois à table, mais aller jusqu’à mettre en application ces conseils de vie dans son quotidien, s’en est trop ! Changer ses habitudes, maitriser ses envies, se réjouir de se qu’on a c’est bon pour les hommes qui ne vivent que pour l’étude de la Torah !!!

Cette bonne conscience pour les autres nous affaiblit nous-mêmes et nous empêche de rechercher l’authenticité dans notre vie. C’est pour cela qu’il faut encore plus s’investir dans l’étude et tout mettre en œuvre pour l’intégrer dans notre quotidien, car tout le monde envie celui qui vit en harmonie avec sa conscience !!!!!

Quelle liberté d’action !!!

Metsora – la réponse à l’orgueil et ses différentes expressions

14 avril 2010 à 15:18 | Publié dans Metsora | Laisser un commentaire
Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

La Paracha de Metsora traîte en détails la notion de pureté et d’impureté chez l’homme et la femme, mais aussi sur les habits et jusqu’à la maison. Il est évoqué tout d’abord l’impureté chez la femme suite aux naissances garçon et fille où l’on observe une différence du nombre de jours qui la sépare de la pureté selon le sexe de l’enfant qui est venu au monde. Mais ensuite, la Torah s’attarde sur la notion du Metsora, cette maladie qu’on associe à la lêpre, survenant chez l’homme qui a fauté en médisant envers son prochain. Cette maladie attaque la peau, les vêtements, pour finir sur les murs de sa demeure s’il n’avait pas expié sa faute. De manière générale, les couleurs de taches se ressemblent, mais un détail saute aux yeux et marque une différence non négligeable lorsqu’on se penche sur les versets suivants:

“Et le pontife, au septième jour, l’examinera de nouveau: si cette plaie s’est affaiblie et qu’elle n’ait fait aucun progrès sur la peau, le pontife la déclarera pure, c’est une simple dartre: l’homme lavera ses vêtements et sera pur.” (Lévitique 13 ,6)

“Mais si le pontife, lorsqu’il vient, observe que la plaie n’a pas fait de progrès dans la maison après que celle-ci a été recrépie, le pontife déclarera cette maison pure, car la plaie est guérie.”  (Lévitique 14 ,48)

“Si le pontife observe que cette plaie, après avoir été lavée, n’a pas changé d’aspect et qu’elle ne s’est pas agrandie, elle est impure, tu la consumeras par le feu: il y a érosion sur l’envers ou sur l’endroit de l’étoffe.” (Lévitique 13 ,55)

Les plaies chez l’homme ou sur les murs de la maison qui ne se sont pas étendues et qui n’ont pas changé d’aspect sont considérées comme guéries et le Cohen Gadol déclarera l’homme ou la maison pur. Alors que celles qui se trouvent sur les habits demeurent impures tant qu’elles n’ont pas diminué en taille. Pourquoi cette différence?

Le fait que la Paracha distingue ces trois catégories de plaies, nous indique la présence de trois fautes ayant la même racine. Cette origine est l’une des plus mauvaises qualités comportementales chez l’homme: l’orgueil. Nos Sages expliquent qu’il y a trois degrés d’orgueil, en effet les plaies sur les murs sont la conséquence de l’appât du gain. L’homme désir posséder pour se sentir maître de chez soi, c’est donc par superficialité qu’il pêche d’orgueil et c’est pour cette raison que les plaies attaquent la maison qui représente le chez-soi.

Lorsque les vêtements d’une personne sont atteints, c’est que ce dernier a fauté directement de sa personne,physiquement, c’est pourquoi ses habits qui sont censés lui rendre toute sa dignité et son prestige sont attaqués. Enfin, les plaies sur le corps sont la réponse d’Hachem au Lachone Ara, à la médisance qui est une conséquence directe de l’orgueil. C’est ce trait de caractère qui encourage l’homme à se moquer de son prochain en se sentant supérieur aux autres et chercher continuellement les défauts du voisin sans jamais se pencher sur les siens. C’est la raison pour laquelle sa personne est attaquée physiquement!

Cependant il est essentiel de différencier ces trois catégories d’orgueil. L’appât du gain est un défaut qui peut-être corrigé mais pas éradiqué car l’instinct de survie fait appel essentiellement à ce trait de caractère. De même pour l’orgueil de l’esprit qui est selon nos Sages positif tant qu’il ne dépasse pas 1/64 de sa personalité (enseignement de Rav, Talmud Sota 5). Mais l’orgueil qui met en avant le corps est essentiellement mauvais et doit disparaître définitivement.

La Torah nous montre une fois de plus, s’il fallait le rappeler, combien la personalité de l’homme et ses traits de caractère doivent en permanence être étudiés. C’est pourquoi le verset a bien différencié les expressions de l’orgueil et enseigné que les plaies attaquant les murs et le corps sont impures tant qu’elles s’étendent comme pour indiquer une exagération. En revanche lorsque les habits de l’homme sont touchés, ce n’est pas l’excès qui est reproché mais le fait que l’homme s’enorguilli en portant des vêtements de prestige qui lui permettent de regarder les autres de manière hautaine. C’est en soi un signe d’impureté qu’il faut donc éradiquer et le ‘Kli Yakar’ dans son commentaire de la Paracha nous fait ici une démonstration extraordinaire de psychologie et nous transmet le devoir d’introspection, à savoir qu’il nous incombe de savoir si tel ou tel objet que nous désirons n’a pas pour origine une volonté de nous élever et ainsi regarder les autres d’en haut par l’apparence qu’on donne. On se doit aussi de chercher toujours à être conscients de nos défauts et ne pas s’échapper en cherchant ceux des autres et se donner ainsi bonne conscience, c’est cela aussi l’orgueil du corps qui est le plus dangereux selon l’enseignement de nos Sages!

Tsav et Chabbat HaGadol – réflexions sur la particularité de ce grand Chabbat

22 mars 2010 à 19:16 | Publié dans Tsav et Chabbat Hagadol | Laisser un commentaire
Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

 On appelle le Chabbat qui précède Pessah, Chabbat HaGadol. L’origine de cette appellation n’est pas claire car, bien qu’au Moyen Age, de nombreuses autorités aient cherché à en expliquer la provenance, elle ne se trouve ni dans la Torah, ni dans le Talmud.
Une des approches consiste à lier le Chabbat HaGadol à un verset particulier de la Haftara qui parle d’un jour dans le futur qui sera gadol, ce qui signifie « grand » :
« Or, Je vous enverrai Elie le prophète, avant qu’arrive le jour grand et redoutable de l’Eternel ». (Malachie 3:23)
Le prophète parle du jour de délivrance qui surviendra dans le futur. Pessah, qui, de tout temps, a représenté le jour de la délivrance, est, en fait, l’archétype de cette future rédemption. Le Talmud nous enseigne donc : Rabbi Yehochoua dit : « C’est en Nissan que le monde fut créé … l’esclavage de nos ancêtres en Egypte cessa et c’est en Nissan qu’ils seront délivrés. » (Talmud Roch HaChana 11a). La tradition, qui confère à Elie un rôle primordial dans les temps messianiques, nous incite à lire la section relative à l’allusion que fait le prophète sur ce « grand » jour. D’autres commentateurs puisent dans le passé pour trouver une explication à cette dénomination. Le Talmud nous enseigne que les Juifs ont quitté l’Egypte un jeudi – le 15 du mois de Nissan -et que le 10 était donc le Chabbat qui le précédait. « Quant au mois de Nissan de la Sortie d’Egypte, le 14, ils firent le sacrifice pascal, le 15, ils partirent et le soir [de ce même jour] les premiers-nés furent châtiés… et ce jour-là était un jeudi ». (Chabbat 87b)
L’importance du 10 Nissan est mentionnée dans la Torah : « Parlez à toute la communauté d’Israël en ces termes : « Au dixième jour de ce mois, que chaque homme se procure un agneau, pour la maison de son père, un agneau par maison. » (Exode 12 :3) Tossfot (Chabbat 87b) fait remarquer qu’en prenant un agneau, les Juifs excitèrent l’intérêt et le courroux des premiers-nés d’Egypte qui implorèrent Pharaon de laisser partir les Juifs. Devant le refus du monarque, ils se rebellèrent et s’en prirent à leurs propres parents. Ce jour est donc considéré comme grand, en raison du miracle manifeste que D.ieu accomplit et qui provoqua par la suite le déclin de la société Egyptienne. De plus, en abattant l’objet même de l’adoration des Egyptiens, les Juifs se libérèrent eux-mêmes des chaînes de l’esclavage spirituel. Lorsque Hachem dit à Moïse de tuer le Korban Pessa’h, il Lui répondit : « Maître de l’Univers! Comment puis-je accomplir une telle chose ? Tu sais bien que l’agneau est un dieu égyptien. Comme il est dit : Si nous sacrifions l’abomination des Egyptiens sous leurs yeux, ne vont-ils pas nous lapider ? » (Exode 8:22) D-ieu répliqua : « Aussi longtemps que tu vivras, Israël ne partira pas d’ici avant d’avoir tué les dieux égyptiens précisément sous leurs yeux, afin de leur montrer que leurs dieux ne sont vraiment rien. » C’est effectivement ce qu’Il fit, car cette nuit-là, Il tua les premiers-nés égyptiens et cette même nuit, les Juifs abattirent leurs agneaux et les mangèrent. Lorsque les Egyptiens virent leurs premiers-nés tués et leurs dieux abattus, ils ne purent rien faire, ainsi qu’il est dit : Tandis que les Egyptiens enterraient ceux que l’Eternel avait châtiés parmi eux, même tous leurs premiers-nés ; parmi leurs dieux, l’Eternel exécuta aussi Son décret. (Midrach Rabbah – Exode 16:3)
L’Eternel dit ensuite à Moché : « Aussi longtemps qu’Israël adorera les dieux égyptiens, Il ne sera pas délivré ; va leur dire de renoncer à leur mauvaise conduite et de rejeter l’idolâtrie. » C’est de cela qu’il s’agit dans le verset : « Retirez et prenez-vous des agneaux ». Ce qui signifie : Retirez vos mains de l’idolâtrie et prenez pour vous des agneaux, de cette manière, tuez les dieux d’Egypte et préparez la Pâque ; ce n’est qu’en accomplissant cela que l’Eternel passera au-dessus de vous. Tel est le sens de En restant assis immobiles, vous serez sauvés. (Midrach Rabbah – Exode 16 :2)
Le choix de l’agneau était également significatif à un autre niveau. Les Juifs étaient dès lors occupés à accomplir une prescription Divine ; en plus du rejet des dieux égyptiens, ils s’employaient activement à exécuter l’ordre de D-ieu.
Toutes ces explications, toutefois, semblent ne concerner que l’importance du 10 Nissan, plutôt que le Chabbat précédant Pessa’h. Le 10 Nissan en Egypte s’est trouvé être un Chabbat tout comme cette année 5769, pourtant, sa signification ne semble pas être liée avec ce jour sacré. Ce Chabbat en Egypte fut différent, en fait,  de tous les autres Chabbat précédents car, pour la première fois, l’homme s’était joint à D-ieu pour observer Son jour sacré. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le mode d’observance ne fut pas le repos dans son sens habituel. En effet, l’homme avait reçu l’ordre de se munir d’un agneau, un acte qui, comme nous l’avons déjà noté, était une déclaration ferme affichant une intention clairement polémique lancée au visage des Egyptiens polythéistes et adorateurs de l’agneau.
Le Sfat Emet affirme qu’en prenant un agneau, les Juifs observèrent Chabbat en Egypte. Ce fut leur premier Chabbat en tant que peuple, un moment de transition pour devenir une nation : ils avaient atteint l’âge de la majorité, étaient devenus des adultes (« guedolim ») qui avaient des responsabilités. Ce fut donc un Chabbat « HaGadol ». L’enseignement le plus basique en ce qui concerne le Chabbat est la reconnaissance que D-ieu a créé le monde en six jours. En prenant un agneau, les Juifs rejetèrent l’idolâtrie et acceptèrent D-ieu. Ce ne fut pas simplement un acte qui eut lieu le 10 Nissan, mais un tournant décisif dans l’histoire juive : désormais les Juifs se joignaient à D-ieu pour observer le Chabbat.

Le Rav Lau, ancien Grand Rabbin d’Israël, nous explique que c’est surtout pour rendre hommage aux Bnei Israël qui ont honoré Hachem en prenant le risque d’éveiller la rage des Egyptiens en sacrifiant leur dieu, que ce Chabbat Hagadol a été nommé par rapport au miracle vécu. Car ici, contrairement aux autres miracles survenus lors de la sortie d’Egypte, celui-ci avait la particularité d’associer le courage du peuple Juif.

La Guemara nous enseigne que celui qui profane le Chabbat se rend coupable d’idolâtrie, car il a rejeté l’œuvre de D-ieu. Il est donc clair que ceux qui rejettent l’idolâtrie sont considérés comme « observant le Chabbat ». De plus, en se procurant un agneau, ils observèrent l’unique commandement du Chabbat qui leur fut donné et cet « accomplissement parfait » fit de ce jour un Chabbat réellement grand. Nos sages nous enseignent que si tout le peuple d’Israël observe complètement deux Chabbatot seulement, il méritera la venue du Messie : Rabbi Yo’hanan dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo’haï : « Si Israël observait deux Chabbat selon les lois qui s’y rapportent, il serait immédiatement délivré. » (Chabbat 118b) Il est intéressant de noter que, selon le courant de pensée juive dominant, le monde a été créé en Nissan, ce qui signifie que le Chabbat qui eut lieu le 10 du mois constitua le second Chabbat dans l’histoire du monde. Si ces deux Chabbat avaient été observés correctement, le monde aurait été délivré. Dans les Sifré Hapardes, Rav Yechiel Epstein explique que les deux Chabbat devant être observés sont Chabbat Hagadol et Chabbat Chouva. Chacun de ces deux Chabbat possède un pouvoir spécifique qui lui est propre : L’un de ces Chabbat tombe entre Roch Hachana et Yom Kippour et enseigne à l’homme la manière de retourner vers Hachem; l’autre fut le premier Chabbat observé en Egypte et contient en lui les germes de la délivrance. Que l’homme parvienne à maîtriser ces deux Chabbat et le Messie arrivera promptement.

Il nous reste plus qu’à expliquer le fait que le plus souvent Chabbat Hagadol tombe la parachat Tsav. En effet, le verset qui relie la Sidra à la notion de miracle est le suivant: “Un feu continuel sera entretenu sur l’autel, il ne devra point s’éteindre.” (Vayikra 6,6) Hachem nous ordonne d’entretenir ce feu continuellement afin de cacher le fait que ce dernier descendait du ciel par miracle. On retrouve ce même effet aténuateur lorsque Hachem fit souffler un vent violent sur la Mer Rouge la nuit précédant son ouverture, ceci afin de récompenser les croyants et de punir les impies qui relieraiant l’ouverture de la mer au vent qui la précéda. Le Sefer Ha’hinou’h nous indique ici l’approche que nous devons avoir face aux miracles de la sortie d’Egypte et ceux de la vie en générale. Hachem a fait en sorte que le monde réponde aux lois de la nature, mais pour les Bnei Israël chaque instant de la vie est un miracle d’Hachem et expliquer scientifiquement les phénomènes de la nature ne contredit en rien la foi immuable que l’Eternel tire les ficelles de ce monde et que nous en sommes reconnaissant tout au long de la vie!

 

Parachat Vaye’hi – Yaacov quitte ce monde en Egypte

29 décembre 2009 à 12:17 | Publié dans Vaye'hi | 1 Commentaire
Tags : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

La Paracha de Vaye’hi est celle qui clot le premier tome de la Torah, l’histoire des patriarches qui s’achève par les bénédictions de Yaacov à ses enfants et les recommendations qu’il leur adresse, chacun selon ses traits de caractère. “Tous ceux-là sont les douze tribus d’Israël; et c’est ainsi que leur père leur parla et les bénit, dispensant à chacun sa bénédiction propre.” (La Genèse 49,28) Yossef  jure à son père d’acheminer sa dépouille en Israel, dans la grotte familiale à Hebron où reposent déjà Adam et Hava, Avraham et Sarah, Its’hak et Rivka, ainsi que Léa.

 Le Talmud dans le traité de Sota (13a) raconte les détails de cet enterrement unique dans l’Histoire car en effet, tous les sages, penseurs et grandes personalités d’Egypte, ainsi que les serviteurs de la cour se sont déplacés tant ils vénéraient Yaacov et admiraient Yossef. Mais c’est lorsque le cortège arriva à Méarat Hama’hpéla que Essav apparut et empêcha Yaacov de rejoindre ses pères en Terre Sainte. Il s’adressa aux enfants de Yaacov en disant: ’cet endroit est appellé Kiryat Arba faisant référence aux 4 couples reposant en ces lieux, si Yaacov a déjà enterré Léa, il ne reste donc plus qu’une seule place et elle me revient du fait que Léa occupe l’emplacement réservé pour Yaacov’. Les Chévatim lui répondirent alors: ‘Yaacov te l’a acheté  il y a longtemps.’ Essav leur demanda aussitôt le contrat de cette vente et Naftali qui pouvait courir aussi vite qu’une gazelle fut dépeché par ses frères afin de récupérer le contrat laissé en Egypte.

Pendant que tout le monde attendait le retour de Naftali, le fils de Dan qui était sourd demanda la raison pour laquelle Yaacov devait subir cette humiliation d’attendre des heures avant d’être enterré et la famille lui expliqua la situation. ‘Houchim prit aussitôt son épée et trancha la tête d’Essav qui roula jusque dans la grotte et l’enterrement continua, répondant ainsi à la prophétie de Rivka qui avait prédit que ses jumaux allaient mourir le même jour.

 En lisant ce passage de la Guemara on est en droit de se demander pourquoi les fils de Yaacov n’ont pas réagi aussi vite que ‘Houchim et n’ont pas défendu l’honneur de leur père ?

De cette histoire nous pouvons apprendre une règle de base dans la nature de l’homme. Il se peut que ce dernier connaisse la vérité absolue de la manière la plus claire, et pourtant, si jamais une personne venait à remettre en question cette vérité, en contredisant la réalité, en imposant le débat, elle ferait en sorte qu’il ne verrait plus cette vérité aussi limpide.

La vérité existerait encore mais plus aussi tranchante qu’auparavant!

Prenons l’exemple du cambrioleur qui est considéré aux yeux de tous comme un voleur. Si ce dernier, face au propriétaire se met à revendiquer la propriété du lieu, ou que pour une raison ou une autre cet argent lui est dû, on ne s’imagine pas un seul instant que le maître de maison entre en discussion avec lui mais plutôt qu’il alertera la police au plus vite. Mais si jamais le débat a lieu et que le propriétaire se met à chercher le titre de propriété , le voleur a d’ores et déjà obtenu le statut d’homme honorable…

C’est ce qui est arrivé aux enfants de Yaacov, s’ils avaient dès le début repoussé Essav en refusant de discuter, ce dernier n’aurait jamais réussi à s’interposer dans le déroulement de l’enterrement. Mais l’erreur a donc été d’accepter le dialogue, qu’Essav ait un droit de parole, de ce fait il n’était plus question de le repousser par la force mais seulement en gagnant le procès. En revanche, ‘Houchim qui était sourd, par la force des choses n’est donc pas entré en discussion avec son oncle, il était alors encore capable de désigner Essav tel qu’il était véritablement, un voleur qui s’approprie le bien des autres, et c’est la raison pour laquelle il prit les choses en mains et exécuta Essav de manière expéditive.

 Cette leçon de Rav Haim Shmoulevits, auteur du Si’hot Moussar, est tellement d’actualité alors qu’Israël lutte sans relache contre le terrorisme islamiste et ce qui représente, les descendants de ceux qui se sont toujours opposés au peuple de Yaacov. L’erreur de l’Occident, représentant les descendants de Essav, est de légitimer ces ‘forces de résistance’ et d’obliger Israël à accepter de débattre sur son statut final avec les rois du vol , par le biais de l’ONU où tout doit se discuter(Ichmaël associé au vol depuis toujours ainsi que le verset l’indique: L’envoyé du Seigneur lui dit encore: “Te voici enceinte, et près d’enfanter un fils; tu énonceras son nom Ismaël, parce que Dieu a entendu ton affliction. Celui-ci sera un onagre parmi les hommes: sa main sera contre tous, et la main de tous contre lui; mais il se maintiendra à la face de tous ses frères.” La Genèse 16,11-12). A nous de lire les messages qui nous sont directement adressés dans la Torah et les mettre en application afin de sortir vainqueur contre tous nos détracteurs et rapprocher ainsi la venue du Machia’h, seul habilité à nous délivrer completement de nos ennemis !

Noa’h – Un homme ou un Tsaddik ?

21 octobre 2009 à 09:38 | Publié dans noa'h | Laisser un commentaire
Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,

 ”Voici les générations de Noa’h. Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. Noa’h enfanta trois fils : Chem, ‘Ham et Yèfeth”. (6, 9-10)
Le mot èlé (« voici »), explique Rav Yonathan Eybeschuetz, indique une exclusion et est destiné ici à marquer une différence entre Noa’h et Avraham : Ceux que « voici » – Chem, ‘Ham et Yèfeth – sont descendus de Noa’h, et pas d’autres.
En revanche, s’agissant d’Abraham et de Sarah, la Tora parle des « âmes qu’ils avaient faites à ‘Haran » (12, 5), désignant ainsi les multitudes de gens dont la vie avait été changée à leur contact. Ils ont exercé une influence dynamique sur leurs contemporains, les invitant chez eux et leur montrant, par leur bonté et leur force de conviction, le non-sens que constitue l’idolâtrie. Contrairement à Avraham et à Sara, Noa’h n’était pas un activiste qui allait vers ses contemporains pour les rapprocher de Hachem. Les seuls gens qu’il a « faits » ont été ses trois fils. Il a néanmoins été considéré comme un homme vertueux, parce qu’il « marchait avec Dieu ».
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. (6, 9)

Que signifie le mot « homme » ? N’aurait-il pas suffi de dire simplement que Noa’h était « vertueux et intègre dans ses générations » ?
Ce terme, explique Rav Moché Feinstein, souligne que Noa’h était un homme, pas un enfant – et donc un être mature et stable. Pour être vertueux, il faut d’abord être un homme. Il faut être intelligent et clairvoyant, posséder du bon sens et un jugement droit. Autrement, la vertu sera instable. Un insensé peut facilement se laisser détourner, et il serait inapproprié de le tenir pour un individu vertueux.
Ibn Ezra émet la même remarque à propos de la réaction de Moché quand Yitro lui a conseillé de se faire assister par des « hommes craignant Dieu » (Chemoth 8, 21). Il chercha aussitôt des « hommes sages » (Devarim 1, 13), les seuls à craindre véritablement Hachem.
Rav Israël Salanter avait l’habitude de dire que la première mitswa de la Torah est de ne pas être un imbécile…

Rav Yaaqov Neumann suggère une approche complètement différente.Le roi David écrit : « Ne me rejette pas au moment de ma vieillesse ! » (Psaumes 71, 9). Pourquoi souligne-t-il la nécessité d’une assistance divine pendant la vieillesse ? N’en a-t-on pas besoin aussi dans sa jeunesse ?
Rav Yits’haq Blaser répond dans Kokhevei Or à l’aide d’une parabole : Deux jeunes gens de dix-huit ans avaient été convoqués pour le service militaire. Le jour prévu pour leur incorporation, aucun d’eux ne se présenta. On lança contre eux des ordres d’arrestation, mais les appelés réussirent à se soustraire aux recherches.
Une année s’écoula, puis une deuxième. Las de cette existence de fugitif, un des garçons se présenta à la caserne. Bien entendu, le commandant se mit en colère contre lui. Mais comme le jeune homme s’était soumis volontairement et était venu pour exécuter ses obligations, bien que tardivement, il déchira l’ordre d’arrestation et permit à l’intéressé de rejoindre son unité comme l’aurait fait toute autre recrue.
Quant à l’autre appelé, il resta hors d’atteinte pendant des décennies. Finalement, alors qu’il était devenu vieux, il décida de suivre l’exemple de son camarade qui s’était soumis bien des années plus tôt. Un beau jour, il entra dans la caserne et se présenta devant le commandant, lequel le fit aussitôt arrêter.
« Mais pourquoi m’arrêtez-vous ? protesta-t-il. Vous n’avez pourtant pas fait incarcérer mon camarade, qui s’est également laissé incorporer après ses années d’insoumission !
– Quel âge avez-vous ? demanda le commandant.
– Soixante et un ans.
– Comment pouvez-vous vous comparer à votre camarade ? observa l’officier. Il s’est présenté alors qu’il n’avait que vingt ans. Comme ses années les plus productives étaient encore devant lui, nous avons pu nous montrer compréhensifs. Mais les vôtres sont maintenant derrière vous. Quelle valeur revêt pour nous votre enrôlement ? Pourquoi devrions-nous vous témoigner de l’indulgence ? »
Il en va de même, conclut Rav Blaser, pour celui qui se repent. Le roi David écrit (Psaumes 112, 1) : « Heureux l’homme qui craint Hachem. » Le Talmud (Avoda zara 19a) applique ce verset à celui qui, étant encore un « homme », craint Dieu. Quand une personne pèche et se repent étant encore jeune et vigoureuse, son retour vers Hachem a une grande valeur, et Il la traite avec clémence. Mais si elle attend jusqu’à la vieillesse, alors que son sang a cessé de bouillonner et que ses instincts et ses impulsions se sont affaiblis, quelle valeur peut avoir un tel repentir ? Où était-elle quand elle était plus jeune ? Telle est la supplication du roi David : Il implore Hachem d’avoir pitié et d’accepter le repentir, même si on ne le met en pratique que dans sa vieillesse. « Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse », bien que j’eusse dû me repentir depuis déjà longtemps !
Rav Neumann applique cette pensée à Noa’h. La Torah complimente celui-ci pour avoir été vertueux et intègre étant encore un « homme ». Il n’a pas attendu d’être devenu vieux pour se mettre en quête de la vertu.
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. (6, 9)

Le Talmud (Meguila 13b) rapporte que Ra’hel a demandé à Yaaqov : « Comment un homme aussi intègre que toi a-t-il pu se permettre de berner Lavan ? » Yaaqov répondit qu’il est permis de duper une personne perfide, comme il est écrit (II Samuel 22, 27) : « Sois sincère avec les cœurs purs, mais trompeur avec les perfides ! »
D’où la question : Puisque Noa’h a vécu dans une société entièrement corrompue et malhonnête, pourquoi n’a-t-il pas estimé nécessaire de faire fi de tous scrupules envers ses contemporains ? Pourquoi n’a-t-il pas « trompé les perfides » ?
Le ‘Hatham Sofèr cite une lettre du Rambam dans laquelle celui-ci permet à une personne vertueuse de berner son prochain uniquement si elle le rencontre inopinément, mais pas de manière habituelle. On ne doit jamais se laisser accoutumer à la tromperie ; celle-ci risquerait de devenir un trait naturel, ce qui serait destructeur.Voilà pourquoi Noa’h s’est comporté si scrupuleusement. Autrement, puisque tous ses contemporains étaient des voleurs et des menteurs, il se serait tellement habitué à la duperie qu’il aurait pu finir par devenir malhonnête lui-même.

Un Blog WordPress.com. | Thème : Pool par Borja Fernandez.
Entrées et commentaires feeds.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.