chémini – le drame lors de l’inauguration du tabernacle

9 avril 2010 à 17:55 | Publié dans chemini | Laisser un commentaire
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La paracha raconte le drame familial pour Aharon qui eu lieu lorsque Hachem fit descendre un feu célèste en signe de sainteté mais qui tua ses deux fils ainés Nadab et Abihou. “Les fils d’Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé. Et un feu s’élança de devant le Seigneur et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur. Moïse dit à Aaron: “C’est là ce qu’avait déclaré l’Éternel en disant: Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!” Et Aaron garda le silence. “(Lévitique – 10,1-2-3)

Quelle est la faute qui les a rendu passibles de mort? Nos Sages divergent quant aux raisons de cette tragédie. Certains pensent qu’ils sont morts pour avoir enseigné la loi devant leurs maîtres, d’autres disent que c’est parce qu’ils sont entrés au Michkane étant ivres, d’autres enfin expliquent que c’est pour être restés célibataires car trop prétentieux qu’ils ont été punis. A priori, ces raisons n’ont rien à voir avec celle qui est enseignée explicitement dans le verset: “et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé”. On est en droit de se demander pourquoi nos Sages ont cherché d’autres raisons à cette tragédie?

Le Maguid de Doubno dans son livre ‘Emet leyaacov’ vient mettre de l’ordre en expliquant que la raison principale est bel et bien le fait d’avoir apporter un feu étranger qui a couroussé Hachem et a eu pour conséquence directe la disparition de Nadab et Abihou. Cependant nos Sages ont compris qu’il y avait également d’autres raisons à ce drame. Ce qu’il nous faut analyser c’est surtout la raison pour laquelle malgré leur grandeur et leur sainteté, dont l’Eternel en témoigne “Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!”, les fils de Aharon ont failli. Les H’azal ont compris que c’est pour ces autres raisons qu’Hachem a fait fauter ces Tsadikim. Si on compare ces différentes raisons énoncées plus haut, on observe qu’il s’agit de fautes infimes mais qui prennent de l’ampleur proportionnellement au degré d’élévation du transgresseur. Prenons l’opinion qui pense que c’est pour avoir pénétré dans le Saint des Saints étant ivres qu’ils ont été si vite punis. Lorsqu’on lit les versets qui suivent cette tragédie on apprend cet ordre Divin donné à Aharon de ne pas rentré au Michkane après avoir bu du vin. Comment donc punir une faute qui, au moment de sa réalisation, n’en était pas encore une?

Nos Sages viennent ici nous donner une leçon des plus importantes et d’actualité plus que jamais; si ces Tsadikim ont été tués de la sorte c’est parce que par rapport à leur envergure ils auraient dû deviner naturellement qu’on ne rentre pas dans un endroit si saint en état d’ébriété. Il n’y avait donc pas de faute commise juridiquement mais à leur niveau c’était impardonable! Le point commun qu’il y a parmi tous ces avis est un certain orgueil dominant chez Nadab et Abihou qui a eu pour conséquence un non respect de Moché et Aharon lorsqu’ils ont enseigné la loi devant leurs maîtres, un non respect du Tabernacle lorsqu’ils sont entrés étant ivres, un non respect d’autrui lorsqu’ils ont jugés qu’aucune fille ne correspondait à leur si honorable famille! En effet, le Midrache Yalkout Chimoni nous enseigne au nom de Rabbi Levi qu’un grand nombre de femmes sont restées toute leur vie seules car elles attendaient de se marier avec les fils de Aharon, pourtant ces derniers disaient ‘le frère de notre père est roi (Moché), le frère de notre mère est chef de tribu (Na’hchone ben Aminadav), notre père est Cohen Gadol, nous sommes les suivants dans la hiérarchie des Cohanim, quelle femme pourrait donc nous mériter?’

Nos Sages attribuent l’origine de cet orgueil au périple de la traversée du désert du Sinaï lorsque Nadav et Avihou étaient devancés par Moché et Aharon et suivis par le peuple Juif. Ils se sont dit alors ‘quand mourereont ces deux vieillards et qu’on puissent dirriger l’assemblée? Hachem répondit: nous verrons qui entèrre qui, eux vous enterreront et dirrigeront le peuple’ ! Il nous reste donc à intégrer ce message, à savoir que les qualités humaines de chacun ont un pouvoir énorme, celui de faire vivre ou de tuer!

Vayikra – L’humilité inégalable de Moché Rabénou!

17 mars 2010 à 19:01 | Publié dans Vayikra | Laisser un commentaire
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 La Paracha Vayikra (1, 1) s’ouvre sur ces mots : « L’Éternel appela Moïse, et lui parla, de la Tente d’assignation, en ces termes». Ce troisième livre du Pentateuque “Vayikra” traîte des sacrifices, chacun avec ses particularités, que les Bnei Israël allaient apporter au Michkane, ce tabernacle transportable. Mais le mot “vayikra” est un appel d’Hachem à Moché avec une connotation affective, tel que l’explique Rachi. On voit que contrairement aux autres prophètes où Hachem leur parlait subitement et sans préambule, Moché se fait appeller d’une manière plus respectueuse, comme l’on ferait à quelqu’un de respectable, une personalité.

Parallèlement, on retrouve dans toute la Torah la même attitude chez Moché rabénou, sa Anava (humilité) hors du commun.

Dès la première rencontre avec D.ieu dans le buisson ardent, Moché se voile le visage, se tenant à distance. Tout comme ici après la construction du tabernacle, il se comporte de la sorte, toujours effacé si bien qu’Hachem l’interpelle affectueusement, l’élevant vers Lui !!!!

Le message ici est profond car il nous enseigne la notion d’humilité telle que Moché l’avait perçu. Car pour nous cette notion est relative, proportionnelle à la personne. Un homme simple ne paraîtra pas extraordinaire par son humilité car on ne s’attendrait pas à un autre comportement. De même un homme public, avec de nombreuses responsabilités, tel qu’un ministre, son humilité sera mal appréciée voire déplacée. On attend de la prestance et de l’assurance mettant en avant le sens de ses responsabilités, ceci ne sera pas perçu comme de l’orgueil au contraire !!!

De ce point de vue, on ne comprend plus la démarche de Moché qui est le dirigeant du peuple Juif. Un homme d’une extrême grandeur, qui a eu le mérite de faire sortir cette nation d’Egypte, leur ouvrir la Mer Rouge, un homme qui a parlé directement avec Hachem, restant 40 jours et 40 nuits dans les sphères célèstes, avec les anges pour apprendre la Torah orale. Comment peut-il continuer à rester effacé, attendant patiemment l’appel de l’Eternel ????

Cependant, il faut bien le comprendre, l’humilité de Moché n’était pas un refus de l’honneur seulement, c’était tout simplement une partie de lui-même, sa véritable personalité. De ce fait, il n’avait jamais besoin de se demander comment les gens percevraient telle ou telle démarche initiative. Il avait conscience que plus il s’approchait d’Hachem et percevait Sa grandeur, plus il avait conscience de la petitesse de l’homme. On pourrait dire que son humilité n’était pas dans son rapport à autrui, mais plutôt dans son approche de l’Eternel, et donc, pas tenue à une chose !!!!

Hachem l’avait réellement compris et c’est pour cela qu’un miracle se produisait dans le dialogue entre Moché et le Maître du monde; Rachi explique que le son de la voix d’Hachem traversait le campement du peuple Juif arrivant jusqu’aux oreilles de Moché sans que personne n’entende quoi que se soit. Ainsi le prophète pouvait rester fidèle à lui-même, sans que personne s’aperçoive qu’il communiquait avec D.ieu.

 Le sujet de la Anava me tient à coeur, car il y a quelques années j’ai appris la disparition brutale de mon ancien directeur du kodech au Gan Ami à Marseille, emporté par un infarctuce un vendredi soir alors qu’il chantait les chants de chabbat Vayikra. Rav Jacky Barkats comme on l’appellait, n’avait même pas 60 ans. Je l’ai toujours connu effacé mais actif, toujours présent et initiateur de tous les projets de l’école. On se considérait tous comme ses enfants, tant il nous aimait et c’est cette valeur hors du commun qui le caractérisait, demandant toujours conseil avant d’agir et allant jusqu’au plus profond de chaque enfant pour l’aider à donner le meilleur de lui-même !!!

Son emprunte indélébile accompagne aujourd’hui encore des milliers d’anciens élèves, à savoir que la Torah doit être vécue au quotidien dans la joie et que l’action doit aller au delà des connaissances tout en restant humble !!!

C’est le testament qu’il nous a laissé, quittant ce monde au lendemain soir du conseil de classe…. Que son souvenir soit une source de Bera’ha!

Térouma – La Torah est une source de vie

16 février 2010 à 17:00 | Publié dans terouma | 1 Commentaire
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La Paracha de Térouma débute par une demande d’Hachem; ”Invite les enfants d’Israël à me préparer une offrande de la part de quiconque y sera porté par son cœur, vous recevrez mon offrande”(L’Exode 25,2). L’Eternel souhaite résider parmi son peuple et chacun est appellé à faire preuve de générosité afin que ce Tabernacle soit construit avec le concours de tous.

“On fera une arche en bois de chittîm, ayant deux coudées et demie de long, une coudée et demie de large, une coudée et demie de hauteur. Tu la revêtiras d’or pur, intérieurement et extérieurement; et tu l’entoureras d’une corniche d’or.” (L’Exode 25,10-11) Les Sages nous enseignent que l’arche était en fait constitué de trois boites imbriquées l’une dans l’autre, fabriquées en or pur sauf celle du milieu qui était en bois de chittîm, ce qui la rend de facto moins importante que les autres sans compter qu’elle ne se voyait pas. Pourtant la Torah l’appelle “une arche en bois de chittîm” et les autres éléments constitués d’or ne sont évoqués qu’en tant que revêtement. Quel est l’explication à tout cela ?

Il faut savoir que chaque détail des différents éléments du Tabernacle symbolise un comportement relatif à la foi tant sur le plan collectif qu’individuel. L’arche, qui contient les Tables de la Loi, nous indique la personalité des personnes qui vivent en harmonie avec la Torah de part le monde! On retrouve deux éléments contraires dans cette personalité souhaitée:

- d’une part le bois qui pousse en tant que végétal pouvant porter des fruits,

- et d’autre part l’or qui est le matériau le plus stable, ne pourrit pas, ne rouille pas, et garde ses propriétés quel que soit son environnement extérieur. Que doit-on comprendre par là?

L’essentiel de l’arche se trouve, comme nous l’avons dit, dans l’élément central constitué en bois de chittîm. Ce qui signifie que la Torah est éternelle mais aussi vivante, du fait que l’homme qui vit en symbiose avec elle se régénère tout le temps, en y trouvant sans cesse plus de  profondeur. Cependant on se doit de grandir en respectant les limites données par la Torah, c’est pourquoi à l’extérieur comme à l’intérieur l’or et ses caractéristiques doit prédominer de manière à se préserver de toute mauvaise influence et ainsi garder la stabilité des qualités intérieures. Le bois étant l’âme humaine, qui s’élève en grandissant éternellement.

Celui qui observe de l’extérieur, superficiellement, la Torah et ses commandements, ne voit que les caractéristiques de l’or, un matériau qui ne bouge pas, les sages sont statiques, insensibles, robotisés. En revanche, celui qui l’observe en approfondissant scrupuleusement ses textes, de la même manière qu’ils ont été transmis à chaque génération, il y trouve un ‘bois vivant’ large et profond sans fin. D’un autre côté, ceux qui pensent pouvoir disposer de la Torah à leur guise, au nom de l’ouverture et la souplesse de l’esprit, en préférent les caractéristiques du bois à ceux de l’or, perdent l’éternité, l’immuabilité de cette dernière.

En allant plus loin, nous pouvons comprendre que si l’on préserve intacte l’arche qui réside au fond de chaque juif, il n’y a plus besoin de lutter contre le monde extérieur, c’est la raison pour laquelle on a rajouté la “corniche d’or” sur l’arche. En effet il y avait trois corniches dans le Tabernacle et ceci afin de symboliser les trois couronnes que l’on retrouve dans le peuple et qui sont : la Torah, la royauté et les Cohanim. La corniche sur l’arche représente la couronne de  la Torah, celle qui symbolise la crainte tout comme le roi est craint par ses sujets rien que par le fait qu’il est couronné. C’est pourquoi celui qui porte la couronne de la Torah en la pratiquant de toute sa personne, rien ne pourra l’affaiblir tel le verset dans la paracha de Ki Tavo: “Et tous les peuples de la terre verront que le nom de l’Éternel est associé au tien, et ils te redouteront” (Le Deutéronome 28,10)!

Aujourd’hui plus que jamais où les dirrigeants d’Israël sont amenés à choisir entre l’ouverture réformiste et l’authenticité de la Torah, ce message de Rabbi Shimshone Raphael Hirsh vient nous rappeler que le peuple Juif a traversé les civilisations et les épreuves avec exploit, rien que par le fait qu’il a su préserver son âme en restant attaché scrupuleusement aux principes immuables de la Torah, seuls garants de sa périnité !

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