Béréchit – Le monde créé ex nihilo

16 octobre 2009 at 10:25 | In berechit | Leave a Comment
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J`éspère que les fêtes de Tichri se sont bien passées et que la reprise aussi. Chaque fête a le pouvoir de nous renforcer pour commencer l`année sur de nouvelles bases, si l`on a pris la peine de chercher le sens des différentes mitsvot rattachées à ces jours uniques. Et c’est ainsi que nous reprenons le cycle annuel des parachiyot en ouvrant la Genèse qui commence par le récit de la création du monde, de même qu`Hachem reconstruit le monde chaque jour de l`an. Ce qui est extraordinaire, c`est le nombre important d`acteurs dans ce premier tome du Pentateuque, ce qui bien evidemment nous invite à tenter de développer nos recherches sur les différents qualités et les leçons de vie que nos patriarches nous ont laissé en  héritage. Mais en attendant d’apprendre les enseignements relatifs aux actes de nos pères bibliques, essayont d’entrevoir l’explication du premier verset de la Bible “Au commencement l’Eternel créa les cieux et la terre.” donnée par le Ora’h Haim Hakadoche.

Tout d’abord il est essentiel de préciser qu’il ne s’agit pas ici d’une donnée chronologique venant ainsi annoncer l’ordre des événements relatifs à la création du monde où nous vivons. En effet, il s’agit de nous révéler le premier enseignement de la Torah à savoir qu’Hachem a créé le ciel et la terre ex nihilo, c’est à dire que la base de la croyance juive est que la création du monde a commencé de rien, Hachem n’a pas utilisé d’éléments physiques existants pour créer.
Une allégorie nous aidera à comprendre les conséquences réelles de ce postulat: un homme à la recherche d’un bien immobilier dispose de plusieurs options;
- la première et la plus simple est d’acheter du tout prêt, si Hachem l’aide tout ira très vite vu qu’il n’y a pas de négociations avec les entrepreneurs, les ouvriers, la paprasse, etc….
- la seconde est d’acheter sur plan, c’est la manière la plus répandue et ce pas seulement parce qu’elle offre la possibilité d’acquérir du neuf mais surtout car il est possible de faire des arrangements avec l’architecte selon ses propres besoins.
Cependant il reste de nombreux inconnus, à savoir le genre de voisins qu’on aura, ou les orientations géographiques exactes souhaitées. Seuls des personnes véritablement aisées peuvent se permettre d’acquérir un terrain et y construire la maison de leur rêves. Malgré tout eux aussi seront limités dans la réalisation de ce rêve car tout dans ce monde ici bas est limité, rien est véritablement sur mesure et chacun doit s’efforcer de joindre l’utile à l’agréable, d’adapter le rêve à la réalité, d’apprendre à se suffir de ce qu’il dispose.
Cette idée est valable pour l’Homme qui ne peut créer qu’à partir d’éléments existants. En effet, même le chimiste le plus érudit ou le nobel de physique ne pourront pas dépasser le fait que toute création réalisée par l’Homme ne pourra jamais être ex nihilo.
Seul Hachem a pu donc créer un monde adapté parfaitement à la fonction et au but de sa création.
Quel est ce but? Celui de faire du bien à ses créatures, de leur procurer la plénitude à savoir de pouvoir arriver à la perfection dans la réalisation de soi.
L’Eternel a pu créer le monde sans aucune entrave et donc rien ne l’empêche aujourd’hui et demain d’amener ce monde à sa finalité, à la perfection totale.

La conception du monde des idolâtres a toujours été contraire à ce que nous enseigne ce premier verset de la Torah, et cela n’est pas par hasard. Selon eux il n’y a pas de Maître du monde, les idoles qui dominent les forces de la nature ne les ont pas créées, car le monde a toujours été. De ce fait les idolâtres ne conçoivent pas la notion de bien absolu mais plutôt celle du relatif.
Evidemment que celui qui conçoit les choses ainsi ne s’efforcera donc jamais d’améliorer le monde de manière morale ou spirituelle, à fortiori lui-même… car tout est relatif, tout est limité et il n’y a donc aucune possibilité d’atteindre le bien absolu.
Mais le peuple juif, issu d’Avraham, Its’hak et Yaacov, detient la vérité car c’est la première leçon de la Torah : Hachem a créé le monde à partir de rien, ce qui rend ce monde parfait, illimité et il appartient à chacun de nous, en nous réalisant pleinement de rapprocher le monde de sa finalité, de sa perfection absolue.
Il est certain que l’Homme est souvent amené a constater à quel point il est loin de la perfection et ne voit pas de raison suffisante à s’efforcer encore pour l’atteindre. C’est pourquoi il est essentiel de nous le dire et le répéter que si Hachem a créé le monde dans ce but, il est evident qu’Il a insufflé dans celui-ci toutes les forces necéssaires à sa finalité.
Notre devoir est donc d’ambitionner réellement à la perfection de nous mêmes, et surtout pas de manière hypothétique.

Cette leçon arrive justement après les fêtes de Tichri ou nous avons puisé toutes les forces, nous l’espérons, utiles à nos actions et à nos réalisations pour cette nouvelle année à venir.
Pour ma part, le fait d’avoir initié un office des jeunes (au 24 Ben Hamou étage -2) avec la kehila des marseillais de Har Homa, où le renouveau est d’une certaine manière plus présent qu’à l’accoutumé, il va de soi que les attentes d’Hachem pour cette nouvelle année sont nombreuses concernant notre si belle kehila. Mails il est certain également qu’Hachem nous a donné à Roch hachana toutes les forces necéssaires à la réalisation de Ses attentes.
A nous tous, unis comme une famille heureuse, d’en avoir conscience et de rapprocher par nos bonnes actions la venue du Machia’h tsidkeinou, Amen !

Roch Hachana – Glorifier Hachem en ce jour du renouveau

15 septembre 2009 at 20:49 | In Roch hachana | Leave a Comment
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A la veille du jour de l’an hébraïque, j’ai souhaité cette fois m’inspirer de commentateurs contemporains tels que Rav Haïm Friedlander za’l, ancien maître de la pensée juive à la yechiva de Poniewitz de Bnei Brak, qui nous ont légué ce précieux héritage nous permettant de se préparer mentalement à ce grand jour du jugement.

De nombreux qualificatifs sont attribués à Roch Hachana, citons le jour du jugement, mais aussi le premier jour des dix jours de pénitence, ainsi que le jour de la création de Adam, premier homme sur Terre. Lorsqu’on parcours les différentes prières de cette fête on s’aperçoit qu’il est principalement question du couronnement d’Hachem par son peuple. En bref, il apparait plusieurs facettes associées à ce jour, ce qui n’est pas pour nous faciliter la marche à suivre quant à notre devoir spirituel attendu de nous par l’Eternel… Durant le mois de Eloul et jusqu’à la fin de Yom Kippour nous avons l’habitude de réciter le psaume 27 évoquant ces dix jours redoutables commençant par: “A David, D.ieu ma lumière et mon sauveur…” nos sages expliquent “ma lumière” à Roch Hachana et “mon sauveur” à Kippour. On arrive à comprendre que l’Eternel nous sauve en nous pardonnant nos fautes à Kippour mais quel est le sens de la lumière associée au Créateur le jour de Roch Hachana ? On s’interroge aussi sur la raison pour laquelle nous ne récitons à aucun moment des prières du nouvel an quelque supplication que ce soit, ni regrets de nos fautes alors que nous sommes déjà dans ces dix jours de pénitence où Hachem attend de chacun une remise en question, un bilan annuel et surtout de meilleures résolutions pour l’année à venir ? Pourquoi enfin nous consacrons un maximum de temps à louer l’Eternel, à le glorifier par le couronnement, alors qu’il aurait été plus logique, à priori, de rédiger une prière où nous demandons de manière détaillée la bénédiction dans tous nos besoins et une longue vie ? Quel est le rapport entre le couronnement du Créateur et le jugement à Roch Hachana ?

La réponse à toutes ces questions se trouve dans cette parabole: un homme constuit une usine fabriquant des produits de grande consommation, après quelques temps il réussit à développer son entreprise jusqu’au jour où son nom est de renommée mondiale et les plus gros clients abandonnent les concurents pour rejoindre cet homme et traiter avec lui, conscients qu’ils ne trouveraient pas meilleur rapport qualité prix, ponctualité au niveau livraison et un service parfait ! Mais un jour les plaintes se sont fait entendre et le patron s’aperçoit lors du bilan annuel que tout s’est déterioré et que l’usine se trouve dans une impasse. Il fait appel d’urgence à une équipe d’expert chargés de comprendre les causes de cette descente aux enfers. Après une longue recherche minutieuse sur le terrain, les experts déposent sur le bureau de l’exécutif un rapport accablant sur le disfonctionnement de l’usine. Notre patron se met à le lire et découvre avec stupeur des raisons qu’il n’aurait jamais imaginé. En effet, il s’avère que tout est parti d’un désengagement de la part des membres dirrigeants, un laisser aller grandissant. Au lieu de s’efforcer à trouver les meilleurs moyens de rentabiliser et faire fructifier la boite, ils se sont remplis les poches et ont fait marcher leurs propres intérets, en ne déclarant pas tous les bénéfices pour les renvoyer vers leurs comptes privés. Ils n’ont pas hésité à se payer des vacances en famille à l’étranger sur le compte de la société. L’effet s’est répercuté sur les employés manutentionaires qui ont eux aussi fait preuve de désintérêt pour les machines et les ont laissé s’abimer, ce qui a généré de grands défauts de qualité sur les produits et provoqué les revendications des clients… Néanmoins le rapport précise que quelques employés dévoués et loyaux ont continuer à donner le meilleur d’eux-mêmes sans se laisser influencer par l’argent facile et le travail baclé. Le patron en colère pris sur le champ les décisions qui s’imposaient en envoyant des lettres de licenciement à tout le monde, demandant à ceux qui n’ont pas eu de comportement excessivement reprochables de lui remettre une lettre de motivation en précisant les raisons pour lesquelles l’employé désire continuer à oeuver pour le bien de l’entreprise. La réponse finale revient évidemment au patron qui prendra sa décision au bout de dix jours. Bien entendu ceux qui ont été loués pour leur sérieux dans le rapport ont été élevés d’office dans leur fonction avec tous les avantages qui vont avec…

Le message est très clair; l’usine est le monde qu’a créé Hachem il y a 5765 ans, il le dirige et nous sommes ses employés. Chacun de nous a une tâche confiée dans ce monde selon ses capacités afin de répandre le respect divin par nos actions. Roch Hachana est le jour de “la naissance du monde” tel qu’on le dit dans la prière, avec l’apparition de l’homme sur Terre comme élément central de la création, on dit aussi qu’Hachem recommence cette même création chaque année et c’est le sens à ce qu’on a raconté sur ce patron qui referme son usine en licenciant ses employé pour réouvrir la boite avec de meilleurs cadres. Ceux qui ont été loyaux et responsables seront replacés dans leur fonction ou même élevés en grade. Ceux qui n’ont pas joué leur rôle correctement seront transférés à d’autres tâches moins honorables et les traitres seront tout simplement renvoyés car Hachem ne leur trouve pas de postes adéquat dans sa nouvelle usine.

En ce jour de Roch Hachana, il nous est donné à chacun la possibilité de retrouver un travail dans la nouvelle usine, car Hachem fait passer devant lui comme un troupeau chaque être humain et vérifie dans le livres de nos actions notre degré de loyauté. C’est pourquoi nos sages ont fixé dans la prière de ce jour le rôle principal qui nous est donné, à savoir couronner notre D.ieu, car à travers ceci nous lui montrons notre volonté de servir dans son monde de manière plus loyale à l’avenir. C’est pourquoi nos sages nous enseignent que lors de ce jugement, tous nos besoins matériels, notre salaire, nos dettes, notre santé, sont fixés pour le reste de l’année afin que l’on puisse remplir correctement notre mission sur cette Terre, chacun dans son secteur. C’est donc une chance extraordinaire de savoir que l’Eternel nous juge à Roch Hachana par cette lettre de motivation que nous lui présentons en espérant qu’avec Sa bonté il nous pardonnera de notre désengagement dans son usine. Cette téchouva est caractérisée par la volonté de tout reprendre à zéro en évitant les pièges dans lesquels nous sommes tombés l’année écoulée. Si nous devions passer notre temps à nous lamenter sur nos fautes, il serait fort probables que nous sombriions dans l’abandon et la perte d’espoir car il est tellement difficile d’ouvrir une nouvelle page !!!

C’est cette lumière que le roi David dans ses Psaumes nous évoque, cette lumière de miséricorde où Hachem nous donne un jour pour nous rattraper et lui montrer notre motivation à changer nos mauvaises habitudes !!!! C’est ainsi que nous pouvons désormais comprendre le lien entre les différents attributs donnés à ce jour, car en tant que premier jour de l’année il est tout naturel qu’il soit consacré au jugement en souvenir du premier jour de la création où tout était parfait et nouveau. Ce jour où le Créateur redessine son monde et vérifie qui est apte à l’embellir par ses actions et qui va risquer de l’abimer. Mais également ce jour est reservé à la volonté de chacun de couronner Hachem sur le monde et sur soi même, prendre sur nous l’engagement d’être un employé digne de confiance en gardant les mitsvot et en s’écartant des fautes, toutes liées à la volonté du gain facile, de l’effort minimum et du démérite. Lorsque nous parviendrons à montrer à notre D.ieu que notre prise de conscience est sincère, il nous inscrivera dans le livre de la vie en nous reservant un rôle dans son royaume et c’est ce qui nous apportera la réussite dans nos entreprises et la santé que tout le monde souhaite en ce début d’année.

Puisse Hachem entendre et accepter nos prières et nous envoyer le Machia’h cette année afin que la grandeur divine soit palpable aux yeux de tous et que le monde entier reconnaisse la vérité que détient notre peuple, cette Torah source d’équilibre et de paix dans le monde, Amen !!!

Choftim – Lutter face à la menace psychologique de l’ennemi

16 août 2009 at 12:48 | In 1, Choftim | Leave a Comment
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Cette semaine, la paracha commence par l’ordre de mettre en action, dès l’entrée du peuple Juif en Israël, un appareil juridique et policier agissant avec impartialité et professionalisme. Il y a là une nécéssité de rendre justice rapidement, pas de mise en examen, pas d’emprisonnement le temps de préparer l’accusation. Il est vrai que la justice permet d’éviter les conflits, de protéger les dominés. Mais tout cela n’est que conséquence de la justice mais pas le but recherché. En effet, ce dernier est beaucoup plus métaphysique, car la justice permet à l’homme de purifier son relationnel avec son prochain. Il y a là notion de purification tout comme celle des sacrifices qui permet à l’homme de se rapprocher de l’Eternel. On comprend pourquoi l’animal devait être Cacher mais surtout sans défaut physique, car il est un vecteur de pureté.
Ce préambule nous permet de mieux aborder le sujet de la guerre. Après que Hachem énnoncera précisément ce que signifie la justice durant les trois quarts de la paracha, voici que l’on change de chapitre et le verset d’annoncer: “Quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille, et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, n’en sois pas effrayé; car tu as avec toi l’Éternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte.” (Devarim 20,1)
Rachi explique le rapprochement en disant que si l’on garde la justice scrupuleusement, Hachem nous protègera lors des guerres à venir.
De nos jours avec la menace atomique que l’Iran fait peser sur nous en Israel, les menaces verbales de ces derniers jours qui échauffent les esprits de chacun, ce verset devient des plus actuels. C’est pourquoi il serait intéréssant d’analyser, d’après la Torah, ce que veut dire la peur de l’ennemi. Car le passouk est clair en nous ordonnant de repousser ces sentiments de craintes qui, à priori, sont naturels. Néanmoins, si l’on poursuit notre lecture on s’aperçoit qu’il y a contradiction avec l’ordre de partir en guerre sans crainte de notre vulnérabilité potentielle. Le verset continue: “Or, quand vous serez sur le point de combattre, le pontife s’avancera et parlera au peuple. Il leur dira: “Ecoute, Israël! Vous allez, en ce moment, livrer bataille à vos ennemis; que votre courage ne mollisse point; soyez sans crainte, ne vous laissez ni déconcerter ni terrifier par eux. Car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui marche avec vous, afin de combattre pour vous contre vos ennemis et de vous procurer la victoire.” Ensuite les préposés parleront au peuple en ces termes: “Si quelqu’un a bâti une maison neuve et n’en a pas encore pris possession, qu’il parte et s’en retourne à sa maison; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre en prendrait possession. Si quelqu’un a planté une vigne et n’en a pas encore acquis la jouissance, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre acquerrait cette jouissance. Et si quelqu’un a promis mariage à une femme et ne l’a pas encore épousée, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre homme l’épouserait.” Les préposés adresseront de nouveau la parole au peuple, et diront: “S’il est un homme qui ait peur et dont le cœur soit lâche, qu’il se retire et retourne chez lui, pour que le cœur de ses frères ne défaille point comme le sien!” Alors, les préposés ayant fini de parler au peuple, on placera des officiers de légions à la tête de l’armée.” (Devarim 20,2-9)
On se demande alors, si la Torah prévoit qu’il puisse avoir des morts au combat, pourquoi nous demande-t-elle de ne pas avoir peur de l’ennemi ??? La réponse se trouve dans le verset lui-même si l’on prend la peine de le lire correctement. Il s’agit de la peur des chars, d’un peuple plus nombreux. Qu’est-ce qui engendre la peur ? Le danger lui-même n’effraie pas car objectivement tout le monde sait qu’il y a toujours des morts lors d’un conflit, mais lorsqu’on observe l’ennemi, son arsenal, sa force de frappe, on est pris d’un effroi incontrolable. C’est l’imagination, la projection de ce que pourrait impliquer une défaite qui détruit le morale du soldat. C’est là tout le message qu’Hachem veut nous donner.
Il ne faut pas croire que ce sont les armes, les missiles ou les chars de nos ennemis qui sont la menace, ils ne sont qu’une illusion car en fait Hachem contrôle ces ustensils. Il ne s’agit pas ici de rentrer sa tête dans le sable et attendre de se faire tirer dessus en pensant que peu importe l’arme qui va faire le sale boulot puisque de toute façon le résultat sera le même. Au contraire, on se doit d’anticiper et d’adopter la meilleure stratégie pour gagner le plus facilement. Hachem nous interdit de craindre la menace psychologique de l’ennemi. On a tous en mémoire les défilés des chars russes pendant la guerre froide, ou dernièrement ceux d’Iran. Leur manière n’a pas changé, il y aura toujours quelqu’un pour menacer le peuple Juif, mais notre réaction doit toujours être la même, à savoir que la menace n’est pas directement liée à l’ennemi, ce dernier n’a pas la possibilité d’exécuter tant qu’Hachem ne lui donne pas le feu vert. Tout n’est qu’illusion et c’est l’Eternel qui fait la guerre.
 
Le Hafets Haïm reprend cet enseignement pour aller encore plus loin et dire que la vrai guerre n’est pas celle que nos enemis nous livrent mais surtout celle que notre Yetser Ara nous prépare à chaque moment de la journée. Ce sont les mêmes procédés qui agissent ici. Prenons l’exemple d’un homme qui se lève le matin en prenant la ferme résolution de modifier son quotidien. Aujourd’hui il sera à l’heure à la prière, il ne quittera pas la synagogue avant la fin, il gèrera ses affaires le plus justement et sans compromis, il sera concentré au cours de Torah du soir; toute une révolution dans sa journée !!
Mais le Yetser Ara se prépare également au combat…, il sait que cet homme tiendra ses promesses tant qu’il restera concentré sur ses nouveaux objectifs. Ainsi, il va tout faire pour l’en éloigner. Et c’est parti: le téléphone sonne juste avant que notre homme ne franchisse le pas de la porte pour aller à la synagogue, au milieu de la prière il se souviendra que juste aujourd’hui il avait promis à son épouse de faire les courses avant d’aller au travail, et là dommage que justement aujourd’hui vient l’assureur constater les dégats et qu’il faille arrondir le montant (vers le haut bien sûr). On le comprend mais demain c’est sûr il sera parfait ……
C’est ainsi qu’on prend conscience de l’emprise qu’exerce sur nous cet ennemi intérieur. A chaque fois on a l’impression de ne pas avoir le choix, on voudrait être sur la bonne voie mais encore une fois tout n’est qu’illusion et il nous est difficile de s’en défaire.
 
La justice, c’est cela !! C’est remettre de l’ordre dans notre vie et tout d’abord à l’intérieur de nous mêmes. C’est une chance que D.ieu nous donne d’avoir un mois entier pour se préparer à Roch Hachana, en purifiant notre intérieur par l’introspection, le bilan de nos actions, l’analyse de nos faiblesses, des mauvaises influences, de notre léthargie à accomplir les mitsvot. Hachem nous interdit d’avoir peur, cette peur qui bloque l’esprit, celle qui nous ralentit dans notre engagement, ce “je peux pas, c’est pas pour moi”…
Il faut se dire qu’Hachem fait ce qu’il a à faire, la nature remplit son rôle à merveille, le soleil ne refuse jamais d’éclairer le monde, et les nations attendent toujours de nous voir exemplaire, mais nous est-ce que nous remplissons notre rôle de Juif ? Alors faisons ce que nous avons à faire et au diable les illusions !!!!
Je terminerai en évoquant le message adressé dans la paracha de la semaine dernière. Hachem présente au peuple Juif  le choix entre la bénédiction si l’on suit les commandements de la Torah et la malédiction si on les refusent. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de troisième option, celle du milieu à savoir: accomplir ce qui nous arrange parmi les mitsvot de manière passer entre les mailles en disant “qu’on me laisse tranquille, je veux être ni beni ni maudit !”
C’est impossible, notre histoire nous a montré qu’il n’y a jamais eu de période où l’on a cessé de s’interresser aux juifs.
Souhaitons que  le mois de Eloul nous permette de faire le vide à l’intérieur de nous mêmes et qu’Hachem nous aide à prendre les bonnes résolutions pour l’année à venir !!!!

Tsav et Chabbat HaGadol – réflexions sur la particularité de ce grand Chabbat

3 avril 2009 at 16:16 | In Tsav et Chabbat Hagadol | Leave a Comment
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 On appelle le Chabbat qui précède Pessah, Chabbat HaGadol. L’origine de cette appellation n’est pas claire car, bien qu’au Moyen Age, de nombreuses autorités aient cherché à en expliquer la provenance, elle ne se trouve ni dans la Torah, ni dans le Talmud.
Une des approches consiste à lier le Chabbat HaGadol à un verset particulier de la Haftara qui parle d’un jour dans le futur qui sera gadol, ce qui signifie « grand » :
« Or, Je vous enverrai Elie le prophète, avant qu’arrive le jour grand et redoutable de l’Eternel ». (Malachie 3:23)
Le prophète parle du jour de délivrance qui surviendra dans le futur. Pessah, qui, de tout temps, a représenté le jour de la délivrance, est, en fait, l’archétype de cette future rédemption. Le Talmud nous enseigne donc : Rabbi Yehochoua dit : « C’est en Nissan que le monde fut créé … l’esclavage de nos ancêtres en Egypte cessa et c’est en Nissan qu’ils seront délivrés. » (Talmud Roch HaChana 11a). La tradition, qui confère à Elie un rôle primordial dans les temps messianiques, nous incite à lire la section relative à l’allusion que fait le prophète sur ce « grand » jour. D’autres commentateurs puisent dans le passé pour trouver une explication à cette dénomination. Le Talmud nous enseigne que les Juifs ont quitté l’Egypte un jeudi – le 15 du mois de Nissan -et que le 10 était donc le Chabbat qui le précédait. « Quant au mois de Nissan de la Sortie d’Egypte, le 14, ils firent le sacrifice pascal, le 15, ils partirent et le soir [de ce même jour] les premiers-nés furent châtiés… et ce jour-là était un jeudi ». (Chabbat 87b)
L’importance du 10 Nissan est mentionnée dans la Torah : « Parlez à toute la communauté d’Israël en ces termes : « Au dixième jour de ce mois, que chaque homme se procure un agneau, pour la maison de son père, un agneau par maison. » (Exode 12 :3) Tossfot (Chabbat 87b) fait remarquer qu’en prenant un agneau, les Juifs excitèrent l’intérêt et le courroux des premiers-nés d’Egypte qui implorèrent Pharaon de laisser partir les Juifs. Devant le refus du monarque, ils se rebellèrent et s’en prirent à leurs propres parents. Ce jour est donc considéré comme grand, en raison du miracle manifeste que D.ieu accomplit et qui provoqua par la suite le déclin de la société Egyptienne. De plus, en abattant l’objet même de l’adoration des Egyptiens, les Juifs se libérèrent eux-mêmes des chaînes de l’esclavage spirituel. Lorsque Hachem dit à Moïse de tuer le Korban Pessa’h, il Lui répondit : « Maître de l’Univers! Comment puis-je accomplir une telle chose ? Tu sais bien que l’agneau est un dieu égyptien. Comme il est dit : Si nous sacrifions l’abomination des Egyptiens sous leurs yeux, ne vont-ils pas nous lapider ? » (Exode 8:22) D-ieu répliqua : « Aussi longtemps que tu vivras, Israël ne partira pas d’ici avant d’avoir tué les dieux égyptiens précisément sous leurs yeux, afin de leur montrer que leurs dieux ne sont vraiment rien. » C’est effectivement ce qu’Il fit, car cette nuit-là, Il tua les premiers-nés égyptiens et cette même nuit, les Juifs abattirent leurs agneaux et les mangèrent. Lorsque les Egyptiens virent leurs premiers-nés tués et leurs dieux abattus, ils ne purent rien faire, ainsi qu’il est dit : Tandis que les Egyptiens enterraient ceux que l’Eternel avait châtiés parmi eux, même tous leurs premiers-nés ; parmi leurs dieux, l’Eternel exécuta aussi Son décret. (Midrach Rabbah – Exode 16:3)
L’Eternel dit ensuite à Moché : « Aussi longtemps qu’Israël adorera les dieux égyptiens, Il ne sera pas délivré ; va leur dire de renoncer à leur mauvaise conduite et de rejeter l’idolâtrie. » C’est de cela qu’il s’agit dans le verset : « Retirez et prenez-vous des agneaux ». Ce qui signifie : Retirez vos mains de l’idolâtrie et prenez pour vous des agneaux, de cette manière, tuez les dieux d’Egypte et préparez la Pâque ; ce n’est qu’en accomplissant cela que l’Eternel passera au-dessus de vous. Tel est le sens de En restant assis immobiles, vous serez sauvés. (Midrach Rabbah – Exode 16 :2)
Le choix de l’agneau était également significatif à un autre niveau. Les Juifs étaient dès lors occupés à accomplir une prescription Divine ; en plus du rejet des dieux égyptiens, ils s’employaient activement à exécuter l’ordre de D-ieu.
Toutes ces explications, toutefois, semblent ne concerner que l’importance du 10 Nissan, plutôt que le Chabbat précédant Pessa’h. Le 10 Nissan en Egypte s’est trouvé être un Chabbat tout comme cette année 5769, pourtant, sa signification ne semble pas être liée avec ce jour sacré. Ce Chabbat en Egypte fut différent, en fait,  de tous les autres Chabbat précédents car, pour la première fois, l’homme s’était joint à D-ieu pour observer Son jour sacré. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le mode d’observance ne fut pas le repos dans son sens habituel. En effet, l’homme avait reçu l’ordre de se munir d’un agneau, un acte qui, comme nous l’avons déjà noté, était une déclaration ferme affichant une intention clairement polémique lancée au visage des Egyptiens polythéistes et adorateurs de l’agneau.
Le Sfat Emet affirme qu’en prenant un agneau, les Juifs observèrent Chabbat en Egypte. Ce fut leur premier Chabbat en tant que peuple, un moment de transition pour devenir une nation : ils avaient atteint l’âge de la majorité, étaient devenus des adultes (« guedolim ») qui avaient des responsabilités. Ce fut donc un Chabbat « HaGadol ». L’enseignement le plus basique en ce qui concerne le Chabbat est la reconnaissance que D-ieu a créé le monde en six jours. En prenant un agneau, les Juifs rejetèrent l’idolâtrie et acceptèrent D-ieu. Ce ne fut pas simplement un acte qui eut lieu le 10 Nissan, mais un tournant décisif dans l’histoire juive : désormais les Juifs se joignaient à D-ieu pour observer le Chabbat.

Le Rav Lau, ancien Grand Rabbin d’Israël, nous explique que c’est surtout pour rendre hommage aux Bnei Israël qui ont honoré Hachem en prenant le risque d’éveiller la rage des Egyptiens en sacrifiant leur dieu, que ce Chabbat Hagadol a été nommé par rapport au miracle vécu. Car ici, contrairement aux autres miracles survenus lors de la sortie d’Egypte, celui-ci avait la particularité d’associer le courage du peuple Juif.

La Guemara nous enseigne que celui qui profane le Chabbat se rend coupable d’idolâtrie, car il a rejeté l’œuvre de D-ieu. Il est donc clair que ceux qui rejettent l’idolâtrie sont considérés comme « observant le Chabbat ». De plus, en se procurant un agneau, ils observèrent l’unique commandement du Chabbat qui leur fut donné et cet « accomplissement parfait » fit de ce jour un Chabbat réellement grand. Nos sages nous enseignent que si tout le peuple d’Israël observe complètement deux Chabbatot seulement, il méritera la venue du Messie : Rabbi Yo’hanan dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo’haï : « Si Israël observait deux Chabbat selon les lois qui s’y rapportent, il serait immédiatement délivré. » (Chabbat 118b) Il est intéressant de noter que, selon le courant de pensée juive dominant, le monde a été créé en Nissan, ce qui signifie que le Chabbat qui eut lieu le 10 du mois constitua le second Chabbat dans l’histoire du monde. Si ces deux Chabbat avaient été observés correctement, le monde aurait été délivré. Dans les Sifré Hapardes, Rav Yechiel Epstein explique que les deux Chabbat devant être observés sont Chabbat Hagadol et Chabbat Chouva. Chacun de ces deux Chabbat possède un pouvoir spécifique qui lui est propre : L’un de ces Chabbat tombe entre Roch Hachana et Yom Kippour et enseigne à l’homme la manière de retourner vers Hachem; l’autre fut le premier Chabbat observé en Egypte et contient en lui les germes de la délivrance. Que l’homme parvienne à maîtriser ces deux Chabbat et le Messie arrivera promptement.

Il nous reste plus qu’à expliquer le fait que le plus souvent Chabbat Hagadol tombe la parachat Tsav. En effet, le verset qui relie la Sidra à la notion de miracle est le suivant: “Un feu continuel sera entretenu sur l’autel, il ne devra point s’éteindre.” (Vayikra 6,6) Hachem nous ordonne d’entretenir ce feu continuellement afin de cacher le fait que ce dernier descendait du ciel par miracle. On retrouve ce même effet aténuateur lorsque Hachem fit souffler un vent violent sur la Mer Rouge la nuit précédant son ouverture, ceci afin de récompenser les croyants et de punir les impies qui relieraiant l’ouverture de la mer au vent qui la précéda. Le Sefer Ha’hinou’h nous indique ici l’approche que nous devons avoir face aux miracles de la sortie d’Egypte et ceux de la vie en générale. Hachem a fait en sorte que le monde réponde aux lois de la nature, mais pour les Bnei Israël chaque instant de la vie est un miracle d’Hachem et expliquer scientifiquement les phénomènes de la nature ne contredit en rien la foi immuable que l’Eternel tire les ficelles de ce monde et que nous en sommes reconnaissant tout au long de la vie!

 

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