Béchala’h – La traversée de la Mer Rouge

25 janvier 2010 à 22:33 | Publié dans Bechala'h | 1 Commentaire
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La Paracha de Béchala’h relate l’un des épisodes les plus passionants de notre Histoire tant cette traversée de la Mer Rouge à pieds secs reflète toute la grandeur et la splendeur du Divin. Ce fut l’apogée des épreuves qu’Hachem fit endurer aux Egyptiens d’une part, mais surtout l’accès à la liberté pour le peuple Juif de manière spectaculaire et définitive, ce peuple qui, malgré la puissance de ses oppresseurs finira, avec l’aide de l’Eternel, par se libérer et sortir par la grande porte. Cette liberté chaque année comémorée à Pessa’h révèle qu’en fait, nous sommes assurés de sortir vinqueurs face à tous les exiles de l’Histoire a venir jusqu’à l’arrivée du Machia’h à la fin des temps.

Le Midrache Raba nous pose le décor et l’ambiance tendue qui régnait dans le cortège de millions dhommes, femmes, et enfants devant la mer, bloqués dans leur périple du désert, et de l’autre côté l’armée de Pharaon qui s’approche de ce peuple pour l’exterminer ou le ramener à l’esclavage à jamais! Le Midrache de décrire: ‘Quatre clans se formerent au sein du peuple Juif face a la mer, les premiers souhaitaient se jeter a la mer, les seconds préféraient revenir en Egypte, les troisièmes désiraient combattre et les derniers voulaient crier’.

L’Histoire de notre peuple nous enseigne qu’à chaque génération se trouvaient des personnes qui, plutôt de se retourner vers les grands éclaireurs, les visionnaires de la communauté, se sont considérés eux-mêmes leaders, véhiculant leurs propres idées pour sauver le peuple. Tout comme à l’époque de la sortie d’Egypte, on dénombre quatre groupes bien distincts:

- les désespérés, fatalistes, convaincus qu’il n’y a plus d’espoir de s’en sortir, décident de choisir le suicide par la noyade plutôt que de se rendre à l’ennemi et subir les vices de ce dernier.

- les résignés, pragmatiques, conscients que les Egyptiens sont plus forts et plus nombreux, préfèrent retourner en Egypte quitte à devoir s’assimiler voire se retrouver esclaves.

- les guerriers, idéalistes, faisant fis des pronostiques de défaite, se mobilisent pour lutter jusqu’au dernier et mourir en héros avec pour devise la liberté ou la mort !

- les diplomates, pensants utile la manifestation bruyante pour réveiller l’opinion publique, la conscience des nations, et ainsi éviter un bain de sang par les voies politiques.

Mais en fin de compte, chacun reçut sa réponse en comprenant l’allusion se cachant dans ces versets (L’Exode 14, 13-14): “Moïse répondit au peuple: “Soyez sans crainte! Attendez, et vous serez témoins de l’assistance que l’Éternel vous procurera en ce jour! “ tel un message aux désespérés, “Certes, si vous avez vu les Égyptiens aujourd’hui, vous ne les reverrez plus jamais.” dans le sens qu’il n’y a pas de chemin retournant vers l’Egypte, “L’Éternel combattra pour vous” sous entendu non pas vous les guerriers idéalistes, “et vous, tenez-vous tranquilles!” sans avoir besoin de manifester et hurler au secours !

Hachem n’attendait en fait uniquement la réaction qui fut alors spontanée et unanime des Hébreux: “Comme Pharaon approchait, les enfants d’Israël levèrent les yeux et voici que l’Égyptien était à leur poursuite; remplis d’effroi, les Israélites jetèrent des cris vers l’Éternel”! (L’Exode 14, 10)

Aujourd’hui, nous sommes dans la même situation décrite par le Midrache et il nous est difficile encore de prendre conscience que les épreuves qui nous sont envoyés par Hachem n’ont pour seul but que de réveiller en nous cette foi immuable en la capacité du Maitre du Monde de les résoudre grâce à nos prières. Malgré notre volonté de régenter notre propre vie, nous devons chercher à travers nos supplications et nos prières quotidiennes ce que nous pouvons changer en nous-mêmes afin de toujours positiver face aux épreuves et ainsi se renforcer chaque jour un peu plus dans l’accomplissement de notre Avodat Hachem et recevoir de Sa part toutes les bénédictions, Amen !

Parachat Vaéra – Israël nous appartient grâce à l’étude de la Torah

10 janvier 2010 à 17:37 | Publié dans Vaéra | Laisser un commentaire
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La Paracha de la semaine évoque les premières plaies affligées au Pharaon et son peuple par Hachem afin de le forcer à libérer le peuple Juif, nouvellement constitué à partir des familles issues de Yaacov. Moché vient de sortir du palais de Pharaon, déçu de son échec dans la négociation lors de son premier entretien avec le roi d’Égypte, et se lamente devant l’Éternel, désespéré. Le verset en témoigne à la fin de la paracha de Chémot: “Moïse retourna vers le Seigneur et dit: Mon D.ieu, pourquoi as-tu rendu ce peuple misérable? Dans quel but m’avais-tu donc envoyé? Depuis que je me suis présenté à Pharaon pour parler en ton nom, le sort de ce peuple a empiré, bien loin que tu aies sauvé ton peuple!” (L’Exode 5,22-23) C’est alors qu’au début de la paracha de Vaéra, l’Eternel lui répond: “C’est à présent que tu seras témoin de ce que je veux faire à Pharaon. Forcé par une main puissante, il les laissera partir; d’une main puissante, lui-même les renverra de son pays.” D.ieu adressa la parole à Moïse, en disant: “Je suis l’Éternel. J’ai apparu à Abraham, à Isaac, à Jacob, comme Divinité souveraine; ce n’est pas en ma qualité d’Étre immuable que je me suis manifesté à eux. De plus, j’avais établi mon alliance avec eux en leur faisant don du pays de Canaan, cette terre de leurs pérégrinations où ils vécurent étrangers et enfin, j’ai entendu les gémissements des enfants d’Israël, asservis par les Égyptiens et je me suis souvenu de mon alliance.” (L’Exode 6,1-5) 
Hachem réagit avec virulence, mettant Moché en balance avec les Patriarches qui n’ont pas eu le privilège d’approcher D.ieu directement comme lui, sans allusion dans les prophéties, et qui ne se sont jamais plaints devant l’incompréhension que peut générer parfois le projet Divin.
A ce moment Hachem dévoile à Moché sa réaction imminente face à l’esclavage cruel du peuple Juif, en promettant la libération et la venue en terre d’Israël promise à Abraham, Isaac, et Jacob.
“Donc, parle ainsi aux enfants d’Israël: ‘Je suis l’Éternel! Je veux vous soustraire aux tribulations de l’Égypte et vous délivrer de sa servitude; et je vous affranchirai avec un bras étendu, à l’aide de châtiments terribles. Je vous adopterai pour peuple, je deviendrai votre D.ieu; et vous reconnaîtrez que moi, l’Éternel, je suis votre D.ieu, moi qui vous aurai soustraits aux tribulations de l’Égypte. Puis, je vous introduirai dans la contrée que j’ai solennellement promise à Abraham, à Isaac et à Jacob; je vous la donnerai comme possession héréditaire, moi l’Éternel.’ “(L’Exode 6,6-8).

Le dernier verset met en opposition, à priori, le don de cette terre aux Hébreux bientôt libérés, à l’héritage promis aux ancêtres quelques générations précédentes. Comprenons par le don quelque chose qu’il faille mériter indépendammant des mérites de nos aïeux, alors que l’héritage ne dépend pas des efforts de l’héritier.
Quel est donc le message qu’il faut décoder derrière la traduction de ce verset ?
Le Midrache dans la paracha à venir (Bo) explique bien cette différence: « je te la donnerai; que tu ne pense pas l’hériter de tes ancêtres, mais elle sera à tes yeux comme donnée aujourd’hui pour la première fois. »
Ce qui est intéressant c’est qu’à propos de la Torah on retrouve ce même double langage: «C’est pour nous qu’il dicta une doctrine à Moïse; elle restera l’héritage de la communauté de Jacob.» (Le Deutéronome 33,4) mais aussi l’explication de Rachi sur ce verset tiré de la dernière paracha de la Torah: ’ les paroles de Torah seront à tes yeux toutes neuves chaque jour’.
La réponse est unique face à ces deux questions: en effet, la Torah est un héritage qui se transmet de générations en générations et les érudits y rajoutent leurs commentaires par l’approfondissement de leurs connaissances. Mais ce n’est pas un simple héritage, j’entends par là n’impliquant aucun effort de notre part. Elle n’est pas de la littérature antique, sans lien personnel avec celui qui l’étudie, tel une vieille relique. L’héritage n’appartient qu’à celui qui s’investit corps et âme pour tenter de comprendre la vérité qu’elle contient.
Notre relation par rapport à la terre d’Israël est la même. On a coutume de dire qu’elle nous appartient par le fait d’avoir été acquise par nos patriarches. Mais en fait, chaque jour est un nouveau challenge qui nous est imposé par Hachem. Et nos sages de dire : pourquoi cette terre nous a été enlevée par les diverses civilisations ?car nous étudiions la Torah sans avoir béni auparavant Hachem de nous l’avoir donné tous les matins. L’importance de la bénédiction n’est pas la récitation de cette dernière mais la prise de conscience que nous avons un rôle à jouer dans cette Torah et qu’elle n’est pas simplement un héritage auquel nous n’avons pas notre part d’action, d’investissement pour la mériter. Et de même que nous devons vivre sur notre terre pour atteindre la perfection de notre engagement dans la Torah, de même notre terre ne peut être parfaite que si nous y vivons en total accord avec les commandements divins.
En résumé nous avons une équation avec la Torah d’un côté et notre mérite de vivre en terre Israël de l’autre. C’est simple à concevoir tant ces deux choses sont les seuls éléments de notre identité juive.
La gestation du peuple juif réalisée lors de son esclavage n’a pour but que de nous enseigner ce message à savoir que la libération survenue après 210 ans n’était que le moyen de nous amener dans les désert du Sinaï pour y recevoir la Torah et devenir une véritable nation, porteuse de l’éthique divine pour l’humanité toute entière !!!

Parachat Chemot – L’égalité des droits et l’antisémitisme

7 janvier 2010 à 19:32 | Publié dans Chemot | Laisser un commentaire
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La paracha de Chemot qui ouvre l’Exode nous fait basculer directement de l’âge d’or pour la famille de Yaacov, fondatrice du peuple juif, au début de cette sombre période que fut l’esclavage des Hébreux, le premier exil d’Israël. Dès les premiers versets où l’on voit Yossef quitter ce monde avec toute sa génération, il est palpable qu’un changement va opérer mais le fait qu’on assiste au revirement de Pharaon envers la famille de Yossef est quelque peu soudain car il n’a fallut que quelques années pour voir les descendants de Yaacov passer du statut d’intégrés a celui de rejetés.

La question qui se pose, à savoir quel a été l’élément déclencheur de cette haine des Egyptiens envers les Bnei Israel et qui a été la source de l’antisémitisme?

Le verset insiste: “Mais, plus on l’opprimait, plus sa population grossissait et débordait et ils conçurent de l’aversion pour les enfants d’Israël.”(L’Exode 1,12) Et Rachi d’expliquer que les Egyptiens ne supportaient plus la facon de vivre des Hébreux. Sur ce point, le Midrache relate qu’après la mort de Yossef, ses descendants ont annulé la Brit Mila, pretextant vouloir vivre exactement comme les Egyptiens, c’est pourquoi Hachem a renversé l’amitié dont ils jouissaient en haine viscérale.

On se doit de s’interroger sur la raison pour laquelle ils ont abandonné la seule Mitsva qu’ils avaient depuis Avraham et qui les différenciait des autres peuples? De plus, le Midrache Yalkout Chimoni (fin de Béchala’h) nous raconte justement le contraire: lorsque les Egyptiens les voyaient circoncir leurs enfants, ils leur proposèrent d’alléger leur conditions d’esclaves en échange de l’arrêt de cette pratique, ce qui fut catégoriquement refusé par les Hébreux! Comment s’y retrouver alors?

Le Beth Halévi nous répond qu’en fait, les Bnei Israel n’ont pas annulé cette Mitsva mais après avoir circoncis leur enfants, ils ont ensuite tiré la chair afin de recouvrir la Mila de manière qu’il n’y ait aucune trace de la circoncision. Leur argument était le suivant: du fait que Yossef et ses frères qui étaient proches de Pharaon avaient quittés ce monde, les descendants n’allaient pas tarder à se retrouver esclaves de la puissance Egyptienne, donc si jamais ils faisaient tout pour se comporter comme eux, ils bénéficieraient tôt ou tard du statut de résident permanent, ce qui leur octroierait l’égalité des droits et enlèverait tout risque d’être à la merci des Egyptiens et risquer alors de devenir esclaves de ces derniers.

L’erreur était d’avoir imaginé pouvoir résister à l’assimilation annoncée car si physiquement ils étaient semblables aux Egyptiens, certainement qu’un jour ils épouseraient leurs moeurs et deviendraient des Egyptiens à tout niveau. C’est à ce moment là qu’intervint Hachem, garant de la pérénité de son peuple. Il provoqua la haine des Egyptiens envers les Bnei Israel afin de maintenir la distance nécéssaire entre ces deux peuples. A chaque fois que les Hébreux tentaient de se fondre dans la civilisation, ils furent encore plus rejetés jusqu’à ce que Pharaon décida d’en finir avec eux et les rendit esclaves.

Si l’on observe notre situation de nos jours, on s’aperçoit que l’antisémitisme est toujours d’actualité même si après la Choa, tout le monde était convaincus qu’avec la naissance de l’Etat d’Israel, la question juive était enfin résolue. C’est justement la même erreur qui fut reproduite par les Maskilim, Les Lumières au 19eme siecle en Allemagne, qui souhaitaient une intégration complète dans la société occidentale, en rejetant tout signe distinctif du Judaisme, et qui en fin de compte les desservit au moment ou Hitler désirant trouver un bouc émissaire parfait au lendemain de la première guerre mondiale, se mit à accuser les Juifs de tenir les rênes du pouvoir, de l’économie, de chercher leur interêt personnel plutôt que le bien de la nation qui les accueille. En relisant les premiers versets de la Paracha on retrouve ces mêmes accusations exprimées cette fois de la bouche du Pharaon, c’est donc un éternel recommencement!

Vayigache – L’ultime jugement

22 décembre 2009 à 12:04 | Publié dans Vayigache | 2 Commentaires
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La révélation de Yossef à ses frères est certainement le moment le plus émouvant de toute la Torah. Lui, symbole du Juif errant, a réussi l’ascenssion sociale la plus extraordinaire depuis la nuit des temps, passant d’esclave en pays étranger au poste de vice-roi d’Egypte, minsistre du trésor de Pharaon. Lorsque ses frères descendent en Egypte pour la première fois afin d’acheter du blé alors que le reste du monde souffre d’une terrible famine, ils profitent de l’occasion pour chercher leur frère vendu des années auparavant et se souvenant qu’il était très beau, ils se dirrigèrent tout droit vers le quartier de référence pour la prostitution. C’est tout ce qui pouvait arriver à un bel esclave à l’époque et pourtant, Yossef s’est hissé par son intelligence aux plus hautes responsabilités du Royaume !

C’est pourquoi la révélation de Yossef à  ses frères était d’autant plus dramatique et humiliante pour eux, tant leur ennemi de frère avait réussi sa vie mieux qu’eux!

 ”Joseph ne put se contenir, malgré tous ceux qui l’entouraient. Il s’écria: “Faites sortir tout le monde d’ici!” Et nul homme ne fut présent lorsque Joseph se fit connaître à ses frères. Il éleva la voix en pleurant. Les Égyptiens l’entendirent, la maison de Pharaon l’entendit, et il dit à ses frères: “Je suis Joseph; mon père vit-il encore?” Mais ses frères ne purent lui répondre, car il les avait frappés de stupeur. Joseph dit à ses frères: “Approchez-vous de moi, je vous prie.” Et ils s’approchèrent. Il reprit: “Je suis Joseph, votre frère que vous avez vendu pour l’Égypte. Et maintenant, ne vous affligez point, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de m’avoir vendu pour ce pays; car c’est pour le salut que le Seigneur m’y a envoyé avant vous. (La Genèse 45,1-5)

Le Midrache nous enseigne sur cet émouvant moment: ‘Malheur à  nous le jour du jugement, malheur à  nous le jour du repproche. Yossef, cadet de ses frères, n’a rien pu entendre de leur part lors de sa révélation tant ils étaient paralysés, nous autres à fortiori le jour de l’ultime jugement!’

A priori lorsque l’on se penche dans les verset relatant la révélation de Yossef à ses frères, on imagine plutot l’émotion suscitée par ces retrouvailles inespérées et l’on voit mal ou se situe le repproche, meme voilé, de Yossef envers ces derniers. Pourtant le Midrache indique clairement que derrière ces pleurs de joie se cache un repproche qui a paralysé toute la tribu de Yaacov.

Le Beth Halevi nous explique que ce terrible repproche est contenu dans les mots “Je suis Yossef, mon père vit-il encore ?”(45,3).

Si l’on reprend le début de la Paracha, on voit Yehouda s’approcher de manière courtoise mais assurée de Yossef, engageant un plaidoyer interminable, faisant passer Yossef aux yeux de ses conseillers comme un cruel dictateur, inhumain, n’ayant pas pitié d’un vieillard attaché à son Benjamin qui ne survivrait pas à la nouvelle que ce dernier devint esclave en Egypte. “Et maintenant, en retournant chez ton serviteur, mon père, nous ne serions point accompagnés du jeune homme et sa vie est attachée à la sienne! Certes, ne voyant point paraître le jeune homme, il mourra; et tes serviteurs auront fait descendre les cheveux blancs de ton serviteur, notre père, douloureusement dans la tombe. Car ton serviteur a répondu de cet enfant à son père, en disant: ‘Si je ne te le ramène, je serai coupable à jamais envers mon père.’ Donc, de grâce, que ton serviteur, à la place du jeune homme, reste esclave de mon seigneur et que le jeune homme reparte avec ses frères. Car comment retournerais-je près de mon père sans ramener son enfant? Pourrais-je voir la douleur qui accablerait mon père?” (La Genèse 44,30-34)

C’est d’ailleurs justement pour éviter que la honte soit encore plus insoutenable pour ses frères que Yossef fit sortir tous ceux qui étaient présent dans la salle avant de  révéler sa véritable identité. Il s’écria “Je suis Joseph, votre frère que vous avez vendu pour l’Égypte “(45,4). L’allusion était des plus flagrantes; comment pouvez-vous me repprocher de ne pas avoir pitié de votre père Yaacov alors que vous-mêmes m’avez vendu en esclave sans vous demander si mon père survivrait à cette épreuve? Pourquoi voudriez-vous qu’on vous prenne en pitié lorsque vous êtes touchés alors que vous en avez pas eu pour moi et mon père à l’époque?

 Ces repproches terribles raisonnent en chacun de nous car le Midrache nous enseigne ici que lorsque l’on rendra notre âme au Créateur, nous aussi aurons à rendre des comptes sur nos actes dans ce monde ici bas. Mais ce qui est plus redoutable encore ce n’est pas le fait d’etre jugé un jour sur notre vie, c’est surtout la manière avec laquelle l’accusateur va nous tourner en dérision dans son argumentation. En effet, ce sont nos réponses qui seront utilisées contre nous et c’est cela qui est le plus terrible et le plus humiliant.

Lorsque l’on justifiera le manque de temps libre pour étudier la Torah, l’ange accusateur nous montrera le film de notre vie en appuyant sur le nombre incalculable de moments perdus inutilement dans des futilités. Quand nous nous défendrons de ne pas avoir eu une bonne mémoire pour se souvenir du peu de Torah qu’on aura appris, le tribunal céleste nous révélera combien notre mémoire nous a jamais trahi lorsqu’il s’agissait d’une dette que notre ami avait envers nous, des articles de journaux dévorés et gravés à  jamais dans notre esprit, ou encore la rancune eternelle envers ce voisin…

Yossef nous donne ici la leçon essentielle pour réussir sa vie et ne pas avoir à chercher de prétextes pour justifier notre manquement à la mission que Hachem a donné à chacun d’entre nous lors de notre venue au monde. La Techouva commence par cette prise de conscience que toutes nos actions sont inscrites dans le livre de la vie ainsi qu’il nous est enseigné dans Pirkei Avot. Mais au-delà du fait que rien n’est caché aux yeux de l’Eternel, c’est surtout le fait qu’on n’aura aucune excuse valable pour justifier notre incapacité à être au niveau de ce qu’on attendait de nous dans le monde futur, qui sera pour nous humiliant.

Que le Maître du monde nous donne la force de prendre conscience que rien n’est perdu et qu’au contraire, c’est le nouveau départ que l’on pourra prendre à la suite de cette profonde introspection qui nous fera certainement rattraper le temps perdu!

Parachat Mikets – sagesse et grandeur de Yossef

14 décembre 2009 à 18:54 | Publié dans mikets | Laisser un commentaire
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Au cours de cette paracha, le lecteur assiste à l’accélération des événements qui amèneront Yossef à sa libération des géoles egyptiennes pour devenir vice-roi de Pharaon; une ascension sociale des plus rare dans l’Histoire. Yossef est appelé au chevet de Pharaon, troublé par ses rêves où les vaches maigres engloutissent les vaches grasses, où les épis de blé chétifs feront de même avec les beaux et grands épis. Seul Yossef interprêtera correctement ces rêves, tout en insistant sur le fait que “ce que Hachem prépare, il l’a annoncé à Pharaon” (La Genèse 41,25).

La Torah nous décrit ainsi l’argumentation remarquable de Yossef devant la cour d’Egypte: “Yossef dit à Pharaon: “Le songe de Pharaon est un: ce que D-ieu prépare, il l’a annoncé à Pharaon. Les sept belles vaches, ce sont sept années; les sept beaux épis, sept années: c’est un même songe. Et les sept vaches maigres et laides qui sont sorties en second lieu, sept années, de même que les sept épis vides frappés par le vent d’est. Ce seront sept années de famine. C’est bien ce que je disais à Pharaon ce que D-ieu prépare, il l’a révélé à Pharaon. Oui, sept années vont venir, abondance extraordinaire dans tout le territoire d’Égypte. Mais sept années de disette surgiront après elles et toute abondance disparaîtra dans le pays d’Égypte et la famine épuisera le pays. Le souvenir de l’abondance sera effacé dans le pays par cette famine qui surviendra, car elle sera excessive. Et si le songe s’est reproduit à Pharaon par deux fois, c’est que la chose est arrêtée devant D-ieu, c’est que D-ieu est sur le point de l’accomplir. Donc, que Pharaon choisisse un homme prudent et sage et qu’il le prépose au pays d’Égypte. Que Pharaon avise à ce qu’on établisse des commissaires dans le pays et qu’on impose d’un cinquième le territoire d’Égypte durant les sept années d’abondance. Qu’on amasse toute la nourriture de ces années fertiles qui approchent; qu’on emmagasine du blé sous la main de Pharaon, pour l’approvisionnement des villes et qu’on le tienne en réserve. Ces provisions seront une ressource pour le pays, lors des sept années de disette qui surviendront en Égypte, afin que ce pays ne périsse pas par la famine.”  Ce discours plut à Pharaon et à tous ses serviteurs.” (La Genèse 41,25-37) 

Rachi explique que les conseillers et magiciens de Pharaon ont tout essayé afin d’interprêter les rêves mais en vain; ces derniers tentaient des explications farfelues du genre sept filles naitront au Pharaon mais elles mourront toutes. Lorsqu’on observe l’analyse de Yossef on se demande comment les magiciens n’ont pas eu l’idée d’expliquer ces rêves de manière si simple et tellement logique. En effet les sept années d’abondance suivies de sept années de famine répondent parfaitement au fait que les vaches maigres mangeront les vaches bien portantes. On peut alors se demander ce qui a fait que les conseillers n’ont pas retenu cette possibilité?

Deuxièmement, comment Yossef se permet de donner des conseils économiques à Pharaon en lui recommendant de nommer un ministre du trésor digne de confiance capable de gérer les années de crise, alors qu’il n’est qu’un ex détenu présenté à la cour du roi; une personne qui devrait plutôt répondre aux questions sans se permettre d’en rajouter de sa propre initiative?

En préambule, il faut savoir que lorsque Hachem se révèle au prophête, c’est par un songe, une allusion qui évoque le message derrière la prophétie ou le rêve. Les conseillers de Pharaon savaient ceci et c’est la raison pour laquelle ils allèrent chercher très loin l’interprêtation sans jamais imaginer que le rêve représentait concrêtement les événements a venir, à savoir que les vaches et les épis de blé indiquaient clairement l’abondance et la famine, d’où le verset  ”ce que Hachem prépare, il l’a annoncé à Pharaon” (La Genèse 41,25). Du coup l’interprétation simpliste de Yossef ne pouvait pas les mettre d’accord tant c’était trop beau pour être vrai et il risquait de devenir en quelques minutes la risée de toute la crême d’Egypte et surtout du Pharaon. Que fit Yossef pour mettre tout le monde de son côté?

Le Maguid de Doubno nous donne ici un aperçu de ce que pouvait être la sagesse de Yossef par l’exemple suivant:

Dans une contrée lointaine, le fils héritier du roi tomba gravement malade et tous les médecins de la cour se succédèrent des jours durant au chevet du prince sans réussir à trouver l’origine de la maladie ni le remède adequat après avoir tenté de mixer toutes sortes d’herbes rarissimes cueillies du bout du monde. Déséspéré, le roi se tourna vers le peuple en invitant toute personne compétante en la matière capable de sauver son fils agonisant. Et voila que l’un des plus simples médecins du pays se présenta au palais, annoncant aux gardiens être celui qui connait les symptomes de la maladie et disposant du remède. Le médecin est conduit au chevet du prince, entouré de tous les grands médecins et pharmaciens de la cour, curieux de savoir par quel miracle ce dernier pourrait sauver le peuple du drame national qui s’annonce. Notre docteur en question avait un probleme cependant; le remède n’était composé en fait que de quelques herbes qui se trouvent dans n’importe quel jardin du pays, donc comment faire pour ne pas paraître ridicule devant la cour? Ce dernier déclara donc très habilement que le remède pouvait être obtenu non pas par des herbes rares mais par la préparation méticuleuse de ces simples feuilles, demandant beaucoup de professionalisme. Chacun des médecins présents acquiésa, pensant être le seul capable d’une telle préparation et donc celui que le roi va désigner certainement pour remplir cette mission !

C’est exactement ce que fit Yossef en rajoutant à l’interprêtation ce conseil au Pharaon de nommer le plus loyal des experts en économie du pays pour répondre à la menace de la famine en gérant de manière brillante les récoltes durant les sept années d’abondance. De ce fait, tous les conseillers de Pharaon pensaient tous etre capables d’une telle mission et d’un commun regard ils éclairèrent le palais de leur admiration pour cette interprétation !

Mais la suite est bien connue, Yossef seul fut désigné par Pharaon pour être le vice-roi, détenant ainsi les clés de tous les hangars de blé en Egypte. Rav Haim Shmoulevits auteur du Si’hot Moussar explique que grace au fait que Yossef ne montra aucun signe d’orgueil ou de satisfaction personnelle au moment où il fut présenté à la cour, en rappelant que Hachem est le seul capable d’interpréter les rêves, Pharaon eut ainsi la conviction que seul Yossef était le plus à même de répondre à la mission de gérer le pays à l’aube de la crise économique. En effet, durant l’abondance n’importe quel autre conseiller n’aurait pas résisté à la tentation de mettre quelques tonnes de blé de côté pour lui-même et ses proches lors de la famine annoncée. Yossef qui ne montra aucun orgueil au moment d’une telle ascension sociale, passant de simple esclave en prison au statut de conseiller du Pharaon répondant présent face aux situations les plus complexes. Il gagna la plus grande des confiances que Pharaon n’avait jamais accordé à ses sujets en lui donnant sa bague et son trône, s’obligeant par là-même à s’en faire construire un autre un peu plus grand !

 Nous pouvons tirer de ce commentaire que seule la foi profonde de Yossef a été le moteur de sa sagesse et c’est pourquoi Hachem l’a récompensé en le libérant de manière si extraordinaire. C’est ainsi que l’on récite trois fois par jour dans ‘Achrei’ ce que le roi David a écrit “L’Eternel est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’appellent avec sincérité” (Les Psaumes 145,18). Que l’Eternel puisse nous aider à nous renforcer dans la partique des Mitsvot et d’espérer en toute circonstance même lors d’epreuves, car finalement Hachem nous en sort par la plus inattendue des manières !

Parachat Mikets – Les rêves de Pharaon

21 décembre 2008 à 19:28 | Publié dans mikets | 1 Commentaire
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Les sept vaches grasses

Sachez exploiter votre rêve

Vache grasse n°1 : l’économie.

Vache grasse n°2 : la liberté et la démocratie.

Vache grasse n°3 : la technologie moderne (l’automobile, l’ouvre-boîte électrique, l’Internet).

Vache grasse n°4 : la médecine moderne (la neurochirurgie, le Prozac, les lentilles de contact colorées).

Vache grasse n°5 : la communauté juive (Albert Einstein, Gad Elmaleh, Pierre Mendès-France).

Vache grasse n°6 : l’état politique de la nation (les Juifs vivant sur leur terre sous un gouvernement juif, etc, etc).

Vache grasse n°7 : l’état spirituel de la nation (une abondance de yéchivas, de synagogues, de centres communautaires, de cours de Paracha, de Talmud, de Kabbala, de rabbins, de rabbis et de gourous comme jamais auparavant).

Et voici que sept autres vaches montaient du Fleuve après elles, celles-là chétives et maigres, et s’arrêtèrent près des premières au bord du fleuve. (Genèse 41, 3)

Vache maigre n°1 : l’économie.

Vache maigre n°2 : la liberté et la démocratie.

Vache maigre n°3 : la technologie moderne.

Vache maigre n°4 : les coupes dans le budget de la santé.

Vache maigre n°5 : la communauté juive.

Vache maigre n°6 : l’état politique de la nation.

Vache grasse n°7 : l’état spirituel de la nation.

 L’un des détails importants, mais peu analysé, du célèbre rêve de Pharaon est le fait qu’au départ les sept vaches grasses et les sept vache maigres se tenaient côte à côte sur la rive du fleuve. En d’autres termes, les quatorze vaches existaient simultanément dans ce rêve, contrairement à ce qui s’est déroulé dans la réalité où les sept années de famine ont succédé aux sept années de plénitude.

C’est la raison pour laquelle les sages de Pharaon, qui avancèrent toutes sortes d’interprétations exotiques à son rêve (par exemple « sept filles te naîtront et sept filles mourront »), n’admettaient pas cette solution qui était pourtant l’évidence même. Quand les vaches sont-elles grasses ? Quand les récoltes sont abondantes ! Et quand sont-elles décharnées ? En temps de famine. Et il en va de même pour les épis de blé gras et maigres. Quoi de plus évident ?

Mais Pharaon avait vu les vaches grasses et les vaches maigres paître ensemble. Il est impossible d’avoir des années d’abondance et des années de famine en même temps, disaient les sages. Les rêves doivent avoir un autre sens, moins évident, de plus métaphorique.

Le génie de Joseph fut de comprendre que les rêves de Pharaon n’annonçaient pas seulement les événements à venir, mais enseignaient également comment y faire face : ils disaient à Pharaon de faire en sorte que les sept années d’abondance coexistent avec les sept années de famine. Quand Joseph instruisit Pharaon sur la manière de se préparer à la famine annoncée, il n’offrait pas un conseil non sollicité : ce conseil était partie intégrante de l’interprétation du rêve. Si tu gardes le surplus de la récolte des années de richesse, disait Joseph, alors les sept vaches grasses seront toujours présentes lorsque les sept vaches maigres sortiront de la rivière et ces dernières auront de quoi manger.

Les Maîtres de la ‘ Hassidout remarquent que le premier galout (« exil ») du peuple juif se produisit dans une brume de rêves. Les rêves de Joseph, les rêves du boulanger et de l’échanson et les rêves du Pharaon conduisirent Joseph, puis toute sa famille, en Égypte où ils allaient subir l’exil, l’esclavage et les persécutions jusqu’à leur libération par Moïse, plus de deux siècles plus tard. Il est à noter que l’exil précédent de Jacob à ‘Haran avait également commencé et terminé par des rêves.

Ceci car le galout est en soi un rêve : un état d’existence parcouru de métaphores obscures, de terrifiantes exagérations et d’impossibilités rationnelles. Un état dans lequel les vaches grasses et les vaches maigres vivent simultanément, dans lequel une vache peut même être à la fois grasse et maigre.

Le galout est un lieu où une économie florissante est à la fois une bénédiction et une malédiction, où le courant de liberté qui bouillonne révèle en l’homme le meilleur comme le pire, où le Web conquérant véhicule la sagesse et l’abomination, où nous sommes saturés de spiritualité et en même temps spirituellement démunis.

Mais il existe une solution à ce désordre cosmique. Écoutons parler Joseph (Pharaon lui-même sait reconnaître un bon conseil quand il en entend un). Ne fuyez pas le rêve, dit Joseph. Ne lui cherchez pas d’autres explications. Utilisez-le. Si le galout vous présente le paradoxe des vaches grasses et des vaches maigres, paissant côte à côte sur le bord du fleuve, utilisez les vaches grasses pour nourrir les vaches maigres. Faites du rêve lui-même la solution.

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