Le’h Le’ha – Croire en Hachem les yeux fermés

29 octobre 2009 at 16:27 | In Le'h Le'ha | Leave a Comment
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La paracha de Le’h Le’ha commence par l’ordre divin donné à Abraham de quitter sa terre natale : “Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai.” (Béréchit 12,1) Et Rachi de commenter sur place que l’Eternel n’a pas révélé l’itinéraire complet jusqu’en Israel, pour que cette contrée puisse être désirée encore plus par Abraham et ainsi lui donner un mérite pour chaque pas l’amenant à destination. Le suspens provoqué par Hachem est compréhensible mais la seconde raison nous laisse interrogatifs car pourquoi le mérite est d’autant plus grand que l’on s’avance vers l’inconnu alors que l’effort reste le même, que l’on sache où l’on va ou pas ? Pourquoi Hachem attend de nous que l’on suive ses ordres aveuglément ? Au contraire aurait-on dit, car la motivation est plus intense lorsque l’on sait ce qu’on fait et pourquoi…. 

Afin d’envisager une réponse qui nous donnera la sensation de ce que la Emouna signifie, prenons comme référence la mitsva de Maasser Béhéma (le prélèvement sur le bétail). Le mode opératoire était le suivant : on faisait passer chaque bête par un portillon qui ne pouvait en faire passer qu’une par une et sur chaque dixième bête on mettait un signe qui la rendait sainte, réservée à Hachem tandis que les autres étaient libres de rester chez le propriétaire qui disposait de ces dernières selon sa volonté. A priori ce procédé est bien plus compliqué que celui consistant à les compter une par une et en prendre un dixième à la fin sans avoir besoin de les faire passer par ce portail étroit. Quel intérêt la Torah a-t-elle vu pour nous ordonner de procéder de cette manière ? Il semble, que l’intention voulue n’est pas de sanctifier la dixième bête seulement mais également toutes les autres qui auront subi le même traitement. En effet, si l’on devait analyser notre rôle dans l’accomplissement des divers commandements qui nous sont ordonnés tous les jours, on comprendrait que l’acte en soi depend de l’aide directe d’Hachem car sans cette dernière rien ne se ferait… 

 Donc ce qui est attendu de notre part est l’intention, la ‘kavana’, la bonne volonté que l’on y met. Ainsi nous serons jugés. Le roi David écrit dans les Psaumes “mon rôle O Hachem, je l’ai dit, est de respecter tes paroles”, ce qui signifie en d’autres termes que ce que je dit, pense et m’organise pour garder les mitsvot, c’est cela mon rôle. De ce fait, il est clair que si l’on comptait les bêtes et l’on prélèverait le dixième d’entres elles à la fin, il n’y aurait pas eu de regard, de kavana, sur les autres bêtes. Alors que maintenant où il faut les faire passer une par une par la porte et les compter sans savoir à l’avance qui parmi elles sera choisie pour être celle du maasser, du prélèvement, celui qui exécute la mitsva aura la même intention pour chaque bête, à savoir que chacune a la possibilité, le potentiel de devenir kadoche et ainsi chaque bête fera donc partie intégrante de la mitsva !!!

  De la même manière nous pouvons expliquer la raison pour laquelle Hachem avait choisi de ne pas indiquer précisement l’itinéraire pour arriver en Israel à Abraham. En effet, en ayant connaissance de la destination finale; le mérite n’aurait été que pour l’acte en soi, les frais de déplacement… Alors que maintenant qu’il devait avancer et se demander à chaque pas si c’était bien la volonté d’Hachem, son intention d’accomplir la mitsva était intense à chaque moment car il était possible qu’Hachem lui fasse changer de route constament. Et puisque nous avons prouvé que ce sur quoi nous sommes jugés c’est sur l’intention, l’investissement que nous mettons en avant, il va de soi que sur chaque moment où nous nous demandons si nous sommes en accord avec la mitsva, nous sommes méritant !!!!!

   Ce qui nous permet de conclure que notre raison d’être n’est pas dans l’accomplissement unique des actes de foi mais surtout dans l’intensité, dans l’effort, dans la démarche que nous avons, seuls témoins de notre Emouna. Notre quotidien nous fait oublier le sens des choses que l’on fait instinctivement presque; se lever tous les matins et mettre les téfilines, faire chabbat car c’est sur le calendrier… nous fait perdre l’intention attendue par le Créateur. Et malheureusement les mitsvot finissent par nous paraître rébarbatives, contraignantes !!! 

Le message qui nous est laissé de ce long voyage qu’entreprit Abraham est le même que pour les autres épreuves auxquelles il sera attendu au tournant telles que le sacrifice d`Isaac où Hachem ne lui indiquera qu’à la fin le lieu (qui sera celui du Temple plus tard). Pour élargir l’idée je terminerai en disant que c’est bien le propre du juif d’avancer sans savoir où D.ieu guide ses pas, sans comprendre le pourquoi des épreuves et des tragédies vécues depuis l’esclavage en Egypte (date de la formation du peuple Juif), mais notre force que les nations nous envient est bien celle de la détermination, du courage et de notre dignité malgré les souffrances que nous subissons encore aujourd’hui dans le monde. C’est cette même force qui nous est ordonnée d’avoir par Hachem lorsqu’il nous est demandé d’espérer en la venue du Machia’h par une Emouna chéléma, une foi parfaite tel que Maimonide nous l’enseigne dans les lois relatives à la foi. 

Mes chers amis, je souhaite expressement que ce message pénètre en nos esprits car il me semble que dans le monde ou nous vivons, toutes les valeurs prônées dans le judaisme sont mises à mal pour la simple raison qu’elle sont engageantes et responsabilisantes. le Midrache explique qu’Hachem regarda dans la Torah et s’inspira pour créer le monde, ce qui veut dire que l’équilibre du monde passe automatiquement par le respect des valeurs que nos ancêtres nous ont fait hériter, c’est pourquoi  l’on peut parler d’universalisme de la Torah !!!!

Choftim – Lutter face à la menace psychologique de l’ennemi

16 août 2009 at 12:48 | In 1, Choftim | Leave a Comment
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Cette semaine, la paracha commence par l’ordre de mettre en action, dès l’entrée du peuple Juif en Israël, un appareil juridique et policier agissant avec impartialité et professionalisme. Il y a là une nécéssité de rendre justice rapidement, pas de mise en examen, pas d’emprisonnement le temps de préparer l’accusation. Il est vrai que la justice permet d’éviter les conflits, de protéger les dominés. Mais tout cela n’est que conséquence de la justice mais pas le but recherché. En effet, ce dernier est beaucoup plus métaphysique, car la justice permet à l’homme de purifier son relationnel avec son prochain. Il y a là notion de purification tout comme celle des sacrifices qui permet à l’homme de se rapprocher de l’Eternel. On comprend pourquoi l’animal devait être Cacher mais surtout sans défaut physique, car il est un vecteur de pureté.
Ce préambule nous permet de mieux aborder le sujet de la guerre. Après que Hachem énnoncera précisément ce que signifie la justice durant les trois quarts de la paracha, voici que l’on change de chapitre et le verset d’annoncer: “Quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille, et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, n’en sois pas effrayé; car tu as avec toi l’Éternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte.” (Devarim 20,1)
Rachi explique le rapprochement en disant que si l’on garde la justice scrupuleusement, Hachem nous protègera lors des guerres à venir.
De nos jours avec la menace atomique que l’Iran fait peser sur nous en Israel, les menaces verbales de ces derniers jours qui échauffent les esprits de chacun, ce verset devient des plus actuels. C’est pourquoi il serait intéréssant d’analyser, d’après la Torah, ce que veut dire la peur de l’ennemi. Car le passouk est clair en nous ordonnant de repousser ces sentiments de craintes qui, à priori, sont naturels. Néanmoins, si l’on poursuit notre lecture on s’aperçoit qu’il y a contradiction avec l’ordre de partir en guerre sans crainte de notre vulnérabilité potentielle. Le verset continue: “Or, quand vous serez sur le point de combattre, le pontife s’avancera et parlera au peuple. Il leur dira: “Ecoute, Israël! Vous allez, en ce moment, livrer bataille à vos ennemis; que votre courage ne mollisse point; soyez sans crainte, ne vous laissez ni déconcerter ni terrifier par eux. Car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui marche avec vous, afin de combattre pour vous contre vos ennemis et de vous procurer la victoire.” Ensuite les préposés parleront au peuple en ces termes: “Si quelqu’un a bâti une maison neuve et n’en a pas encore pris possession, qu’il parte et s’en retourne à sa maison; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre en prendrait possession. Si quelqu’un a planté une vigne et n’en a pas encore acquis la jouissance, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre acquerrait cette jouissance. Et si quelqu’un a promis mariage à une femme et ne l’a pas encore épousée, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre homme l’épouserait.” Les préposés adresseront de nouveau la parole au peuple, et diront: “S’il est un homme qui ait peur et dont le cœur soit lâche, qu’il se retire et retourne chez lui, pour que le cœur de ses frères ne défaille point comme le sien!” Alors, les préposés ayant fini de parler au peuple, on placera des officiers de légions à la tête de l’armée.” (Devarim 20,2-9)
On se demande alors, si la Torah prévoit qu’il puisse avoir des morts au combat, pourquoi nous demande-t-elle de ne pas avoir peur de l’ennemi ??? La réponse se trouve dans le verset lui-même si l’on prend la peine de le lire correctement. Il s’agit de la peur des chars, d’un peuple plus nombreux. Qu’est-ce qui engendre la peur ? Le danger lui-même n’effraie pas car objectivement tout le monde sait qu’il y a toujours des morts lors d’un conflit, mais lorsqu’on observe l’ennemi, son arsenal, sa force de frappe, on est pris d’un effroi incontrolable. C’est l’imagination, la projection de ce que pourrait impliquer une défaite qui détruit le morale du soldat. C’est là tout le message qu’Hachem veut nous donner.
Il ne faut pas croire que ce sont les armes, les missiles ou les chars de nos ennemis qui sont la menace, ils ne sont qu’une illusion car en fait Hachem contrôle ces ustensils. Il ne s’agit pas ici de rentrer sa tête dans le sable et attendre de se faire tirer dessus en pensant que peu importe l’arme qui va faire le sale boulot puisque de toute façon le résultat sera le même. Au contraire, on se doit d’anticiper et d’adopter la meilleure stratégie pour gagner le plus facilement. Hachem nous interdit de craindre la menace psychologique de l’ennemi. On a tous en mémoire les défilés des chars russes pendant la guerre froide, ou dernièrement ceux d’Iran. Leur manière n’a pas changé, il y aura toujours quelqu’un pour menacer le peuple Juif, mais notre réaction doit toujours être la même, à savoir que la menace n’est pas directement liée à l’ennemi, ce dernier n’a pas la possibilité d’exécuter tant qu’Hachem ne lui donne pas le feu vert. Tout n’est qu’illusion et c’est l’Eternel qui fait la guerre.
 
Le Hafets Haïm reprend cet enseignement pour aller encore plus loin et dire que la vrai guerre n’est pas celle que nos enemis nous livrent mais surtout celle que notre Yetser Ara nous prépare à chaque moment de la journée. Ce sont les mêmes procédés qui agissent ici. Prenons l’exemple d’un homme qui se lève le matin en prenant la ferme résolution de modifier son quotidien. Aujourd’hui il sera à l’heure à la prière, il ne quittera pas la synagogue avant la fin, il gèrera ses affaires le plus justement et sans compromis, il sera concentré au cours de Torah du soir; toute une révolution dans sa journée !!
Mais le Yetser Ara se prépare également au combat…, il sait que cet homme tiendra ses promesses tant qu’il restera concentré sur ses nouveaux objectifs. Ainsi, il va tout faire pour l’en éloigner. Et c’est parti: le téléphone sonne juste avant que notre homme ne franchisse le pas de la porte pour aller à la synagogue, au milieu de la prière il se souviendra que juste aujourd’hui il avait promis à son épouse de faire les courses avant d’aller au travail, et là dommage que justement aujourd’hui vient l’assureur constater les dégats et qu’il faille arrondir le montant (vers le haut bien sûr). On le comprend mais demain c’est sûr il sera parfait ……
C’est ainsi qu’on prend conscience de l’emprise qu’exerce sur nous cet ennemi intérieur. A chaque fois on a l’impression de ne pas avoir le choix, on voudrait être sur la bonne voie mais encore une fois tout n’est qu’illusion et il nous est difficile de s’en défaire.
 
La justice, c’est cela !! C’est remettre de l’ordre dans notre vie et tout d’abord à l’intérieur de nous mêmes. C’est une chance que D.ieu nous donne d’avoir un mois entier pour se préparer à Roch Hachana, en purifiant notre intérieur par l’introspection, le bilan de nos actions, l’analyse de nos faiblesses, des mauvaises influences, de notre léthargie à accomplir les mitsvot. Hachem nous interdit d’avoir peur, cette peur qui bloque l’esprit, celle qui nous ralentit dans notre engagement, ce “je peux pas, c’est pas pour moi”…
Il faut se dire qu’Hachem fait ce qu’il a à faire, la nature remplit son rôle à merveille, le soleil ne refuse jamais d’éclairer le monde, et les nations attendent toujours de nous voir exemplaire, mais nous est-ce que nous remplissons notre rôle de Juif ? Alors faisons ce que nous avons à faire et au diable les illusions !!!!
Je terminerai en évoquant le message adressé dans la paracha de la semaine dernière. Hachem présente au peuple Juif  le choix entre la bénédiction si l’on suit les commandements de la Torah et la malédiction si on les refusent. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de troisième option, celle du milieu à savoir: accomplir ce qui nous arrange parmi les mitsvot de manière passer entre les mailles en disant “qu’on me laisse tranquille, je veux être ni beni ni maudit !”
C’est impossible, notre histoire nous a montré qu’il n’y a jamais eu de période où l’on a cessé de s’interresser aux juifs.
Souhaitons que  le mois de Eloul nous permette de faire le vide à l’intérieur de nous mêmes et qu’Hachem nous aide à prendre les bonnes résolutions pour l’année à venir !!!!

Bamidbar – Objectif commun, chemins différents

22 mai 2009 at 14:44 | In Non classé | Leave a Comment
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Le livre des Nombres commence ainsi: “Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël, selon leurs familles et leurs maisons paternelles, au moyen d’un recensement nominal de tous les mâles, comptés par tête. Depuis l’âge de vingt ans et au-delà, tous les Israélites aptes au service, vous les classerez selon leurs légions, toi et Aaron. Vous vous adjoindrez un homme par tribu, un homme qui soit chef de sa famille paternelle. ” (Bamidbar 1,2-3-4)

La Paracha qui ouvre ce quatrième tome du Pentateuque évoque, en abondant de détails, dans un ordre bien rigoureux, le recensement du peuple Juif. En lisant les versets de ce dénombrement des hommes agés de vingt à cinquante ans, on a l’impression de se retrouver dans un bureau de statistiques nationales et, mis à part l’information des chiffres intéréssante, on est en droit de se demander quelle est la raison si cruciale de quantifier, de compter chaque tribu des Hébreux durant cette traversée du désert, au point que tout ce livre soit intitulé ‘Les Nombres’? De plus, que nous apporte ce recensement sur le plan spirituel, des milliers d’années plus tard?

En fait, il faut comprendre que dans le précédant livre, le Lévitique que nous venons de clôturer, il nous a été enseigné les lois du sacrifice avec tous les détails permettant à la sainteté du peuple Juif de péréniser dans le temps, tant sur le plan individuel que collectif. Désormais, le temps est à la concrétisation de cet état de fait et le livre de Bamidbar vient nous indiquer le moyen de réaliser cette mission ô combien vitale pour la suite de l’histoire de notre peuple. Comment donc construire ce foyer juif tout en évitant les pièges que nous réserve l’Histoire?

La première étape consiste à “relever” le nombre exact de membres en âge d’activité. Dans le terme relever il ya le mot lever qui indique dès l’ouverture de ce recensement la présence d’une donnée à caractère spirituel puisqu’il s’agit d’élevation. En effet, compter est aussi séparer, individualiser, mais surtout apporter une importance à chaque entité bien définie et de ce fait indépendante. Chaque membre, quel que soit ses qualités, bonnes ou mauvaises, est appelé à remplir une mission unique au sein du peuple, et qu’il est seul à même de réussir. Nous avons déjà une indication quant à la nécéssité de recenser seulement les hommes âgés de 20 à 50 ans, qui sont principalement les seuls capables, physiquement et mentalement, de répondre à cette attente. Seulement eux sont considérés comme membre de cette “communauté des enfants d’Israël” car une communauté est un groupe de personnes qui ambitionnent l’atteinte d’un objectif commun et qui conjuguent ensembles leur force pour y parvenir.

Partant de ce principe, nous pouvons comprendre le sens de ce “recensement nominal” car le nom exprime l’essence de la personne qui le porte, et c’est une invitation à un placement de chacun au bon endroit, pouvant remplir sa mission selon ses capacités. D’autre part, il ne s’agit pas d’un recensement d’individus uniquement mais celui de “familles”, de “maisons paternelles”. Chaque famille est bien distincte de ses voisines mais il n’y a pas de paradoxe avec l’appélation commune d’enfants d’Israël. La Torah vient nous enseigner une règle de base à savoir que malgré le fait que l’objectif soit commun - nous tous étudions la Torah et respectons ses mitsvot - le chemin emprunté pour atteindre l’objectif qui est de vaincre le Yetser Ara et acquérir la crainte d’Hachem, doit forcément être différent pour chacun d’entre nous tant nos caractères et nos personalités diffèrent selon les personnes, les familles ainsi que les tribus. Il est donc évident que cette approche sera différente et devra être adaptée selon les personnes.

En conclusion, nous voyons que l’unité du peuple Juif n’est pas une notion abstraite ou superficielle, elle répond à un objectif qui est celui de l’éternité. Pour l’atteindre il faut avoir à l’esprit ces deux paramètres indissociables qui sont: l’union des personnes par le fait qu’elles sont toutes au même niveau face à leur mission, mais également la reconnaissance de la différence entre ces derniers et non l’occultation. C’est la garantie de l’éternité du peuple Juif ainsi que sa mission spirituelle en ce monde.

Kedochim – Sanctifier le matériel

1 mai 2009 at 14:57 | In Kedochim | 1 Comment
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 ”Parle à toute la communauté des enfants d’Israël et dis-leur: Soyez saints! Car je suis saint, moi l’Éternel, votre Dieu. Révérez, chacun, votre mère et votre père, et observez mes sabbats: je suis l’Éternel votre Dieu.” (Vayikra 19,2-3)

Ces deux versets par lesquels la Paracha commence, indiquent au lecteur que la notion de Kedoucha, de sainteté, est liée à celles du respect des parents et de l’observance du Chabbat. La question saute aux yeux, à savoir quel est le rapport entre cette notion de sainteté d’une part, qui à priori fait appel à un état d’esprit des plus élevés, ainsi que Rachi traduit Kedochim par Prouchim, celui de la piété, et le respect des parents et du Chabbat qui sont apparemment des mitsvot qui relèvent de la morale collective? De plus, pourquoi le verset termine-il par la répétition “je suis l’Éternel votre Dieu”?

Le Rav Yehiel Epstein, auteur du Arou’h Achoul’han rappelle que lors de la seconde fois où les Dix Commandements ont été énoncés, dans le livre de Devarim, on retrouve explicitement “je suis l’Éternel” à propos de ces mêmes mitsvot: “Observe le jour du Sabbat pour le sanctifier, comme te l’a prescrit l’Éternel, ton Dieu…Honore ton père et ta mère, comme te l’a prescrit l’Éternel, ton Dieu, afin de prolonger tes jours et de vivre heureux sur la terre que l’Éternel, ton Dieu, te destine.” (Devarim 5, 11-15)

Le sens à cela est le suivant: ces deux commandements sont logiques, acceptés et promulgués dans toutes les civilisations modernes, car il est concevable chez tout un chacun que l’homme a besoin d’un jour hebdomadaire pour se ressourcer et ainsi pouvoir péréniser son efficacité dans son travail, tout comme respecter ses parents relève de la morale minimum. C’est pourquoi la Torah nous recommande de ne pas respecter ces mitsvot sous pretexte que tous les peuples s’accordent sur leur nécéssité pour l’humanité, mais parce que Hachem nous l’a ordonné “comme te l’a prescrit l’Éternel”. La première fois où ont été prononcés les Dix Commandements au Mont Sinaï, il n’y avait pas de besoin d’un tel avertissement tant le degré spirituel des Bnei Israël était élevé et comparable aux anges, mais suite à la faute du veau d’or qui les avait fait descendre de niveau il fallait appuyer, préciser que ces commandements doivent être respectés seulement “comme te l’a prescrit l’Éternel”.

Nous pouvons aussi ajouter que la proximité des versets “Soyez saints” et “Révérez, chacun, votre mère et votre père, et observez mes sabbats” indique le chemin qui permet d’atteindre la Kedoucha, car lorsque l’homme observe les mitsvot pour honorer le Maître du Monde, et non pas parce que ces lois ne dérangent pas son mode de vie, il s’élève et peut arriver à la sainteté. Il en est ainsi pour toutes nos activités touchant au matériel, si l’on conjugue le spirituel dans le domaine matériel en donnant une place centrale au Créateur dans notre vie, alors nous pouvons sanctifier notre existence!

Nous pouvons désormais comprendre le Midrache Raba (Vayikra 24,9): ‘Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté’. A savoir qu’Hachem nous demande de tendre à un haut niveau de sainteté mais seulement en sanctifiant le matériel et non pas en devenant ascète comme d’autres croyances le préconise. Le peuple Juif est constitué de personnes égales les unes des autres si bien qu’il n’y a pas de hiérarchie qui ferait que l’élevation n’est réservée qu’aux élites, au contraire, chaque homme a le devoir de se réaliser en sanctifiant son quotidien, en agissant pour la gloire de l’Eternel!

A ce propos, le Rav Zilberstein raconte l’histoire du premier imprimeur de Bnei Brak qui avait l’exclusivité dans ce secteur jusqu’au jour où un concurent vint s’installer en face de lui. Evidemment toute la famille s’insurgea, mais quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils virent leur père accueillir ce nouveau concurent les bras ouverts en lui donnant une longue liste de clients et en lui expliquant durant de longues heures le fonctionnement des machines à imprimer. Ses enfants lui demandèrent, interloqués: nous pouvons comprendre que par ta bonté extraordinaire tu n’as pas chercher à le nuire, mais montre nous le verset dans la Torah qui te demande d’aider ton concurent avec une si grande générosité?

Leur père leur répondit calmement: il y’a bien une chose sur laquelle nous sommes tous d’accord, c’est que la Parnassa (gagne-pain) est fixée par l’Eternel et que personne ne peut ôter de son prochain ce qui lui est réservé ne serait-ce qu’un sou, donc c’est tout naturellement que j’ai aidé cette personne qui vient seulement d’entrer dans ce secteur d’activité en sachant que rien de ce qui m’est réservé par Hachem ne sera touché, n’est-ce pas?

Cette histoire nous montre qu’en fait nous savons beaucoup de choses qui nous permettent de connaître la véritable pensée juive mais qui ne sont pas assez ancrées dans notre esprit, et c’est cela la sagesse, c’est de vivre en harmonie avec ces enseignements. Ce vieil imprimeur continua: ‘mes chers enfants, sachez que chercher son gagne-pain est une malédiction car si jamais Adam (le premier homme) n’avait pas fauté nous aurions le mérite de vivre en priant et étudiant la Torah tout le temps, mais puisque désormais nous devons suer pour gagner notre vie, n’est-ce pas une occasion en or de me décharger de cette malédiction en aidant mon prochain et ainsi pouvoir être plus libre d’étudier dans la joie? N’avons-nous pas assez de pain pour manger et d’habits à porter?’

Voici un exemple vivant de ce que peut voiloir signifier la sainteté, au-delà de ce que cet homme a été miséricordieux avec son prochain, il a répandu la Kedoucha dans le monde entier!

chémini – le drame lors de l’inauguration du tabernacle

20 avril 2009 at 12:26 | In chemini | Leave a Comment
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La paracha raconte le drame familial pour Aharon qui eu lieu lorsque Hachem fit descendre un feu célèste en signe de sainteté mais qui tua ses deux fils ainés Nadab et Abihou. “Les fils d’Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé. Et un feu s’élança de devant le Seigneur et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur. Moïse dit à Aaron: “C’est là ce qu’avait déclaré l’Éternel en disant: Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!” Et Aaron garda le silence. “(Lévitique -  10,1-2-3)

Quelle est la faute qui les a rendu passibles de mort? Nos Sages divergent quant aux raisons de cette tragédie. Certains pensent qu’ils sont morts pour avoir enseigné la loi devant leurs maîtres, d’autres disent que c’est parce qu’ils sont entrés au Michkane étant ivres, d’autres enfin expliquent que c’est pour être restés célibataires car trop prétentieux qu’ils ont été punis. A priori, ces raisons n’ont rien à voir avec celle qui est enseignée explicitement dans le verset: “et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé”. On est en droit de se demander pourquoi nos Sages ont cherché d’autres raisons à cette tragédie?

Le Maguid de Doubno dans son livre ‘Emet leyaacov’ vient mettre de l’ordre en expliquant que la raison principale est bel et bien le fait d’avoir apporter un feu étranger qui a couroussé Hachem et a eu pour conséquence directe la disparition de Nadab et Abihou. Cependant nos Sages ont compris qu’il y avait également d’autres raisons à ce drame. Ce qu’il nous faut analyser c’est surtout la raison pour laquelle malgré leur grandeur et leur sainteté, dont l’Eternel en témoigne “Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!”, les fils de Aharon ont failli. Les H’azal ont compris que c’est pour ces autres raisons qu’Hachem a fait fauter ces Tsadikim. Si on compare ces différentes raisons énoncées plus haut, on observe qu’il s’agit de fautes infimes mais qui prennent de l’ampleur proportionnellement au degré d’élévation du transgresseur. Prenons l’opinion qui pense que c’est pour avoir pénétré dans le Saint des Saints étant ivres qu’ils ont été si vite punis. Lorsqu’on lit les versets qui suivent cette tragédie on apprend cet ordre Divin donné à Aharon de ne pas rentré au Michkane après avoir bu du vin. Comment donc punir une faute qui, au moment de sa réalisation, n’en était pas encore une?

Nos Sages viennent ici nous donner une leçon des plus importantes et d’actualité plus que jamais; si ces Tsadikim ont été tués de la sorte c’est parce que par rapport à leur envergure ils auraient dû deviner naturellement qu’on ne rentre pas dans un endroit si saint en état d’ébriété. Il n’y avait donc pas de faute commise juridiquement mais à leur niveau c’était impardonable! Le point commun qu’il y a parmi tous ces avis est un certain orgueil dominant chez Nadab et Abihou qui a eu pour conséquence un non respect de Moché et Aharon lorsqu’ils ont enseigné la loi devant leurs maîtres, un non respect du Tabernacle lorsqu’ils sont entrés étant ivres, un non respect d’autrui lorsqu’ils ont jugés qu’aucune fille ne correspondait à leur si honorable famille! En effet, le Midrache Yalkout Chimoni nous enseigne au nom de Rabbi Levi qu’un grand nombre de femmes sont restées toute leur vie seules car elles attendaient de se marier avec les fils de Aharon, pourtant ces derniers disaient ‘le frère de notre père est roi (Moché),  le frère de notre mère est chef de tribu (Na’hchone ben Aminadav), notre père est Cohen Gadol, nous sommes les suivants dans la hiérarchie des Cohanim, quelle femme pourrait donc nous mériter?’

Nos Sages attribuent l’origine de cet orgueil au périple de la traversée du désert du Sinaï lorsque Nadav et Avihou étaient devancés par Moché et Aharon et suivis par le peuple Juif. Ils se sont dit alors ‘quand mourereont ces deux vieillards et qu’on puissent dirriger l’assemblée? Hachem répondit: nous verrons qui entèrre qui, eux vous enterreront et dirrigeront le peuple’ ! Il nous reste donc à intégrer ce message, à savoir que les qualités humaines de chacun ont un pouvoir énorme, celui de faire vivre ou de tuer!

Vayikra – L’humilité inégalable de Moché Rabénou!

27 mars 2009 at 13:01 | In Vayikra | Leave a Comment
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 La Paracha Vayikra (1, 1) s’ouvre sur ces mots : « L’Éternel appela Moïse, et lui parla, de la Tente d’assignation, en ces termes». Ce troisième livre du Pentateuque “Vayikra” traîte des sacrifices, chacun avec ses particularités, que les Bnei Israel allaient apporter au Michkane, ce tabernacle transportable. Mais le mot “vayikra” est un appel d’Hachem à Moché avec une connotation affective, tel que l’explique Rachi. On voit que contrairement aux autres prophètes où Hachem leur parlait subitement et sans préambule, Moché se fait appeller d’une manière plus respectueuse, comme l’on ferait à quelqu’un de respectable, une personalité.

Parallèlement, on retrouve dans toute la Torah la même attitude chez Moché rabénou, sa Anava (humilité) hors du commun.

Dès la première rencontre avec D.ieu dans le buisson ardent, Moché se voile le visage, se tenant à distance. Tout comme ici après la construction du tabernacle, il se comporte de la sorte, toujours effacé si bien qu’Hachem l’interpelle affectueusement, l’élevant vers Lui !!!!

Le message ici est profond car il nous enseigne la notion d’humilité telle que Moché l’avait perçu. Car pour nous cette notion est relative, proportionnelle à la personne. Un homme simple ne paraîtra pas extraordinaire par son humilité car on ne s’attendrait pas à un autre comportement. De même un homme public, avec de nombreuses responsabilités, tel qu’un ministre, son humilité sera mal appréciée voire déplacée. On attend de la prestance et de l’assurance mettant en avant le sens de ses responsabilités, ceci ne sera pas perçu comme de l’orgueil au contraire !!!

De ce point de vue, on ne comprend plus la démarche de Moché qui est le dirigeant du peuple Juif. Un homme d’une extrême grandeur, qui a eu le mérite de faire sortir cette nation d’Egypte, leur ouvrir la Mer Rouge, un homme qui a parlé directement avec Hachem, restant 40 jours et 40 nuits dans les sphères célèstes, avec les anges pour apprendre la Torah orale. Comment peut-il continuer à rester effacé, attendant patiemment l’appel de l’Eternel ????

Cependant, il faut bien le comprendre, l’humilité de Moché n’était pas un refus de l’honneur seulement, c’était tout simplement une partie de lui-même, sa véritable personalité. De ce fait, il n’avait jamais besoin de se demander comment les gens percevraient telle ou telle démarche initiative. Il avait conscience que plus il s’approchait d’Hachem et percevait Sa grandeur, plus il avait conscience de la petitesse de l’homme. On pourrait dire que son humilité n’était pas dans son rapport à autrui, mais plutôt dans son approche de l’Eternel, et donc, pas tenue à une chose !!!!

Hachem l’avait réellement compris et c’est pour cela qu’un miracle se produisait dans le dialogue entre Moché et le Maître du monde; Rachi explique que le son de la voix d’Hachem traversait le campement du peuple Juif arrivant jusqu’aux oreilles de Moché sans que personne n’entende quoi que se soit. Ainsi le prophète pouvait rester fidèle à lui-même, sans que personne s’aperçoive qu’il communiquait avec D.ieu.

 Le sujet de la Anava me tient à coeur, car il y a quelques années j’ai appris la disparition brutale de mon ancien directeur du kodech au Gan Ami à Marseille, emporté par un infarctuce un vendredi soir alors qu’il chantait les chants de chabbat Vayikra. Rav Jacky Barkats comme on l’appellait, n’avait même pas 60 ans. Je l’ai toujours connu effacé mais actif, toujours présent et initiateur de tous les projets de l’école. On se considérait tous pour ses enfants, tant il nous aimait et c’est cette valeur hors du commun qui le caractérisait, demandant toujours conseil avant d’agir et allant jusqu’au plus profond de chaque enfant pour l’aider à donner le meilleur de lui-même !!!

Son emprunte indélébile accompagne aujourd’hui encore des milliers d’anciens élèves, à savoir que la Torah doit être vécue au quotidien dans la joie et que l’action doit aller au delà des connaissances tout en restant humble !!!

C’est le testament qu’il nous a laissé, quittant ce monde au lendemain soir du conseil de classe…. Que son souvenir soit une source de Bera’ha!

Béchala’h – La traversée de la Mer Rouge

6 février 2009 at 15:33 | In Bechala'h | 1 Comment
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La Paracha de Béchala’h relate l’un des épisodes les plus passionants de notre Histoire tant cette traversée de la Mer Rouge à pieds secs reflète toute la grandeur et la splendeur du Divin. Ce fut l’apogée des épreuves qu’Hachem fit endurer aux Egyptiens d’une part, mais surtout l’accès à la liberté pour le peuple Juif de manière spectaculaire et définitive, ce peuple qui, malgré la puissance de ses oppresseurs finira, avec l’aide de l’Eternel, par se libérer et sortir par la grande porte. Cette liberté chaque année comémorée à Pessa’h révèle qu’en fait, nous sommes assurés de sortir vinqueurs face à tous les exiles de l’Histoire a venir jusqu’à l’arrivée du Machia’h à la fin des temps.

Le Midrache Raba nous pose le décor et l’ambiance tendue qui régnait dans le cortège de millions dhommes, femmes, et enfants devant la mer, bloqués dans leur périple du désert, et de l’autre côté l’armée de Pharaon qui s’approche de ce peuple pour l’exterminer ou le ramener à l’esclavage à jamais! Le Midrache de décrire: ‘Quatre clans se formerent au sein du peuple Juif face a la mer, les premiers souhaitaient se jeter a la mer, les seconds préféraient revenir en Egypte, les troisièmes désiraient combattre et les derniers voulaient crier’.

L’Histoire de notre peuple nous enseigne qu’à chaque génération se trouvaient des personnes qui, plutôt de se retourner vers les grands éclaireurs, les visionnaires de la communauté, se sont considérés eux-mêmes leaders, véhiculant leurs propres idées pour sauver le peuple. Tout comme à l’époque de la sortie d’Egypte, on dénombre quatre groupes bien distincts:

- les désespérés, fatalistes, convaincus qu’il n’y a plus d’espoir de s’en sortir, décident de choisir le suicide par la noyade plutôt que de se rendre à l’ennemi et subir les vices de ce dernier.

- les résignés, pragmatiques, conscients que les Egyptiens sont plus forts et plus nombreux, préfèrent retourner en Egypte quitte à devoir s’assimiler voire se retrouver esclaves.

- les guerriers, idéalistes, faisant fis des pronostiques de défaite, se mobilisent pour lutter jusqu’au dernier et mourir en héros avec pour devise la liberté ou la mort !

- les diplomates, pensants utile la manifestation bruyante pour réveiller l’opinion publique, la conscience des nations, et ainsi éviter un bain de sang par les voies politiques.

Mais en fin de compte, chacun reçut sa réponse et tous réalisèrent à travers les paroles d’Hachem à Moché: “tenez-vous et regardez la délivrance d’Hachem” allusion aux désespérés, “vous ne la reverrez plus” dans le sens qu’il n’y a pas de chemin retournant vers l’Egypte, “L’Eternel fera la guerre pour vous” sous entendu pas vous les guerriers idéalistes, “et vous observerez” sans avoir besoin de manifester et hurler au secours !

Hachem n’attendait que la réaction qui fut alors spontanée et unanime des Hébreux: “Et les enfants d’Israel implorèrent l’Eternel”!

Aujourd’hui, nous sommes dans la même situation décrite par le Midrache et il nous est difficile encore de prendre conscience que les épreuves qui nous sont envoyés par Hachem n’ont pour but que de réveiller notre foi immuable en la capacité du Maitre du Monde de les résoudre grâce à nos prières. Malgré notre volonté de régenter notre propre vie, nous devons chercher à travers nos supplications ce que nous pouvons changer en nous-mêmes afin de toujours positiver face aux épreuves et ainsi se renforcer chaque jour un peu plus dans l’accomplissement de notre Avodat Hachem et recevoir de Sa part toutes les bénédictions, Amen !

Parachat Vaéra – Israël nous appartient grâce à l’étude de la Torah

23 janvier 2009 at 11:37 | In Vaéra | Leave a Comment
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La Paracha de la semaine évoque les premières plaies affligées au Pharaon et son peuple par Hachem afin de le forcer à libérer le peuple Juif, nouvellement constitué à partir des familles issues de Yaacov. Moché vient de sortir du palais de Pharaon, déçu de son échec dans la négociation lors de son premier entretien avec le roi d’Égypte, et se lamente devant l’Éternel, désespéré.
Hachem réagit avec virulence, mettant Moché en balance avec les Patriarches qui n’ont pas eu le privilège d’approcher D.ieu directement comme Moché, sans allusion dans les prophéties, et qui ne se sont jamais plaints devant l’incompréhension que peut générer parfois le projet Divin.
A ce moment Hachem dévoile à Moché sa réaction imminente face à l’esclavage cruel du peuple Juif, en promettant la libération et la venue en terre d’Israël promise à Abraham, Isaac, et Jacob.
“Je vous amènerai vers le pays, au sujet duquel j’ai élevé ma main pour le donner a Avraham, Its’hak et Yaacov, et je vous le donnerai en héritage”(6,8).

Le verset met en opposition, à priori, le don de cette terre aux Hébreux bientôt libérés, à l’héritage promis aux ancêtres quelques générations précédentes. Comprenons par le don quelque chose qu’il faille mériter indépendammant des mérites de nos aïeux, alors que l’héritage ne dépend pas des efforts de l’héritier.
Quel est donc le message qu’il faut décoder derrière la traduction de ce verset ?
Le Midrach dans la paracha à venir (Bo) explique bien cette différence: « je te la donnerai; que tu ne pense pas l’hériter de tes ancêtres, mais elle sera à tes yeux comme donnée aujourd’hui pour la première fois. »
Ce qui est intéressant c’est qu’a propos de la Torah on retrouve ce même double langage: « héritage de la communauté de Yaacov » mais aussi l’explication de Rachi sur ce verset tiré des Psaumes de David ’ les paroles de Torah seront à tes yeux toutes neuves chaque jour’.
La réponse est unique face à ces deux questions: en effet, la Torah est un héritage qui se transmet de générations en générations et les érudits rajoutent des commentaires par l’approfondissement de leurs connaissances. Mais ce n’est pas un simple héritage, j’entends par là n’impliquant aucun effort de notre part. Elle n’est pas de la littérature antique, sans lien personnel avec celui qui l’étudie, tel une vieille relique. L’héritage n’appartient qu’à celui qui s’investit corps et âme pour tenter de comprendre la vérité qu’elle contient.
Notre relation par rapport à la terre d’Israël est la même. On a coutume de dire qu’elle nous appartient par le fait d’avoir été acquise par nos patriarches. Mais en fait, chaque jour est un nouveau challenge qui nous est imposé par Hachem. Et nos sages de dire : pourquoi cette terre nous a été enlevée par les diverses civilisations ?car nous étudiions la Torah sans avoir béni auparavant Hachem de nous l’avoir donné tous les matins. L’importance de la bénédiction n’est pas la récitation mais la prise de conscience que nous avons un rôle à jouer dans cette Torah et qu’elle n’est pas simplement un héritage auquel nous n’avons pas notre part d’action, d’investissement pour la mériter. Et de même que nous devons vivre sur notre terre pour atteindre la perfection de notre engagement dans la Torah, de même notre terre ne peut être parfaite que si nous y vivons en total accord avec les commandements divins.
En résumé nous avons une équation avec la Torah d’un côté et notre mérite de vivre en terre Israël de l’autre. C’est simple à concevoir tant ces deux choses sont nos seuls éléments de notre identité juive.
La gestation du peuple juif réalisée lors de son esclavage n’a pour but que de nous enseigner que la libération survenue après 210 ans n’était que le moyen de nous amener dans les désert du Sinaï pour y recevoir la Torah et devenir une véritable nation, porteuse de l’éthique divine pour l’humanité toute entière !!!

Parachat Chemot – L’égalité des droits et l’antisémitisme

22 janvier 2009 at 19:32 | In Chemot | Leave a Comment
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La paracha de Chemot qui ouvre l’Exode nous fait basculer directement de l’âge d’or pour la famille de Yaacov, fondatrice du peuple juif, au début de cette sombre période que fut l’esclavage des Hébreux, le premier exil d’Israël. Dès les premiers versets où l’on voit Yossef quitter ce monde avec toute sa génération, il est palpable qu’un changement va opérer mais le fait qu’on assiste au revirement de Pharaon envers la famille de Yossef est quelque peu soudain car il n’a fallut que quelques années pour voir les descendants de Yaacov passer du statut d’intégrés a celui de rejetés.

La question qui se pose, à savoir quel a été l’élément déclencheur de cette haine des Egyptiens envers les Bnei Israel et qui a été la source de l’antisémitisme?

Sur le verset “Et ils furent dégoutés des Bnei Israel”(1,12), Rachi explique que les Egyptiens ne supportaient plus la facon de vivre des Hébreux. Sur ce point, le Midrach relate qu’après la mort de Yossef, ses descendants ont annulé la Brit Mila, pretextant vouloir vivre exactement comme les Egyptiens, c’est pourquoi Hachem a renversé l’amitié dont ils jouissaient en haine viscérale.

On se doit de s’interroger sur la raison pour laquelle ils ont abandonné la seule Mitsva qu’ils avaient depuis Avraham et qui les différenciait des autres peuples? De plus, le Midrach Yalkout Chimoni (fin de Bechala’h) nous raconte justement le contraire: lorsque les Egyptiens les voyaient circoncir leurs enfants ils leur proposèrent d’alléger leur conditions d’esclaves en échange de l’arrêt de cette pratique, ce qui fut catégoriquement refusé par les Hébreux! Comment s’y retrouver alors?

Le Beth Halévi nous répond qu’en fait, les Bnei Israel n’ont pas annulé cette mitsva mais après avoir circoncis leur enfants, ils ont ensuite tiré la chair afin de recouvrir la Mila et qu’il n’y ait aucune trace de la circoncision. leur argument était le suivant: du fait que Yossef et ses frères qui étaient proches de Pharaon avaient quittés ce monde, les descendants n’allaient pas tarder a se retrouver esclaves de la puissance Egyptienne, donc si jamais ils faisaient tout pour se comporter comme eux, ils bénéficieraient tôt ou tard du statut de résident permanent, ce qui leur octroierait l’égalité des droits et enlèverait tout risque d’être à la merci des Egyptiens et risquer alors de devenir esclaves de ces derniers.

L’erreur était d’avoir imaginé pouvoir résister à l’assimilation annoncée car si physiquement ils étaient semblables aux Egyptiens, certainement qu’un jour ils épouseraient leurs moeurs et deviendraient des Egyptiens à tout niveau. C’est à ce moment là qu’intervint Hachem, garant de la pérénité de son peuple. Il provoqua la haine des Egyptiens envers les Bnei Israel afin de maintenir la distance nécéssaire entre ces deux peuples. A chaque fois que les Hébreux tentaient de se fondre dans la civilisation, ils furent encore plus rejetés jusqu’à ce que Pharaon décida d’en finir avec eux et les rendit esclaves.

Si l’on observe notre situation de nos jours, on s’aperçoit que l’antisémitisme est toujours d’actualité même si après la Choa, tout le monde était convaincus qu’avec la naissance de l’Etat d’Israel, la question juive était enfin résolue. C’est justement la même erreur qui fut reproduite par les Maskilim, Les Lumières au 19eme siecle en Allemagne, qui souhaitaient une intégration complète dans la société occidentale, en rejetant tout signe distinctif du Judaisme, et qui en fin de compte les desservit au moment ou Hitler désirant trouver un bouc émissaire parfait au lendemain de la 1ere guerre mondiale, se mit à accuser les Juifs de tenir les rênes du pouvoir, de l’économie, de chercher leur interêt personnel plutôt que le bien de la nation qui les accueille. En relisant les premiers verset de la Paracha on retrouve ces mêmes accusations exprimées cette fois de la bouche du Pharaon, c’est donc un éternel recommencement!

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