Korah – l’égalitarisme est une rébellion devant l’Eternel

11 juin 2010 à 07:30 | Publié dans Korah | Laisser un commentaire
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La paracha débute par un épisode difficile à comprendre tant la vengence d’Hachem fut violente, et pourtant au XXIème siècle, ce combat de Korah pour la démocratie a tout l’air honorable voire exemplaire. Que s’est-il passé pour que lui et ses deux cent cinquante acolytes soient exterminés de la sorte, comme en témoignent les versets suivants: “la terre ouvrit son sein et les dévora, eux et leurs maisons, et tous les gens de Korah, et tous leurs biens. Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée. Et tous les Israélites qui étaient autour d’eux s’enfuirent à leurs cris, disant:”La terre pourrait bien nous engloutir!” Puis un feu s’élança de devant le Seigneur, et consuma les deux cent cinquante hommes qui avaient offert l’encens.” (Bamidbar 16,32-35)

Si l’on relit l’histoire telle qu’elle nous est contée dans la paracha, nous nous apercevrons que Korah n’a pas été accusé de rébellion face à Moché et Aharon mais contre l’Eternel. “Alors Moïse dit: “Par ceci vous reconnaîtrez que c’est l’Éternel qui m’a donné mission d’accomplir toutes ces choses, que je n’ai rien fait de mon chef: si ces gens meurent comme meurent tous les hommes; si la commune destinée des hommes doit être aussi la leur, ce n’est pas Dieu qui m’a envoyé. Mais si l’Éternel produit un phénomène; si la terre ouvre son sein pour les engloutir avec tout ce qui est à eux, et qu’ils descendent vivants dans la tombe, vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,28-30)

Pourtant dès l’ouverture de notre paracha on observe que Korah s’offusque envers les deux dirrigeants du peuple Juif et leur repproche d’avoir pris en mains la destinée des Hébreux alors que chacun a la possibilité de se gérer tout seul: “Ils s’avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d’Israël, princes de la communauté, membres des réunions, personnages notables; et, s’étant attroupés autour de Moïse et d’Aaron, ils leur dirent: “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” (idem 16,2-3)

Pourquoi Moché considéra cette revendication comme une rébellion devant l’Eternel? “Et Moïse dit à Korah: “Or, écoutez, enfants de Lévi. C’est donc peu, pour vous, que le Dieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir? Il t’a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous réclamez encore le sacerdoce! En vérité, toi et toute ta bande, c’est contre l’Éternel que vous vous êtes ligués; car Aaron, qu’est-il, pour que vous murmuriez contre lui?” (idem 16,8-11)

En fait, pour comprendre et donner un sens à cet épisode douloureux de la traversée du désert, il nous faut tout d’abord expliquer ces versets: “Moïse, en les entendant, se jeta sur sa face; puis il parla à Korah et à toute sa faction, en ces termes: “Demain, le Seigneur fera savoir qui est digne de lui, qui est le saint qu’il admet auprès de lui; celui qu’il aura élu, il le laissera approcher de lui.” (idem 16,4-5) Rachi nous éclaire avec le Midrache suivant: “Demain” Moché s’adressa à Korah et lui dit: “Hachem a limité le monde par des cloisons, pourriez-vous inverser le matin au soir? De la même manière il est impossible d’anuler la hiérarchie”. Cet enseignement nous impose la question à savoir pourquoi Moché compare Korah à un homme voulant inverser le jour et la nuit? Voulait-il changer l’ordre de la création du monde lorsqu’il revendiqua le droit au sacerdoce?

Le Kli Yakar répond qu’effectivement, Korah a été diplomate mais au fond de lui se cachait une rébellion envers le Créateur du Monde. Si Korah affirmait qu’Hachem n’avait pas choisi Moché et Aharon, nous aurions compris qu’il ne reconnaissait pas la prophétie de Moché. Mais ce révolutionaire a été beaucoup plus loin lorsqu’il affirma “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” Korah a renié le choix d’un prophète ou un Cohen parmis l’assemblée, jugeant que chacun est saint, et par conséquence Moché et Aharon s’élèvent comme des dictateurs. Pourtant, une des bases de la foi juive est la force de la Havdala, la séparation. A la sortie de Chabbat, nous disons cette phrase: Celui qui sépare le Kodech du ‘Hol, la lumière de l’obscurité, Israël des nations, le septième jour des six jours d’activité. Quelle est la raison pour laquelle nous mentionons toutes ces différences alors qu’il suffirait, à priori, de rappeler uniquement la sainteté de Chabbat par rapport aux autres jours de la semaine? Il faut donc déduire que la Havdala n’est pas réduite à une bénédiction de séparation, mais un concept unique en soi relié aux autres ‘séparations’. La seule présence de cette notion de Havdala est en soi un témoignage de la présence divine, du Maître du Monde. Comment?

Prenons l’exemple d’un employé d’usine qui s’en prendrait à son supérieur hiérarchique en lui disant: Ne me dis pas ce que j’ai à faire! De quel droit tu me prends de haut? Es-tu plus intelligeant que moi? Nous sommes tous égaux devant la loi!… Il ne fait aucun doute que même si le directeur était sénile, et que tous les employés étaient à la même enseigne, de toutes les manières la revendication de cet homme ne vaut rien. Si l’usine vivait dans l’anarchie totale nous aurions compris et encouragé cet employé. Mais la logique veut qu’il y ait un patron qui décide selon son bon vouloir et c’est comme cela que fonctionnent les millions d’usines dans le monde. Ce patron a tous les droits et quand bien même il aurait nommé un chef de production pas compétent, se rebeller contre ce dernier reviendrait à s’en prendre au PDG directement!

C’est pourquoi, le fait même qu’Hachem a instauré dans la création du monde ce pouvoir de séparer, met un lien direct entre notre foi en un Créateur célèste et le pouvoir qu’Il a de classifier et de partager les rôles selon Sa volonté. Celui qui affirme qu’il n’y a pas de supériorité du saint sur le profane, d’Israël sur les nations, parce que tout les hommes sont égaux, est tout simplement en train de renier Hachem et Sa création quant bien même ses propos semblent humanistes. Par extension, nous comprenons maintenant le lien, qui n’est pas un hasard, entre ceux qui mettent au même niveau les hommes et les animaux, les socialistes avec comme porte drapeau la parité, l’égalité, et toutes ces associations de défense des animaux dirrigées par des athés généralement hostiles aux Juifs…

Moché Rabeinou a percé le fond de la pensée de Korah. En apparence, c’est un révolutionaire franc voulant se rapprocher de la ‘kedoucha’ et la redistribuer équitablement aux Bnei Israël. Mais en fait, ce qui se cachait derrière cette revendication d’égalitarisme, n’était rien d’autre qu’une remise en question de l’ordre divin, “vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,30) ! Et c’est tout naturellement que nous comprenons pourquoi Korah et sa bande ont péri de cette manière comme en témoigne le verset “Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée.” (idem 16,33) Ajoutons que c’est la seule fois dans l’Histoire où l’Eternel agit ainsi car du fait que Korah et ses acolytes ont renié la création du monde telle qu’elle a été exécutée par Hachem, il fallait donc une réponse surnaturelle pour les éradiquer de la Terre. Aucun élément de la nature n’a été utilisé, ni les maladies, ni l’agonie, ni la mort naturelle. La fin de Korah a été un des plus grands témoignages de l’Histoire qu’il y a bel et bien un Maître du monde, ce fut donc un grand moment de gloire pour l’Eternel !

chémini – le drame lors de l’inauguration du tabernacle

9 avril 2010 à 17:55 | Publié dans chemini | Laisser un commentaire
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La paracha raconte le drame familial pour Aharon qui eu lieu lorsque Hachem fit descendre un feu célèste en signe de sainteté mais qui tua ses deux fils ainés Nadab et Abihou. “Les fils d’Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé. Et un feu s’élança de devant le Seigneur et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur. Moïse dit à Aaron: “C’est là ce qu’avait déclaré l’Éternel en disant: Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!” Et Aaron garda le silence. “(Lévitique – 10,1-2-3)

Quelle est la faute qui les a rendu passibles de mort? Nos Sages divergent quant aux raisons de cette tragédie. Certains pensent qu’ils sont morts pour avoir enseigné la loi devant leurs maîtres, d’autres disent que c’est parce qu’ils sont entrés au Michkane étant ivres, d’autres enfin expliquent que c’est pour être restés célibataires car trop prétentieux qu’ils ont été punis. A priori, ces raisons n’ont rien à voir avec celle qui est enseignée explicitement dans le verset: “et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé”. On est en droit de se demander pourquoi nos Sages ont cherché d’autres raisons à cette tragédie?

Le Maguid de Doubno dans son livre ‘Emet leyaacov’ vient mettre de l’ordre en expliquant que la raison principale est bel et bien le fait d’avoir apporter un feu étranger qui a couroussé Hachem et a eu pour conséquence directe la disparition de Nadab et Abihou. Cependant nos Sages ont compris qu’il y avait également d’autres raisons à ce drame. Ce qu’il nous faut analyser c’est surtout la raison pour laquelle malgré leur grandeur et leur sainteté, dont l’Eternel en témoigne “Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!”, les fils de Aharon ont failli. Les H’azal ont compris que c’est pour ces autres raisons qu’Hachem a fait fauter ces Tsadikim. Si on compare ces différentes raisons énoncées plus haut, on observe qu’il s’agit de fautes infimes mais qui prennent de l’ampleur proportionnellement au degré d’élévation du transgresseur. Prenons l’opinion qui pense que c’est pour avoir pénétré dans le Saint des Saints étant ivres qu’ils ont été si vite punis. Lorsqu’on lit les versets qui suivent cette tragédie on apprend cet ordre Divin donné à Aharon de ne pas rentré au Michkane après avoir bu du vin. Comment donc punir une faute qui, au moment de sa réalisation, n’en était pas encore une?

Nos Sages viennent ici nous donner une leçon des plus importantes et d’actualité plus que jamais; si ces Tsadikim ont été tués de la sorte c’est parce que par rapport à leur envergure ils auraient dû deviner naturellement qu’on ne rentre pas dans un endroit si saint en état d’ébriété. Il n’y avait donc pas de faute commise juridiquement mais à leur niveau c’était impardonable! Le point commun qu’il y a parmi tous ces avis est un certain orgueil dominant chez Nadab et Abihou qui a eu pour conséquence un non respect de Moché et Aharon lorsqu’ils ont enseigné la loi devant leurs maîtres, un non respect du Tabernacle lorsqu’ils sont entrés étant ivres, un non respect d’autrui lorsqu’ils ont jugés qu’aucune fille ne correspondait à leur si honorable famille! En effet, le Midrache Yalkout Chimoni nous enseigne au nom de Rabbi Levi qu’un grand nombre de femmes sont restées toute leur vie seules car elles attendaient de se marier avec les fils de Aharon, pourtant ces derniers disaient ‘le frère de notre père est roi (Moché), le frère de notre mère est chef de tribu (Na’hchone ben Aminadav), notre père est Cohen Gadol, nous sommes les suivants dans la hiérarchie des Cohanim, quelle femme pourrait donc nous mériter?’

Nos Sages attribuent l’origine de cet orgueil au périple de la traversée du désert du Sinaï lorsque Nadav et Avihou étaient devancés par Moché et Aharon et suivis par le peuple Juif. Ils se sont dit alors ‘quand mourereont ces deux vieillards et qu’on puissent dirriger l’assemblée? Hachem répondit: nous verrons qui entèrre qui, eux vous enterreront et dirrigeront le peuple’ ! Il nous reste donc à intégrer ce message, à savoir que les qualités humaines de chacun ont un pouvoir énorme, celui de faire vivre ou de tuer!

Vayikra – L’humilité inégalable de Moché Rabénou!

17 mars 2010 à 19:01 | Publié dans Vayikra | Laisser un commentaire
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 La Paracha Vayikra (1, 1) s’ouvre sur ces mots : « L’Éternel appela Moïse, et lui parla, de la Tente d’assignation, en ces termes». Ce troisième livre du Pentateuque “Vayikra” traîte des sacrifices, chacun avec ses particularités, que les Bnei Israël allaient apporter au Michkane, ce tabernacle transportable. Mais le mot “vayikra” est un appel d’Hachem à Moché avec une connotation affective, tel que l’explique Rachi. On voit que contrairement aux autres prophètes où Hachem leur parlait subitement et sans préambule, Moché se fait appeller d’une manière plus respectueuse, comme l’on ferait à quelqu’un de respectable, une personalité.

Parallèlement, on retrouve dans toute la Torah la même attitude chez Moché rabénou, sa Anava (humilité) hors du commun.

Dès la première rencontre avec D.ieu dans le buisson ardent, Moché se voile le visage, se tenant à distance. Tout comme ici après la construction du tabernacle, il se comporte de la sorte, toujours effacé si bien qu’Hachem l’interpelle affectueusement, l’élevant vers Lui !!!!

Le message ici est profond car il nous enseigne la notion d’humilité telle que Moché l’avait perçu. Car pour nous cette notion est relative, proportionnelle à la personne. Un homme simple ne paraîtra pas extraordinaire par son humilité car on ne s’attendrait pas à un autre comportement. De même un homme public, avec de nombreuses responsabilités, tel qu’un ministre, son humilité sera mal appréciée voire déplacée. On attend de la prestance et de l’assurance mettant en avant le sens de ses responsabilités, ceci ne sera pas perçu comme de l’orgueil au contraire !!!

De ce point de vue, on ne comprend plus la démarche de Moché qui est le dirigeant du peuple Juif. Un homme d’une extrême grandeur, qui a eu le mérite de faire sortir cette nation d’Egypte, leur ouvrir la Mer Rouge, un homme qui a parlé directement avec Hachem, restant 40 jours et 40 nuits dans les sphères célèstes, avec les anges pour apprendre la Torah orale. Comment peut-il continuer à rester effacé, attendant patiemment l’appel de l’Eternel ????

Cependant, il faut bien le comprendre, l’humilité de Moché n’était pas un refus de l’honneur seulement, c’était tout simplement une partie de lui-même, sa véritable personalité. De ce fait, il n’avait jamais besoin de se demander comment les gens percevraient telle ou telle démarche initiative. Il avait conscience que plus il s’approchait d’Hachem et percevait Sa grandeur, plus il avait conscience de la petitesse de l’homme. On pourrait dire que son humilité n’était pas dans son rapport à autrui, mais plutôt dans son approche de l’Eternel, et donc, pas tenue à une chose !!!!

Hachem l’avait réellement compris et c’est pour cela qu’un miracle se produisait dans le dialogue entre Moché et le Maître du monde; Rachi explique que le son de la voix d’Hachem traversait le campement du peuple Juif arrivant jusqu’aux oreilles de Moché sans que personne n’entende quoi que se soit. Ainsi le prophète pouvait rester fidèle à lui-même, sans que personne s’aperçoive qu’il communiquait avec D.ieu.

 Le sujet de la Anava me tient à coeur, car il y a quelques années j’ai appris la disparition brutale de mon ancien directeur du kodech au Gan Ami à Marseille, emporté par un infarctuce un vendredi soir alors qu’il chantait les chants de chabbat Vayikra. Rav Jacky Barkats comme on l’appellait, n’avait même pas 60 ans. Je l’ai toujours connu effacé mais actif, toujours présent et initiateur de tous les projets de l’école. On se considérait tous comme ses enfants, tant il nous aimait et c’est cette valeur hors du commun qui le caractérisait, demandant toujours conseil avant d’agir et allant jusqu’au plus profond de chaque enfant pour l’aider à donner le meilleur de lui-même !!!

Son emprunte indélébile accompagne aujourd’hui encore des milliers d’anciens élèves, à savoir que la Torah doit être vécue au quotidien dans la joie et que l’action doit aller au delà des connaissances tout en restant humble !!!

C’est le testament qu’il nous a laissé, quittant ce monde au lendemain soir du conseil de classe…. Que son souvenir soit une source de Bera’ha!

Yitro – Le dixième commandement : tu ne convoiteras pas !

3 février 2010 à 23:21 | Publié dans yitro | Laisser un commentaire
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C’est dans cette Paracha de Yitro que l’on assiste à la révélation d’Hachem la plus importante de l’Histoire, lorsque l’Eternel remet à Moché les Tables de la Loi contenant les Dix commandements. Le peuple tout entier a écouté la voix du Maître du monde et ce qui le différencie des autres nations qui croient en un prophète ayant reçu un message divin. Ici c’est tout un peuple qui a transmis aux futures générations la Torah entendue depuis le Mont Sinaï, c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le reste du monde jalouse le peuple Juif car nul ne peut être autant crédible que ce dernier dans la véracité et l’universalisme de son message authentique.

En préambule il est utile de noter que les Dix Commandements ne sont pas des Mitsvot plus importantes que le reste des 613 autres qui nous ont été données dans la Torah, mais plutôt des enseignements généraux qui contiennent la base morale de toutes les autres Mitsvot. Le lecteur n’aura aucune difficulté à saisir la logique de ces commandements sur le plan éthique tant ils sont inscrits dans la plupart des codes civiles. Le meurtre, le vol, le faux témoignage, etc, sont des actes répréhensibles dans toutes les communautés du monde civilisé. Mais lorsque l’on arrive au dernier commandement on est perplexe devant ces versets: “Ne convoite pas la maison de ton prochain; Ne convoite pas la femme de ton prochain, son esclave ni sa servante, son bœuf ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain.” (L’Exode 20,13).

Dans aucune constitution nous retrouvons cet interdit de convoiter, et ceci pour deux raisons toutes simples: aucun pays libre ne pourrait imaginer enlever de ces citoyens la liberté de penser, sous peine d’être banni de la communauté  internationale. De plus, quand bien même nous voudrions ôter cette liberté dont tout homme jouit, il serait impossible de lire les pensées du cerveau humain, ce qui rend donc inutile de légiférer une telle loi. C’est là où l’on peut apprécier la différence entre la Torah et le reste des codes éthiques des civilisations, car seul Hachem qui a créé l’Homme pouvait nous révéler, à travers le don de la Torah, la profondeur de l’esprit humain. La Torah nous indique par le biais de ce dernier commandemant que la faute n’est pas considérée dès lors qu’elle est réalisée dans les faits. La naissance de la faute se fait dans l’esprit, rien que d’y penser, cela nous met déjà dans la dynamique qui, tôt ou tard, nous poussera à la concrétiser.

Nous n’avons jamais entendu qu’un homme respectable s’est levé un matin pour braquer une banque dans la journée, car cela demande tout une préparation tactique, opérationnelle qui nécéssite auparavant une véritable solidité psychologique. C’est seulement de cette manière qu’il pourra justifier son action et la paufiner jusqu’à ce qu’elle devienne exécutable dans ses moindres détails. Celui qui a déjà dépassé cette étape, même si personne ne sait de quoi il s’agit car tout a été préparé dans le silence absolu, cet homme est entré dans le cercle vicieux de la criminalité et il sera difficile de freiner son action car il est programmé pour mettre en application son plan dès que l’occasion se présentera.

Tout le monde est conscient que la guerre pour endiguer le phénomène de la criminalité et de la délinquence est cent fois plus complexe que celle de la prévention. De ce fait, il faut d’abord agir par tous les moyens afin d’éradiquer la racine du mal et c’est la raison pour laquelle la Torah nous a ordonné clairement et avec tous les détails de ne pas convoiter le bien d’autrui. Si l’homme travaille sur lui-même pour cesser de convoiter, de jalouser ce que son voisin possède, il y a de fortes chances pour qu’un jour il réussisse à repousser définitivement ses pulsions du vol.

C’est ainsi que nous pouvons comprendre ce qu’on lit tous les jours dans le Chéma: “…et ne vous égariez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l’infidélité.” (Les Nombres 15,39), c’est donc non maîtrise de la pensée qui est la source du mal ainsi que l’étape la plus critique dans le cheminement vers la faute. Préserver sa pensée n’est pas une option facultative car la Torah ne nous a pas ordonné des mitsvot réservées aux élites. Il est donc démontré la différence entre les lois divines et celles que l’homme a légifiéré car qui connait mieux l’Homme que celui-même qui l’a créé?

Hachem a donc choisi ce dernier commandement “Ne convoite pas” afin de conclure son message divin avant de le remettre aux Hommes du Livre qui éclaireront le monde et prouveront jusqu’à la fin des temps que la Torah n’est pas un recueil de lois civiles mais un enseignement Divin adapté exactement à l’humanité !

Parachat Mikets – Les rêves de Pharaon

21 décembre 2008 à 19:28 | Publié dans mikets | 1 Commentaire
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jettez un oeil sur cet article original !

Les sept vaches grasses

Sachez exploiter votre rêve

Vache grasse n°1 : l’économie.

Vache grasse n°2 : la liberté et la démocratie.

Vache grasse n°3 : la technologie moderne (l’automobile, l’ouvre-boîte électrique, l’Internet).

Vache grasse n°4 : la médecine moderne (la neurochirurgie, le Prozac, les lentilles de contact colorées).

Vache grasse n°5 : la communauté juive (Albert Einstein, Gad Elmaleh, Pierre Mendès-France).

Vache grasse n°6 : l’état politique de la nation (les Juifs vivant sur leur terre sous un gouvernement juif, etc, etc).

Vache grasse n°7 : l’état spirituel de la nation (une abondance de yéchivas, de synagogues, de centres communautaires, de cours de Paracha, de Talmud, de Kabbala, de rabbins, de rabbis et de gourous comme jamais auparavant).

Et voici que sept autres vaches montaient du Fleuve après elles, celles-là chétives et maigres, et s’arrêtèrent près des premières au bord du fleuve. (Genèse 41, 3)

Vache maigre n°1 : l’économie.

Vache maigre n°2 : la liberté et la démocratie.

Vache maigre n°3 : la technologie moderne.

Vache maigre n°4 : les coupes dans le budget de la santé.

Vache maigre n°5 : la communauté juive.

Vache maigre n°6 : l’état politique de la nation.

Vache grasse n°7 : l’état spirituel de la nation.

 L’un des détails importants, mais peu analysé, du célèbre rêve de Pharaon est le fait qu’au départ les sept vaches grasses et les sept vache maigres se tenaient côte à côte sur la rive du fleuve. En d’autres termes, les quatorze vaches existaient simultanément dans ce rêve, contrairement à ce qui s’est déroulé dans la réalité où les sept années de famine ont succédé aux sept années de plénitude.

C’est la raison pour laquelle les sages de Pharaon, qui avancèrent toutes sortes d’interprétations exotiques à son rêve (par exemple « sept filles te naîtront et sept filles mourront »), n’admettaient pas cette solution qui était pourtant l’évidence même. Quand les vaches sont-elles grasses ? Quand les récoltes sont abondantes ! Et quand sont-elles décharnées ? En temps de famine. Et il en va de même pour les épis de blé gras et maigres. Quoi de plus évident ?

Mais Pharaon avait vu les vaches grasses et les vaches maigres paître ensemble. Il est impossible d’avoir des années d’abondance et des années de famine en même temps, disaient les sages. Les rêves doivent avoir un autre sens, moins évident, de plus métaphorique.

Le génie de Joseph fut de comprendre que les rêves de Pharaon n’annonçaient pas seulement les événements à venir, mais enseignaient également comment y faire face : ils disaient à Pharaon de faire en sorte que les sept années d’abondance coexistent avec les sept années de famine. Quand Joseph instruisit Pharaon sur la manière de se préparer à la famine annoncée, il n’offrait pas un conseil non sollicité : ce conseil était partie intégrante de l’interprétation du rêve. Si tu gardes le surplus de la récolte des années de richesse, disait Joseph, alors les sept vaches grasses seront toujours présentes lorsque les sept vaches maigres sortiront de la rivière et ces dernières auront de quoi manger.

Les Maîtres de la ‘ Hassidout remarquent que le premier galout (« exil ») du peuple juif se produisit dans une brume de rêves. Les rêves de Joseph, les rêves du boulanger et de l’échanson et les rêves du Pharaon conduisirent Joseph, puis toute sa famille, en Égypte où ils allaient subir l’exil, l’esclavage et les persécutions jusqu’à leur libération par Moïse, plus de deux siècles plus tard. Il est à noter que l’exil précédent de Jacob à ‘Haran avait également commencé et terminé par des rêves.

Ceci car le galout est en soi un rêve : un état d’existence parcouru de métaphores obscures, de terrifiantes exagérations et d’impossibilités rationnelles. Un état dans lequel les vaches grasses et les vaches maigres vivent simultanément, dans lequel une vache peut même être à la fois grasse et maigre.

Le galout est un lieu où une économie florissante est à la fois une bénédiction et une malédiction, où le courant de liberté qui bouillonne révèle en l’homme le meilleur comme le pire, où le Web conquérant véhicule la sagesse et l’abomination, où nous sommes saturés de spiritualité et en même temps spirituellement démunis.

Mais il existe une solution à ce désordre cosmique. Écoutons parler Joseph (Pharaon lui-même sait reconnaître un bon conseil quand il en entend un). Ne fuyez pas le rêve, dit Joseph. Ne lui cherchez pas d’autres explications. Utilisez-le. Si le galout vous présente le paradoxe des vaches grasses et des vaches maigres, paissant côte à côte sur le bord du fleuve, utilisez les vaches grasses pour nourrir les vaches maigres. Faites du rêve lui-même la solution.

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