Re’eh – La bénédiction est à portée de main

14 août 2009 at 13:36 | In Re'eh | Leave a Comment
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“Voyez, je vous propose en ce jour, d’une part, la bénédiction, la malédiction de l’autre: la bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, que je vous impose aujourd’hui; et la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd’hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point. Or, quand l’Éternel, ton D.ieu, t’aura installé dans le pays où tu vas pour le conquérir, tu proclameras la bénédiction sur le mont Garizim, la malédiction sur le mont Hébal. (Devarim 11,26-28)

Moché place devant Israël la bénédiction et la malédiction, selon leur obéissance ou non aux lois de D.ieu. Il leur explique que le culte sacrificiel sera établi dans un lieu à déterminer, et exhorte le peuple à ne pas écouter ceux qui voudraient les inciter à l’idolâtrie. En tant que fils d’Hachem, ils doivent se différencier des peuples idolâtres environnant, notamment par leur alimentation. Ils doivent prélever la dîme sur la récolte, aider les pauvres, libérer les esclaves et enfin, accomplir les fêtes de pélerinage.

A priori, cette introduction des bénédictions ainsi que des malédictions dans notre Paracha est superflue du fait que dans Ki Tavo, trois sections plus loin, Moché détaille dans de long versets les différents événements qui surviendront dans le temps si les Bnei Israël suivront les précèptes de la Torah ou non. Quel est donc le sens à ce “Voyez” de notre Paracha?

Rav Chimchone Raphael Hirsh, rabbin de la communauté de Francfort au XIXème siècle, explique qu’en fait lorsque les Léviim ont prononcé la bénédiction sur le mont Garizim et la malédiction sur le mont Hébal, ces montagnes ont reçu l’influence des mots qui ont été dit sur leur sol. Désormais, le mont Garizim est devenu le symbole de la Béra’ha tandis que le mont Hébal représente la Klala. D’ailleurs, à ce jour ces deux montagnes ont gardé par leur aspect extérieur – la verdure pour l’une et l’aridité pour l’autre – leur symbolique.

Le message de Moché vient ici nous enseigner une base de la Avodat Hachem; il ne faut pas seulement avoir à l’esprit qu’à travers l’accomplissement des Mitsvot on est méritant de bénédictions, il est nécéssaire de voir de ses propres yeux la Béra’ha dans sa beauté afin de s’imprégner réellement et avoir une foi inébranlable. On a donc conscience que la bénédiction est à portée de main et qu’il ne faut surtout pas la laisser filer! Nous avons tous un ami ou un proche qui croit en la chance, la destinée comme étant des vecteurs de notre existence. Mais plutôt que de chercher à parfaire leur comportement, ils préfèrent s’adonner aux Ségoulot porte-bonheur afin d’orienter positivement leur Mazal et ainsi trouver la bénédiction dans leurs entreprises. En fait, c’est parce qu’il est difficile pour l’homme de vivre constamment en pensant que chacune de ses actions aura une conséquence sur le coefficient chance de son avenir, qu’il se laisse tenter par ces soi-disant gri-gris moins responsabilisants.

De même la malédiction, qu’Hachem nous en préserve, ne relève pas de forces obscures incontrôlables, nous dépassant. La Torah nous indique clairement que de même que nous voyons l’aridité sur le mont Hébal, nous sommes à mêmes de faire le lien entre nos actes et la malchance qui nous poursuit. La bénédiction comme la malédiction du produit de la terre obéissent au seul bon vouloir d’Hachem. En réalité l’Eternel se soumet au bon vouloir de l’homme dès l’instant où il applique les Mitsvot. La bénédiction lui est acquise à profusion. A contrario, D.ieu se doit de sévir par une malédiction lorsque l’homme se détourne des Mitsvot.

Ne doutons jamais de notre faculté de résister aux séductions de notre penchant au mal. Soyons au contraire bien conscient du fait que notre aptitude à accomplir le bien nous est procurée par Hachem, qui sera avec nous, comme Il nous le dit Lui-même – “que je vous impose aujourd’hui…” N’ayons donc aucune crainte ! Nos Sages nous enseignent en effet (Souka 52a) que le mauvais penchant nous domine constamment tout au long de la journée et que si Hachem ne nous assistait pas, nous serions vaincus !
Ne nous laissons pas davantage aller au désespoir en pensant qu’Il accordera Ses bénédictions uniquement s’il y a de nombreux hommes vertueux ici-bas, et donc qu’il ne sert à rien d’être le seul pieux dans un environnement dépravé… La Torah emploie ici le singulier (“Vois – Re’eh”), pour bien montrer que même l’individu peut être le véhicule par lequel la bénédiction divine se répand dans le monde entier. C’est donc une inviation personnelle qui nous est envoyée dans cette Paracha afin de nous introspecter et prendre conscience de l’extraordinaire cadeau qui nous est donné par Hachem, ce libre arbitre qui fait que nous avons la possibilité d’écrire l’histoire de notre vie à travers l’orientation que nous choisissons de prendre. C’est ce qui fait la supériorité de l’Homme par rapport aux autres créatures de l’Eternel sur la Terre!

Korah – l’égalitarisme est une rébellion devant l’Eternel

19 juin 2009 at 13:33 | In Korah | Leave a Comment
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La paracha débute par un épisode difficile à comprendre tant la vengence d’Hachem fut violente, et pourtant au XXIème siècle, ce combat de Korah pour la démocratie a tout l’air honorable voire exemplaire. Que s’est-il passé pour que lui et ses deux cent cinquante acolytes soient exterminés de la sorte, comme en témoignent les versets: “la terre ouvrit son sein et les dévora, eux et leurs maisons, et tous les gens de Korah, et tous leurs biens. Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée. Et tous les Israélites qui étaient autour d’eux s’enfuirent à leurs cris, disant:”La terre pourrait bien nous engloutir!” Puis un feu s’élança de devant le Seigneur, et consuma les deux cent cinquante hommes qui avaient offert l’encens.” (Bamidbar 16,32-35)

Si l’on relit l’histoire telle qu’elle nous est contée dans la paracha, nous nous apercevrons que Korah n’a pas été accusé de rébellion face à Moché et Aharon mais contre l’Eternel. “Alors Moïse dit: “Par ceci vous reconnaîtrez que c’est l’Éternel qui m’a donné mission d’accomplir toutes ces choses, que je n’ai rien fait de mon chef: si ces gens meurent comme meurent tous les hommes; si la commune destinée des hommes doit être aussi la leur, ce n’est pas Dieu qui m’a envoyé. Mais si l’Éternel produit un phénomène; si la terre ouvre son sein pour les engloutir avec tout ce qui est à eux, et qu’ils descendent vivants dans la tombe, vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,28-30)

Pourtant dès l’ouverture de notre paracha on observe que Korah s’offusque envers les deux dirrigeants du peuple Juif et leur repproche d’avoir pris en mains la destinée des Hébreux alors que chacun a la possibilité de se gérer tout seul: “Ils s’avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d’Israël, princes de la communauté, membres des réunions, personnages notables; et, s’étant attroupés autour de Moïse et d’Aaron, ils leur dirent: “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” (idem 16,2-3)

Pourquoi Moché considéra cette revendication comme une rébellion devant l’Eternel? “Et Moïse dit à Korah: “Or, écoutez, enfants de Lévi. C’est donc peu, pour vous, que le Dieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir? Il t’a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous réclamez encore le sacerdoce! En vérité, toi et toute ta bande, c’est contre l’Éternel que vous vous êtes ligués; car Aaron, qu’est-il, pour que vous murmuriez contre lui?” (idem 16,8-11)

En fait, pour comprendre et donner un sens à cet épisode douloureux de la traversée du désert, il nous faut tout d’abord expliquer ces versets: “Moïse, en les entendant, se jeta sur sa face; puis il parla à Korah et à toute sa faction, en ces termes: “Demain, le Seigneur fera savoir qui est digne de lui, qui est le saint qu’il admet auprès de lui; celui qu’il aura élu, il le laissera approcher de lui.” (idem 16,4-5) Rachi nous éclaire avec le Midrache suivant: “Demain” Moché s’adressa à Korah et lui dit: “Hachem a limité le monde par des cloisons, pourriez-vous inverser le matin au soir? De la même manière il est impossible d’anuler la hiérarchie”. Cet enseignement nous impose la question à savoir pourquoi Moché compare Korah à un homme voulant inverser le jour et la nuit? Voulait-il changer l’ordre de la création du monde lorsqu’il revendiqua le droit au sacerdoce?

Le Kli Yakar répond qu’effectivement, Korah a été diplomate mais au fond de lui se cachait une rébellion envers le Créateur du Monde. Si Korah affirmait qu’Hachem n’avait pas choisi Moché et Aharon, nous aurions compris qu’il ne reconnaissait pas la prophétie de Moché. Mais ce révolutionaire a été beaucoup plus loin lorsqu’il affirma “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” Korah a renié le choix d’un prophète ou un Cohen parmis l’assemblée, jugeant que chacun est saint, et par conséquence Moché et Aharon s’élèvent comme des dictateurs. Pourtant, une des bases de la foi juive est la force de la Havdala, la séparation. A la sortie de Chabbat, nous disons cette phrase: Celui qui sépare le Kodech du ‘Hol, la lumière de l’obscurité, Israël des nations, le septième jour des six jours d’activité. Quelle est la raison pour laquelle nous mentionons toutes ces différences alors qu’il suffirait, à priori, de rappeler uniquement la sainteté de Chabbat par rapport aux autres jours de la semaine? Il faut donc déduire que la Havdala n’est pas réduite à une bénédiction de séparation, mais un concept unique en soi relié aux autres ’séparations’. La seule présence de cette notion de Havdala est en soi un témoignage de la présence divine, du Maître du Monde. Comment?

Prenons l’exemple d’un employé d’usine qui s’en prendrait à son supérieur hiérarchique en lui disant: Ne me dis pas ce que j’ai à faire! De quel droit tu me prends de haut? Es-tu plus intelligeant que moi? Nous sommes tous égaux devant la loi!… Il ne fait aucun doute que même si le directeur était sénile, et que tous les employés étaient à la même enseigne, de toutes les manières la revendication de cet homme ne vaut rien. Si l’usine vivait dans l’anarchie totale nous aurions compris et encouragé cet employé. Mais la logique veut qu’il y ait un patron qui décide selon son bon vouloir et c’est comme cela que fonctionnent les millions d’usines dans le monde. Ce patron a tous les droits et quand bien même il aurait nommé un chef de production pas compétent, se rebeller contre ce dernier reviendrait à s’en prendre au PDG directement!

C’est pourquoi, le fait même qu’Hachem a instauré dans la création du monde ce pouvoir de séparer, met un lien direct entre notre foi en un Créateur célèste et le pouvoir qu’Il a de classifier et de partager les rôles selon Sa volonté. Celui qui affirme qu’il n’y a pas de supériorité du saint sur le profane, d’Israël sur les nations, parce que tout les hommes sont égaux, est tout simplement en train de renier Hachem et Sa création quant bien même ses propos semblent humanistes. Par extension, nous comprenons maintenant le lien, qui n’est pas un hasard, entre ceux qui mettent au même niveau les hommes et les animaux, les socialistes avec comme porte drapeau la parité, l’égalité, et toutes ces associations de défense des animaux dirrigées par des athés généralement hostiles aux Juifs…

Moché Rabeinou a percé le fond de la pensée de Korah. En apparence, c’est un révolutionaire franc voulant se rapprocher de la ‘kedoucha’ et la redistribuer équitablement aux Bnei Israël. Mais en fait, ce qui se cachait derrière cette revendication d’égalitarisme, n’était rien d’autre qu’une remise en question de l’ordre divin, “vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,30) ! Et c’est tout naturellement que nous comprenons pourquoi Korah et sa bande ont péri de cette manière comme en témoigne le verset “Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée.” (idem 16,33) Ajoutons que c’est la seule fois dans l’Histoire où l’Eternel agit ainsi car du fait que Korah et ses acolytes ont renié la création du monde telle qu’elle a été exécutée par Hachem, il fallait donc une réponse surnaturelle pour les éradiquer de la Terre. Aucun élément de la nature n’a été utilisé, ni les maladies, ni l’agonie, ni la mort naturelle. La fin de Korah a été un des plus grands témoignages de l’Histoire qu’il y a bel et bien un Maître du monde, ce fut donc un grand moment de gloire pour l’Eternel !

Béaaloté’ha – La Ménora: le lien entre Hachem et le peuple Juif

1 juin 2009 at 17:06 | In Béaaloté'ha | Leave a Comment
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La paracha de cette semaine commence par l’ordre divin d’allumer tous les jours les sept veilleuses de la Ménora du Michkane: “Parle à Aaron et dis-lui: Quand tu disposeras les lampes, c’est vis-à-vis de la face du candélabre que les sept lampes doivent projeter la lumière.”(Bamidbar 8,2) Hachem précise à Moché la nécéssité de construire un candélabre d’une seule pièce en or où toutes ses branches seront rattachés à celle du milieu sans quelconque soudure. Et c’est alors que l’on s’interroge pourquoi Hachem répète-il ce détail alors qu’il avait été explicite dans les parachiyote Térouma et Vayakel, et quelle est donc la raison de cette redondance ???
En fait le verset fait suite à la recommendation d’avoir les bougies orientées vers la bougie centrale, ce qui n’est pas simplement un détail mais une allusion à notre façon de vivre telle qu’elle devrait être sur le plan matériel comme spirituel.
Le Sfourno, grand commentateur de la Torah en Italie au XVI siècle, explique que les trois lampes à droite et les trois autres de gauche servent ensembles celle du milieu qui représente la volonté divine. Et c’est l’expression que l’on a retrouvé lorsque les Juifs ont dit ensemble :”tout ce que voudra Hachem nous ferons” au pluriel, c’est à dire qu’avec le concours de toutes les forces réunies vers un même but nous répondrons à son appel.
On comprend donc que chaque membre du peuple juif ne peut pas servir son créateur dans son coin, reclus de la société car la Torah nous a été donnée alors que nous étions tous réunis autour d’une même montagne. Bien sûr que dans l’urgence on protège d’abord ses intérêts mais cela ne doit pas être une vision de la vie en général.
 
Néanmoins, même après être arrivé à ce stade l’homme se demande: faut-il tout donner quitte à ne pas profiter de son aisance ? Est-ce qu’on ne pourrait pas diviser une partie pour soi et l’autre pour le prochain ??? C’est la vision chrétienne des choses, vivre pour la cause. Hachem voit les choses complètement différamment, car en fait si l’un réussit dans ses entreprises et vit aisément, c’est d’abord Hachem qui l’a désiré. Pour la simple raison que chacun a ses propres qualités qui l’aidront dans son service Divin.
 
On pourrait illustrer cela par la parabole suivante: Réouven se rend dans un restaurant luxueux et rencontre Simon qui en sort. Les deux travaillent pour la même société et Simon lui confie avoir mangé avec ses potes sur le compte de cette dernière. Réouven fait de même et le lendemain les deux se retrouvent dans le bureau du patron. Simon est remboursé mais pas Réouven. Le patron s’explique en disant que Simon invite des gros clients et leur fait signer des contrats juteux à la fin du repas, donc le repas fait parti du business alors que Réouven ne rapporte rien au groupe.
Le message se décrypte tout seul: un riche peut profiter de ses biens – car ils lui ont été destiné – mais pas gratuitement, sans contrepartie. Car grâce à cela il pourra avoir plus d’invités chez lui par exemple, aider les institutions toraniques, engager plus d’ouvriers pieux et honnêtes. Ses beaux habits le représenteront dans son niveau social et par ricochet il honorera la communité auprès des nations. Cet homme se posera toujours la question comment servir la communauté à travers ses affaires. Il ne divise pas une partie pour lui et une autre pour la communauté, il est investi complètement pour Hachem et c’est cela qui le différencie des autres riches car lui, il dépense mais pour le compte de la société.
C’est pour cela qu’Hachem répète ici encore la nécéssité d’avoir une Ménora (qui représente le lien entre Hachem et le peuple Juif) conçue d’une seule pièce pour évoquer à l’homme la mission qui lui est confiée, à savoir vivre complètement pour honorer le Créateur tel que l’ont enseigné nos sages dans Pirkei Avot (les Maximes de nos Pères) : tous tes actes, tous tes investissement seront Léchem Chamaïm, pour la gloire d’Hachem !!

chémini – le drame lors de l’inauguration du tabernacle

20 avril 2009 at 12:26 | In chemini | Leave a Comment
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La paracha raconte le drame familial pour Aharon qui eu lieu lorsque Hachem fit descendre un feu célèste en signe de sainteté mais qui tua ses deux fils ainés Nadab et Abihou. “Les fils d’Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé. Et un feu s’élança de devant le Seigneur et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur. Moïse dit à Aaron: “C’est là ce qu’avait déclaré l’Éternel en disant: Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!” Et Aaron garda le silence. “(Lévitique -  10,1-2-3)

Quelle est la faute qui les a rendu passibles de mort? Nos Sages divergent quant aux raisons de cette tragédie. Certains pensent qu’ils sont morts pour avoir enseigné la loi devant leurs maîtres, d’autres disent que c’est parce qu’ils sont entrés au Michkane étant ivres, d’autres enfin expliquent que c’est pour être restés célibataires car trop prétentieux qu’ils ont été punis. A priori, ces raisons n’ont rien à voir avec celle qui est enseignée explicitement dans le verset: “et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé”. On est en droit de se demander pourquoi nos Sages ont cherché d’autres raisons à cette tragédie?

Le Maguid de Doubno dans son livre ‘Emet leyaacov’ vient mettre de l’ordre en expliquant que la raison principale est bel et bien le fait d’avoir apporter un feu étranger qui a couroussé Hachem et a eu pour conséquence directe la disparition de Nadab et Abihou. Cependant nos Sages ont compris qu’il y avait également d’autres raisons à ce drame. Ce qu’il nous faut analyser c’est surtout la raison pour laquelle malgré leur grandeur et leur sainteté, dont l’Eternel en témoigne “Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!”, les fils de Aharon ont failli. Les H’azal ont compris que c’est pour ces autres raisons qu’Hachem a fait fauter ces Tsadikim. Si on compare ces différentes raisons énoncées plus haut, on observe qu’il s’agit de fautes infimes mais qui prennent de l’ampleur proportionnellement au degré d’élévation du transgresseur. Prenons l’opinion qui pense que c’est pour avoir pénétré dans le Saint des Saints étant ivres qu’ils ont été si vite punis. Lorsqu’on lit les versets qui suivent cette tragédie on apprend cet ordre Divin donné à Aharon de ne pas rentré au Michkane après avoir bu du vin. Comment donc punir une faute qui, au moment de sa réalisation, n’en était pas encore une?

Nos Sages viennent ici nous donner une leçon des plus importantes et d’actualité plus que jamais; si ces Tsadikim ont été tués de la sorte c’est parce que par rapport à leur envergure ils auraient dû deviner naturellement qu’on ne rentre pas dans un endroit si saint en état d’ébriété. Il n’y avait donc pas de faute commise juridiquement mais à leur niveau c’était impardonable! Le point commun qu’il y a parmi tous ces avis est un certain orgueil dominant chez Nadab et Abihou qui a eu pour conséquence un non respect de Moché et Aharon lorsqu’ils ont enseigné la loi devant leurs maîtres, un non respect du Tabernacle lorsqu’ils sont entrés étant ivres, un non respect d’autrui lorsqu’ils ont jugés qu’aucune fille ne correspondait à leur si honorable famille! En effet, le Midrache Yalkout Chimoni nous enseigne au nom de Rabbi Levi qu’un grand nombre de femmes sont restées toute leur vie seules car elles attendaient de se marier avec les fils de Aharon, pourtant ces derniers disaient ‘le frère de notre père est roi (Moché),  le frère de notre mère est chef de tribu (Na’hchone ben Aminadav), notre père est Cohen Gadol, nous sommes les suivants dans la hiérarchie des Cohanim, quelle femme pourrait donc nous mériter?’

Nos Sages attribuent l’origine de cet orgueil au périple de la traversée du désert du Sinaï lorsque Nadav et Avihou étaient devancés par Moché et Aharon et suivis par le peuple Juif. Ils se sont dit alors ‘quand mourereont ces deux vieillards et qu’on puissent dirriger l’assemblée? Hachem répondit: nous verrons qui entèrre qui, eux vous enterreront et dirrigeront le peuple’ ! Il nous reste donc à intégrer ce message, à savoir que les qualités humaines de chacun ont un pouvoir énorme, celui de faire vivre ou de tuer!

Tsav et Chabbat HaGadol – réflexions sur la particularité de ce grand Chabbat

3 avril 2009 at 16:16 | In Tsav et Chabbat Hagadol | Leave a Comment
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 On appelle le Chabbat qui précède Pessah, Chabbat HaGadol. L’origine de cette appellation n’est pas claire car, bien qu’au Moyen Age, de nombreuses autorités aient cherché à en expliquer la provenance, elle ne se trouve ni dans la Torah, ni dans le Talmud.
Une des approches consiste à lier le Chabbat HaGadol à un verset particulier de la Haftara qui parle d’un jour dans le futur qui sera gadol, ce qui signifie « grand » :
« Or, Je vous enverrai Elie le prophète, avant qu’arrive le jour grand et redoutable de l’Eternel ». (Malachie 3:23)
Le prophète parle du jour de délivrance qui surviendra dans le futur. Pessah, qui, de tout temps, a représenté le jour de la délivrance, est, en fait, l’archétype de cette future rédemption. Le Talmud nous enseigne donc : Rabbi Yehochoua dit : « C’est en Nissan que le monde fut créé … l’esclavage de nos ancêtres en Egypte cessa et c’est en Nissan qu’ils seront délivrés. » (Talmud Roch HaChana 11a). La tradition, qui confère à Elie un rôle primordial dans les temps messianiques, nous incite à lire la section relative à l’allusion que fait le prophète sur ce « grand » jour. D’autres commentateurs puisent dans le passé pour trouver une explication à cette dénomination. Le Talmud nous enseigne que les Juifs ont quitté l’Egypte un jeudi – le 15 du mois de Nissan -et que le 10 était donc le Chabbat qui le précédait. « Quant au mois de Nissan de la Sortie d’Egypte, le 14, ils firent le sacrifice pascal, le 15, ils partirent et le soir [de ce même jour] les premiers-nés furent châtiés… et ce jour-là était un jeudi ». (Chabbat 87b)
L’importance du 10 Nissan est mentionnée dans la Torah : « Parlez à toute la communauté d’Israël en ces termes : « Au dixième jour de ce mois, que chaque homme se procure un agneau, pour la maison de son père, un agneau par maison. » (Exode 12 :3) Tossfot (Chabbat 87b) fait remarquer qu’en prenant un agneau, les Juifs excitèrent l’intérêt et le courroux des premiers-nés d’Egypte qui implorèrent Pharaon de laisser partir les Juifs. Devant le refus du monarque, ils se rebellèrent et s’en prirent à leurs propres parents. Ce jour est donc considéré comme grand, en raison du miracle manifeste que D.ieu accomplit et qui provoqua par la suite le déclin de la société Egyptienne. De plus, en abattant l’objet même de l’adoration des Egyptiens, les Juifs se libérèrent eux-mêmes des chaînes de l’esclavage spirituel. Lorsque Hachem dit à Moïse de tuer le Korban Pessa’h, il Lui répondit : « Maître de l’Univers! Comment puis-je accomplir une telle chose ? Tu sais bien que l’agneau est un dieu égyptien. Comme il est dit : Si nous sacrifions l’abomination des Egyptiens sous leurs yeux, ne vont-ils pas nous lapider ? » (Exode 8:22) D-ieu répliqua : « Aussi longtemps que tu vivras, Israël ne partira pas d’ici avant d’avoir tué les dieux égyptiens précisément sous leurs yeux, afin de leur montrer que leurs dieux ne sont vraiment rien. » C’est effectivement ce qu’Il fit, car cette nuit-là, Il tua les premiers-nés égyptiens et cette même nuit, les Juifs abattirent leurs agneaux et les mangèrent. Lorsque les Egyptiens virent leurs premiers-nés tués et leurs dieux abattus, ils ne purent rien faire, ainsi qu’il est dit : Tandis que les Egyptiens enterraient ceux que l’Eternel avait châtiés parmi eux, même tous leurs premiers-nés ; parmi leurs dieux, l’Eternel exécuta aussi Son décret. (Midrach Rabbah – Exode 16:3)
L’Eternel dit ensuite à Moché : « Aussi longtemps qu’Israël adorera les dieux égyptiens, Il ne sera pas délivré ; va leur dire de renoncer à leur mauvaise conduite et de rejeter l’idolâtrie. » C’est de cela qu’il s’agit dans le verset : « Retirez et prenez-vous des agneaux ». Ce qui signifie : Retirez vos mains de l’idolâtrie et prenez pour vous des agneaux, de cette manière, tuez les dieux d’Egypte et préparez la Pâque ; ce n’est qu’en accomplissant cela que l’Eternel passera au-dessus de vous. Tel est le sens de En restant assis immobiles, vous serez sauvés. (Midrach Rabbah – Exode 16 :2)
Le choix de l’agneau était également significatif à un autre niveau. Les Juifs étaient dès lors occupés à accomplir une prescription Divine ; en plus du rejet des dieux égyptiens, ils s’employaient activement à exécuter l’ordre de D-ieu.
Toutes ces explications, toutefois, semblent ne concerner que l’importance du 10 Nissan, plutôt que le Chabbat précédant Pessa’h. Le 10 Nissan en Egypte s’est trouvé être un Chabbat tout comme cette année 5769, pourtant, sa signification ne semble pas être liée avec ce jour sacré. Ce Chabbat en Egypte fut différent, en fait,  de tous les autres Chabbat précédents car, pour la première fois, l’homme s’était joint à D-ieu pour observer Son jour sacré. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le mode d’observance ne fut pas le repos dans son sens habituel. En effet, l’homme avait reçu l’ordre de se munir d’un agneau, un acte qui, comme nous l’avons déjà noté, était une déclaration ferme affichant une intention clairement polémique lancée au visage des Egyptiens polythéistes et adorateurs de l’agneau.
Le Sfat Emet affirme qu’en prenant un agneau, les Juifs observèrent Chabbat en Egypte. Ce fut leur premier Chabbat en tant que peuple, un moment de transition pour devenir une nation : ils avaient atteint l’âge de la majorité, étaient devenus des adultes (« guedolim ») qui avaient des responsabilités. Ce fut donc un Chabbat « HaGadol ». L’enseignement le plus basique en ce qui concerne le Chabbat est la reconnaissance que D-ieu a créé le monde en six jours. En prenant un agneau, les Juifs rejetèrent l’idolâtrie et acceptèrent D-ieu. Ce ne fut pas simplement un acte qui eut lieu le 10 Nissan, mais un tournant décisif dans l’histoire juive : désormais les Juifs se joignaient à D-ieu pour observer le Chabbat.

Le Rav Lau, ancien Grand Rabbin d’Israël, nous explique que c’est surtout pour rendre hommage aux Bnei Israël qui ont honoré Hachem en prenant le risque d’éveiller la rage des Egyptiens en sacrifiant leur dieu, que ce Chabbat Hagadol a été nommé par rapport au miracle vécu. Car ici, contrairement aux autres miracles survenus lors de la sortie d’Egypte, celui-ci avait la particularité d’associer le courage du peuple Juif.

La Guemara nous enseigne que celui qui profane le Chabbat se rend coupable d’idolâtrie, car il a rejeté l’œuvre de D-ieu. Il est donc clair que ceux qui rejettent l’idolâtrie sont considérés comme « observant le Chabbat ». De plus, en se procurant un agneau, ils observèrent l’unique commandement du Chabbat qui leur fut donné et cet « accomplissement parfait » fit de ce jour un Chabbat réellement grand. Nos sages nous enseignent que si tout le peuple d’Israël observe complètement deux Chabbatot seulement, il méritera la venue du Messie : Rabbi Yo’hanan dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo’haï : « Si Israël observait deux Chabbat selon les lois qui s’y rapportent, il serait immédiatement délivré. » (Chabbat 118b) Il est intéressant de noter que, selon le courant de pensée juive dominant, le monde a été créé en Nissan, ce qui signifie que le Chabbat qui eut lieu le 10 du mois constitua le second Chabbat dans l’histoire du monde. Si ces deux Chabbat avaient été observés correctement, le monde aurait été délivré. Dans les Sifré Hapardes, Rav Yechiel Epstein explique que les deux Chabbat devant être observés sont Chabbat Hagadol et Chabbat Chouva. Chacun de ces deux Chabbat possède un pouvoir spécifique qui lui est propre : L’un de ces Chabbat tombe entre Roch Hachana et Yom Kippour et enseigne à l’homme la manière de retourner vers Hachem; l’autre fut le premier Chabbat observé en Egypte et contient en lui les germes de la délivrance. Que l’homme parvienne à maîtriser ces deux Chabbat et le Messie arrivera promptement.

Il nous reste plus qu’à expliquer le fait que le plus souvent Chabbat Hagadol tombe la parachat Tsav. En effet, le verset qui relie la Sidra à la notion de miracle est le suivant: “Un feu continuel sera entretenu sur l’autel, il ne devra point s’éteindre.” (Vayikra 6,6) Hachem nous ordonne d’entretenir ce feu continuellement afin de cacher le fait que ce dernier descendait du ciel par miracle. On retrouve ce même effet aténuateur lorsque Hachem fit souffler un vent violent sur la Mer Rouge la nuit précédant son ouverture, ceci afin de récompenser les croyants et de punir les impies qui relieraiant l’ouverture de la mer au vent qui la précéda. Le Sefer Ha’hinou’h nous indique ici l’approche que nous devons avoir face aux miracles de la sortie d’Egypte et ceux de la vie en générale. Hachem a fait en sorte que le monde réponde aux lois de la nature, mais pour les Bnei Israël chaque instant de la vie est un miracle d’Hachem et expliquer scientifiquement les phénomènes de la nature ne contredit en rien la foi immuable que l’Eternel tire les ficelles de ce monde et que nous en sommes reconnaissant tout au long de la vie!

 

Yitro – Le dixième commandement : tu ne convoiteras pas !

13 février 2009 at 11:21 | In yitro | Leave a Comment
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C’est dans cette Paracha de Yitro que l’on assiste à la révélation d’Hachem la plus importante de l’Histoire, lorsque l’Eternel remet à Moché les Tables de la Loi contenant les Dix commandements. Le peuple tout entier a écouté la voix du Maître du monde et ce qui le différencie des autres nations qui croient en un prophète ayant reçu un message divin. Ici c’est tout un peuple qui a transmis aux futures générations la Torah entendue depuis le Mont Sinaï, c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le reste du monde jalouse le peuple Juif car nul ne peut être autant crédible que ce dernier dans la véracité et l’universalisme de son message authentique.

En préambule il est utile de noter que les Dix Commandements ne sont pas des Mitsvot plus importantes que le reste des 613 autres qui nous ont été données dans la Torah, mais plutôt des enseignements généraux qui contiennent la base morale de toutes les autres Mitsvot. Le lecteur n’aura aucune difficulté à saisir la logique de ces commandements sur le plan éthique tant ils sont inscrits dans la plupart des codes civiles. Le meurtre, le vol, le faux témoignage, etc, sont des actes répréhensibles dans toutes les communautés du monde civilisé. Mais lorsqu’on arrive au dernier commandement on est perplexe devant ces versets: “Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, son esclave, sa servante, son taureau, son âne, et tout ce qui est à ton prochain.”(20,14-15).

Dans aucune constitution nous retrouvons cet interdit de convoiter, et ceci pour deux raisons toutes simples: aucun pays libre ne pourrait imaginer enlever de ces citoyens la liberté de penser, sous peine d’être banni de la communauté  internationale. De plus, quand bien même nous voudrions ôter cette liberté dont tout homme jouit, il serait impossible de lire les pensées du cerveau humain, ce qui rend donc inutile de légiférer une telle loi. C’est là où l’on peut apprécier la différence entre la Torah et le reste des codes éthiques des civilisations, car seul Hachem qui a créé l’Homme pouvait nous révéler, à travers le don de la Torah, la profondeur de l’esprit humain. La Torah nous indique par le biais de ce dernier commandemant que la faute n’est pas considérée dès lors qu’elle est réalisée dans les faits. La naissance de la faute se fait dans l’esprit, rien que d’y penser, cela nous met déjà dans la dynamique qui, tôt ou tard, nous poussera à la réaliser.

Nous avons jamais entendu qu’un homme respectable s’est levé un matin pour braquer une banque dans le journée, car cela demande tout une préparation tactique, opérationnelle qui nécéssite auparavant une véritable solidité psychologique. C’est seulement de cette manière qu’il pourra justifier son action et la paufiner jusqu’à ce qu’elle devienne exécutable dans ses moindres détails. Celui qui a déjà dépassé cette étape, même si personne ne sait de quoi il s’agit car tout a été préparé dans le silence absolu, cet homme est entré dans le cercle vicieux de la criminalité et il sera difficile de freiner son action car il est programmé pour mettre en application son plan dès que l’occasion se présentera.

Tout le monde est conscient que la guerre pour endiguer le phénomène de la criminalité et de la délinquence est cent fois plus complexe que celle de la prévention. De ce fait, il faut d’abord agir par tous les moyens afin d’éradiquer la racine du mal et c’est la raison pour laquelle la Torah nous a ordonné clairement et avec tous les détails de ne pas convoiter le bien d’autrui. Si l’homme travaille sur lui-même pour cesser de convoiter, de jalouser ce que son voisin possède, il y a de fortes chances pour qu’un jour il réussisse à repousser définitivement ses pulssions du vol.

C’est ainsi que nous pouvons comprendre ce qu’on lit tous les jours dans le Chéma: “Et vous n’irez pas après vos coeurs et après vos yeux”, c’est donc la pensée qui est la source du mal ainsi que l’étape la plus critique dans le cheminement vers la faute. Préserver sa pensée n’est pas une option car la Torah ne nous a pas ordonné des mitsvot réservées aux élites. Il est donc démontré la différence entre les lois divines et celles que l’homme a légifiéré car qui connait mieux l’Homme que celui-même qui l’a créé?

Hachem a donc choisi ce dernier commandement “Tu ne convoiteras pas” afin de conclure son message divin avant de le remettre aux Hommes du Livre qui éclaireront le monde et prouveront jusqu’à la fin des temps que la Torah n’est pas un recueil de lois civiles mais un enseignement Divin adapté exactement à l’humanité !

Parachat Vaéra – Israël nous appartient grâce à l’étude de la Torah

23 janvier 2009 at 11:37 | In Vaéra | Leave a Comment
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La Paracha de la semaine évoque les premières plaies affligées au Pharaon et son peuple par Hachem afin de le forcer à libérer le peuple Juif, nouvellement constitué à partir des familles issues de Yaacov. Moché vient de sortir du palais de Pharaon, déçu de son échec dans la négociation lors de son premier entretien avec le roi d’Égypte, et se lamente devant l’Éternel, désespéré.
Hachem réagit avec virulence, mettant Moché en balance avec les Patriarches qui n’ont pas eu le privilège d’approcher D.ieu directement comme Moché, sans allusion dans les prophéties, et qui ne se sont jamais plaints devant l’incompréhension que peut générer parfois le projet Divin.
A ce moment Hachem dévoile à Moché sa réaction imminente face à l’esclavage cruel du peuple Juif, en promettant la libération et la venue en terre d’Israël promise à Abraham, Isaac, et Jacob.
“Je vous amènerai vers le pays, au sujet duquel j’ai élevé ma main pour le donner a Avraham, Its’hak et Yaacov, et je vous le donnerai en héritage”(6,8).

Le verset met en opposition, à priori, le don de cette terre aux Hébreux bientôt libérés, à l’héritage promis aux ancêtres quelques générations précédentes. Comprenons par le don quelque chose qu’il faille mériter indépendammant des mérites de nos aïeux, alors que l’héritage ne dépend pas des efforts de l’héritier.
Quel est donc le message qu’il faut décoder derrière la traduction de ce verset ?
Le Midrach dans la paracha à venir (Bo) explique bien cette différence: « je te la donnerai; que tu ne pense pas l’hériter de tes ancêtres, mais elle sera à tes yeux comme donnée aujourd’hui pour la première fois. »
Ce qui est intéressant c’est qu’a propos de la Torah on retrouve ce même double langage: « héritage de la communauté de Yaacov » mais aussi l’explication de Rachi sur ce verset tiré des Psaumes de David ’ les paroles de Torah seront à tes yeux toutes neuves chaque jour’.
La réponse est unique face à ces deux questions: en effet, la Torah est un héritage qui se transmet de générations en générations et les érudits rajoutent des commentaires par l’approfondissement de leurs connaissances. Mais ce n’est pas un simple héritage, j’entends par là n’impliquant aucun effort de notre part. Elle n’est pas de la littérature antique, sans lien personnel avec celui qui l’étudie, tel une vieille relique. L’héritage n’appartient qu’à celui qui s’investit corps et âme pour tenter de comprendre la vérité qu’elle contient.
Notre relation par rapport à la terre d’Israël est la même. On a coutume de dire qu’elle nous appartient par le fait d’avoir été acquise par nos patriarches. Mais en fait, chaque jour est un nouveau challenge qui nous est imposé par Hachem. Et nos sages de dire : pourquoi cette terre nous a été enlevée par les diverses civilisations ?car nous étudiions la Torah sans avoir béni auparavant Hachem de nous l’avoir donné tous les matins. L’importance de la bénédiction n’est pas la récitation mais la prise de conscience que nous avons un rôle à jouer dans cette Torah et qu’elle n’est pas simplement un héritage auquel nous n’avons pas notre part d’action, d’investissement pour la mériter. Et de même que nous devons vivre sur notre terre pour atteindre la perfection de notre engagement dans la Torah, de même notre terre ne peut être parfaite que si nous y vivons en total accord avec les commandements divins.
En résumé nous avons une équation avec la Torah d’un côté et notre mérite de vivre en terre Israël de l’autre. C’est simple à concevoir tant ces deux choses sont nos seuls éléments de notre identité juive.
La gestation du peuple juif réalisée lors de son esclavage n’a pour but que de nous enseigner que la libération survenue après 210 ans n’était que le moyen de nous amener dans les désert du Sinaï pour y recevoir la Torah et devenir une véritable nation, porteuse de l’éthique divine pour l’humanité toute entière !!!

Parachat Mikets – Les rêves de Pharaon

21 décembre 2008 at 19:28 | In mikets | 1 Comment
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Les sept vaches grasses

Sachez exploiter votre rêve

Vache grasse n°1 : l’économie.

Vache grasse n°2 : la liberté et la démocratie.

Vache grasse n°3 : la technologie moderne (l’automobile, l’ouvre-boîte électrique, l’Internet).

Vache grasse n°4 : la médecine moderne (la neurochirurgie, le Prozac, les lentilles de contact colorées).

Vache grasse n°5 : la communauté juive (Albert Einstein, Gad Elmaleh, Pierre Mendès-France).

Vache grasse n°6 : l’état politique de la nation (les Juifs vivant sur leur terre sous un gouvernement juif, etc, etc).

Vache grasse n°7 : l’état spirituel de la nation (une abondance de yéchivas, de synagogues, de centres communautaires, de cours de Paracha, de Talmud, de Kabbala, de rabbins, de rabbis et de gourous comme jamais auparavant).

Et voici que sept autres vaches montaient du Fleuve après elles, celles-là chétives et maigres, et s’arrêtèrent près des premières au bord du fleuve. (Genèse 41, 3)

Vache maigre n°1 : l’économie.

Vache maigre n°2 : la liberté et la démocratie.

Vache maigre n°3 : la technologie moderne.

Vache maigre n°4 : les coupes dans le budget de la santé.

Vache maigre n°5 : la communauté juive.

Vache maigre n°6 : l’état politique de la nation.

Vache grasse n°7 : l’état spirituel de la nation.

 L’un des détails importants, mais peu analysé, du célèbre rêve de Pharaon est le fait qu’au départ les sept vaches grasses et les sept vache maigres se tenaient côte à côte sur la rive du fleuve. En d’autres termes, les quatorze vaches existaient simultanément dans ce rêve, contrairement à ce qui s’est déroulé dans la réalité où les sept années de famine ont succédé aux sept années de plénitude.

C’est la raison pour laquelle les sages de Pharaon, qui avancèrent toutes sortes d’interprétations exotiques à son rêve (par exemple « sept filles te naîtront et sept filles mourront »), n’admettaient pas cette solution qui était pourtant l’évidence même. Quand les vaches sont-elles grasses ? Quand les récoltes sont abondantes ! Et quand sont-elles décharnées ? En temps de famine. Et il en va de même pour les épis de blé gras et maigres. Quoi de plus évident ?

Mais Pharaon avait vu les vaches grasses et les vaches maigres paître ensemble. Il est impossible d’avoir des années d’abondance et des années de famine en même temps, disaient les sages. Les rêves doivent avoir un autre sens, moins évident, de plus métaphorique.

Le génie de Joseph fut de comprendre que les rêves de Pharaon n’annonçaient pas seulement les événements à venir, mais enseignaient également comment y faire face : ils disaient à Pharaon de faire en sorte que les sept années d’abondance coexistent avec les sept années de famine. Quand Joseph instruisit Pharaon sur la manière de se préparer à la famine annoncée, il n’offrait pas un conseil non sollicité : ce conseil était partie intégrante de l’interprétation du rêve. Si tu gardes le surplus de la récolte des années de richesse, disait Joseph, alors les sept vaches grasses seront toujours présentes lorsque les sept vaches maigres sortiront de la rivière et ces dernières auront de quoi manger.

Les Maîtres de la ‘ Hassidout remarquent que le premier galout (« exil ») du peuple juif se produisit dans une brume de rêves. Les rêves de Joseph, les rêves du boulanger et de l’échanson et les rêves du Pharaon conduisirent Joseph, puis toute sa famille, en Égypte où ils allaient subir l’exil, l’esclavage et les persécutions jusqu’à leur libération par Moïse, plus de deux siècles plus tard. Il est à noter que l’exil précédent de Jacob à ‘Haran avait également commencé et terminé par des rêves.

Ceci car le galout est en soi un rêve : un état d’existence parcouru de métaphores obscures, de terrifiantes exagérations et d’impossibilités rationnelles. Un état dans lequel les vaches grasses et les vaches maigres vivent simultanément, dans lequel une vache peut même être à la fois grasse et maigre.

Le galout est un lieu où une économie florissante est à la fois une bénédiction et une malédiction, où le courant de liberté qui bouillonne révèle en l’homme le meilleur comme le pire, où le Web conquérant véhicule la sagesse et l’abomination, où nous sommes saturés de spiritualité et en même temps spirituellement démunis.

Mais il existe une solution à ce désordre cosmique. Écoutons parler Joseph (Pharaon lui-même sait reconnaître un bon conseil quand il en entend un). Ne fuyez pas le rêve, dit Joseph. Ne lui cherchez pas d’autres explications. Utilisez-le. Si le galout vous présente le paradoxe des vaches grasses et des vaches maigres, paissant côte à côte sur le bord du fleuve, utilisez les vaches grasses pour nourrir les vaches maigres. Faites du rêve lui-même la solution.

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