Vayigache – L’ultime jugement
22 décembre 2009 at 12:04 | In Vayigache | 1 CommentTags: accusateur, benjamin, Beth Halevi, Créateur, Egypte, esclave, famine, hachem, jugement, Juif, Juif errant, Midrache, paracha, pharaon, Pirkei Avot, révélation, Techouva, torah, tribu, tribunal céleste, ultime, Vayigache, vice-roi d'Egypte, yaacov, yehouda, Yossef
La révélation de Yossef à ses frères est certainement le moment le plus émouvant de toute la Torah. Lui, symbole du Juif errant, a réussi l’ascenssion sociale la plus extraordinaire depuis la nuit des temps, passant d’esclave en pays étranger au poste de vice-roi d’Egypte, minsistre du trésor de Pharaon. Lorsque ses frères descendent en Egypte pour la première fois afin d’acheter du blé alors que le reste du monde souffre d’une terrible famine, ils profitent de l’occasion pour chercher leur frère vendu des années auparavant et se souvenant qu’il était très beau, ils se dirrigèrent tout droit vers le quartier de référence pour la prostitution. C’est tout ce qui pouvait arriver à un bel esclave à l’époque et pourtant, Yossef s’est hissé par son intelligence aux plus hautes responsabilités du Royaume !
C’est pourquoi la révélation de Yossef à ses frères était d’autant plus dramatique et humiliante pour eux, tant leur ennemi de frère avait réussi sa vie mieux qu’eux!
”Joseph ne put se contenir, malgré tous ceux qui l’entouraient. Il s’écria: “Faites sortir tout le monde d’ici!” Et nul homme ne fut présent lorsque Joseph se fit connaître à ses frères. Il éleva la voix en pleurant. Les Égyptiens l’entendirent, la maison de Pharaon l’entendit, et il dit à ses frères: “Je suis Joseph; mon père vit-il encore?” Mais ses frères ne purent lui répondre, car il les avait frappés de stupeur. Joseph dit à ses frères: “Approchez-vous de moi, je vous prie.” Et ils s’approchèrent. Il reprit: “Je suis Joseph, votre frère que vous avez vendu pour l’Égypte. Et maintenant, ne vous affligez point, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de m’avoir vendu pour ce pays; car c’est pour le salut que le Seigneur m’y a envoyé avant vous. (La Genèse 45,1-5)
Le Midrache nous enseigne sur cet émouvant moment: ‘Malheur à nous le jour du jugement, malheur à nous le jour du repproche. Yossef, cadet de ses frères, n’a rien pu entendre de leur part lors de sa révélation tant ils étaient paralysés, nous autres à fortiori le jour de l’ultime jugement!’
A priori lorsque l’on se penche dans les verset relatant la révélation de Yossef à ses frères, on imagine plutot l’émotion suscitée par ces retrouvailles inespérées et l’on voit mal ou se situe le repproche, meme voilé, de Yossef envers ces derniers. Pourtant le Midrache indique clairement que derrière ces pleurs de joie se cache un repproche qui a paralysé toute la tribu de Yaacov.
Le Beth Halevi nous explique que ce terrible repproche est contenu dans les mots “Je suis Yossef, mon père vit-il encore ?”(45,3).
Si l’on reprend le début de la Paracha, on voit Yehouda s’approcher de manière courtoise mais assurée de Yossef, engageant un plaidoyer interminable, faisant passer Yossef aux yeux de ses conseillers comme un cruel dictateur, inhumain, n’ayant pas pitié d’un vieillard attaché à son Benjamin qui ne survivrait pas à la nouvelle que ce dernier devint esclave en Egypte. “Et maintenant, en retournant chez ton serviteur, mon père, nous ne serions point accompagnés du jeune homme et sa vie est attachée à la sienne! Certes, ne voyant point paraître le jeune homme, il mourra; et tes serviteurs auront fait descendre les cheveux blancs de ton serviteur, notre père, douloureusement dans la tombe. Car ton serviteur a répondu de cet enfant à son père, en disant: ‘Si je ne te le ramène, je serai coupable à jamais envers mon père.’ Donc, de grâce, que ton serviteur, à la place du jeune homme, reste esclave de mon seigneur et que le jeune homme reparte avec ses frères. Car comment retournerais-je près de mon père sans ramener son enfant? Pourrais-je voir la douleur qui accablerait mon père?” (La Genèse 44,30-34)
C’est d’ailleurs justement pour éviter que la honte soit encore plus insoutenable pour ses frères que Yossef fit sortir tous ceux qui étaient présent dans la salle avant de révéler sa véritable identité. Il s’écria “Je suis Joseph, votre frère que vous avez vendu pour l’Égypte “(45,4). L’allusion était des plus flagrantes; comment pouvez-vous me repprocher de ne pas avoir pitié de votre père Yaacov alors que vous-mêmes m’avez vendu en esclave sans vous demander si mon père survivrait à cette épreuve? Pourquoi voudriez-vous qu’on vous prenne en pitié lorsque vous êtes touchés alors que vous en avez pas eu pour moi et mon père à l’époque?
Ces repproches terribles raisonnent en chacun de nous car le Midrache nous enseigne ici que lorsque l’on rendra notre âme au Créateur, nous aussi aurons à rendre des comptes sur nos actes dans ce monde ici bas. Mais ce qui est plus redoutable encore ce n’est pas le fait d’etre jugé un jour sur notre vie, c’est surtout la manière avec laquelle l’accusateur va nous tourner en dérision dans son argumentation. En effet, ce sont nos réponses qui seront utilisées contre nous et c’est cela qui est le plus terrible et le plus humiliant.
Lorsque l’on justifiera le manque de temps libre pour étudier la Torah, l’ange accusateur nous montrera le film de notre vie en appuyant sur le nombre incalculable de moments perdus inutilement dans des futilités. Quand nous nous défendrons de ne pas avoir eu une bonne mémoire pour se souvenir du peu de Torah qu’on aura appris, le tribunal céleste nous révélera combien notre mémoire nous a jamais trahi lorsqu’il s’agissait d’une dette que notre ami avait envers nous, des articles de journaux dévorés et gravés à jamais dans notre esprit, ou encore la rancune eternelle envers ce voisin…
Yossef nous donne ici la leçon essentielle pour réussir sa vie et ne pas avoir à chercher de prétextes pour justifier notre manquement à la mission que Hachem a donné à chacun d’entre nous lors de notre venue au monde. La Techouva commence par cette prise de conscience que toutes nos actions sont inscrites dans le livre de la vie ainsi qu’il nous est enseigné dans Pirkei Avot. Mais au-delà du fait que rien n’est caché aux yeux de l’Eternel, c’est surtout le fait qu’on n’aura aucune excuse valable pour justifier notre incapacité à être au niveau de ce qu’on attendait de nous dans le monde futur, qui sera pour nous humiliant.
Que le Maître du monde nous donne la force de prendre conscience que rien n’est perdu et qu’au contraire, c’est le nouveau départ que l’on pourra prendre à la suite de cette profonde introspection qui nous fera certainement rattraper le temps perdu!
Le’h Le’ha – Croire en Hachem les yeux fermés
29 octobre 2009 at 16:27 | In Le'h Le'ha | Leave a CommentTags: abraham, actes de foi, chabat, Créateur, david, Emouna, Emouna chéléma, eternel, hachem, isaac, Israel, Judaisme, kadoche, kavana, l'esclavage en Egypte, Le'h Le'ha, lech lecha, Maasser Béhéma, machia'h, Maimonide, Midrach, Midrache, Mitsva, mitsvot, mitzvot, paracha, parasha, peuple juif, Psaumes, Rachi, sacrifice d`Isaac, tefilines, Temple, torah, universalisme
La paracha de Le’h Le’ha commence par l’ordre divin donné à Abraham de quitter sa terre natale : “Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai.” (Béréchit 12,1) Et Rachi de commenter sur place que l’Eternel n’a pas révélé l’itinéraire complet jusqu’en Israel, pour que cette contrée puisse être désirée encore plus par Abraham et ainsi lui donner un mérite pour chaque pas l’amenant à destination. Le suspens provoqué par Hachem est compréhensible mais la seconde raison nous laisse interrogatifs car pourquoi le mérite est d’autant plus grand que l’on s’avance vers l’inconnu alors que l’effort reste le même, que l’on sache où l’on va ou pas ? Pourquoi Hachem attend de nous que l’on suive ses ordres aveuglément ? Au contraire aurait-on dit, car la motivation est plus intense lorsque l’on sait ce qu’on fait et pourquoi….
Afin d’envisager une réponse qui nous donnera la sensation de ce que la Emouna signifie, prenons comme référence la mitsva de Maasser Béhéma (le prélèvement sur le bétail). Le mode opératoire était le suivant : on faisait passer chaque bête par un portillon qui ne pouvait en faire passer qu’une par une et sur chaque dixième bête on mettait un signe qui la rendait sainte, réservée à Hachem tandis que les autres étaient libres de rester chez le propriétaire qui disposait de ces dernières selon sa volonté. A priori ce procédé est bien plus compliqué que celui consistant à les compter une par une et en prendre un dixième à la fin sans avoir besoin de les faire passer par ce portail étroit. Quel intérêt la Torah a-t-elle vu pour nous ordonner de procéder de cette manière ? Il semble, que l’intention voulue n’est pas de sanctifier la dixième bête seulement mais également toutes les autres qui auront subi le même traitement. En effet, si l’on devait analyser notre rôle dans l’accomplissement des divers commandements qui nous sont ordonnés tous les jours, on comprendrait que l’acte en soi depend de l’aide directe d’Hachem car sans cette dernière rien ne se ferait…
Donc ce qui est attendu de notre part est l’intention, la ‘kavana’, la bonne volonté que l’on y met. Ainsi nous serons jugés. Le roi David écrit dans les Psaumes “mon rôle O Hachem, je l’ai dit, est de respecter tes paroles”, ce qui signifie en d’autres termes que ce que je dit, pense et m’organise pour garder les mitsvot, c’est cela mon rôle. De ce fait, il est clair que si l’on comptait les bêtes et l’on prélèverait le dixième d’entres elles à la fin, il n’y aurait pas eu de regard, de kavana, sur les autres bêtes. Alors que maintenant où il faut les faire passer une par une par la porte et les compter sans savoir à l’avance qui parmi elles sera choisie pour être celle du maasser, du prélèvement, celui qui exécute la mitsva aura la même intention pour chaque bête, à savoir que chacune a la possibilité, le potentiel de devenir kadoche et ainsi chaque bête fera donc partie intégrante de la mitsva !!!
De la même manière nous pouvons expliquer la raison pour laquelle Hachem avait choisi de ne pas indiquer précisement l’itinéraire pour arriver en Israel à Abraham. En effet, en ayant connaissance de la destination finale; le mérite n’aurait été que pour l’acte en soi, les frais de déplacement… Alors que maintenant qu’il devait avancer et se demander à chaque pas si c’était bien la volonté d’Hachem, son intention d’accomplir la mitsva était intense à chaque moment car il était possible qu’Hachem lui fasse changer de route constament. Et puisque nous avons prouvé que ce sur quoi nous sommes jugés c’est sur l’intention, l’investissement que nous mettons en avant, il va de soi que sur chaque moment où nous nous demandons si nous sommes en accord avec la mitsva, nous sommes méritant !!!!!
Ce qui nous permet de conclure que notre raison d’être n’est pas dans l’accomplissement unique des actes de foi mais surtout dans l’intensité, dans l’effort, dans la démarche que nous avons, seuls témoins de notre Emouna. Notre quotidien nous fait oublier le sens des choses que l’on fait instinctivement presque; se lever tous les matins et mettre les téfilines, faire chabbat car c’est sur le calendrier… nous fait perdre l’intention attendue par le Créateur. Et malheureusement les mitsvot finissent par nous paraître rébarbatives, contraignantes !!!
Le message qui nous est laissé de ce long voyage qu’entreprit Abraham est le même que pour les autres épreuves auxquelles il sera attendu au tournant telles que le sacrifice d`Isaac où Hachem ne lui indiquera qu’à la fin le lieu (qui sera celui du Temple plus tard). Pour élargir l’idée je terminerai en disant que c’est bien le propre du juif d’avancer sans savoir où D.ieu guide ses pas, sans comprendre le pourquoi des épreuves et des tragédies vécues depuis l’esclavage en Egypte (date de la formation du peuple Juif), mais notre force que les nations nous envient est bien celle de la détermination, du courage et de notre dignité malgré les souffrances que nous subissons encore aujourd’hui dans le monde. C’est cette même force qui nous est ordonnée d’avoir par Hachem lorsqu’il nous est demandé d’espérer en la venue du Machia’h par une Emouna chéléma, une foi parfaite tel que Maimonide nous l’enseigne dans les lois relatives à la foi.
Mes chers amis, je souhaite expressement que ce message pénètre en nos esprits car il me semble que dans le monde ou nous vivons, toutes les valeurs prônées dans le judaisme sont mises à mal pour la simple raison qu’elle sont engageantes et responsabilisantes. le Midrache explique qu’Hachem regarda dans la Torah et s’inspira pour créer le monde, ce qui veut dire que l’équilibre du monde passe automatiquement par le respect des valeurs que nos ancêtres nous ont fait hériter, c’est pourquoi l’on peut parler d’universalisme de la Torah !!!!
chémini – le drame lors de l’inauguration du tabernacle
20 avril 2009 at 12:26 | In chemini | Leave a CommentTags: 'Aaron, Abihou, Aharon, Avihou, état d'ébriété, chemini, Cohanim, Cohen Gadol, désert du Sinaï, Divin, Emet leyaacov, eternel, feu célèste, feu profane, fils de Aharon, H'azal, hachem, inauguration, Lévitique, Maguid de Doubno, Michkane, Midrache, Midrache Yalkout Chimoni, moché, moise, Na'hchone ben Aminadav, Nadab, Nadav, Nadav et Avihou, ordre Divin, paracha, peuple juif, qualités humaines, Rabbi Levi, Sages, Saint des Saints, Seigneur, Sinaï, Tabernacle, traversée du désert, Tsadikim, Yalkout Chimoni
La paracha raconte le drame familial pour Aharon qui eu lieu lorsque Hachem fit descendre un feu célèste en signe de sainteté mais qui tua ses deux fils ainés Nadab et Abihou. “Les fils d’Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé. Et un feu s’élança de devant le Seigneur et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur. Moïse dit à Aaron: “C’est là ce qu’avait déclaré l’Éternel en disant: Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!” Et Aaron garda le silence. “(Lévitique - 10,1-2-3)
Quelle est la faute qui les a rendu passibles de mort? Nos Sages divergent quant aux raisons de cette tragédie. Certains pensent qu’ils sont morts pour avoir enseigné la loi devant leurs maîtres, d’autres disent que c’est parce qu’ils sont entrés au Michkane étant ivres, d’autres enfin expliquent que c’est pour être restés célibataires car trop prétentieux qu’ils ont été punis. A priori, ces raisons n’ont rien à voir avec celle qui est enseignée explicitement dans le verset: “et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé”. On est en droit de se demander pourquoi nos Sages ont cherché d’autres raisons à cette tragédie?
Le Maguid de Doubno dans son livre ‘Emet leyaacov’ vient mettre de l’ordre en expliquant que la raison principale est bel et bien le fait d’avoir apporter un feu étranger qui a couroussé Hachem et a eu pour conséquence directe la disparition de Nadab et Abihou. Cependant nos Sages ont compris qu’il y avait également d’autres raisons à ce drame. Ce qu’il nous faut analyser c’est surtout la raison pour laquelle malgré leur grandeur et leur sainteté, dont l’Eternel en témoigne “Je veux être sanctifié par ceux qui m’approchent et glorifié à la face de tout le peuple!”, les fils de Aharon ont failli. Les H’azal ont compris que c’est pour ces autres raisons qu’Hachem a fait fauter ces Tsadikim. Si on compare ces différentes raisons énoncées plus haut, on observe qu’il s’agit de fautes infimes mais qui prennent de l’ampleur proportionnellement au degré d’élévation du transgresseur. Prenons l’opinion qui pense que c’est pour avoir pénétré dans le Saint des Saints étant ivres qu’ils ont été si vite punis. Lorsqu’on lit les versets qui suivent cette tragédie on apprend cet ordre Divin donné à Aharon de ne pas rentré au Michkane après avoir bu du vin. Comment donc punir une faute qui, au moment de sa réalisation, n’en était pas encore une?
Nos Sages viennent ici nous donner une leçon des plus importantes et d’actualité plus que jamais; si ces Tsadikim ont été tués de la sorte c’est parce que par rapport à leur envergure ils auraient dû deviner naturellement qu’on ne rentre pas dans un endroit si saint en état d’ébriété. Il n’y avait donc pas de faute commise juridiquement mais à leur niveau c’était impardonable! Le point commun qu’il y a parmi tous ces avis est un certain orgueil dominant chez Nadab et Abihou qui a eu pour conséquence un non respect de Moché et Aharon lorsqu’ils ont enseigné la loi devant leurs maîtres, un non respect du Tabernacle lorsqu’ils sont entrés étant ivres, un non respect d’autrui lorsqu’ils ont jugés qu’aucune fille ne correspondait à leur si honorable famille! En effet, le Midrache Yalkout Chimoni nous enseigne au nom de Rabbi Levi qu’un grand nombre de femmes sont restées toute leur vie seules car elles attendaient de se marier avec les fils de Aharon, pourtant ces derniers disaient ‘le frère de notre père est roi (Moché), le frère de notre mère est chef de tribu (Na’hchone ben Aminadav), notre père est Cohen Gadol, nous sommes les suivants dans la hiérarchie des Cohanim, quelle femme pourrait donc nous mériter?’
Nos Sages attribuent l’origine de cet orgueil au périple de la traversée du désert du Sinaï lorsque Nadav et Avihou étaient devancés par Moché et Aharon et suivis par le peuple Juif. Ils se sont dit alors ‘quand mourereont ces deux vieillards et qu’on puissent dirriger l’assemblée? Hachem répondit: nous verrons qui entèrre qui, eux vous enterreront et dirrigeront le peuple’ ! Il nous reste donc à intégrer ce message, à savoir que les qualités humaines de chacun ont un pouvoir énorme, celui de faire vivre ou de tuer!
Béchala’h – La traversée de la Mer Rouge
6 février 2009 at 15:33 | In Bechala'h | 1 CommentTags: paracha, hachem, machia'h, pharaon, torah, Midrache, peuple juif, Bechala'h, BESHALACH, Mer Rouge, traversée de la Mer Rouge, l'Eternel, Pessa'h, Midrache Raba, sortie d'Egypte, Maitre du Monde, Avodat Hachem
La Paracha de Béchala’h relate l’un des épisodes les plus passionants de notre Histoire tant cette traversée de la Mer Rouge à pieds secs reflète toute la grandeur et la splendeur du Divin. Ce fut l’apogée des épreuves qu’Hachem fit endurer aux Egyptiens d’une part, mais surtout l’accès à la liberté pour le peuple Juif de manière spectaculaire et définitive, ce peuple qui, malgré la puissance de ses oppresseurs finira, avec l’aide de l’Eternel, par se libérer et sortir par la grande porte. Cette liberté chaque année comémorée à Pessa’h révèle qu’en fait, nous sommes assurés de sortir vinqueurs face à tous les exiles de l’Histoire a venir jusqu’à l’arrivée du Machia’h à la fin des temps.
Le Midrache Raba nous pose le décor et l’ambiance tendue qui régnait dans le cortège de millions dhommes, femmes, et enfants devant la mer, bloqués dans leur périple du désert, et de l’autre côté l’armée de Pharaon qui s’approche de ce peuple pour l’exterminer ou le ramener à l’esclavage à jamais! Le Midrache de décrire: ‘Quatre clans se formerent au sein du peuple Juif face a la mer, les premiers souhaitaient se jeter a la mer, les seconds préféraient revenir en Egypte, les troisièmes désiraient combattre et les derniers voulaient crier’.
L’Histoire de notre peuple nous enseigne qu’à chaque génération se trouvaient des personnes qui, plutôt de se retourner vers les grands éclaireurs, les visionnaires de la communauté, se sont considérés eux-mêmes leaders, véhiculant leurs propres idées pour sauver le peuple. Tout comme à l’époque de la sortie d’Egypte, on dénombre quatre groupes bien distincts:
- les désespérés, fatalistes, convaincus qu’il n’y a plus d’espoir de s’en sortir, décident de choisir le suicide par la noyade plutôt que de se rendre à l’ennemi et subir les vices de ce dernier.
- les résignés, pragmatiques, conscients que les Egyptiens sont plus forts et plus nombreux, préfèrent retourner en Egypte quitte à devoir s’assimiler voire se retrouver esclaves.
- les guerriers, idéalistes, faisant fis des pronostiques de défaite, se mobilisent pour lutter jusqu’au dernier et mourir en héros avec pour devise la liberté ou la mort !
- les diplomates, pensants utile la manifestation bruyante pour réveiller l’opinion publique, la conscience des nations, et ainsi éviter un bain de sang par les voies politiques.
Mais en fin de compte, chacun reçut sa réponse et tous réalisèrent à travers les paroles d’Hachem à Moché: “tenez-vous et regardez la délivrance d’Hachem” allusion aux désespérés, “vous ne la reverrez plus” dans le sens qu’il n’y a pas de chemin retournant vers l’Egypte, “L’Eternel fera la guerre pour vous” sous entendu pas vous les guerriers idéalistes, “et vous observerez” sans avoir besoin de manifester et hurler au secours !
Hachem n’attendait que la réaction qui fut alors spontanée et unanime des Hébreux: “Et les enfants d’Israel implorèrent l’Eternel”!
Aujourd’hui, nous sommes dans la même situation décrite par le Midrache et il nous est difficile encore de prendre conscience que les épreuves qui nous sont envoyés par Hachem n’ont pour but que de réveiller notre foi immuable en la capacité du Maitre du Monde de les résoudre grâce à nos prières. Malgré notre volonté de régenter notre propre vie, nous devons chercher à travers nos supplications ce que nous pouvons changer en nous-mêmes afin de toujours positiver face aux épreuves et ainsi se renforcer chaque jour un peu plus dans l’accomplissement de notre Avodat Hachem et recevoir de Sa part toutes les bénédictions, Amen !
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