Le’h Le’ha – Croire en Hachem les yeux fermés
29 octobre 2009 at 16:27 | In Le'h Le'ha | Leave a CommentTags: parasha, paracha, hachem, machia'h, torah, eternel, abraham, isaac, david, mitzvot, Midrache, Créateur, Israel, peuple juif, Mitsva, Midrach, Judaisme, Le'h Le'ha, Rachi, Emouna, Maasser Béhéma, kavana, Psaumes, kadoche, actes de foi, tefilines, lech lecha, chabat, mitsvot, sacrifice d`Isaac, Temple, l'esclavage en Egypte, Emouna chéléma, Maimonide, universalisme
La paracha de Le’h Le’ha commence par l’ordre divin donné à Abraham de quitter sa terre natale : “Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai.” (Béréchit 12,1) Et Rachi de commenter sur place que l’Eternel n’a pas révélé l’itinéraire complet jusqu’en Israel, pour que cette contrée puisse être désirée encore plus par Abraham et ainsi lui donner un mérite pour chaque pas l’amenant à destination. Le suspens provoqué par Hachem est compréhensible mais la seconde raison nous laisse interrogatifs car pourquoi le mérite est d’autant plus grand que l’on s’avance vers l’inconnu alors que l’effort reste le même, que l’on sache où l’on va ou pas ? Pourquoi Hachem attend de nous que l’on suive ses ordres aveuglément ? Au contraire aurait-on dit, car la motivation est plus intense lorsque l’on sait ce qu’on fait et pourquoi….
Afin d’envisager une réponse qui nous donnera la sensation de ce que la Emouna signifie, prenons comme référence la mitsva de Maasser Béhéma (le prélèvement sur le bétail). Le mode opératoire était le suivant : on faisait passer chaque bête par un portillon qui ne pouvait en faire passer qu’une par une et sur chaque dixième bête on mettait un signe qui la rendait sainte, réservée à Hachem tandis que les autres étaient libres de rester chez le propriétaire qui disposait de ces dernières selon sa volonté. A priori ce procédé est bien plus compliqué que celui consistant à les compter une par une et en prendre un dixième à la fin sans avoir besoin de les faire passer par ce portail étroit. Quel intérêt la Torah a-t-elle vu pour nous ordonner de procéder de cette manière ? Il semble, que l’intention voulue n’est pas de sanctifier la dixième bête seulement mais également toutes les autres qui auront subi le même traitement. En effet, si l’on devait analyser notre rôle dans l’accomplissement des divers commandements qui nous sont ordonnés tous les jours, on comprendrait que l’acte en soi depend de l’aide directe d’Hachem car sans cette dernière rien ne se ferait…
Donc ce qui est attendu de notre part est l’intention, la ‘kavana’, la bonne volonté que l’on y met. Ainsi nous serons jugés. Le roi David écrit dans les Psaumes “mon rôle O Hachem, je l’ai dit, est de respecter tes paroles”, ce qui signifie en d’autres termes que ce que je dit, pense et m’organise pour garder les mitsvot, c’est cela mon rôle. De ce fait, il est clair que si l’on comptait les bêtes et l’on prélèverait le dixième d’entres elles à la fin, il n’y aurait pas eu de regard, de kavana, sur les autres bêtes. Alors que maintenant où il faut les faire passer une par une par la porte et les compter sans savoir à l’avance qui parmi elles sera choisie pour être celle du maasser, du prélèvement, celui qui exécute la mitsva aura la même intention pour chaque bête, à savoir que chacune a la possibilité, le potentiel de devenir kadoche et ainsi chaque bête fera donc partie intégrante de la mitsva !!!
De la même manière nous pouvons expliquer la raison pour laquelle Hachem avait choisi de ne pas indiquer précisement l’itinéraire pour arriver en Israel à Abraham. En effet, en ayant connaissance de la destination finale; le mérite n’aurait été que pour l’acte en soi, les frais de déplacement… Alors que maintenant qu’il devait avancer et se demander à chaque pas si c’était bien la volonté d’Hachem, son intention d’accomplir la mitsva était intense à chaque moment car il était possible qu’Hachem lui fasse changer de route constament. Et puisque nous avons prouvé que ce sur quoi nous sommes jugés c’est sur l’intention, l’investissement que nous mettons en avant, il va de soi que sur chaque moment où nous nous demandons si nous sommes en accord avec la mitsva, nous sommes méritant !!!!!
Ce qui nous permet de conclure que notre raison d’être n’est pas dans l’accomplissement unique des actes de foi mais surtout dans l’intensité, dans l’effort, dans la démarche que nous avons, seuls témoins de notre Emouna. Notre quotidien nous fait oublier le sens des choses que l’on fait instinctivement presque; se lever tous les matins et mettre les téfilines, faire chabbat car c’est sur le calendrier… nous fait perdre l’intention attendue par le Créateur. Et malheureusement les mitsvot finissent par nous paraître rébarbatives, contraignantes !!!
Le message qui nous est laissé de ce long voyage qu’entreprit Abraham est le même que pour les autres épreuves auxquelles il sera attendu au tournant telles que le sacrifice d`Isaac où Hachem ne lui indiquera qu’à la fin le lieu (qui sera celui du Temple plus tard). Pour élargir l’idée je terminerai en disant que c’est bien le propre du juif d’avancer sans savoir où D.ieu guide ses pas, sans comprendre le pourquoi des épreuves et des tragédies vécues depuis l’esclavage en Egypte (date de la formation du peuple Juif), mais notre force que les nations nous envient est bien celle de la détermination, du courage et de notre dignité malgré les souffrances que nous subissons encore aujourd’hui dans le monde. C’est cette même force qui nous est ordonnée d’avoir par Hachem lorsqu’il nous est demandé d’espérer en la venue du Machia’h par une Emouna chéléma, une foi parfaite tel que Maimonide nous l’enseigne dans les lois relatives à la foi.
Mes chers amis, je souhaite expressement que ce message pénètre en nos esprits car il me semble que dans le monde ou nous vivons, toutes les valeurs prônées dans le judaisme sont mises à mal pour la simple raison qu’elle sont engageantes et responsabilisantes. le Midrache explique qu’Hachem regarda dans la Torah et s’inspira pour créer le monde, ce qui veut dire que l’équilibre du monde passe automatiquement par le respect des valeurs que nos ancêtres nous ont fait hériter, c’est pourquoi l’on peut parler d’universalisme de la Torah !!!!
Choftim – Lutter face à la menace psychologique de l’ennemi
16 août 2009 at 12:48 | In 1, Choftim | Leave a CommentTags: appareil juridique, Choftim, Eloul, ennemis, hachem, Hafets Haïm, Israel, justice, menace psychologique, paracha, peuple juif, Rachi, Roch hachana, torah, Yetser Ara
Re’eh – La bénédiction est à portée de main
14 août 2009 at 13:36 | In Re'eh | Leave a CommentTags: Avodat Hachem, bénédiction, Bera'ha, Bnei Israel, destinée, Garizim, Hébal, Israel, Ki Tavo, Klala, libre arbitre, malédiction, mauvais penchant, Mazal, moché, paracha, Rav Chimchone Raphael Hirsh, Re'eh, Ségoulot, torah
“Voyez, je vous propose en ce jour, d’une part, la bénédiction, la malédiction de l’autre: la bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, que je vous impose aujourd’hui; et la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd’hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point. Or, quand l’Éternel, ton D.ieu, t’aura installé dans le pays où tu vas pour le conquérir, tu proclameras la bénédiction sur le mont Garizim, la malédiction sur le mont Hébal. (Devarim 11,26-28)
Moché place devant Israël la bénédiction et la malédiction, selon leur obéissance ou non aux lois de D.ieu. Il leur explique que le culte sacrificiel sera établi dans un lieu à déterminer, et exhorte le peuple à ne pas écouter ceux qui voudraient les inciter à l’idolâtrie. En tant que fils d’Hachem, ils doivent se différencier des peuples idolâtres environnant, notamment par leur alimentation. Ils doivent prélever la dîme sur la récolte, aider les pauvres, libérer les esclaves et enfin, accomplir les fêtes de pélerinage.
A priori, cette introduction des bénédictions ainsi que des malédictions dans notre Paracha est superflue du fait que dans Ki Tavo, trois sections plus loin, Moché détaille dans de long versets les différents événements qui surviendront dans le temps si les Bnei Israël suivront les précèptes de la Torah ou non. Quel est donc le sens à ce “Voyez” de notre Paracha?
Rav Chimchone Raphael Hirsh, rabbin de la communauté de Francfort au XIXème siècle, explique qu’en fait lorsque les Léviim ont prononcé la bénédiction sur le mont Garizim et la malédiction sur le mont Hébal, ces montagnes ont reçu l’influence des mots qui ont été dit sur leur sol. Désormais, le mont Garizim est devenu le symbole de la Béra’ha tandis que le mont Hébal représente la Klala. D’ailleurs, à ce jour ces deux montagnes ont gardé par leur aspect extérieur – la verdure pour l’une et l’aridité pour l’autre – leur symbolique.
Le message de Moché vient ici nous enseigner une base de la Avodat Hachem; il ne faut pas seulement avoir à l’esprit qu’à travers l’accomplissement des Mitsvot on est méritant de bénédictions, il est nécéssaire de voir de ses propres yeux la Béra’ha dans sa beauté afin de s’imprégner réellement et avoir une foi inébranlable. On a donc conscience que la bénédiction est à portée de main et qu’il ne faut surtout pas la laisser filer! Nous avons tous un ami ou un proche qui croit en la chance, la destinée comme étant des vecteurs de notre existence. Mais plutôt que de chercher à parfaire leur comportement, ils préfèrent s’adonner aux Ségoulot porte-bonheur afin d’orienter positivement leur Mazal et ainsi trouver la bénédiction dans leurs entreprises. En fait, c’est parce qu’il est difficile pour l’homme de vivre constamment en pensant que chacune de ses actions aura une conséquence sur le coefficient chance de son avenir, qu’il se laisse tenter par ces soi-disant gri-gris moins responsabilisants.
De même la malédiction, qu’Hachem nous en préserve, ne relève pas de forces obscures incontrôlables, nous dépassant. La Torah nous indique clairement que de même que nous voyons l’aridité sur le mont Hébal, nous sommes à mêmes de faire le lien entre nos actes et la malchance qui nous poursuit. La bénédiction comme la malédiction du produit de la terre obéissent au seul bon vouloir d’Hachem. En réalité l’Eternel se soumet au bon vouloir de l’homme dès l’instant où il applique les Mitsvot. La bénédiction lui est acquise à profusion. A contrario, D.ieu se doit de sévir par une malédiction lorsque l’homme se détourne des Mitsvot.
Ne doutons jamais de notre faculté de résister aux séductions de notre penchant au mal. Soyons au contraire bien conscient du fait que notre aptitude à accomplir le bien nous est procurée par Hachem, qui sera avec nous, comme Il nous le dit Lui-même – “que je vous impose aujourd’hui…” N’ayons donc aucune crainte ! Nos Sages nous enseignent en effet (Souka 52a) que le mauvais penchant nous domine constamment tout au long de la journée et que si Hachem ne nous assistait pas, nous serions vaincus !
Ne nous laissons pas davantage aller au désespoir en pensant qu’Il accordera Ses bénédictions uniquement s’il y a de nombreux hommes vertueux ici-bas, et donc qu’il ne sert à rien d’être le seul pieux dans un environnement dépravé… La Torah emploie ici le singulier (“Vois – Re’eh”), pour bien montrer que même l’individu peut être le véhicule par lequel la bénédiction divine se répand dans le monde entier. C’est donc une inviation personnelle qui nous est envoyée dans cette Paracha afin de nous introspecter et prendre conscience de l’extraordinaire cadeau qui nous est donné par Hachem, ce libre arbitre qui fait que nous avons la possibilité d’écrire l’histoire de notre vie à travers l’orientation que nous choisissons de prendre. C’est ce qui fait la supériorité de l’Homme par rapport aux autres créatures de l’Eternel sur la Terre!
Balak – La jalousie et la concurence détruisent la société
2 juillet 2009 at 19:05 | In Balak | Leave a CommentTags: Balak, Bilam, eternel, guémara, hachem, Hébreux, Israel, Moabites, prophète, Rabbi Yo'hanane, Rachi, Sanhédrine, talmud, Techouva, torah, yaacov, Yetser Ara
Cette semaine nous est racontée l’histoire d’un roi Moabite Balak qui a fait appel à Bilam, le plus grand des prophètes et des magiciens parmi les nations pour maudire le peuple Juif et ainsi l’affaiblir en l’écartant de sa foi. ”Il envoya des messagers à Bilam, fils de Beor, à Pethor qui est sur le fleuve, dans le pays de ses concitoyens, pour le mander, en ces termes: “Un peuple est sorti d’Egypte; déjà il couvre la face du pays, et il est campé vis-à-vis de moi. Viens donc, je te prie, et maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi: peut-être parviendrai-je à le vaincre et le repousserai-je du pays. Car, je le sais, celui que tu bénis est béni, et celui que tu maudis est maudit.”(Les Nombres 22,5-6)
Bilam accepte et rencontre un ange d’Hachem sur son chemin qui l’avertit du risque qu’il prenait en tentant de s’opposer aux destinées du peuple élu. Ainsi Bilam rejoint Balak sur une colline dans le désert surplombant le campement des Hébreux et le prévient de répéter strictement les propos que D.ieu lui dictera.
On connait la suite, à trois reprises ce ne seront que des louanges proférées par Bilam, déconcerté, qui énerveront Balak au point de renvoyer ce prophète chez lui avec toutes les malédictions qu’on puisse souhaiter à son pire ennemi.
Quel est le message qui nous est adressé à travers ce récit ? Le fait que nous soyons super protégés par Hachem ? Surement pas, l’histoire nous montrera le contraire car nos ancêtres ont fauté, suite à cet événement, en se laissant séduire par les Moabites, réputées pour exceller en philosophie idolâtre et extérieurement vêtues de la dernière mode.
La description de l’état d’esprit du peuple Juif à cette époque nous est contée par les louanges de Bilam, dictées par l’Eternel lui-même.
Je voudrais relever avec vous l’une d’entre elles qui a fait de ce verset un chant connu de tous : “Ma tovou oalé’ha Yaacov michkénoté’ha Israel” qui se traduit par “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël!” (Les Nombres 24,5). On notera la présence des deux noms de notre patriarche Yaacov, appelé plus tard Israël par Hachem lui-même.
Rachi explique ce verset en relevant une caractéristique propre aux Hébreux, qui dans leur campement du désert ont tenu à respecter l’intimité du voisin en évitant de placer les portes de leur tentes les unes en face des autres. c’est ce qui a inspiré Bilam à citer ce verset.
Dans le traité de Sanhédrine (108 A) Rabbi Yo’hanane nous enseigne qu’à travers les bénédictions de cet impie (Bilam) on discerne les mauvaises intentions de ce dernier. Car nous savons qu’il avait été engagé pour maudire le peuple du Livre et Hachem renversait le tout par des louanges. Bilam désirait anéantir les synagogues et autres lieux d’étude de la Torah, ainsi l’Eternel lui dicta “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob”. il souhaitait écarter la présence Divine, mais Hachem lui récita “Tes demeures, ô Israël”.
A priori on serait tenter d’opposer l’explication de Rachi à celle de la guémara Sanhédrine car selon Rachi l’intention de Bilam était de maudire ce peuple qui tenait à respecter profondément la vie privée de chacun, alors que d’après la guémara il voulait anéantir leur lieux de cultes.
Penchons nous d’abord sur le commentaire de Rachi. En fait, ce qui a frappé Bilam était cette capacité de chacun à améliorer son confort sans empêcher le voisin de respecter ce proverbe de nos sages: qui est riche ? celui qui sait se réjouir de ce qu’il possède.
Cette philosophie de vie nous permet de comprendre le fait que grâce à cela nul ne serait amené à convoiter, à jalouser son prochain et à rechercher tous les moyens d’en avoir autant. En effet, la jalousie, indépendamment du mal qu’elle contient en elle, provoque chez l’homme le besoin de courir après les plaisirs de ce monde, et de ralentir sa recherche spirituelle. Les sages nous ont enseigné à ce propos que celui qui désire faire rentrer à l’intérieur de soi les enseignement que nous offre la Torah doit auparavant prier afin de moins désirer manger et boire.
On comprend maintenant que les enseignements de Rachi et du Talmud sont en fait complémentaires, car en se comportant de manière à ne pas convoiter le bien de son prochain on empêche le Yetser Ara de nous influencer à rechercher les plaisirs les plus matériels de ce monde. Ainsi l’homme devient libre de vouer sa vie à l’évolution spirituelle quotidienne qui apporte un équilibre à tous ceux qui harmonisent leur vie en concordant leurs besoins matériels à ceux spirituels.
Bilam désirait mourir tel un juste, “Qui peut compter la poussière de Jacob, nombrer la multitude d’Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur!”(Les Nombres 23,10), c’est à dire faire téchouva une minute avant de quitter ce monde sans faire un bilan de ses actes régulièrement et essayer de se parfaire en vivant harmonieusement avec la Torah.
Il voulait mourir avec la téchouva mais pas vivre avec cette dernière.
C’est un sentiment qui abrite beaucoup de gens de la communauté, et cela de tout temps. On écoute le discours du rabbin le chabbat matin, on s’en souvient et on le répète quelque fois à table, mais aller jusqu’à mettre en application ces conseils de vie dans son quotidien, s’en est trop ! Changer ses habitudes, maitriser ses envies, se réjouir de se qu’on a c’est bon pour les hommes qui ne vivent que pour l’étude de la Torah !!!
Cette bonne conscience pour les autres nous affaiblit nous-mêmes et nous empêche de rechercher l’authenticité dans notre vie. C’est pour cela qu’il faut encore plus s’investir dans l’étude et tout mettre en œuvre pour l’intégrer dans notre quotidien, car tout le monde envie celui qui vit en harmonie avec sa conscience !!!!!
Quelle liberté d’action !!!
Korah – l’égalitarisme est une rébellion devant l’Eternel
19 juin 2009 at 13:33 | In Korah | Leave a CommentTags: Aharon, bénédiction de séparation, Bnei Israel, Créateur célèste, démocratie, Dieu, hachem, Havdala, Hébreux, Israel, Kedoucha, Korah, Maitre du Monde, moché, Moché Rabeinou, moise, paracha, profane, rébellion, saint, séparation
La paracha débute par un épisode difficile à comprendre tant la vengence d’Hachem fut violente, et pourtant au XXIème siècle, ce combat de Korah pour la démocratie a tout l’air honorable voire exemplaire. Que s’est-il passé pour que lui et ses deux cent cinquante acolytes soient exterminés de la sorte, comme en témoignent les versets: “la terre ouvrit son sein et les dévora, eux et leurs maisons, et tous les gens de Korah, et tous leurs biens. Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée. Et tous les Israélites qui étaient autour d’eux s’enfuirent à leurs cris, disant:”La terre pourrait bien nous engloutir!” Puis un feu s’élança de devant le Seigneur, et consuma les deux cent cinquante hommes qui avaient offert l’encens.” (Bamidbar 16,32-35)
Si l’on relit l’histoire telle qu’elle nous est contée dans la paracha, nous nous apercevrons que Korah n’a pas été accusé de rébellion face à Moché et Aharon mais contre l’Eternel. “Alors Moïse dit: “Par ceci vous reconnaîtrez que c’est l’Éternel qui m’a donné mission d’accomplir toutes ces choses, que je n’ai rien fait de mon chef: si ces gens meurent comme meurent tous les hommes; si la commune destinée des hommes doit être aussi la leur, ce n’est pas Dieu qui m’a envoyé. Mais si l’Éternel produit un phénomène; si la terre ouvre son sein pour les engloutir avec tout ce qui est à eux, et qu’ils descendent vivants dans la tombe, vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,28-30)
Pourtant dès l’ouverture de notre paracha on observe que Korah s’offusque envers les deux dirrigeants du peuple Juif et leur repproche d’avoir pris en mains la destinée des Hébreux alors que chacun a la possibilité de se gérer tout seul: “Ils s’avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d’Israël, princes de la communauté, membres des réunions, personnages notables; et, s’étant attroupés autour de Moïse et d’Aaron, ils leur dirent: “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” (idem 16,2-3)
Pourquoi Moché considéra cette revendication comme une rébellion devant l’Eternel? “Et Moïse dit à Korah: “Or, écoutez, enfants de Lévi. C’est donc peu, pour vous, que le Dieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir? Il t’a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous réclamez encore le sacerdoce! En vérité, toi et toute ta bande, c’est contre l’Éternel que vous vous êtes ligués; car Aaron, qu’est-il, pour que vous murmuriez contre lui?” (idem 16,8-11)
En fait, pour comprendre et donner un sens à cet épisode douloureux de la traversée du désert, il nous faut tout d’abord expliquer ces versets: “Moïse, en les entendant, se jeta sur sa face; puis il parla à Korah et à toute sa faction, en ces termes: “Demain, le Seigneur fera savoir qui est digne de lui, qui est le saint qu’il admet auprès de lui; celui qu’il aura élu, il le laissera approcher de lui.” (idem 16,4-5) Rachi nous éclaire avec le Midrache suivant: “Demain” Moché s’adressa à Korah et lui dit: “Hachem a limité le monde par des cloisons, pourriez-vous inverser le matin au soir? De la même manière il est impossible d’anuler la hiérarchie”. Cet enseignement nous impose la question à savoir pourquoi Moché compare Korah à un homme voulant inverser le jour et la nuit? Voulait-il changer l’ordre de la création du monde lorsqu’il revendiqua le droit au sacerdoce?
Le Kli Yakar répond qu’effectivement, Korah a été diplomate mais au fond de lui se cachait une rébellion envers le Créateur du Monde. Si Korah affirmait qu’Hachem n’avait pas choisi Moché et Aharon, nous aurions compris qu’il ne reconnaissait pas la prophétie de Moché. Mais ce révolutionaire a été beaucoup plus loin lorsqu’il affirma “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” Korah a renié le choix d’un prophète ou un Cohen parmis l’assemblée, jugeant que chacun est saint, et par conséquence Moché et Aharon s’élèvent comme des dictateurs. Pourtant, une des bases de la foi juive est la force de la Havdala, la séparation. A la sortie de Chabbat, nous disons cette phrase: Celui qui sépare le Kodech du ‘Hol, la lumière de l’obscurité, Israël des nations, le septième jour des six jours d’activité. Quelle est la raison pour laquelle nous mentionons toutes ces différences alors qu’il suffirait, à priori, de rappeler uniquement la sainteté de Chabbat par rapport aux autres jours de la semaine? Il faut donc déduire que la Havdala n’est pas réduite à une bénédiction de séparation, mais un concept unique en soi relié aux autres ’séparations’. La seule présence de cette notion de Havdala est en soi un témoignage de la présence divine, du Maître du Monde. Comment?
Prenons l’exemple d’un employé d’usine qui s’en prendrait à son supérieur hiérarchique en lui disant: Ne me dis pas ce que j’ai à faire! De quel droit tu me prends de haut? Es-tu plus intelligeant que moi? Nous sommes tous égaux devant la loi!… Il ne fait aucun doute que même si le directeur était sénile, et que tous les employés étaient à la même enseigne, de toutes les manières la revendication de cet homme ne vaut rien. Si l’usine vivait dans l’anarchie totale nous aurions compris et encouragé cet employé. Mais la logique veut qu’il y ait un patron qui décide selon son bon vouloir et c’est comme cela que fonctionnent les millions d’usines dans le monde. Ce patron a tous les droits et quand bien même il aurait nommé un chef de production pas compétent, se rebeller contre ce dernier reviendrait à s’en prendre au PDG directement!
C’est pourquoi, le fait même qu’Hachem a instauré dans la création du monde ce pouvoir de séparer, met un lien direct entre notre foi en un Créateur célèste et le pouvoir qu’Il a de classifier et de partager les rôles selon Sa volonté. Celui qui affirme qu’il n’y a pas de supériorité du saint sur le profane, d’Israël sur les nations, parce que tout les hommes sont égaux, est tout simplement en train de renier Hachem et Sa création quant bien même ses propos semblent humanistes. Par extension, nous comprenons maintenant le lien, qui n’est pas un hasard, entre ceux qui mettent au même niveau les hommes et les animaux, les socialistes avec comme porte drapeau la parité, l’égalité, et toutes ces associations de défense des animaux dirrigées par des athés généralement hostiles aux Juifs…
Moché Rabeinou a percé le fond de la pensée de Korah. En apparence, c’est un révolutionaire franc voulant se rapprocher de la ‘kedoucha’ et la redistribuer équitablement aux Bnei Israël. Mais en fait, ce qui se cachait derrière cette revendication d’égalitarisme, n’était rien d’autre qu’une remise en question de l’ordre divin, “vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,30) ! Et c’est tout naturellement que nous comprenons pourquoi Korah et sa bande ont péri de cette manière comme en témoigne le verset “Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée.” (idem 16,33) Ajoutons que c’est la seule fois dans l’Histoire où l’Eternel agit ainsi car du fait que Korah et ses acolytes ont renié la création du monde telle qu’elle a été exécutée par Hachem, il fallait donc une réponse surnaturelle pour les éradiquer de la Terre. Aucun élément de la nature n’a été utilisé, ni les maladies, ni l’agonie, ni la mort naturelle. La fin de Korah a été un des plus grands témoignages de l’Histoire qu’il y a bel et bien un Maître du monde, ce fut donc un grand moment de gloire pour l’Eternel !
Térouma – La Torah est une source de vie
27 février 2009 at 12:01 | In terouma | Leave a CommentTags: arche, bois de chittîm, Cohanim, corniche d'or, couronne, couronne de la Torah, enfants d'Israël, eternel, hachem, Israel, Juif, offrande, paracha, Rabbi Chimchone Raphael Hirsh, Rabbi Shimshone Raphael Hirsh, source de vie, Tabernacle, Tables de la Loi, terouma, torah, Trouma
La Paracha de Térouma débute par une demande d’Hachem; ”Invite les enfants d’Israël à me préparer une offrande de la part de quiconque y sera porté par son cœur, vous recevrez mon offrande”(25,2). L’Eternel souhaite résider parmi son peuple et chacun est appellé à faire preuve de générosité afin que ce Tabernacle soit construit avec le concours de tous.
“On fera une arche en bois de chittîm, ayant deux coudées et demie de long, une coudée et demie de large, une coudée et demie de hauteur. Tu la revêtiras d’or pur, intérieurement et extérieurement; et tu l’entoureras d’une corniche d’or.” (25,10-11) Les Sages nous enseignent que l’arche était en fait constitué de trois boites imbriquées l’une dans l’autre, fabriquées en or pur sauf celle du milieu qui était en bois de chittîm, ce qui la rend de facto moins importante que les autres sans compter qu’elle ne se voyait pas. Pourtant la Torah l’appelle “une arche en bois de chittîm” et les autres éléments constitués d’or ne sont évoqués qu’en tant que revêtement. Quel est l’explication à tout celà ?
Il faut savoir que chaque détail des différents éléments du Tabernacle symbolise un comportement relatif à la foi tant sur le plan collectif qu’individuel. L’arche, qui contient les Tables de la Loi, nous indique la personalité des personnes qui vivent en harmonie avec la Torah de part le monde! On retrouve deux éléments contraires dans cette personalité souhaitée:
- d’une part le bois qui pousse en tant que végétal en portant des fruits,
- et d’autre part l’or qui est le matériau le plus stable, ne pourrit pas, ne rouille pas, et garde ses propriétés quel que soit son environnement extérieur. Que doit-on comprendre par là?
L’essentiel de l’arche se trouve, comme nous l’avons dit, dans l’élément central constitué en bois de chittîm. Ce qui signifie que la Torah est éternelle mais aussi vivante, du fait que l’homme qui vit avec elle se régénère tout le temps, en y trouvant sans cesse plus de profondeur. Cependant on se doit de grandir en respectant les limites données par la Torah, c’est pourquoi à l’extérieur comme à l’intérieur l’or et ses caractéristiques doit prédominer de manière à se préserver de toute mauvaise influence et ainsi garder la stabilité des qualités intérieures. Le bois étant l’âme humaine, qui s’élève en grandissant éternellement.
Celui qui observe de l’extérieur, superficiellement, la Torah et ses commandements, ne voit que les caractéristiques de l’or, un matériau qui ne bouge pas, les sages sont statiques, insensibles, robotisés. En revanche, celui qui l’observe en approfondissant ses textes, de la même manière qu’ils ont été transmis à chaque génération, il y trouve un ‘bois vivant’ large et profond sans fin. D’un autre côté, ceux qui pensent pouvoir disposer de la Torah à leur guise, au nom de l’ouverture et la souplesse de l’esprit, en préférent les caractéristiques du bois à ceux de l’or, perdent l’éternité, l’immuabilité de cette dernière.
En allant plus loin, nous pouvons comprendre que si l’on préserve intacte l’arche qui réside au fond de chaque juif, il n’y a plus besoin de lutter contre le monde extérieur, c’est la raison pour laquelle on a rajouté la “corniche d’or” sur l’arche. En effet il y avait trois corniches dans le Tabernacle et ceci afin de symboliser les trois couronnes que l’on retrouve dans le peuple et qui sont : la Torah, la royauté et les Cohanim. La corniche sur l’arche représente la couronne de la Torah, celle qui symbolise la crainte tout comme le roi est craint par ses sujets rien que par le fait qu’il est couronné. C’est pourquoi celui qui porte la couronne de la Torah en la pratiquant de toute sa personne, rien ne pourra l’affaiblir tel le verset “Et verrons tous les peuples de la Terre, que le nom d’Hachem reflète sur toi et te craindront” !
Aujourd’hui plus que jamais où les dirrigeants d’Israël sont amenés à choisir entre l’ouverture et l’authenticité de la Torah, ce message de Rabbi Shimshone Raphael Hirsh vient nous rappeler que le peuple Juif a traversé les civilisations et les épreuves rien que par le fait qu’il a su préserver son âme en restant attaché scrupuleusement aux principes immuables de la Torah, seuls garants de sa périnité !
Parachat Vaéra – Israël nous appartient grâce à l’étude de la Torah
23 janvier 2009 at 11:37 | In Vaéra | Leave a CommentTags: abraham, étude, hachem, Hébreux, isaac, Israel, jacob, Midrach, moché, paracha, Patriarches, peuple juif, pharaon, plaies, roi d'Égypte, sclavage, torah, Vaéra, yaacov
La Paracha de la semaine évoque les premières plaies affligées au Pharaon et son peuple par Hachem afin de le forcer à libérer le peuple Juif, nouvellement constitué à partir des familles issues de Yaacov. Moché vient de sortir du palais de Pharaon, déçu de son échec dans la négociation lors de son premier entretien avec le roi d’Égypte, et se lamente devant l’Éternel, désespéré.
Hachem réagit avec virulence, mettant Moché en balance avec les Patriarches qui n’ont pas eu le privilège d’approcher D.ieu directement comme Moché, sans allusion dans les prophéties, et qui ne se sont jamais plaints devant l’incompréhension que peut générer parfois le projet Divin.
A ce moment Hachem dévoile à Moché sa réaction imminente face à l’esclavage cruel du peuple Juif, en promettant la libération et la venue en terre d’Israël promise à Abraham, Isaac, et Jacob.
“Je vous amènerai vers le pays, au sujet duquel j’ai élevé ma main pour le donner a Avraham, Its’hak et Yaacov, et je vous le donnerai en héritage”(6,8).
Le verset met en opposition, à priori, le don de cette terre aux Hébreux bientôt libérés, à l’héritage promis aux ancêtres quelques générations précédentes. Comprenons par le don quelque chose qu’il faille mériter indépendammant des mérites de nos aïeux, alors que l’héritage ne dépend pas des efforts de l’héritier.
Quel est donc le message qu’il faut décoder derrière la traduction de ce verset ?
Le Midrach dans la paracha à venir (Bo) explique bien cette différence: « je te la donnerai; que tu ne pense pas l’hériter de tes ancêtres, mais elle sera à tes yeux comme donnée aujourd’hui pour la première fois. »
Ce qui est intéressant c’est qu’a propos de la Torah on retrouve ce même double langage: « héritage de la communauté de Yaacov » mais aussi l’explication de Rachi sur ce verset tiré des Psaumes de David ’ les paroles de Torah seront à tes yeux toutes neuves chaque jour’.
La réponse est unique face à ces deux questions: en effet, la Torah est un héritage qui se transmet de générations en générations et les érudits rajoutent des commentaires par l’approfondissement de leurs connaissances. Mais ce n’est pas un simple héritage, j’entends par là n’impliquant aucun effort de notre part. Elle n’est pas de la littérature antique, sans lien personnel avec celui qui l’étudie, tel une vieille relique. L’héritage n’appartient qu’à celui qui s’investit corps et âme pour tenter de comprendre la vérité qu’elle contient.
Notre relation par rapport à la terre d’Israël est la même. On a coutume de dire qu’elle nous appartient par le fait d’avoir été acquise par nos patriarches. Mais en fait, chaque jour est un nouveau challenge qui nous est imposé par Hachem. Et nos sages de dire : pourquoi cette terre nous a été enlevée par les diverses civilisations ?car nous étudiions la Torah sans avoir béni auparavant Hachem de nous l’avoir donné tous les matins. L’importance de la bénédiction n’est pas la récitation mais la prise de conscience que nous avons un rôle à jouer dans cette Torah et qu’elle n’est pas simplement un héritage auquel nous n’avons pas notre part d’action, d’investissement pour la mériter. Et de même que nous devons vivre sur notre terre pour atteindre la perfection de notre engagement dans la Torah, de même notre terre ne peut être parfaite que si nous y vivons en total accord avec les commandements divins.
En résumé nous avons une équation avec la Torah d’un côté et notre mérite de vivre en terre Israël de l’autre. C’est simple à concevoir tant ces deux choses sont nos seuls éléments de notre identité juive.
La gestation du peuple juif réalisée lors de son esclavage n’a pour but que de nous enseigner que la libération survenue après 210 ans n’était que le moyen de nous amener dans les désert du Sinaï pour y recevoir la Torah et devenir une véritable nation, porteuse de l’éthique divine pour l’humanité toute entière !!!
Parachat Chemot – L’égalité des droits et l’antisémitisme
22 janvier 2009 at 19:32 | In Chemot | Leave a CommentTags: antisémitisme, Avraham, Bechala'h, Beth Halevi, Bnei Israel, Chemot, Choa, circoncision, Egyptiens, esclavage, exil, Exode, hachem, Hébreux, Hitler, Israel, Judaisme, L'égalité des droits, l'Etat d'Israel, Lumières, Maskilim, Midrach, Mila, Mitsva, paracha, peuple juif, pharaon, yaacov, Yalkout Chimoni, Yossef
La paracha de Chemot qui ouvre l’Exode nous fait basculer directement de l’âge d’or pour la famille de Yaacov, fondatrice du peuple juif, au début de cette sombre période que fut l’esclavage des Hébreux, le premier exil d’Israël. Dès les premiers versets où l’on voit Yossef quitter ce monde avec toute sa génération, il est palpable qu’un changement va opérer mais le fait qu’on assiste au revirement de Pharaon envers la famille de Yossef est quelque peu soudain car il n’a fallut que quelques années pour voir les descendants de Yaacov passer du statut d’intégrés a celui de rejetés.
La question qui se pose, à savoir quel a été l’élément déclencheur de cette haine des Egyptiens envers les Bnei Israel et qui a été la source de l’antisémitisme?
Sur le verset “Et ils furent dégoutés des Bnei Israel”(1,12), Rachi explique que les Egyptiens ne supportaient plus la facon de vivre des Hébreux. Sur ce point, le Midrach relate qu’après la mort de Yossef, ses descendants ont annulé la Brit Mila, pretextant vouloir vivre exactement comme les Egyptiens, c’est pourquoi Hachem a renversé l’amitié dont ils jouissaient en haine viscérale.
On se doit de s’interroger sur la raison pour laquelle ils ont abandonné la seule Mitsva qu’ils avaient depuis Avraham et qui les différenciait des autres peuples? De plus, le Midrach Yalkout Chimoni (fin de Bechala’h) nous raconte justement le contraire: lorsque les Egyptiens les voyaient circoncir leurs enfants ils leur proposèrent d’alléger leur conditions d’esclaves en échange de l’arrêt de cette pratique, ce qui fut catégoriquement refusé par les Hébreux! Comment s’y retrouver alors?
Le Beth Halévi nous répond qu’en fait, les Bnei Israel n’ont pas annulé cette mitsva mais après avoir circoncis leur enfants, ils ont ensuite tiré la chair afin de recouvrir la Mila et qu’il n’y ait aucune trace de la circoncision. leur argument était le suivant: du fait que Yossef et ses frères qui étaient proches de Pharaon avaient quittés ce monde, les descendants n’allaient pas tarder a se retrouver esclaves de la puissance Egyptienne, donc si jamais ils faisaient tout pour se comporter comme eux, ils bénéficieraient tôt ou tard du statut de résident permanent, ce qui leur octroierait l’égalité des droits et enlèverait tout risque d’être à la merci des Egyptiens et risquer alors de devenir esclaves de ces derniers.
L’erreur était d’avoir imaginé pouvoir résister à l’assimilation annoncée car si physiquement ils étaient semblables aux Egyptiens, certainement qu’un jour ils épouseraient leurs moeurs et deviendraient des Egyptiens à tout niveau. C’est à ce moment là qu’intervint Hachem, garant de la pérénité de son peuple. Il provoqua la haine des Egyptiens envers les Bnei Israel afin de maintenir la distance nécéssaire entre ces deux peuples. A chaque fois que les Hébreux tentaient de se fondre dans la civilisation, ils furent encore plus rejetés jusqu’à ce que Pharaon décida d’en finir avec eux et les rendit esclaves.
Si l’on observe notre situation de nos jours, on s’aperçoit que l’antisémitisme est toujours d’actualité même si après la Choa, tout le monde était convaincus qu’avec la naissance de l’Etat d’Israel, la question juive était enfin résolue. C’est justement la même erreur qui fut reproduite par les Maskilim, Les Lumières au 19eme siecle en Allemagne, qui souhaitaient une intégration complète dans la société occidentale, en rejetant tout signe distinctif du Judaisme, et qui en fin de compte les desservit au moment ou Hitler désirant trouver un bouc émissaire parfait au lendemain de la 1ere guerre mondiale, se mit à accuser les Juifs de tenir les rênes du pouvoir, de l’économie, de chercher leur interêt personnel plutôt que le bien de la nation qui les accueille. En relisant les premiers verset de la Paracha on retrouve ces mêmes accusations exprimées cette fois de la bouche du Pharaon, c’est donc un éternel recommencement!
Parachat Vaye’hi – Yaacov quitte ce monde en Egypte
9 janvier 2009 at 12:17 | In Vaye'hi | Leave a CommentTags: 'Houchim, Chévatim, Dan, Egypte, essav, Hebron, Ichmael, Israel, Kiryat Arba, machia'h, Méarat Hama'hpéla, Naftali, Parachat Vaye'hi, patriarche, Rav Haim Shmoulevits, Rivka, Sota, talmud, Terre Sainte, torah, Vaye'hi, yaacov, Yossef
La Paracha de Vaye’hi est celle qui clot le premier tome de la Torah, l’histoire des patriarches qui s’achève par les bénédictions de Yaacov à ses enfants et les recommendations qu’il leur adresse, chacun selon ses traits de caractère. Yossef jure à son père d’acheminer sa dépouille en Israel, dans la grotte familiale à Hebron où reposent déjà Adam et Hava, Avraham et Sarah, Its’hak et Rivka, ainsi que Léa.
Le Talmud dans le traité de Sota (13a) raconte les détails de cet enterrement unique dans l’Histoire car en effet, tous les sages, penseurs et grandes personalités d’Egypte, ainsi que les serviteurs de la cour se sont déplacés tant ils vénéraient Yaacov et admiraient Yossef. Mais c’est lorsque le cortège arriva à Méarat Hama’hpéla que Essav apparut et empêcha Yaacov de rejoindre ses pères en Terre Sainte. Il s’adressa aux enfants de Yaacov en disant: ”cet endroit est appellé Kiryat Arba faisant référence aux 4 couples reposant en ces lieux, si Yaacov a déjà enterré Léa, il ne reste donc plus qu’une seule place et elle me revient du fait que Léa occupe l’emplacement réservé pour Yaacov”. Les Chévatim lui répondirent alors: “Yaacov t’a acheté cette place il y a longtemps.” Essav leur demanda aussitôt le contrat de cette vente et Naftali qui pouvait courir aussi vite qu’une gazelle fut dépeché par ses frères afin de récupérer le contrat laissé en Egypte.
Pendant que tout le monde attendait le retour de Naftali, le fils de Dan qui était sourd demanda la raison pour laquelle Yaacov devait subir cette humiliation d’attendre des heures avant d’être enterré et la famille lui expliqua la situation. ‘Houchim prit aussitôt son épée et trancha la tête d’Essav qui roula jusque dans la grotte et l’enterrement continua, répondant ainsi à la prophétie de Rivka qui avait prédit que ses jumaux allaient mourir le même jour.
En lisant ce passage de la Guemara on est en droit de se demander pourquoi les fils de Yaacov n’ont pas réagi aussi vite que ‘Houchim et n’ont pas défendu l’honneur de leur père ?
D’ici nous pouvons apprendre une règle de base dans la nature de l’homme. Il se peut que ce dernier connaisse la vérité absolue de la manière la plus claire, et pourtant, si une personne venait à remettre en question cette vérité, en contredisant la réalité, en imposant le débat, ferait en sorte qu’il ne verrait plus cette vérité aussi limpide.
La vérité existerait encore mais plus aussi tranchante qu’auparavant!
Prenons l’exemple du cambrioleur qui est considéré aux yeux de tous comme un voleur. Si ce dernier, face au propriétaire se met à revendiquer la propriété du lieu, ou que pour une raison ou une autre cet argent lui est dû, on ne s’imagine pas un seul instant que le maître de maison entre en discussion avec lui mais plutôt qu’il alertera la police au plus vite. Mais si jamais le débat a lieu et que le propriétaire se met à chercher le titre de propriété , le voleur a d’ores et déjà obtenu le statut d’homme honorable…
C’est ce qui est arrivé aux enfants de Yaacov, s’ils avaient dès le début repoussé Essav en refusant de discuter, ce dernier n’aurait jamais réussi à s’interposer dans le déroulement de l’enterrement. Mais l’erreur a donc été d’accepter le dialogue, qu’Essav ait un droit de parole, de ce fait il n’était plus question de le repousser par la force mais seulement en gagnant le procès.
En revanche, ‘Houchim qui était sourd, par la force des choses n’est donc pas entré en discussion avec son oncle, il était alors encore capable de désigner Essav tel qu’il était véritablement, un voleur qui s’approprie le bien des autres, et c’est la raison pour laquelle il prit les choses en mains et exécuta Essav de manière expéditive.
Cette leçon de Rav Haim Shmoulevits est tellement d’actualité en ces jours de guerre contre le Hamas et ce qui représente, le descendant de ceux qui se sont toujours opposés au peuple de Yaacov. L’erreur de l’Occident, représentant les descendants de Essav, est de légitimer ces ‘forces de résistance’ et d’obliger Israel à accepter de débattre sur son statut avec les rois du vol (Ichmael associé au vol depuis toujours), par le biais de l’ONU où tout doit se discuter. A nous de lire les messages qui nous sont directement adressés dans la Torah et les mettre en application afin de sortir vainqueur contre tous nos détracteurs et rapprocher ainsi la venue du Machia’h, seul habilité à nous délivrer completement de nos ennemis !
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