Ki Tétsé – Les enfants responsabilisent leur parents

24 août 2009 at 16:39 | In 1, Ki Tétsé | Leave a Comment
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La paracha de la semaine traite dans les détails les divers cas où un homme va s’unir avec une femme. C’est surtout l’occasion de bien définir ce qui est permis et ce qui est parfois obligatoire. D’où l’évocation de cette veuve qui n’a pas eu d’enfants où la Torah oblige le frère du défunt de la prendre pour épouse et ainsi permettre la continuité de la descendance du disparu. S’il refuse pour diverses raisons il y a la cérémonie de H’alitsa, ainsi la femme n’est plus tenue envers sa belle famille et peut ainsi se remarier avec la personne de son choix.
On voit donc ici l’importance de la cellule familiale, idée que nous dévelpperons dans cet exposé.
Mais revenons au début de la paracha qui commence par le verset suivant : “Quand tu iras en guerre contre tes ennemis, que l’Éternel, ton Dieu, les livrera en ton pouvoir, et que tu leur feras des prisonniers; si tu remarques, dans cette prise, une femme de belle figure, qu’elle te plaise, et que tu la veuilles prendre pour épouse, tu l’emmèneras d’abord dans ta maison; elle se rasera la tête et se coupera les ongles, se dépouillera de son vêtement de captive, demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère, un mois entier. Alors seulement, tu pourras t’approcher d’elle et avoir commerce avec elle, et elle deviendra ainsi ton épouse. S’il arrive que tu n’aies plus de goût pour elle, tu la laisseras partir libre de sa personne, mais tu ne pourras pas la vendre à prix d’argent: tu ne la traiteras plus comme esclave, après lui avoir fait violence.” (Dévarim 21,10-14)
On remarquera que le verset précise que l’homme part en guerre et non pour faire la guerre car c’est Hachem qui se bat et qui décide de livrer les ennemis de son peuple en captivité. Il s’agit ici d’un cas particulier où la Torah, connaissant à la perfection la nature de l’homme, autorise ce dernier à s’unir avec une captive originaire d’une nation ennemie du peuple Juif, qui par sa beauté a été envoyée aux premières rangées afin de détourner la concentration des combattants ennemis et ainsi les pousser à faillir dans leur mission.
De plus, on avait appris dernièrement que les soldats Hébreux étaient tout d’abord les plus grands érudits et les plus pieux parmi les gens du peuple. Mais la Torah n’épargne personne car nul ne saurait résister à l’attirance sexuelle qu’une femme, aussi dépravée soit-elle, provoquerait chez l’homme. Et c’est pourquoi ce soldat pourra la prendre pour épouse après un mois où elle aura été laissée dépérir et convertie par la suite. En effet on devra lui raser la tête, laisser pousser ses ongles, l’isoler pour qu’elle puisse pleurer ses parents et ses origines, et si malgré tout notre combattant la désire toujours, il s’unira avec elle et ainsi elle sera son épouse.
Qu’est-ce que ce texte aurait à nous enseigner de plus si ce n’est la force du Yetser Ara qui pousse l’homme à agir contrairement à tous ses principes?  La Torah étant humaine, l’autorise à s’unir avec cette femme car sinon il n’y résistera pas !!!
Le Yetser Ara est un expert et agit en provoquant chez l’homme l’impression que cette faute lui est autorisée pour une série de raisons. Il se rassurera en pretextant que la Torah ne lui demande pas d’être  un Tsadik mais plutôt d’être respectueux des 613 commandements, un bon Juif en quelque sorte…
Justement, le verset précise “et que tu la veuilles prendre pour épouse”, nos Sages de déduire: pour toi mais pas pour tes enfants. Ce qui signifie que les raisons, pour lesquelles tu te permets l’union avec une femme qui représente le contraire des valeurs que tu voudrais transmettre à tes enfants, ne seront pas justifiées aux yeux des enfants que tu auras avec elle. L’influence destructrice ne sera pas tempérée par toutes ces raisons !!!
 
Souvent on pense que nos enfants peuvent très bien imaginer comme nous des pretextes à nos actions et trouveront le moyen de nous déculpabiliser, alors que c’est totalement faux. Car ce qu’on se permet à postériori en disant qu’on avait pas le choix, devient chez nos enfants une philosophie de vie à priori. Ils ne jugent que les actes et puisque papa agit ainsi, alors nous aussi et c’est tout !!!
Le Kli Yakar nous enseigne qu’en vérité il y a plusieurs endroits dans la Torah où l’on évoque le Yetser Ara. On reconnait facilement agir en dépit de notre conscience simplement parce que la pression sociale est trop grande, même si à priori il serait préférable d’agir différement. On se justifiera on disant que ce ne sont que des interdits de nos Sages mais que la Torah n’est pas vraiment explicite sur le sujet.
C’est pourquoi il est impératif de savoir qu’il est possible de trouver des raisons justifiant nos actes, qu’il est trop dur de nager à contre-sens mais il ne faut pas oublier le regard de nos enfants sur nous. Un gamin qui voit ses parents investits dans le matériel, où tout est axé sur le paraître et non sur l’être, il ne faudrait surtout pas espérer qu’il ait une quelconque attirance vers la démarche spirituelle de la vie, au-delà de ce que la société propose.
Et c’est tout naturellement que la paracha poursuit par l’histoire de cet enfant rebelle, âgé de 12 ans, qu’il faudra tuer et ainsi l’empêcher de devenir criminel. L’histoire nous a montré que ce cas n’est jamais arrivé dans notre peuple, mais la Torah n’écrit jamais des commandements pour rien et la leçon de tout ça est que tout est lié, qu’on ne peut occulter de notre conscience les conséquences de nos actes et que les gens ne sont pas forcément portés vers un jugement circonstentiel de ce qu’on leur montre de nous-mêmes.
Je terminerai en partageant avec vous l’histoire connue sur le Gaon de Vilna qui reçut un jour la visite du boucher du village lui demandant comment se fait-il que son camarade de classe soit devenu Gaon (le plus sage de sa génération) et que lui et ses enfants, de simples bouchers ? le Gaon lui demanda :
_ “quand est-ce que tu as commencé à te préoccuper de l’éducation de tes enfants ?
_ dès qu’ils ont eu l’âge de parler.
_ moi, j’ai commencé lorsque j’ai eu l’âge de 15 ans !!!!!
 
Ce qui nous montre que nous nous devons, par soucis de père et surtout de futur père, nous habituer à agir en fonction de ce que nos enfants comprendraient pour eux-mêmes. Ceci nous responsabilise bien avant d’en avoir et l’on ne pourra jamais dire qu’on observera les mitsvot seulement lorsqu’on mettra nos enfants à l’école juive, car pour bien imprégner nos héritiers des valeurs profondes du judaïsme il faudrait déjà nous éduquer nous-mêmes, afin de jouïr pleinement de l’épanouïssement et de la plénitude dans nos familles !!!

Balak – La jalousie et la concurence détruisent la société

2 juillet 2009 at 19:05 | In Balak | Leave a Comment
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Cette semaine nous est racontée l’histoire d’un roi Moabite Balak qui a fait appel à Bilam, le plus grand des prophètes et des magiciens parmi les nations pour maudire le peuple Juif et ainsi l’affaiblir en l’écartant de sa foi. ”Il envoya des messagers à Bilam, fils de Beor, à Pethor qui est sur le fleuve, dans le pays de ses concitoyens, pour le mander, en ces termes: “Un peuple est sorti d’Egypte; déjà il couvre la face du pays, et il est campé vis-à-vis de moi. Viens donc, je te prie, et maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi: peut-être parviendrai-je à le vaincre et le repousserai-je du pays. Car, je le sais, celui que tu bénis est béni, et celui que tu maudis est maudit.”(Les Nombres 22,5-6)

Bilam accepte et rencontre un ange d’Hachem sur son chemin qui l’avertit du risque qu’il prenait en tentant de s’opposer aux destinées du peuple élu. Ainsi Bilam rejoint Balak sur une colline dans le désert surplombant le campement des Hébreux et le prévient de répéter strictement les propos que D.ieu lui dictera.

On connait la suite, à trois reprises ce ne seront que des louanges proférées par Bilam, déconcerté, qui énerveront Balak au point de renvoyer ce prophète chez lui avec toutes les malédictions qu’on puisse souhaiter à son pire ennemi.

Quel est le message qui nous est adressé à travers ce récit ? Le fait que nous soyons super protégés par Hachem ? Surement pas, l’histoire nous montrera le contraire car nos ancêtres ont fauté, suite à cet événement, en se laissant séduire par les Moabites, réputées pour exceller en philosophie idolâtre et extérieurement vêtues de la dernière mode.

La description de l’état d’esprit du peuple Juif à cette époque nous est contée par les louanges de Bilam, dictées par l’Eternel lui-même.

Je voudrais relever avec vous l’une d’entre elles qui a fait de ce verset un chant connu de tous : “Ma tovou oalé’ha Yaacov michkénoté’ha Israel” qui se traduit par “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël!” (Les Nombres 24,5). On notera la présence des deux noms de notre patriarche Yaacov, appelé plus tard Israël par Hachem lui-même.

Rachi explique ce verset en relevant une caractéristique propre aux Hébreux, qui dans leur campement du désert ont tenu à respecter l’intimité du voisin en évitant de placer les portes de leur tentes les unes en face des autres. c’est ce qui a inspiré Bilam à citer ce verset.

Dans le traité de Sanhédrine (108 A) Rabbi Yo’hanane nous enseigne qu’à travers les bénédictions de cet impie (Bilam) on discerne les mauvaises intentions de ce dernier. Car nous savons qu’il avait été engagé pour maudire le peuple du Livre et Hachem renversait le tout par des louanges. Bilam désirait anéantir les synagogues et autres lieux d’étude de la Torah, ainsi l’Eternel lui dicta “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob”. il souhaitait écarter la présence Divine, mais Hachem lui récita “Tes demeures, ô Israël”.

 

A priori on serait tenter d’opposer l’explication de Rachi à celle de la guémara Sanhédrine car selon Rachi l’intention de Bilam était de maudire ce peuple qui tenait à respecter profondément la vie privée de chacun, alors que d’après la guémara il voulait anéantir leur lieux de cultes.

 Penchons nous d’abord sur le commentaire de Rachi. En fait, ce qui a frappé Bilam était cette capacité de chacun à améliorer son confort sans empêcher le voisin de respecter ce proverbe de nos sages: qui est riche ? celui qui sait se réjouir de ce qu’il possède.

Cette philosophie de vie nous permet de comprendre le fait que grâce à cela nul ne serait amené à convoiter, à jalouser son prochain et à rechercher tous les moyens d’en avoir autant. En effet, la jalousie, indépendamment du mal qu’elle contient en elle, provoque chez l’homme le besoin de courir après les plaisirs de ce monde, et de ralentir sa recherche spirituelle. Les sages nous ont enseigné à ce propos que celui qui désire faire rentrer à l’intérieur de soi les enseignement que nous offre la Torah doit auparavant prier afin de moins désirer manger et boire.

On comprend maintenant que les enseignements de Rachi et du Talmud sont en fait complémentaires, car en se comportant de manière à ne pas convoiter le bien de son prochain on empêche le Yetser Ara de nous influencer à rechercher les plaisirs les plus matériels de ce monde. Ainsi l’homme devient libre de vouer sa vie à l’évolution spirituelle quotidienne qui apporte un équilibre à tous ceux qui harmonisent leur vie en concordant leurs besoins matériels à ceux spirituels.

Bilam désirait mourir tel un juste, “Qui peut compter la poussière de Jacob, nombrer la multitude d’Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur!”(Les Nombres 23,10), c’est à dire faire téchouva une minute avant de quitter ce monde sans faire un bilan de ses actes régulièrement et essayer de se parfaire en vivant harmonieusement avec la Torah.

Il voulait mourir avec la téchouva mais pas vivre avec cette dernière.

C’est un sentiment qui abrite beaucoup de gens de la communauté, et cela de tout temps. On écoute le discours du rabbin le chabbat matin, on s’en souvient et on le répète quelque fois à table, mais aller jusqu’à mettre en application ces conseils de vie dans son quotidien, s’en est trop ! Changer ses habitudes, maitriser ses envies, se réjouir de se qu’on a c’est bon pour les hommes qui ne vivent que pour l’étude de la Torah !!!

Cette bonne conscience pour les autres nous affaiblit nous-mêmes et nous empêche de rechercher l’authenticité dans notre vie. C’est pour cela qu’il faut encore plus s’investir dans l’étude et tout mettre en œuvre pour l’intégrer dans notre quotidien, car tout le monde envie celui qui vit en harmonie avec sa conscience !!!!!

Quelle liberté d’action !!!

Korah – l’égalitarisme est une rébellion devant l’Eternel

19 juin 2009 at 13:33 | In Korah | Leave a Comment
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La paracha débute par un épisode difficile à comprendre tant la vengence d’Hachem fut violente, et pourtant au XXIème siècle, ce combat de Korah pour la démocratie a tout l’air honorable voire exemplaire. Que s’est-il passé pour que lui et ses deux cent cinquante acolytes soient exterminés de la sorte, comme en témoignent les versets: “la terre ouvrit son sein et les dévora, eux et leurs maisons, et tous les gens de Korah, et tous leurs biens. Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée. Et tous les Israélites qui étaient autour d’eux s’enfuirent à leurs cris, disant:”La terre pourrait bien nous engloutir!” Puis un feu s’élança de devant le Seigneur, et consuma les deux cent cinquante hommes qui avaient offert l’encens.” (Bamidbar 16,32-35)

Si l’on relit l’histoire telle qu’elle nous est contée dans la paracha, nous nous apercevrons que Korah n’a pas été accusé de rébellion face à Moché et Aharon mais contre l’Eternel. “Alors Moïse dit: “Par ceci vous reconnaîtrez que c’est l’Éternel qui m’a donné mission d’accomplir toutes ces choses, que je n’ai rien fait de mon chef: si ces gens meurent comme meurent tous les hommes; si la commune destinée des hommes doit être aussi la leur, ce n’est pas Dieu qui m’a envoyé. Mais si l’Éternel produit un phénomène; si la terre ouvre son sein pour les engloutir avec tout ce qui est à eux, et qu’ils descendent vivants dans la tombe, vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,28-30)

Pourtant dès l’ouverture de notre paracha on observe que Korah s’offusque envers les deux dirrigeants du peuple Juif et leur repproche d’avoir pris en mains la destinée des Hébreux alors que chacun a la possibilité de se gérer tout seul: “Ils s’avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d’Israël, princes de la communauté, membres des réunions, personnages notables; et, s’étant attroupés autour de Moïse et d’Aaron, ils leur dirent: “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” (idem 16,2-3)

Pourquoi Moché considéra cette revendication comme une rébellion devant l’Eternel? “Et Moïse dit à Korah: “Or, écoutez, enfants de Lévi. C’est donc peu, pour vous, que le Dieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir? Il t’a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous réclamez encore le sacerdoce! En vérité, toi et toute ta bande, c’est contre l’Éternel que vous vous êtes ligués; car Aaron, qu’est-il, pour que vous murmuriez contre lui?” (idem 16,8-11)

En fait, pour comprendre et donner un sens à cet épisode douloureux de la traversée du désert, il nous faut tout d’abord expliquer ces versets: “Moïse, en les entendant, se jeta sur sa face; puis il parla à Korah et à toute sa faction, en ces termes: “Demain, le Seigneur fera savoir qui est digne de lui, qui est le saint qu’il admet auprès de lui; celui qu’il aura élu, il le laissera approcher de lui.” (idem 16,4-5) Rachi nous éclaire avec le Midrache suivant: “Demain” Moché s’adressa à Korah et lui dit: “Hachem a limité le monde par des cloisons, pourriez-vous inverser le matin au soir? De la même manière il est impossible d’anuler la hiérarchie”. Cet enseignement nous impose la question à savoir pourquoi Moché compare Korah à un homme voulant inverser le jour et la nuit? Voulait-il changer l’ordre de la création du monde lorsqu’il revendiqua le droit au sacerdoce?

Le Kli Yakar répond qu’effectivement, Korah a été diplomate mais au fond de lui se cachait une rébellion envers le Créateur du Monde. Si Korah affirmait qu’Hachem n’avait pas choisi Moché et Aharon, nous aurions compris qu’il ne reconnaissait pas la prophétie de Moché. Mais ce révolutionaire a été beaucoup plus loin lorsqu’il affirma “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” Korah a renié le choix d’un prophète ou un Cohen parmis l’assemblée, jugeant que chacun est saint, et par conséquence Moché et Aharon s’élèvent comme des dictateurs. Pourtant, une des bases de la foi juive est la force de la Havdala, la séparation. A la sortie de Chabbat, nous disons cette phrase: Celui qui sépare le Kodech du ‘Hol, la lumière de l’obscurité, Israël des nations, le septième jour des six jours d’activité. Quelle est la raison pour laquelle nous mentionons toutes ces différences alors qu’il suffirait, à priori, de rappeler uniquement la sainteté de Chabbat par rapport aux autres jours de la semaine? Il faut donc déduire que la Havdala n’est pas réduite à une bénédiction de séparation, mais un concept unique en soi relié aux autres ’séparations’. La seule présence de cette notion de Havdala est en soi un témoignage de la présence divine, du Maître du Monde. Comment?

Prenons l’exemple d’un employé d’usine qui s’en prendrait à son supérieur hiérarchique en lui disant: Ne me dis pas ce que j’ai à faire! De quel droit tu me prends de haut? Es-tu plus intelligeant que moi? Nous sommes tous égaux devant la loi!… Il ne fait aucun doute que même si le directeur était sénile, et que tous les employés étaient à la même enseigne, de toutes les manières la revendication de cet homme ne vaut rien. Si l’usine vivait dans l’anarchie totale nous aurions compris et encouragé cet employé. Mais la logique veut qu’il y ait un patron qui décide selon son bon vouloir et c’est comme cela que fonctionnent les millions d’usines dans le monde. Ce patron a tous les droits et quand bien même il aurait nommé un chef de production pas compétent, se rebeller contre ce dernier reviendrait à s’en prendre au PDG directement!

C’est pourquoi, le fait même qu’Hachem a instauré dans la création du monde ce pouvoir de séparer, met un lien direct entre notre foi en un Créateur célèste et le pouvoir qu’Il a de classifier et de partager les rôles selon Sa volonté. Celui qui affirme qu’il n’y a pas de supériorité du saint sur le profane, d’Israël sur les nations, parce que tout les hommes sont égaux, est tout simplement en train de renier Hachem et Sa création quant bien même ses propos semblent humanistes. Par extension, nous comprenons maintenant le lien, qui n’est pas un hasard, entre ceux qui mettent au même niveau les hommes et les animaux, les socialistes avec comme porte drapeau la parité, l’égalité, et toutes ces associations de défense des animaux dirrigées par des athés généralement hostiles aux Juifs…

Moché Rabeinou a percé le fond de la pensée de Korah. En apparence, c’est un révolutionaire franc voulant se rapprocher de la ‘kedoucha’ et la redistribuer équitablement aux Bnei Israël. Mais en fait, ce qui se cachait derrière cette revendication d’égalitarisme, n’était rien d’autre qu’une remise en question de l’ordre divin, “vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,30) ! Et c’est tout naturellement que nous comprenons pourquoi Korah et sa bande ont péri de cette manière comme en témoigne le verset “Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée.” (idem 16,33) Ajoutons que c’est la seule fois dans l’Histoire où l’Eternel agit ainsi car du fait que Korah et ses acolytes ont renié la création du monde telle qu’elle a été exécutée par Hachem, il fallait donc une réponse surnaturelle pour les éradiquer de la Terre. Aucun élément de la nature n’a été utilisé, ni les maladies, ni l’agonie, ni la mort naturelle. La fin de Korah a été un des plus grands témoignages de l’Histoire qu’il y a bel et bien un Maître du monde, ce fut donc un grand moment de gloire pour l’Eternel !

Bamidbar – Objectif commun, chemins différents

22 mai 2009 at 14:44 | In Non classé | Leave a Comment
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Le livre des Nombres commence ainsi: “Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël, selon leurs familles et leurs maisons paternelles, au moyen d’un recensement nominal de tous les mâles, comptés par tête. Depuis l’âge de vingt ans et au-delà, tous les Israélites aptes au service, vous les classerez selon leurs légions, toi et Aaron. Vous vous adjoindrez un homme par tribu, un homme qui soit chef de sa famille paternelle. ” (Bamidbar 1,2-3-4)

La Paracha qui ouvre ce quatrième tome du Pentateuque évoque, en abondant de détails, dans un ordre bien rigoureux, le recensement du peuple Juif. En lisant les versets de ce dénombrement des hommes agés de vingt à cinquante ans, on a l’impression de se retrouver dans un bureau de statistiques nationales et, mis à part l’information des chiffres intéréssante, on est en droit de se demander quelle est la raison si cruciale de quantifier, de compter chaque tribu des Hébreux durant cette traversée du désert, au point que tout ce livre soit intitulé ‘Les Nombres’? De plus, que nous apporte ce recensement sur le plan spirituel, des milliers d’années plus tard?

En fait, il faut comprendre que dans le précédant livre, le Lévitique que nous venons de clôturer, il nous a été enseigné les lois du sacrifice avec tous les détails permettant à la sainteté du peuple Juif de péréniser dans le temps, tant sur le plan individuel que collectif. Désormais, le temps est à la concrétisation de cet état de fait et le livre de Bamidbar vient nous indiquer le moyen de réaliser cette mission ô combien vitale pour la suite de l’histoire de notre peuple. Comment donc construire ce foyer juif tout en évitant les pièges que nous réserve l’Histoire?

La première étape consiste à “relever” le nombre exact de membres en âge d’activité. Dans le terme relever il ya le mot lever qui indique dès l’ouverture de ce recensement la présence d’une donnée à caractère spirituel puisqu’il s’agit d’élevation. En effet, compter est aussi séparer, individualiser, mais surtout apporter une importance à chaque entité bien définie et de ce fait indépendante. Chaque membre, quel que soit ses qualités, bonnes ou mauvaises, est appelé à remplir une mission unique au sein du peuple, et qu’il est seul à même de réussir. Nous avons déjà une indication quant à la nécéssité de recenser seulement les hommes âgés de 20 à 50 ans, qui sont principalement les seuls capables, physiquement et mentalement, de répondre à cette attente. Seulement eux sont considérés comme membre de cette “communauté des enfants d’Israël” car une communauté est un groupe de personnes qui ambitionnent l’atteinte d’un objectif commun et qui conjuguent ensembles leur force pour y parvenir.

Partant de ce principe, nous pouvons comprendre le sens de ce “recensement nominal” car le nom exprime l’essence de la personne qui le porte, et c’est une invitation à un placement de chacun au bon endroit, pouvant remplir sa mission selon ses capacités. D’autre part, il ne s’agit pas d’un recensement d’individus uniquement mais celui de “familles”, de “maisons paternelles”. Chaque famille est bien distincte de ses voisines mais il n’y a pas de paradoxe avec l’appélation commune d’enfants d’Israël. La Torah vient nous enseigner une règle de base à savoir que malgré le fait que l’objectif soit commun - nous tous étudions la Torah et respectons ses mitsvot - le chemin emprunté pour atteindre l’objectif qui est de vaincre le Yetser Ara et acquérir la crainte d’Hachem, doit forcément être différent pour chacun d’entre nous tant nos caractères et nos personalités diffèrent selon les personnes, les familles ainsi que les tribus. Il est donc évident que cette approche sera différente et devra être adaptée selon les personnes.

En conclusion, nous voyons que l’unité du peuple Juif n’est pas une notion abstraite ou superficielle, elle répond à un objectif qui est celui de l’éternité. Pour l’atteindre il faut avoir à l’esprit ces deux paramètres indissociables qui sont: l’union des personnes par le fait qu’elles sont toutes au même niveau face à leur mission, mais également la reconnaissance de la différence entre ces derniers et non l’occultation. C’est la garantie de l’éternité du peuple Juif ainsi que sa mission spirituelle en ce monde.

Parachat Vaéra – Israël nous appartient grâce à l’étude de la Torah

23 janvier 2009 at 11:37 | In Vaéra | Leave a Comment
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La Paracha de la semaine évoque les premières plaies affligées au Pharaon et son peuple par Hachem afin de le forcer à libérer le peuple Juif, nouvellement constitué à partir des familles issues de Yaacov. Moché vient de sortir du palais de Pharaon, déçu de son échec dans la négociation lors de son premier entretien avec le roi d’Égypte, et se lamente devant l’Éternel, désespéré.
Hachem réagit avec virulence, mettant Moché en balance avec les Patriarches qui n’ont pas eu le privilège d’approcher D.ieu directement comme Moché, sans allusion dans les prophéties, et qui ne se sont jamais plaints devant l’incompréhension que peut générer parfois le projet Divin.
A ce moment Hachem dévoile à Moché sa réaction imminente face à l’esclavage cruel du peuple Juif, en promettant la libération et la venue en terre d’Israël promise à Abraham, Isaac, et Jacob.
“Je vous amènerai vers le pays, au sujet duquel j’ai élevé ma main pour le donner a Avraham, Its’hak et Yaacov, et je vous le donnerai en héritage”(6,8).

Le verset met en opposition, à priori, le don de cette terre aux Hébreux bientôt libérés, à l’héritage promis aux ancêtres quelques générations précédentes. Comprenons par le don quelque chose qu’il faille mériter indépendammant des mérites de nos aïeux, alors que l’héritage ne dépend pas des efforts de l’héritier.
Quel est donc le message qu’il faut décoder derrière la traduction de ce verset ?
Le Midrach dans la paracha à venir (Bo) explique bien cette différence: « je te la donnerai; que tu ne pense pas l’hériter de tes ancêtres, mais elle sera à tes yeux comme donnée aujourd’hui pour la première fois. »
Ce qui est intéressant c’est qu’a propos de la Torah on retrouve ce même double langage: « héritage de la communauté de Yaacov » mais aussi l’explication de Rachi sur ce verset tiré des Psaumes de David ’ les paroles de Torah seront à tes yeux toutes neuves chaque jour’.
La réponse est unique face à ces deux questions: en effet, la Torah est un héritage qui se transmet de générations en générations et les érudits rajoutent des commentaires par l’approfondissement de leurs connaissances. Mais ce n’est pas un simple héritage, j’entends par là n’impliquant aucun effort de notre part. Elle n’est pas de la littérature antique, sans lien personnel avec celui qui l’étudie, tel une vieille relique. L’héritage n’appartient qu’à celui qui s’investit corps et âme pour tenter de comprendre la vérité qu’elle contient.
Notre relation par rapport à la terre d’Israël est la même. On a coutume de dire qu’elle nous appartient par le fait d’avoir été acquise par nos patriarches. Mais en fait, chaque jour est un nouveau challenge qui nous est imposé par Hachem. Et nos sages de dire : pourquoi cette terre nous a été enlevée par les diverses civilisations ?car nous étudiions la Torah sans avoir béni auparavant Hachem de nous l’avoir donné tous les matins. L’importance de la bénédiction n’est pas la récitation mais la prise de conscience que nous avons un rôle à jouer dans cette Torah et qu’elle n’est pas simplement un héritage auquel nous n’avons pas notre part d’action, d’investissement pour la mériter. Et de même que nous devons vivre sur notre terre pour atteindre la perfection de notre engagement dans la Torah, de même notre terre ne peut être parfaite que si nous y vivons en total accord avec les commandements divins.
En résumé nous avons une équation avec la Torah d’un côté et notre mérite de vivre en terre Israël de l’autre. C’est simple à concevoir tant ces deux choses sont nos seuls éléments de notre identité juive.
La gestation du peuple juif réalisée lors de son esclavage n’a pour but que de nous enseigner que la libération survenue après 210 ans n’était que le moyen de nous amener dans les désert du Sinaï pour y recevoir la Torah et devenir une véritable nation, porteuse de l’éthique divine pour l’humanité toute entière !!!

Parachat Chemot – L’égalité des droits et l’antisémitisme

22 janvier 2009 at 19:32 | In Chemot | Leave a Comment
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La paracha de Chemot qui ouvre l’Exode nous fait basculer directement de l’âge d’or pour la famille de Yaacov, fondatrice du peuple juif, au début de cette sombre période que fut l’esclavage des Hébreux, le premier exil d’Israël. Dès les premiers versets où l’on voit Yossef quitter ce monde avec toute sa génération, il est palpable qu’un changement va opérer mais le fait qu’on assiste au revirement de Pharaon envers la famille de Yossef est quelque peu soudain car il n’a fallut que quelques années pour voir les descendants de Yaacov passer du statut d’intégrés a celui de rejetés.

La question qui se pose, à savoir quel a été l’élément déclencheur de cette haine des Egyptiens envers les Bnei Israel et qui a été la source de l’antisémitisme?

Sur le verset “Et ils furent dégoutés des Bnei Israel”(1,12), Rachi explique que les Egyptiens ne supportaient plus la facon de vivre des Hébreux. Sur ce point, le Midrach relate qu’après la mort de Yossef, ses descendants ont annulé la Brit Mila, pretextant vouloir vivre exactement comme les Egyptiens, c’est pourquoi Hachem a renversé l’amitié dont ils jouissaient en haine viscérale.

On se doit de s’interroger sur la raison pour laquelle ils ont abandonné la seule Mitsva qu’ils avaient depuis Avraham et qui les différenciait des autres peuples? De plus, le Midrach Yalkout Chimoni (fin de Bechala’h) nous raconte justement le contraire: lorsque les Egyptiens les voyaient circoncir leurs enfants ils leur proposèrent d’alléger leur conditions d’esclaves en échange de l’arrêt de cette pratique, ce qui fut catégoriquement refusé par les Hébreux! Comment s’y retrouver alors?

Le Beth Halévi nous répond qu’en fait, les Bnei Israel n’ont pas annulé cette mitsva mais après avoir circoncis leur enfants, ils ont ensuite tiré la chair afin de recouvrir la Mila et qu’il n’y ait aucune trace de la circoncision. leur argument était le suivant: du fait que Yossef et ses frères qui étaient proches de Pharaon avaient quittés ce monde, les descendants n’allaient pas tarder a se retrouver esclaves de la puissance Egyptienne, donc si jamais ils faisaient tout pour se comporter comme eux, ils bénéficieraient tôt ou tard du statut de résident permanent, ce qui leur octroierait l’égalité des droits et enlèverait tout risque d’être à la merci des Egyptiens et risquer alors de devenir esclaves de ces derniers.

L’erreur était d’avoir imaginé pouvoir résister à l’assimilation annoncée car si physiquement ils étaient semblables aux Egyptiens, certainement qu’un jour ils épouseraient leurs moeurs et deviendraient des Egyptiens à tout niveau. C’est à ce moment là qu’intervint Hachem, garant de la pérénité de son peuple. Il provoqua la haine des Egyptiens envers les Bnei Israel afin de maintenir la distance nécéssaire entre ces deux peuples. A chaque fois que les Hébreux tentaient de se fondre dans la civilisation, ils furent encore plus rejetés jusqu’à ce que Pharaon décida d’en finir avec eux et les rendit esclaves.

Si l’on observe notre situation de nos jours, on s’aperçoit que l’antisémitisme est toujours d’actualité même si après la Choa, tout le monde était convaincus qu’avec la naissance de l’Etat d’Israel, la question juive était enfin résolue. C’est justement la même erreur qui fut reproduite par les Maskilim, Les Lumières au 19eme siecle en Allemagne, qui souhaitaient une intégration complète dans la société occidentale, en rejetant tout signe distinctif du Judaisme, et qui en fin de compte les desservit au moment ou Hitler désirant trouver un bouc émissaire parfait au lendemain de la 1ere guerre mondiale, se mit à accuser les Juifs de tenir les rênes du pouvoir, de l’économie, de chercher leur interêt personnel plutôt que le bien de la nation qui les accueille. En relisant les premiers verset de la Paracha on retrouve ces mêmes accusations exprimées cette fois de la bouche du Pharaon, c’est donc un éternel recommencement!

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