Vayigache – L’ultime jugement
22 décembre 2009 at 12:04 | In Vayigache | 1 CommentTags: accusateur, benjamin, Beth Halevi, Créateur, Egypte, esclave, famine, hachem, jugement, Juif, Juif errant, Midrache, paracha, pharaon, Pirkei Avot, révélation, Techouva, torah, tribu, tribunal céleste, ultime, Vayigache, vice-roi d'Egypte, yaacov, yehouda, Yossef
La révélation de Yossef à ses frères est certainement le moment le plus émouvant de toute la Torah. Lui, symbole du Juif errant, a réussi l’ascenssion sociale la plus extraordinaire depuis la nuit des temps, passant d’esclave en pays étranger au poste de vice-roi d’Egypte, minsistre du trésor de Pharaon. Lorsque ses frères descendent en Egypte pour la première fois afin d’acheter du blé alors que le reste du monde souffre d’une terrible famine, ils profitent de l’occasion pour chercher leur frère vendu des années auparavant et se souvenant qu’il était très beau, ils se dirrigèrent tout droit vers le quartier de référence pour la prostitution. C’est tout ce qui pouvait arriver à un bel esclave à l’époque et pourtant, Yossef s’est hissé par son intelligence aux plus hautes responsabilités du Royaume !
C’est pourquoi la révélation de Yossef à ses frères était d’autant plus dramatique et humiliante pour eux, tant leur ennemi de frère avait réussi sa vie mieux qu’eux!
”Joseph ne put se contenir, malgré tous ceux qui l’entouraient. Il s’écria: “Faites sortir tout le monde d’ici!” Et nul homme ne fut présent lorsque Joseph se fit connaître à ses frères. Il éleva la voix en pleurant. Les Égyptiens l’entendirent, la maison de Pharaon l’entendit, et il dit à ses frères: “Je suis Joseph; mon père vit-il encore?” Mais ses frères ne purent lui répondre, car il les avait frappés de stupeur. Joseph dit à ses frères: “Approchez-vous de moi, je vous prie.” Et ils s’approchèrent. Il reprit: “Je suis Joseph, votre frère que vous avez vendu pour l’Égypte. Et maintenant, ne vous affligez point, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de m’avoir vendu pour ce pays; car c’est pour le salut que le Seigneur m’y a envoyé avant vous. (La Genèse 45,1-5)
Le Midrache nous enseigne sur cet émouvant moment: ‘Malheur à nous le jour du jugement, malheur à nous le jour du repproche. Yossef, cadet de ses frères, n’a rien pu entendre de leur part lors de sa révélation tant ils étaient paralysés, nous autres à fortiori le jour de l’ultime jugement!’
A priori lorsque l’on se penche dans les verset relatant la révélation de Yossef à ses frères, on imagine plutot l’émotion suscitée par ces retrouvailles inespérées et l’on voit mal ou se situe le repproche, meme voilé, de Yossef envers ces derniers. Pourtant le Midrache indique clairement que derrière ces pleurs de joie se cache un repproche qui a paralysé toute la tribu de Yaacov.
Le Beth Halevi nous explique que ce terrible repproche est contenu dans les mots “Je suis Yossef, mon père vit-il encore ?”(45,3).
Si l’on reprend le début de la Paracha, on voit Yehouda s’approcher de manière courtoise mais assurée de Yossef, engageant un plaidoyer interminable, faisant passer Yossef aux yeux de ses conseillers comme un cruel dictateur, inhumain, n’ayant pas pitié d’un vieillard attaché à son Benjamin qui ne survivrait pas à la nouvelle que ce dernier devint esclave en Egypte. “Et maintenant, en retournant chez ton serviteur, mon père, nous ne serions point accompagnés du jeune homme et sa vie est attachée à la sienne! Certes, ne voyant point paraître le jeune homme, il mourra; et tes serviteurs auront fait descendre les cheveux blancs de ton serviteur, notre père, douloureusement dans la tombe. Car ton serviteur a répondu de cet enfant à son père, en disant: ‘Si je ne te le ramène, je serai coupable à jamais envers mon père.’ Donc, de grâce, que ton serviteur, à la place du jeune homme, reste esclave de mon seigneur et que le jeune homme reparte avec ses frères. Car comment retournerais-je près de mon père sans ramener son enfant? Pourrais-je voir la douleur qui accablerait mon père?” (La Genèse 44,30-34)
C’est d’ailleurs justement pour éviter que la honte soit encore plus insoutenable pour ses frères que Yossef fit sortir tous ceux qui étaient présent dans la salle avant de révéler sa véritable identité. Il s’écria “Je suis Joseph, votre frère que vous avez vendu pour l’Égypte “(45,4). L’allusion était des plus flagrantes; comment pouvez-vous me repprocher de ne pas avoir pitié de votre père Yaacov alors que vous-mêmes m’avez vendu en esclave sans vous demander si mon père survivrait à cette épreuve? Pourquoi voudriez-vous qu’on vous prenne en pitié lorsque vous êtes touchés alors que vous en avez pas eu pour moi et mon père à l’époque?
Ces repproches terribles raisonnent en chacun de nous car le Midrache nous enseigne ici que lorsque l’on rendra notre âme au Créateur, nous aussi aurons à rendre des comptes sur nos actes dans ce monde ici bas. Mais ce qui est plus redoutable encore ce n’est pas le fait d’etre jugé un jour sur notre vie, c’est surtout la manière avec laquelle l’accusateur va nous tourner en dérision dans son argumentation. En effet, ce sont nos réponses qui seront utilisées contre nous et c’est cela qui est le plus terrible et le plus humiliant.
Lorsque l’on justifiera le manque de temps libre pour étudier la Torah, l’ange accusateur nous montrera le film de notre vie en appuyant sur le nombre incalculable de moments perdus inutilement dans des futilités. Quand nous nous défendrons de ne pas avoir eu une bonne mémoire pour se souvenir du peu de Torah qu’on aura appris, le tribunal céleste nous révélera combien notre mémoire nous a jamais trahi lorsqu’il s’agissait d’une dette que notre ami avait envers nous, des articles de journaux dévorés et gravés à jamais dans notre esprit, ou encore la rancune eternelle envers ce voisin…
Yossef nous donne ici la leçon essentielle pour réussir sa vie et ne pas avoir à chercher de prétextes pour justifier notre manquement à la mission que Hachem a donné à chacun d’entre nous lors de notre venue au monde. La Techouva commence par cette prise de conscience que toutes nos actions sont inscrites dans le livre de la vie ainsi qu’il nous est enseigné dans Pirkei Avot. Mais au-delà du fait que rien n’est caché aux yeux de l’Eternel, c’est surtout le fait qu’on n’aura aucune excuse valable pour justifier notre incapacité à être au niveau de ce qu’on attendait de nous dans le monde futur, qui sera pour nous humiliant.
Que le Maître du monde nous donne la force de prendre conscience que rien n’est perdu et qu’au contraire, c’est le nouveau départ que l’on pourra prendre à la suite de cette profonde introspection qui nous fera certainement rattraper le temps perdu!
Parachat Vayéchev – Yossef vendu par ses frères
7 décembre 2009 at 11:15 | In Vayechev | Leave a CommentTags: parasha, paracha, yaacov, hachem, machia'h, dracha, Yossef, Vayechev, shevatim, yehouda, reouven, levi, rabbi akiva, binyamine, benjamin, freres, Egypte, shimon, chimon, simon, sfourno, tunique, jacob, avot, rabbanim, vente de Yossef, vendu, daat torah
La parachat Vayéchev commence par un événement dramatique, qui jusqu’à la fin des temps bousculera notre esprit, à savoir la vente de Yossef par ses frères. C’est incontestablement l’une des histoires les plus troublantes de la Torah. Le degré d’élévation spirituel des fils de Yaacov dépasse l’entendement de chacun de nous, si bien qu’il nous est presque impossible de tenter une quelconque explication de ce qui a pu être leur motivation à se séparer de leur frère en l’envoyant en exil, loin de son père, vendu en esclave. La gravité de cette faute fera que des siècles plus tard, Rabbi Akiva et 9 autres tsadikim furent exécutés dans une barbarie extrême afin d’expier la faute des 10 frères de Yossef (Binyamine n’ayant pas participé à cet épisode).
Le fait que la décision de vendre Yossef fut à l’unanimité, nous indique que les frères étaient tous convaincus d’agir selon de règles de justice des plus claires. Le verset indique “En effet, lorsque Joseph fut arrivé près de ses frères ils le dépouillèrent de sa robe, de la tunique à rayures dont il était vêtu; et ils le saisirent et ils le jetèrent dans la citerne. Cette citerne était vide et sans eau. Comme ils étaient assis pour prendre leur repas, ils levèrent les yeux et virent une caravane d’Ismaélites, laquelle venait de Galaad; leurs chameaux étaient chargés d’aromates, de baume et de lotus qu’ils allaient transporter en Égypte.”(La Genèse 37,23-25), ce qui signifie sans ambiguïté que leur décision était prise en toute conscience et après avoir jeté Yossef dans un trou, ils déjeunèrent tranquillement en attendant qu’une caravane de commerçants nomades vienne à leur rencontre et acheter Yossef pour esclave.
D’un autre coté des années plus tard, lorsque Yossef, devenu vice roi en Egypte reconnut ses frères venus lui acheter du blé et ainsi survivre à la famine, retenu Shimon comme otage en attendant de voir Binyamine, ces derniers se lamentèrent en faisant un rapprochement de leur situation avec celle de Yossef au moment de la vente; “Et ils se dirent l’un à l’autre: “En vérité nous sommes punis à cause de notre frère; nous avons vu son désespoir lorsqu’il nous criait de grâce et nous sommes demeurés sourds. Voilà pourquoi ce malheur nous est arrivé. Ruben leur répondit en ces termes: “Est ce que je ne vous disais pas alors: Ne vous rendez point coupables envers cet enfant! Et vous ne m’écoutâtes point. Eh bien! Voilà que son sang nous est redemandé.” (La Genèse 42,21-22)
Nous observons que les frères ont compris 14 ans plus tard que leur erreur était d’avoir agi envers Yossef de manière pragmatique voire froide alors qu’ils auraient du faire preuve de jugement plus humain. Mais il ne s’agit en aucun cas de regretter de quelque manière que se soit d’avoir jugé leur frère, néanmoins c’est surtout de l’avoir fait avec des préjugés qui les firent douter de leur clairvoyance.
Quel était donc le motif pour lequel ils sont arrivés a agir de telle sorte; et quelle est la raison pour laquelle ils n’ont pas jugé bon de demander à Yaacov leur père de trouver lui-même la réponse adaptée face au problème existentiel que leur posait Yossef ?
La réponse que nous propose le Sfourno est des plus subtiles ; les frères de Yossef savaient parfaitement que chacun d’entre eux avait une mission spécifique dans le projet spirituel du peuple Juif et c’est la raison pour laquelle ils ne comprenaient ni pourquoi Yossef se permettait d’ambitionner à devenir le premier de la lignée des rois d’Israël, ni pourquoi leur père avait sciemment approuver les intentions de son fils en lui offrant une tunique à rayures, symbole du roi vêtu d’habits de grande valeur.
De plus, comme nous l’explique le Maguid de Doubno, les frères savaient que l’un d’entre eux allait donner naissance à la lignée des rois d’Israël, mais en même temps ils n’imaginaient pas que Yossef pouvait être l’élu du fait de son comportement hautain envers eux et la facilité avec laquelle il se permettait de raconter à Yaacov tous leurs méfaits, lorsqu’on sait que la mission première du roi est d’être le représentant d’Hachem, avec toute l’humilité que ça nécessite !!!
Enfin, du fait que Yaacov avait pris parti pour Yossef en lui offrant cette fameuse tunique, ses autres fils n’ont à aucun moment jugé utile d’en parler à leur père, le considérant parti prenante donc dans l’impossibilité totale d’apporter une solution partiale et juste à ce problème. Là, résidait leur erreur et cet exemple nous aidera à saisir encore plus fort le message qui est transmis ici à chacun d’entre nous:
Un groupe de personnes sur un bateau guette à l’horizon la terre ferme quand soudain le capitaine muni de ses jumelles s’écrie ‘terre a bâbord’! Les gens suivent son regard mais ne voient rien à vu d’oeil, alors ils le traitent de menteur. Mais l’un d’entre eux les fait taire en leur disant ‘comment pouvez-vous douter du capitaine alors qu’il est le seul a disposer de jumelles pour voir au loin?’
Comment les fils de Yaacov pouvaient penser que leur père voyait les choses du même objectif qu’eux? Yaacov, le plus parfait des Avot, son visage gravé sur l’un des pieds du trône céleste, jugerait les situations de manière subjective? Est-ce qu’on pouvait parler de décision à la majorité quand Yaacov disposait d’un champ de vision mille fois plus grand que ses propres enfants?
Voila comment l’homme peut passer complètement à côté de sa vie et des bonnes décisions quand il ne prend pas la peine de demander conseils aux grands de la génération, aux rabbanim qui voient par discernement alors que lui est dans le flou !!!
Si jamais nous pouvions à notre niveau transposer l’histoire de la vente de Yossef par ses frères dans notre vie quotidienne, nous verrions facilement combien de fois nous avons pensé être les seuls à pouvoir décider de ce qui est bon pour nous et réaliser, parfois des dizaines d’années plus tard, à quel point nous avions tout faux. Par extension nous pouvons ajouter que l’autre enseignement de ce tragique épisode de la Torah est qu’il est évident qu’on ne peut vivre son judaïsme de manière personnelle sans tenir compte des mauvaises influences de notre entourage et qu’il est essentiel voire vital de vivre près de nos maîtres qui pourront mieux nous connaître et ainsi nous conseiller d’après le Daat Torah, ce discernement que seule la Torah peut nous garantir qu’il est des plus objectifs possible à l’échelle humaine !
Vayichla’h – Le rapport à l’argent chez Yaacov.
30 novembre 2009 at 21:40 | In vayichla'h | Leave a CommentTags: dracha, essav, hachem, hashem, machia'h, paracha, parasha, vayichla'h, vayishlach, yaacov
La paracha de la semaine traite longuement de la rencontre des deux frères ennemis Essav et Yaacov qui aurait du se passer par un combat sanglant entre l’armée de Essav (400 hommes) et les membres de la famille de son cadet. Notre patriarche se prépara à cet événement par la prière, les cadeaux, et les armes. Mais il savait que son frère serait encore plus impressionné s’il divisait les cadeaux (bétails et autres) en plusieurs groupes, de ce fait Essav arriverait jusqu’à lui après plusieurs étapes où il recevrait à chacune d’elles des présents qui le calmerait et lui feraient renoncer à tuer son frère qui a reçu les dernières bénédictions d’Isaac leur père.
Tout en préparant ces différents camps, le verset raconte que Yaacov resta seul le soir après avoir fait traversé sa famille le fleuve de Yabok et qu’il eut un long combat avec une homme jusqu’au lever du jour. “Jacob étant resté seul, un homme lutta avec lui, jusqu’au lever de l’aube. Voyant qu’il ne pouvait le vaincre, il lui pressa la cuisse; et la cuisse de Jacob se luxa tandis qu’il luttait avec lui. Il dit: “Laisse moi partir, car l’aube est venue.” Il répondit: “Je ne te laisserai point, que tu ne m’aies béni.” Il lui dit alors: “Quel est ton nom?” Il répondit: “Jacob.” Il reprit: “Jacob ne sera plus désormais ton nom, mais bien Israël; car tu as jouté contre des puissances célestes et humaines et tu es resté fort.” Jacob l’interrogea en disant: “Apprends-moi, je te prie, ton nom.” Il répondit: “Pourquoi t’enquérir de mon nom?” Et il le bénit alors. ” (La Genèse 32,25-30)
Rachi explique qu’il retourna prendre quelques fioles d’huiles qu’il avait oublié de l’autre côté de la rive et qu’un ange de Essav l’attaqua. Lorsqu’il vit qu’il pouvait le battre et que le soleil se levait il demanda à Yaacov de le laisser repartir mais ce dernier refusa tant qu’il ne recevait pas de bénédiction de l’ange. Et c’est là qu’il lui fut annoncé le changement son nom en Israël .
On est loin d’imaginer la grandeur d’âme de nos ancêtres et si la Torah détaille ce qui apparemment nous parait être un défaut comme retourner chercher quelques fioles sans grande valeur, c’est bien qu’il nous faut déceler le message qui nous concerne, et c’est ce que nous allons essayer de comprendre ensemble à travers les commentaires de nos sages.
Le yetser ara est comparé à une mouche qui se niche dans un coin du cœur. De même que la mouche se pose sur les plaies de l’homme et suce son sang, ne serait-ce que sur une petite plaies, ainsi tant que l’homme est parfait le yetser ara ne peut l’atteindre, mais dès qu’il décèle une quelconque défaillance il l’attaque sur ce point faible.
Nos sages se demandent pourquoi Yaacov resta seul malgré la nuit pour rechercher quelques objets auxquels on n’attacherait aucune importance ?
C’est pour nous montrer à quel point l’argent des tsadikim leur est important. De là est venue la célèbre caricature du juif radin, proche de ses biens. Mais sachant que la cupidité est un grand défaut il nous faut comprendre la raison pour laquelle précisément les justes agissent ainsi.
En fait, ce n’est pas l’attachement à l’argent synonyme de moyen d’assouvissement des désirs qui les anime mais le moyen d’accomplir une infinité de mitsvot. Lorsque nous sommes amenés une fois par an à choisir notre loulav et étrog pour la fête de souccot on est pris d’un sentiment de respect proportionnel à l’effort pécuniaire et de temps qu’il nous a coûté. C’est pour cela que le tsadik s’efforce de dépenser un argent qu’il sait propre. S’il est employé, il fera attention à ne pas perdre un instant sur le compte de son employeur. S’il est indépendant il gèrera ses affaires en évitant toute fraude. Et s’il emploie du personnel il agira le plus scrupuleusement possible, sans jamais retarder le versement de leur salaire. De ce point de vue nous ne sommes plus surpris que les tsadikim font attention à leur argent !
Mais il est clair que cette démarche doit être la plus parfaite, tel un funambule qui ne doit pas flancher. C’est pourquoi le tsadik devra penser à chaque moment si son attachement aux dépenses pour les mitsvot n’est en rien abîmé par un quelconque intérêt autre que celui d’accomplir le plus possible la volonté d’Hachem.
Et c’est sur ce point que l’ange d’Essav a voulu tester Yaacov. Au moment où il l’a vu retourner récupérer quelques fioles il a pensé à l’attaquer, profitant du brouillard dans l’esprit de Yaacov, occupé à ses affaires.
Le verset nous le dit bien à propos de la corruption qu’elle aveugle les sages même de la grandeur de Yaacov.
C’est là où l’on comprend que leur combat était avant tout idéologique et Yaacov réussit à prouver tout au long de la nuit qu’il était libre de tout soupçon quant à son approche de l’argent, connaissant l’ampleur des dégâts pouvant être causés à sa foi. Et la raison de ce combat jusqu’au matin est une allusion aux périodes sombres que pourrait traverser le peuple juif et la nécessité dans ces moments là de redoubler d’efforts pour ne pas salir notre foi car lorsque l’éclaircissement viendra avec le Machia’h tout sera limpide et notre engagement sera connu de tous, ici comme la haut.
Mais une cicatrice est restée de ce combat pour toute les générations futures. L’ange frappa Yaacov à la cuisse et de même que cet organe est caché ainsi les paroles de Torah sont considérées comme cachées. Nos sages expliquent que dans la mesure où l’homme laisse place à la cupidité, cette soif d’argent, sa capacité à approfondir ses connaissances en Torah sera limitée. Et de conclure que tout celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par le faire dans la richesse. Il s’agit d’une richesse spirituelle bien entendu car son investissement aura été complet. Et c’est ainsi que le roi David écrit dans les psaumes (119,71): « C’est un avantage pour moi d’avoir connu ta misère, pour mieux apprendre tes préceptes. » !!
Aujourd’hui nous avons la chance de pouvoir accéder à une immensité de connaissances en Torah par tous les moyens de communications développés ces dernières années. Mais l’épreuve est là car nous sommes amenés à devoir fournir d’autres efforts pour mériter d’intégrer tout ce qu’on apprend en nous mêmes. On ne peut plus prétexter le manque de temps ou de connaissances pour se pencher vers l’infinité de la Torah mais il nous reste toujours à investir pour que notre corps soit un ustensile valable et étanche, capable de recevoir et ingérer ces connaissances qui agissent positivement sur notre équilibre. C’est notre mission en ce nouveau millénaire où les influences négatives à notre éthique juive n’auront cesse de vouloir enlever à notre peuple le plus précieux de ses biens !!!
Hayé Sarah – Le premier regard est déterminant
10 novembre 2009 at 16:07 | In Hayé Sarah | Leave a CommentTags: abraham, Akéda, Akéda d’Isaac, ange, Aram Naharïm, béra’hot, Canaan, chidou’h, Eliezer, essav, eternel, hachem, Hagar, Hayé Sarah, isaac, Netsiv de Volozine, paracha, parachiyot, prière, rachel, Rivka, Sarah, serviteur, stérilité, torah, yaacov, Yichmaël
La Paracha de cette semaine traite des événements survenus après la Akéda d’Isaac, ce sacrifice évité de justesse évoqué dans la paracha précédente, la mort de Sarah qui n’a pas supporté l’épreuve de la Akéda et surtout le premier chidou’h (rencontre organisée à deux êtres afin de les marier) évoqué dans la Torah, celui d’Isaac et Rivka.
Le verset nous raconte (La Genèse – Chapitre 24) la demande formelle d’Abraham à son serviteur dévoué Eliezer d’aller rejoindre les membres de la famille de son maître à Aram Naharïm et chercher une fille pour Isaac car les filles de Canaan, où Abraham s’est installé, n’étaient pas vertueuses. La prière du serviteur étant exhaussée, le voici en présence de Rivka qui lui offre à boire ainsi qu’à ses chameaux au bord du ruisseau. Ce dernier impressionné par tant d’attention et de pudeur l’invite à l’amener chez ses parents qui acceptent tout de suite de la lui confier pour la présenter à Isaac.
Mais voilà que sur le chemin du retour Rivka aperçoit un homme en train de prier alors que le soleil se couchait sans savoir encore que ce dernier était sa destinée. Le Midrache raconte que le choc visuel la fit tomber du chameau et lorsque Eliezer lui annonça qu’elle venait de tomber sur l’homme de sa vie elle prit son châle et se recouvrit.
Si Hachem a rédigé la Torah de cette manière en abondant de détails sur cette rencontre c’est qu’il nous incombe de comprendre cet événement qui détermina la base du relationnel entre ce couple exceptionnel.
Si on le compare aux autres de la famille comme Abraham et Sarah, Yaacov et Ra’hel, on s’aperçoit que les autres étaient beaucoup plus directes dans leur dialogues. En effet, lorsque Sarah s’aperçut que Yichmaël était d’une mauvaise fréquentation pour Isaac elle ordonna à son époux de le renvoyer ainsi que sa mère Hagar. Le ton était donné et l’Eternel rassura Abraham en lui disant que sa femme avait vu juste. (La Genèse – Chapitre 21)
De même lorsque Ra’hel désespera du fait de sa stérilité, elle supplia Yaacov de lui donner des enfants et lui reprocha de ne pas prier comme son père l’avait fait pour Rivka. (La Genèse – Chapitre 30)
Alors que si on suit les versets des parachiyot suivantes on remarque que Rivka a toujours agi de manière discrète et n’a jamais reproché à son époux l’échec dans l’éducation de Essav, si bien que lorsqu’il fut question des béra’hot avant le décès de Isaac, elle arrangea tout de manière à ce que son fils préféré Yaacov les reçut à la place de son frère ainé sans que son mari s’aperçoive du stratagème.(La Genèse – Chapitre 27)
Le Netsiv de Volozine nous enseigne que la raison de tout ça remonte à l’origine de cette rencontre lorsqu’elle a vu cet homme prier et le considéra comme un ange. En se mariant avec lui elle resta sur cette forte impression et ne put jamais l’affronter directement tant elle l’admira et le vénérait. Mais Hachem avait prévu tout ceci, car grâce à ce trait de caractère qui ne la quitta jamais elle ne put éviter la déchirure entre ses deux fils et la rage d’Essav qui jura de tuer son frère après la mort d’Isaac.
Essav est le père de la civilisation grecque qu’on retrouve aujourd’hui dans l’Occident. Cet antisémitisme qui se répercute de générations en générations puise sa source en cette déchirure des deux héritiers d’Isaac provoquée, inconsciemment certes, par Rivka n’osant pas affronter son mari pour lui dire que Yaacov méritait plus ses bénédictions qu’Essav l’aîné.
On voit comment D.ieu planifie l’histoire du monde et les conséquences sur l’humanité qu’on explique à l’origine par les patriarches et leurs épouses, acteurs principaux de l’avenir du monde par leurs actes et leurs traits de caractères, permettant de fixer la donne de l’humanité jusqu’à la fin des temps.
Le’h Le’ha – Croire en Hachem les yeux fermés
29 octobre 2009 at 16:27 | In Le'h Le'ha | Leave a CommentTags: parasha, paracha, hachem, machia'h, torah, eternel, abraham, isaac, david, mitzvot, Midrache, Créateur, Israel, peuple juif, Mitsva, Midrach, Judaisme, Le'h Le'ha, Rachi, Emouna, Maasser Béhéma, kavana, Psaumes, kadoche, actes de foi, tefilines, lech lecha, chabat, mitsvot, sacrifice d`Isaac, Temple, l'esclavage en Egypte, Emouna chéléma, Maimonide, universalisme
La paracha de Le’h Le’ha commence par l’ordre divin donné à Abraham de quitter sa terre natale : “Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai.” (Béréchit 12,1) Et Rachi de commenter sur place que l’Eternel n’a pas révélé l’itinéraire complet jusqu’en Israel, pour que cette contrée puisse être désirée encore plus par Abraham et ainsi lui donner un mérite pour chaque pas l’amenant à destination. Le suspens provoqué par Hachem est compréhensible mais la seconde raison nous laisse interrogatifs car pourquoi le mérite est d’autant plus grand que l’on s’avance vers l’inconnu alors que l’effort reste le même, que l’on sache où l’on va ou pas ? Pourquoi Hachem attend de nous que l’on suive ses ordres aveuglément ? Au contraire aurait-on dit, car la motivation est plus intense lorsque l’on sait ce qu’on fait et pourquoi….
Afin d’envisager une réponse qui nous donnera la sensation de ce que la Emouna signifie, prenons comme référence la mitsva de Maasser Béhéma (le prélèvement sur le bétail). Le mode opératoire était le suivant : on faisait passer chaque bête par un portillon qui ne pouvait en faire passer qu’une par une et sur chaque dixième bête on mettait un signe qui la rendait sainte, réservée à Hachem tandis que les autres étaient libres de rester chez le propriétaire qui disposait de ces dernières selon sa volonté. A priori ce procédé est bien plus compliqué que celui consistant à les compter une par une et en prendre un dixième à la fin sans avoir besoin de les faire passer par ce portail étroit. Quel intérêt la Torah a-t-elle vu pour nous ordonner de procéder de cette manière ? Il semble, que l’intention voulue n’est pas de sanctifier la dixième bête seulement mais également toutes les autres qui auront subi le même traitement. En effet, si l’on devait analyser notre rôle dans l’accomplissement des divers commandements qui nous sont ordonnés tous les jours, on comprendrait que l’acte en soi depend de l’aide directe d’Hachem car sans cette dernière rien ne se ferait…
Donc ce qui est attendu de notre part est l’intention, la ‘kavana’, la bonne volonté que l’on y met. Ainsi nous serons jugés. Le roi David écrit dans les Psaumes “mon rôle O Hachem, je l’ai dit, est de respecter tes paroles”, ce qui signifie en d’autres termes que ce que je dit, pense et m’organise pour garder les mitsvot, c’est cela mon rôle. De ce fait, il est clair que si l’on comptait les bêtes et l’on prélèverait le dixième d’entres elles à la fin, il n’y aurait pas eu de regard, de kavana, sur les autres bêtes. Alors que maintenant où il faut les faire passer une par une par la porte et les compter sans savoir à l’avance qui parmi elles sera choisie pour être celle du maasser, du prélèvement, celui qui exécute la mitsva aura la même intention pour chaque bête, à savoir que chacune a la possibilité, le potentiel de devenir kadoche et ainsi chaque bête fera donc partie intégrante de la mitsva !!!
De la même manière nous pouvons expliquer la raison pour laquelle Hachem avait choisi de ne pas indiquer précisement l’itinéraire pour arriver en Israel à Abraham. En effet, en ayant connaissance de la destination finale; le mérite n’aurait été que pour l’acte en soi, les frais de déplacement… Alors que maintenant qu’il devait avancer et se demander à chaque pas si c’était bien la volonté d’Hachem, son intention d’accomplir la mitsva était intense à chaque moment car il était possible qu’Hachem lui fasse changer de route constament. Et puisque nous avons prouvé que ce sur quoi nous sommes jugés c’est sur l’intention, l’investissement que nous mettons en avant, il va de soi que sur chaque moment où nous nous demandons si nous sommes en accord avec la mitsva, nous sommes méritant !!!!!
Ce qui nous permet de conclure que notre raison d’être n’est pas dans l’accomplissement unique des actes de foi mais surtout dans l’intensité, dans l’effort, dans la démarche que nous avons, seuls témoins de notre Emouna. Notre quotidien nous fait oublier le sens des choses que l’on fait instinctivement presque; se lever tous les matins et mettre les téfilines, faire chabbat car c’est sur le calendrier… nous fait perdre l’intention attendue par le Créateur. Et malheureusement les mitsvot finissent par nous paraître rébarbatives, contraignantes !!!
Le message qui nous est laissé de ce long voyage qu’entreprit Abraham est le même que pour les autres épreuves auxquelles il sera attendu au tournant telles que le sacrifice d`Isaac où Hachem ne lui indiquera qu’à la fin le lieu (qui sera celui du Temple plus tard). Pour élargir l’idée je terminerai en disant que c’est bien le propre du juif d’avancer sans savoir où D.ieu guide ses pas, sans comprendre le pourquoi des épreuves et des tragédies vécues depuis l’esclavage en Egypte (date de la formation du peuple Juif), mais notre force que les nations nous envient est bien celle de la détermination, du courage et de notre dignité malgré les souffrances que nous subissons encore aujourd’hui dans le monde. C’est cette même force qui nous est ordonnée d’avoir par Hachem lorsqu’il nous est demandé d’espérer en la venue du Machia’h par une Emouna chéléma, une foi parfaite tel que Maimonide nous l’enseigne dans les lois relatives à la foi.
Mes chers amis, je souhaite expressement que ce message pénètre en nos esprits car il me semble que dans le monde ou nous vivons, toutes les valeurs prônées dans le judaisme sont mises à mal pour la simple raison qu’elle sont engageantes et responsabilisantes. le Midrache explique qu’Hachem regarda dans la Torah et s’inspira pour créer le monde, ce qui veut dire que l’équilibre du monde passe automatiquement par le respect des valeurs que nos ancêtres nous ont fait hériter, c’est pourquoi l’on peut parler d’universalisme de la Torah !!!!
Noa’h – Un homme ou un Tsaddik ?
21 octobre 2009 at 09:38 | In noa'h | Leave a CommentTags: yaacov, hachem, rachel, david, noa'h, hatamsofer, talmud, meguila, ra'hel, rambam, roi david, avoda zara, ibn ezra, yitro, salanter, feinstein
”Voici les générations de Noa’h. Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. Noa’h enfanta trois fils : Chem, ‘Ham et Yèfeth”. (6, 9-10)
Le mot èlé (« voici »), explique Rav Yonathan Eybeschuetz, indique une exclusion et est destiné ici à marquer une différence entre Noa’h et Avraham : Ceux que « voici » – Chem, ‘Ham et Yèfeth – sont descendus de Noa’h, et pas d’autres.
En revanche, s’agissant d’Abraham et de Sarah, la Tora parle des « âmes qu’ils avaient faites à ‘Haran » (12, 5), désignant ainsi les multitudes de gens dont la vie avait été changée à leur contact. Ils ont exercé une influence dynamique sur leurs contemporains, les invitant chez eux et leur montrant, par leur bonté et leur force de conviction, le non-sens que constitue l’idolâtrie. Contrairement à Avraham et à Sara, Noa’h n’était pas un activiste qui allait vers ses contemporains pour les rapprocher de Hachem. Les seuls gens qu’il a « faits » ont été ses trois fils. Il a néanmoins été considéré comme un homme vertueux, parce qu’il « marchait avec Dieu ».
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. (6, 9)
Que signifie le mot « homme » ? N’aurait-il pas suffi de dire simplement que Noa’h était « vertueux et intègre dans ses générations » ?
Ce terme, explique Rav Moché Feinstein, souligne que Noa’h était un homme, pas un enfant – et donc un être mature et stable. Pour être vertueux, il faut d’abord être un homme. Il faut être intelligent et clairvoyant, posséder du bon sens et un jugement droit. Autrement, la vertu sera instable. Un insensé peut facilement se laisser détourner, et il serait inapproprié de le tenir pour un individu vertueux.
Ibn Ezra émet la même remarque à propos de la réaction de Moché quand Yitro lui a conseillé de se faire assister par des « hommes craignant Dieu » (Chemoth 8, 21). Il chercha aussitôt des « hommes sages » (Devarim 1, 13), les seuls à craindre véritablement Hachem.
Rav Israël Salanter avait l’habitude de dire que la première mitswa de la Torah est de ne pas être un imbécile…
Rav Yaaqov Neumann suggère une approche complètement différente.Le roi David écrit : « Ne me rejette pas au moment de ma vieillesse ! » (Psaumes 71, 9). Pourquoi souligne-t-il la nécessité d’une assistance divine pendant la vieillesse ? N’en a-t-on pas besoin aussi dans sa jeunesse ?
Rav Yits’haq Blaser répond dans Kokhevei Or à l’aide d’une parabole : Deux jeunes gens de dix-huit ans avaient été convoqués pour le service militaire. Le jour prévu pour leur incorporation, aucun d’eux ne se présenta. On lança contre eux des ordres d’arrestation, mais les appelés réussirent à se soustraire aux recherches.
Une année s’écoula, puis une deuxième. Las de cette existence de fugitif, un des garçons se présenta à la caserne. Bien entendu, le commandant se mit en colère contre lui. Mais comme le jeune homme s’était soumis volontairement et était venu pour exécuter ses obligations, bien que tardivement, il déchira l’ordre d’arrestation et permit à l’intéressé de rejoindre son unité comme l’aurait fait toute autre recrue.
Quant à l’autre appelé, il resta hors d’atteinte pendant des décennies. Finalement, alors qu’il était devenu vieux, il décida de suivre l’exemple de son camarade qui s’était soumis bien des années plus tôt. Un beau jour, il entra dans la caserne et se présenta devant le commandant, lequel le fit aussitôt arrêter.
« Mais pourquoi m’arrêtez-vous ? protesta-t-il. Vous n’avez pourtant pas fait incarcérer mon camarade, qui s’est également laissé incorporer après ses années d’insoumission !
– Quel âge avez-vous ? demanda le commandant.
– Soixante et un ans.
– Comment pouvez-vous vous comparer à votre camarade ? observa l’officier. Il s’est présenté alors qu’il n’avait que vingt ans. Comme ses années les plus productives étaient encore devant lui, nous avons pu nous montrer compréhensifs. Mais les vôtres sont maintenant derrière vous. Quelle valeur revêt pour nous votre enrôlement ? Pourquoi devrions-nous vous témoigner de l’indulgence ? »
Il en va de même, conclut Rav Blaser, pour celui qui se repent. Le roi David écrit (Psaumes 112, 1) : « Heureux l’homme qui craint Hachem. » Le Talmud (Avoda zara 19a) applique ce verset à celui qui, étant encore un « homme », craint Dieu. Quand une personne pèche et se repent étant encore jeune et vigoureuse, son retour vers Hachem a une grande valeur, et Il la traite avec clémence. Mais si elle attend jusqu’à la vieillesse, alors que son sang a cessé de bouillonner et que ses instincts et ses impulsions se sont affaiblis, quelle valeur peut avoir un tel repentir ? Où était-elle quand elle était plus jeune ? Telle est la supplication du roi David : Il implore Hachem d’avoir pitié et d’accepter le repentir, même si on ne le met en pratique que dans sa vieillesse. « Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse », bien que j’eusse dû me repentir depuis déjà longtemps !
Rav Neumann applique cette pensée à Noa’h. La Torah complimente celui-ci pour avoir été vertueux et intègre étant encore un « homme ». Il n’a pas attendu d’être devenu vieux pour se mettre en quête de la vertu.
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. (6, 9)
Le Talmud (Meguila 13b) rapporte que Ra’hel a demandé à Yaaqov : « Comment un homme aussi intègre que toi a-t-il pu se permettre de berner Lavan ? » Yaaqov répondit qu’il est permis de duper une personne perfide, comme il est écrit (II Samuel 22, 27) : « Sois sincère avec les cœurs purs, mais trompeur avec les perfides ! »
D’où la question : Puisque Noa’h a vécu dans une société entièrement corrompue et malhonnête, pourquoi n’a-t-il pas estimé nécessaire de faire fi de tous scrupules envers ses contemporains ? Pourquoi n’a-t-il pas « trompé les perfides » ?
Le ‘Hatham Sofèr cite une lettre du Rambam dans laquelle celui-ci permet à une personne vertueuse de berner son prochain uniquement si elle le rencontre inopinément, mais pas de manière habituelle. On ne doit jamais se laisser accoutumer à la tromperie ; celle-ci risquerait de devenir un trait naturel, ce qui serait destructeur.Voilà pourquoi Noa’h s’est comporté si scrupuleusement. Autrement, puisque tous ses contemporains étaient des voleurs et des menteurs, il se serait tellement habitué à la duperie qu’il aurait pu finir par devenir malhonnête lui-même.
Béréchit – Le monde créé ex nihilo
16 octobre 2009 at 10:25 | In berechit | Leave a CommentTags: yaacov, hachem, machia'h, torah, eternel, berechit, ex nihilo, Tichri, fête, mitzvot, Genèse, création du monde, Pentateuque, patriarche, Bible, Ora'h Haim Hakadoche, croyance, idolâtre, Avraham, Its'hak, Roch hachana
J`éspère que les fêtes de Tichri se sont bien passées et que la reprise aussi. Chaque fête a le pouvoir de nous renforcer pour commencer l`année sur de nouvelles bases, si l`on a pris la peine de chercher le sens des différentes mitsvot rattachées à ces jours uniques. Et c’est ainsi que nous reprenons le cycle annuel des parachiyot en ouvrant la Genèse qui commence par le récit de la création du monde, de même qu`Hachem reconstruit le monde chaque jour de l`an. Ce qui est extraordinaire, c`est le nombre important d`acteurs dans ce premier tome du Pentateuque, ce qui bien evidemment nous invite à tenter de développer nos recherches sur les différents qualités et les leçons de vie que nos patriarches nous ont laissé en héritage. Mais en attendant d’apprendre les enseignements relatifs aux actes de nos pères bibliques, essayont d’entrevoir l’explication du premier verset de la Bible “Au commencement l’Eternel créa les cieux et la terre.” donnée par le Ora’h Haim Hakadoche.
Tout d’abord il est essentiel de préciser qu’il ne s’agit pas ici d’une donnée chronologique venant ainsi annoncer l’ordre des événements relatifs à la création du monde où nous vivons. En effet, il s’agit de nous révéler le premier enseignement de la Torah à savoir qu’Hachem a créé le ciel et la terre ex nihilo, c’est à dire que la base de la croyance juive est que la création du monde a commencé de rien, Hachem n’a pas utilisé d’éléments physiques existants pour créer.
Une allégorie nous aidera à comprendre les conséquences réelles de ce postulat: un homme à la recherche d’un bien immobilier dispose de plusieurs options;
- la première et la plus simple est d’acheter du tout prêt, si Hachem l’aide tout ira très vite vu qu’il n’y a pas de négociations avec les entrepreneurs, les ouvriers, la paprasse, etc….
- la seconde est d’acheter sur plan, c’est la manière la plus répandue et ce pas seulement parce qu’elle offre la possibilité d’acquérir du neuf mais surtout car il est possible de faire des arrangements avec l’architecte selon ses propres besoins.
Cependant il reste de nombreux inconnus, à savoir le genre de voisins qu’on aura, ou les orientations géographiques exactes souhaitées. Seuls des personnes véritablement aisées peuvent se permettre d’acquérir un terrain et y construire la maison de leur rêves. Malgré tout eux aussi seront limités dans la réalisation de ce rêve car tout dans ce monde ici bas est limité, rien est véritablement sur mesure et chacun doit s’efforcer de joindre l’utile à l’agréable, d’adapter le rêve à la réalité, d’apprendre à se suffir de ce qu’il dispose.
Cette idée est valable pour l’Homme qui ne peut créer qu’à partir d’éléments existants. En effet, même le chimiste le plus érudit ou le nobel de physique ne pourront pas dépasser le fait que toute création réalisée par l’Homme ne pourra jamais être ex nihilo.
Seul Hachem a pu donc créer un monde adapté parfaitement à la fonction et au but de sa création.
Quel est ce but? Celui de faire du bien à ses créatures, de leur procurer la plénitude à savoir de pouvoir arriver à la perfection dans la réalisation de soi.
L’Eternel a pu créer le monde sans aucune entrave et donc rien ne l’empêche aujourd’hui et demain d’amener ce monde à sa finalité, à la perfection totale.
La conception du monde des idolâtres a toujours été contraire à ce que nous enseigne ce premier verset de la Torah, et cela n’est pas par hasard. Selon eux il n’y a pas de Maître du monde, les idoles qui dominent les forces de la nature ne les ont pas créées, car le monde a toujours été. De ce fait les idolâtres ne conçoivent pas la notion de bien absolu mais plutôt celle du relatif.
Evidemment que celui qui conçoit les choses ainsi ne s’efforcera donc jamais d’améliorer le monde de manière morale ou spirituelle, à fortiori lui-même… car tout est relatif, tout est limité et il n’y a donc aucune possibilité d’atteindre le bien absolu.
Mais le peuple juif, issu d’Avraham, Its’hak et Yaacov, detient la vérité car c’est la première leçon de la Torah : Hachem a créé le monde à partir de rien, ce qui rend ce monde parfait, illimité et il appartient à chacun de nous, en nous réalisant pleinement de rapprocher le monde de sa finalité, de sa perfection absolue.
Il est certain que l’Homme est souvent amené a constater à quel point il est loin de la perfection et ne voit pas de raison suffisante à s’efforcer encore pour l’atteindre. C’est pourquoi il est essentiel de nous le dire et le répéter que si Hachem a créé le monde dans ce but, il est evident qu’Il a insufflé dans celui-ci toutes les forces necéssaires à sa finalité.
Notre devoir est donc d’ambitionner réellement à la perfection de nous mêmes, et surtout pas de manière hypothétique.
Cette leçon arrive justement après les fêtes de Tichri ou nous avons puisé toutes les forces, nous l’espérons, utiles à nos actions et à nos réalisations pour cette nouvelle année à venir.
Pour ma part, le fait d’avoir initié un office des jeunes (au 24 Ben Hamou étage -2) avec la kehila des marseillais de Har Homa, où le renouveau est d’une certaine manière plus présent qu’à l’accoutumé, il va de soi que les attentes d’Hachem pour cette nouvelle année sont nombreuses concernant notre si belle kehila. Mails il est certain également qu’Hachem nous a donné à Roch hachana toutes les forces necéssaires à la réalisation de Ses attentes.
A nous tous, unis comme une famille heureuse, d’en avoir conscience et de rapprocher par nos bonnes actions la venue du Machia’h tsidkeinou, Amen !
Roch Hachana – Glorifier Hachem en ce jour du renouveau
15 septembre 2009 at 20:49 | In Roch hachana | Leave a CommentTags: hachem, Roch hachana, Yom Kippour, Eloul, dix jours de pénitence, jour du jugement, Kippour
A la veille du jour de l’an hébraïque, j’ai souhaité cette fois m’inspirer de commentateurs contemporains tels que Rav Haïm Friedlander za’l, ancien maître de la pensée juive à la yechiva de Poniewitz de Bnei Brak, qui nous ont légué ce précieux héritage nous permettant de se préparer mentalement à ce grand jour du jugement.
De nombreux qualificatifs sont attribués à Roch Hachana, citons le jour du jugement, mais aussi le premier jour des dix jours de pénitence, ainsi que le jour de la création de Adam, premier homme sur Terre. Lorsqu’on parcours les différentes prières de cette fête on s’aperçoit qu’il est principalement question du couronnement d’Hachem par son peuple. En bref, il apparait plusieurs facettes associées à ce jour, ce qui n’est pas pour nous faciliter la marche à suivre quant à notre devoir spirituel attendu de nous par l’Eternel… Durant le mois de Eloul et jusqu’à la fin de Yom Kippour nous avons l’habitude de réciter le psaume 27 évoquant ces dix jours redoutables commençant par: “A David, D.ieu ma lumière et mon sauveur…” nos sages expliquent “ma lumière” à Roch Hachana et “mon sauveur” à Kippour. On arrive à comprendre que l’Eternel nous sauve en nous pardonnant nos fautes à Kippour mais quel est le sens de la lumière associée au Créateur le jour de Roch Hachana ? On s’interroge aussi sur la raison pour laquelle nous ne récitons à aucun moment des prières du nouvel an quelque supplication que ce soit, ni regrets de nos fautes alors que nous sommes déjà dans ces dix jours de pénitence où Hachem attend de chacun une remise en question, un bilan annuel et surtout de meilleures résolutions pour l’année à venir ? Pourquoi enfin nous consacrons un maximum de temps à louer l’Eternel, à le glorifier par le couronnement, alors qu’il aurait été plus logique, à priori, de rédiger une prière où nous demandons de manière détaillée la bénédiction dans tous nos besoins et une longue vie ? Quel est le rapport entre le couronnement du Créateur et le jugement à Roch Hachana ?
La réponse à toutes ces questions se trouve dans cette parabole: un homme constuit une usine fabriquant des produits de grande consommation, après quelques temps il réussit à développer son entreprise jusqu’au jour où son nom est de renommée mondiale et les plus gros clients abandonnent les concurents pour rejoindre cet homme et traiter avec lui, conscients qu’ils ne trouveraient pas meilleur rapport qualité prix, ponctualité au niveau livraison et un service parfait ! Mais un jour les plaintes se sont fait entendre et le patron s’aperçoit lors du bilan annuel que tout s’est déterioré et que l’usine se trouve dans une impasse. Il fait appel d’urgence à une équipe d’expert chargés de comprendre les causes de cette descente aux enfers. Après une longue recherche minutieuse sur le terrain, les experts déposent sur le bureau de l’exécutif un rapport accablant sur le disfonctionnement de l’usine. Notre patron se met à le lire et découvre avec stupeur des raisons qu’il n’aurait jamais imaginé. En effet, il s’avère que tout est parti d’un désengagement de la part des membres dirrigeants, un laisser aller grandissant. Au lieu de s’efforcer à trouver les meilleurs moyens de rentabiliser et faire fructifier la boite, ils se sont remplis les poches et ont fait marcher leurs propres intérets, en ne déclarant pas tous les bénéfices pour les renvoyer vers leurs comptes privés. Ils n’ont pas hésité à se payer des vacances en famille à l’étranger sur le compte de la société. L’effet s’est répercuté sur les employés manutentionaires qui ont eux aussi fait preuve de désintérêt pour les machines et les ont laissé s’abimer, ce qui a généré de grands défauts de qualité sur les produits et provoqué les revendications des clients… Néanmoins le rapport précise que quelques employés dévoués et loyaux ont continuer à donner le meilleur d’eux-mêmes sans se laisser influencer par l’argent facile et le travail baclé. Le patron en colère pris sur le champ les décisions qui s’imposaient en envoyant des lettres de licenciement à tout le monde, demandant à ceux qui n’ont pas eu de comportement excessivement reprochables de lui remettre une lettre de motivation en précisant les raisons pour lesquelles l’employé désire continuer à oeuver pour le bien de l’entreprise. La réponse finale revient évidemment au patron qui prendra sa décision au bout de dix jours. Bien entendu ceux qui ont été loués pour leur sérieux dans le rapport ont été élevés d’office dans leur fonction avec tous les avantages qui vont avec…
Le message est très clair; l’usine est le monde qu’a créé Hachem il y a 5765 ans, il le dirige et nous sommes ses employés. Chacun de nous a une tâche confiée dans ce monde selon ses capacités afin de répandre le respect divin par nos actions. Roch Hachana est le jour de “la naissance du monde” tel qu’on le dit dans la prière, avec l’apparition de l’homme sur Terre comme élément central de la création, on dit aussi qu’Hachem recommence cette même création chaque année et c’est le sens à ce qu’on a raconté sur ce patron qui referme son usine en licenciant ses employé pour réouvrir la boite avec de meilleurs cadres. Ceux qui ont été loyaux et responsables seront replacés dans leur fonction ou même élevés en grade. Ceux qui n’ont pas joué leur rôle correctement seront transférés à d’autres tâches moins honorables et les traitres seront tout simplement renvoyés car Hachem ne leur trouve pas de postes adéquat dans sa nouvelle usine.
En ce jour de Roch Hachana, il nous est donné à chacun la possibilité de retrouver un travail dans la nouvelle usine, car Hachem fait passer devant lui comme un troupeau chaque être humain et vérifie dans le livres de nos actions notre degré de loyauté. C’est pourquoi nos sages ont fixé dans la prière de ce jour le rôle principal qui nous est donné, à savoir couronner notre D.ieu, car à travers ceci nous lui montrons notre volonté de servir dans son monde de manière plus loyale à l’avenir. C’est pourquoi nos sages nous enseignent que lors de ce jugement, tous nos besoins matériels, notre salaire, nos dettes, notre santé, sont fixés pour le reste de l’année afin que l’on puisse remplir correctement notre mission sur cette Terre, chacun dans son secteur. C’est donc une chance extraordinaire de savoir que l’Eternel nous juge à Roch Hachana par cette lettre de motivation que nous lui présentons en espérant qu’avec Sa bonté il nous pardonnera de notre désengagement dans son usine. Cette téchouva est caractérisée par la volonté de tout reprendre à zéro en évitant les pièges dans lesquels nous sommes tombés l’année écoulée. Si nous devions passer notre temps à nous lamenter sur nos fautes, il serait fort probables que nous sombriions dans l’abandon et la perte d’espoir car il est tellement difficile d’ouvrir une nouvelle page !!!
C’est cette lumière que le roi David dans ses Psaumes nous évoque, cette lumière de miséricorde où Hachem nous donne un jour pour nous rattraper et lui montrer notre motivation à changer nos mauvaises habitudes !!!! C’est ainsi que nous pouvons désormais comprendre le lien entre les différents attributs donnés à ce jour, car en tant que premier jour de l’année il est tout naturel qu’il soit consacré au jugement en souvenir du premier jour de la création où tout était parfait et nouveau. Ce jour où le Créateur redessine son monde et vérifie qui est apte à l’embellir par ses actions et qui va risquer de l’abimer. Mais également ce jour est reservé à la volonté de chacun de couronner Hachem sur le monde et sur soi même, prendre sur nous l’engagement d’être un employé digne de confiance en gardant les mitsvot et en s’écartant des fautes, toutes liées à la volonté du gain facile, de l’effort minimum et du démérite. Lorsque nous parviendrons à montrer à notre D.ieu que notre prise de conscience est sincère, il nous inscrivera dans le livre de la vie en nous reservant un rôle dans son royaume et c’est ce qui nous apportera la réussite dans nos entreprises et la santé que tout le monde souhaite en ce début d’année.
Puisse Hachem entendre et accepter nos prières et nous envoyer le Machia’h cette année afin que la grandeur divine soit palpable aux yeux de tous et que le monde entier reconnaisse la vérité que détient notre peuple, cette Torah source d’équilibre et de paix dans le monde, Amen !!!
Ki Tétsé – Les enfants responsabilisent leur parents
24 août 2009 at 16:39 | In 1, Ki Tétsé | Leave a CommentTags: captivité, cellule familiale, enfant rebelle, hachem, Hébreux, Ki Tétsé, kli yakar, paracha, soldat, Tsadik, une femme de belle figure, Yetser Ara
Choftim – Lutter face à la menace psychologique de l’ennemi
16 août 2009 at 12:48 | In 1, Choftim | Leave a CommentTags: appareil juridique, Choftim, Eloul, ennemis, hachem, Hafets Haïm, Israel, justice, menace psychologique, paracha, peuple juif, Rachi, Roch hachana, torah, Yetser Ara
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