Parachat Mikets – sagesse et grandeur de Yossef
14 décembre 2009 at 18:54 | In mikets | Leave a CommentTags: david, doubno, eternel, grandeur, maguid, mikets, moussar, pharaon, reve, sagesse, si'hot moussar, vaches grasses, Yossef
Au cours de cette paracha, le lecteur assiste à l’accélération des événements qui amèneront Yossef à sa libération des géoles egyptiennes pour devenir vice-roi de Pharaon; une ascension sociale des plus rare dans l’Histoire. Yossef est appelé au chevet de Pharaon, troublé par ses rêves où les vaches maigres engloutissent les vaches grasses, où les épis de blé chétifs feront de même avec les beaux et grands épis. Seul Yossef interprêtera correctement ces rêves, tout en insistant sur le fait que “ce que Hachem prépare, il l’a annoncé à Pharaon” (La Genèse 41,25).
La Torah nous décrit ainsi l’argumentation remarquable de Yossef devant la cour d’Egypte: “Yossef dit à Pharaon: “Le songe de Pharaon est un: ce que D-ieu prépare, il l’a annoncé à Pharaon. Les sept belles vaches, ce sont sept années; les sept beaux épis, sept années: c’est un même songe. Et les sept vaches maigres et laides qui sont sorties en second lieu, sept années, de même que les sept épis vides frappés par le vent d’est. Ce seront sept années de famine. C’est bien ce que je disais à Pharaon ce que D-ieu prépare, il l’a révélé à Pharaon. Oui, sept années vont venir, abondance extraordinaire dans tout le territoire d’Égypte. Mais sept années de disette surgiront après elles et toute abondance disparaîtra dans le pays d’Égypte et la famine épuisera le pays. Le souvenir de l’abondance sera effacé dans le pays par cette famine qui surviendra, car elle sera excessive. Et si le songe s’est reproduit à Pharaon par deux fois, c’est que la chose est arrêtée devant D-ieu, c’est que D-ieu est sur le point de l’accomplir. Donc, que Pharaon choisisse un homme prudent et sage et qu’il le prépose au pays d’Égypte. Que Pharaon avise à ce qu’on établisse des commissaires dans le pays et qu’on impose d’un cinquième le territoire d’Égypte durant les sept années d’abondance. Qu’on amasse toute la nourriture de ces années fertiles qui approchent; qu’on emmagasine du blé sous la main de Pharaon, pour l’approvisionnement des villes et qu’on le tienne en réserve. Ces provisions seront une ressource pour le pays, lors des sept années de disette qui surviendront en Égypte, afin que ce pays ne périsse pas par la famine.” Ce discours plut à Pharaon et à tous ses serviteurs.” (La Genèse 41,25-37)
Rachi explique que les conseillers et magiciens de Pharaon ont tout essayé afin d’interprêter les rêves mais en vain; ces derniers tentaient des explications farfelues du genre sept filles naitront au Pharaon mais elles mourront toutes. Lorsqu’on observe l’analyse de Yossef on se demande comment les magiciens n’ont pas eu l’idée d’expliquer ces rêves de manière si simple et tellement logique. En effet les sept années d’abondance suivies de sept années de famine répondent parfaitement au fait que les vaches maigres mangeront les vaches bien portantes. On peut alors se demander ce qui a fait que les conseillers n’ont pas retenu cette possibilité?
Deuxièmement, comment Yossef se permet de donner des conseils économiques à Pharaon en lui recommendant de nommer un ministre du trésor digne de confiance capable de gérer les années de crise, alors qu’il n’est qu’un ex détenu présenté à la cour du roi; une personne qui devrait plutôt répondre aux questions sans se permettre d’en rajouter de sa propre initiative?
En préambule, il faut savoir que lorsque Hachem se révèle au prophête, c’est par un songe, une allusion qui évoque le message derrière la prophétie ou le rêve. Les conseillers de Pharaon savaient ceci et c’est la raison pour laquelle ils allèrent chercher très loin l’interprêtation sans jamais imaginer que le rêve représentait concrêtement les événements a venir, à savoir que les vaches et les épis de blé indiquaient clairement l’abondance et la famine, d’où le verset ”ce que Hachem prépare, il l’a annoncé à Pharaon” (La Genèse 41,25). Du coup l’interprétation simpliste de Yossef ne pouvait pas les mettre d’accord tant c’était trop beau pour être vrai et il risquait de devenir en quelques minutes la risée de toute la crême d’Egypte et surtout du Pharaon. Que fit Yossef pour mettre tout le monde de son côté?
Le Maguid de Doubno nous donne ici un aperçu de ce que pouvait être la sagesse de Yossef par l’exemple suivant:
Dans une contrée lointaine, le fils héritier du roi tomba gravement malade et tous les médecins de la cour se succédèrent des jours durant au chevet du prince sans réussir à trouver l’origine de la maladie ni le remède adequat après avoir tenté de mixer toutes sortes d’herbes rarissimes cueillies du bout du monde. Déséspéré, le roi se tourna vers le peuple en invitant toute personne compétante en la matière capable de sauver son fils agonisant. Et voila que l’un des plus simples médecins du pays se présenta au palais, annoncant aux gardiens être celui qui connait les symptomes de la maladie et disposant du remède. Le médecin est conduit au chevet du prince, entouré de tous les grands médecins et pharmaciens de la cour, curieux de savoir par quel miracle ce dernier pourrait sauver le peuple du drame national qui s’annonce. Notre docteur en question avait un probleme cependant; le remède n’était composé en fait que de quelques herbes qui se trouvent dans n’importe quel jardin du pays, donc comment faire pour ne pas paraître ridicule devant la cour? Ce dernier déclara donc très habilement que le remède pouvait être obtenu non pas par des herbes rares mais par la préparation méticuleuse de ces simples feuilles, demandant beaucoup de professionalisme. Chacun des médecins présents acquiésa, pensant être le seul capable d’une telle préparation et donc celui que le roi va désigner certainement pour remplir cette mission !
C’est exactement ce que fit Yossef en rajoutant à l’interprêtation ce conseil au Pharaon de nommer le plus loyal des experts en économie du pays pour répondre à la menace de la famine en gérant de manière brillante les récoltes durant les sept années d’abondance. De ce fait, tous les conseillers de Pharaon pensaient tous etre capables d’une telle mission et d’un commun regard ils éclairèrent le palais de leur admiration pour cette interprétation !
Mais la suite est bien connue, Yossef seul fut désigné par Pharaon pour être le vice-roi, détenant ainsi les clés de tous les hangars de blé en Egypte. Rav Haim Shmoulevits auteur du Si’hot Moussar explique que grace au fait que Yossef ne montra aucun signe d’orgueil ou de satisfaction personnelle au moment où il fut présenté à la cour, en rappelant que Hachem est le seul capable d’interpréter les rêves, Pharaon eut ainsi la conviction que seul Yossef était le plus à même de répondre à la mission de gérer le pays à l’aube de la crise économique. En effet, durant l’abondance n’importe quel autre conseiller n’aurait pas résisté à la tentation de mettre quelques tonnes de blé de côté pour lui-même et ses proches lors de la famine annoncée. Yossef qui ne montra aucun orgueil au moment d’une telle ascension sociale, passant de simple esclave en prison au statut de conseiller du Pharaon répondant présent face aux situations les plus complexes. Il gagna la plus grande des confiances que Pharaon n’avait jamais accordé à ses sujets en lui donnant sa bague et son trône, s’obligeant par là-même à s’en faire construire un autre un peu plus grand !
Nous pouvons tirer de ce commentaire que seule la foi profonde de Yossef a été le moteur de sa sagesse et c’est pourquoi Hachem l’a récompensé en le libérant de manière si extraordinaire. C’est ainsi que l’on récite trois fois par jour dans ‘Achrei’ ce que le roi David a écrit “L’Eternel est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’appellent avec sincérité” (Les Psaumes 145,18). Que l’Eternel puisse nous aider à nous renforcer dans la partique des Mitsvot et d’espérer en toute circonstance même lors d’epreuves, car finalement Hachem nous en sort par la plus inattendue des manières !
Le’h Le’ha – Croire en Hachem les yeux fermés
29 octobre 2009 at 16:27 | In Le'h Le'ha | Leave a CommentTags: parasha, paracha, hachem, machia'h, torah, eternel, abraham, isaac, david, mitzvot, Midrache, Créateur, Israel, peuple juif, Mitsva, Midrach, Judaisme, Le'h Le'ha, Rachi, Emouna, Maasser Béhéma, kavana, Psaumes, kadoche, actes de foi, tefilines, lech lecha, chabat, mitsvot, sacrifice d`Isaac, Temple, l'esclavage en Egypte, Emouna chéléma, Maimonide, universalisme
La paracha de Le’h Le’ha commence par l’ordre divin donné à Abraham de quitter sa terre natale : “Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai.” (Béréchit 12,1) Et Rachi de commenter sur place que l’Eternel n’a pas révélé l’itinéraire complet jusqu’en Israel, pour que cette contrée puisse être désirée encore plus par Abraham et ainsi lui donner un mérite pour chaque pas l’amenant à destination. Le suspens provoqué par Hachem est compréhensible mais la seconde raison nous laisse interrogatifs car pourquoi le mérite est d’autant plus grand que l’on s’avance vers l’inconnu alors que l’effort reste le même, que l’on sache où l’on va ou pas ? Pourquoi Hachem attend de nous que l’on suive ses ordres aveuglément ? Au contraire aurait-on dit, car la motivation est plus intense lorsque l’on sait ce qu’on fait et pourquoi….
Afin d’envisager une réponse qui nous donnera la sensation de ce que la Emouna signifie, prenons comme référence la mitsva de Maasser Béhéma (le prélèvement sur le bétail). Le mode opératoire était le suivant : on faisait passer chaque bête par un portillon qui ne pouvait en faire passer qu’une par une et sur chaque dixième bête on mettait un signe qui la rendait sainte, réservée à Hachem tandis que les autres étaient libres de rester chez le propriétaire qui disposait de ces dernières selon sa volonté. A priori ce procédé est bien plus compliqué que celui consistant à les compter une par une et en prendre un dixième à la fin sans avoir besoin de les faire passer par ce portail étroit. Quel intérêt la Torah a-t-elle vu pour nous ordonner de procéder de cette manière ? Il semble, que l’intention voulue n’est pas de sanctifier la dixième bête seulement mais également toutes les autres qui auront subi le même traitement. En effet, si l’on devait analyser notre rôle dans l’accomplissement des divers commandements qui nous sont ordonnés tous les jours, on comprendrait que l’acte en soi depend de l’aide directe d’Hachem car sans cette dernière rien ne se ferait…
Donc ce qui est attendu de notre part est l’intention, la ‘kavana’, la bonne volonté que l’on y met. Ainsi nous serons jugés. Le roi David écrit dans les Psaumes “mon rôle O Hachem, je l’ai dit, est de respecter tes paroles”, ce qui signifie en d’autres termes que ce que je dit, pense et m’organise pour garder les mitsvot, c’est cela mon rôle. De ce fait, il est clair que si l’on comptait les bêtes et l’on prélèverait le dixième d’entres elles à la fin, il n’y aurait pas eu de regard, de kavana, sur les autres bêtes. Alors que maintenant où il faut les faire passer une par une par la porte et les compter sans savoir à l’avance qui parmi elles sera choisie pour être celle du maasser, du prélèvement, celui qui exécute la mitsva aura la même intention pour chaque bête, à savoir que chacune a la possibilité, le potentiel de devenir kadoche et ainsi chaque bête fera donc partie intégrante de la mitsva !!!
De la même manière nous pouvons expliquer la raison pour laquelle Hachem avait choisi de ne pas indiquer précisement l’itinéraire pour arriver en Israel à Abraham. En effet, en ayant connaissance de la destination finale; le mérite n’aurait été que pour l’acte en soi, les frais de déplacement… Alors que maintenant qu’il devait avancer et se demander à chaque pas si c’était bien la volonté d’Hachem, son intention d’accomplir la mitsva était intense à chaque moment car il était possible qu’Hachem lui fasse changer de route constament. Et puisque nous avons prouvé que ce sur quoi nous sommes jugés c’est sur l’intention, l’investissement que nous mettons en avant, il va de soi que sur chaque moment où nous nous demandons si nous sommes en accord avec la mitsva, nous sommes méritant !!!!!
Ce qui nous permet de conclure que notre raison d’être n’est pas dans l’accomplissement unique des actes de foi mais surtout dans l’intensité, dans l’effort, dans la démarche que nous avons, seuls témoins de notre Emouna. Notre quotidien nous fait oublier le sens des choses que l’on fait instinctivement presque; se lever tous les matins et mettre les téfilines, faire chabbat car c’est sur le calendrier… nous fait perdre l’intention attendue par le Créateur. Et malheureusement les mitsvot finissent par nous paraître rébarbatives, contraignantes !!!
Le message qui nous est laissé de ce long voyage qu’entreprit Abraham est le même que pour les autres épreuves auxquelles il sera attendu au tournant telles que le sacrifice d`Isaac où Hachem ne lui indiquera qu’à la fin le lieu (qui sera celui du Temple plus tard). Pour élargir l’idée je terminerai en disant que c’est bien le propre du juif d’avancer sans savoir où D.ieu guide ses pas, sans comprendre le pourquoi des épreuves et des tragédies vécues depuis l’esclavage en Egypte (date de la formation du peuple Juif), mais notre force que les nations nous envient est bien celle de la détermination, du courage et de notre dignité malgré les souffrances que nous subissons encore aujourd’hui dans le monde. C’est cette même force qui nous est ordonnée d’avoir par Hachem lorsqu’il nous est demandé d’espérer en la venue du Machia’h par une Emouna chéléma, une foi parfaite tel que Maimonide nous l’enseigne dans les lois relatives à la foi.
Mes chers amis, je souhaite expressement que ce message pénètre en nos esprits car il me semble que dans le monde ou nous vivons, toutes les valeurs prônées dans le judaisme sont mises à mal pour la simple raison qu’elle sont engageantes et responsabilisantes. le Midrache explique qu’Hachem regarda dans la Torah et s’inspira pour créer le monde, ce qui veut dire que l’équilibre du monde passe automatiquement par le respect des valeurs que nos ancêtres nous ont fait hériter, c’est pourquoi l’on peut parler d’universalisme de la Torah !!!!
Noa’h – Un homme ou un Tsaddik ?
21 octobre 2009 at 09:38 | In noa'h | Leave a CommentTags: yaacov, hachem, rachel, david, noa'h, hatamsofer, talmud, meguila, ra'hel, rambam, roi david, avoda zara, ibn ezra, yitro, salanter, feinstein
”Voici les générations de Noa’h. Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. Noa’h enfanta trois fils : Chem, ‘Ham et Yèfeth”. (6, 9-10)
Le mot èlé (« voici »), explique Rav Yonathan Eybeschuetz, indique une exclusion et est destiné ici à marquer une différence entre Noa’h et Avraham : Ceux que « voici » – Chem, ‘Ham et Yèfeth – sont descendus de Noa’h, et pas d’autres.
En revanche, s’agissant d’Abraham et de Sarah, la Tora parle des « âmes qu’ils avaient faites à ‘Haran » (12, 5), désignant ainsi les multitudes de gens dont la vie avait été changée à leur contact. Ils ont exercé une influence dynamique sur leurs contemporains, les invitant chez eux et leur montrant, par leur bonté et leur force de conviction, le non-sens que constitue l’idolâtrie. Contrairement à Avraham et à Sara, Noa’h n’était pas un activiste qui allait vers ses contemporains pour les rapprocher de Hachem. Les seuls gens qu’il a « faits » ont été ses trois fils. Il a néanmoins été considéré comme un homme vertueux, parce qu’il « marchait avec Dieu ».
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. (6, 9)
Que signifie le mot « homme » ? N’aurait-il pas suffi de dire simplement que Noa’h était « vertueux et intègre dans ses générations » ?
Ce terme, explique Rav Moché Feinstein, souligne que Noa’h était un homme, pas un enfant – et donc un être mature et stable. Pour être vertueux, il faut d’abord être un homme. Il faut être intelligent et clairvoyant, posséder du bon sens et un jugement droit. Autrement, la vertu sera instable. Un insensé peut facilement se laisser détourner, et il serait inapproprié de le tenir pour un individu vertueux.
Ibn Ezra émet la même remarque à propos de la réaction de Moché quand Yitro lui a conseillé de se faire assister par des « hommes craignant Dieu » (Chemoth 8, 21). Il chercha aussitôt des « hommes sages » (Devarim 1, 13), les seuls à craindre véritablement Hachem.
Rav Israël Salanter avait l’habitude de dire que la première mitswa de la Torah est de ne pas être un imbécile…
Rav Yaaqov Neumann suggère une approche complètement différente.Le roi David écrit : « Ne me rejette pas au moment de ma vieillesse ! » (Psaumes 71, 9). Pourquoi souligne-t-il la nécessité d’une assistance divine pendant la vieillesse ? N’en a-t-on pas besoin aussi dans sa jeunesse ?
Rav Yits’haq Blaser répond dans Kokhevei Or à l’aide d’une parabole : Deux jeunes gens de dix-huit ans avaient été convoqués pour le service militaire. Le jour prévu pour leur incorporation, aucun d’eux ne se présenta. On lança contre eux des ordres d’arrestation, mais les appelés réussirent à se soustraire aux recherches.
Une année s’écoula, puis une deuxième. Las de cette existence de fugitif, un des garçons se présenta à la caserne. Bien entendu, le commandant se mit en colère contre lui. Mais comme le jeune homme s’était soumis volontairement et était venu pour exécuter ses obligations, bien que tardivement, il déchira l’ordre d’arrestation et permit à l’intéressé de rejoindre son unité comme l’aurait fait toute autre recrue.
Quant à l’autre appelé, il resta hors d’atteinte pendant des décennies. Finalement, alors qu’il était devenu vieux, il décida de suivre l’exemple de son camarade qui s’était soumis bien des années plus tôt. Un beau jour, il entra dans la caserne et se présenta devant le commandant, lequel le fit aussitôt arrêter.
« Mais pourquoi m’arrêtez-vous ? protesta-t-il. Vous n’avez pourtant pas fait incarcérer mon camarade, qui s’est également laissé incorporer après ses années d’insoumission !
– Quel âge avez-vous ? demanda le commandant.
– Soixante et un ans.
– Comment pouvez-vous vous comparer à votre camarade ? observa l’officier. Il s’est présenté alors qu’il n’avait que vingt ans. Comme ses années les plus productives étaient encore devant lui, nous avons pu nous montrer compréhensifs. Mais les vôtres sont maintenant derrière vous. Quelle valeur revêt pour nous votre enrôlement ? Pourquoi devrions-nous vous témoigner de l’indulgence ? »
Il en va de même, conclut Rav Blaser, pour celui qui se repent. Le roi David écrit (Psaumes 112, 1) : « Heureux l’homme qui craint Hachem. » Le Talmud (Avoda zara 19a) applique ce verset à celui qui, étant encore un « homme », craint Dieu. Quand une personne pèche et se repent étant encore jeune et vigoureuse, son retour vers Hachem a une grande valeur, et Il la traite avec clémence. Mais si elle attend jusqu’à la vieillesse, alors que son sang a cessé de bouillonner et que ses instincts et ses impulsions se sont affaiblis, quelle valeur peut avoir un tel repentir ? Où était-elle quand elle était plus jeune ? Telle est la supplication du roi David : Il implore Hachem d’avoir pitié et d’accepter le repentir, même si on ne le met en pratique que dans sa vieillesse. « Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse », bien que j’eusse dû me repentir depuis déjà longtemps !
Rav Neumann applique cette pensée à Noa’h. La Torah complimente celui-ci pour avoir été vertueux et intègre étant encore un « homme ». Il n’a pas attendu d’être devenu vieux pour se mettre en quête de la vertu.
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. (6, 9)
Le Talmud (Meguila 13b) rapporte que Ra’hel a demandé à Yaaqov : « Comment un homme aussi intègre que toi a-t-il pu se permettre de berner Lavan ? » Yaaqov répondit qu’il est permis de duper une personne perfide, comme il est écrit (II Samuel 22, 27) : « Sois sincère avec les cœurs purs, mais trompeur avec les perfides ! »
D’où la question : Puisque Noa’h a vécu dans une société entièrement corrompue et malhonnête, pourquoi n’a-t-il pas estimé nécessaire de faire fi de tous scrupules envers ses contemporains ? Pourquoi n’a-t-il pas « trompé les perfides » ?
Le ‘Hatham Sofèr cite une lettre du Rambam dans laquelle celui-ci permet à une personne vertueuse de berner son prochain uniquement si elle le rencontre inopinément, mais pas de manière habituelle. On ne doit jamais se laisser accoutumer à la tromperie ; celle-ci risquerait de devenir un trait naturel, ce qui serait destructeur.Voilà pourquoi Noa’h s’est comporté si scrupuleusement. Autrement, puisque tous ses contemporains étaient des voleurs et des menteurs, il se serait tellement habitué à la duperie qu’il aurait pu finir par devenir malhonnête lui-même.
Tazria – le lien entre la circoncision et la pureté
1 juin 2009 at 16:41 | In Tazria | Leave a CommentTags: accouchement, circoncision, david, hachem, impureté, Machia’h, Midrache Tan’houma, Mila, mitzva, paracha, Psaumes, pureté, pureté familiale, rabbi akiva, Tazria, Temple de Jérusalem, Tournousroupous
La paracha de Tazria traite des différentes notions relatives à la pureté et l’impureté. Les premiers versets évoquent la naissance d’un enfant ; mâle ou femelle et des incidences sur la mère au niveau de la pureté. Depuis la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 68 de l’ère moderne, ces notions ont diminué en nombre mais depuis toujours le peuple Juif se caractérise notamment par le respect de ce qu’on appelle la pureté familiale, autrement dit les lois de séparation du couple pendant la période des règles et suivant un accouchement.
Mais ce qui est surprenant c’est l’association dans le texte de la mitzva de Mila à celle des lois de pureté, car le verset indique que la mère devient impure durant les sept jours suivant la naissance du garçon et que le 8eme jour sera celui de la circoncision. Notons dans le verset la liaison des deux thèmes par « et le 8e jour ». Quelle relation peut on établir entre deux sujets, la circoncision et la pureté de la femme juive ?
Le Midrache Tan’houma nous rapporte à ce sujet un dialogue ; « Tournousroupous le mécréant demanda un jour a Rabbi Akiva,
- Quelles sont les plus belles réalisations ? celles d’Hachem ou celles de l’homme ?
- celles de l’homme répondit Rabbi Akiva…
- alors pourquoi faites-vous la circoncision ?
Rabbi Akiva lui apporta un épi de blé ainsi qu’un morceau de pain et s’écria ; voici la réalisation d’Hachem et voici celle de l’homme (montrant le pain plus beau que le blé), n’est elle pas plus belle ?
- Si Hachem veut que ses enfants soient circoncis, pourquoi ne naissent-ils pas déjà circoncis ?
- Car l’Eternel bénit soit-Il n’a donné les mitzvot à son peuple que pour l’associer à sa création. Ainsi le roi David le dit dans les Psaumes ; « les paroles de D.ieu associent, et Il protège tous ceux qui Le craignent. »
Nous n’avons aucune idée de la profondeur et de la portée de ce dialogue entre l’impie et le sage de la génération !!!!
Est-ce que l’intention du voyou était de demander pourquoi Hachem n’a pas créé le monde sans que l’homme n’ait à intervenir, ou bien il réside une interrogation profonde derrière cela ? De toute façon il nous faut tirer la leçon derrière la réponse de Rabbi Akiva.
Tournousroupous le mécréant n’a pas vu dans l’acte de circoncision quelque chose d’autre qu’un simple geste chirurgical, l’extraction d’un morceau de chaire superflu, c’est donc la raison de sa question à savoir que si Hachem l’avait voulu, il aurait fait naître les garçons déjà circoncis ? A nous de comprendre maintenant l’allusion du pain dans la réponse du sage.
Le processus de fabrication du pain est très long. Il commence par la semence des grains de blé, le travail sur-le-champ, la moisson et la moulure du blé pour terminer par la fermentation de la pâte, et la cuisson enfin dans le four. C’est la main indispensable de l’homme qui permet à priori la réalisation de ce pain. Mais en fait il faut savoir que lors de la création du monde le pain poussait directement prêt à la consommation, Adam n’avait qu’à consommer sans efforts et le monde était parfait tel quel sans intervention de l’homme. C’est après la faute d’Adam que l’homme fut maudit: “Parce que tu as cédé à la voix de ton épouse, et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais enjoint de ne pas manger, maudite est la terre à cause de toi: c’est avec effort que tu en tireras ta nourriture, tant que tu vivras.”(Béréchit 3;17) De ce fait la terre fut modifiée dans son programme et ne fit pousser que des matières premières !!!
Ceci nous paraît invraisemblable et pourtant nos sages témoignent qu’à la fin des temps, lors de la venue du Machia’h, Hachem fera souffler un vent purificateur sur terre et pousseront des pains et ustensiles pour la Mila !!!
C’est la raison pour laquelle Rabbi Akiva a voulu nous enseigner le message profond derrière l’ordre divin de la circoncision des males. Telle la malédiction envoyée sur Terre que nous avons évoqué, la Orla (ce morceau de chaire que nous enlevons) n’est pas un organe naturel chez l’homme mais seulement l’expression de cet environnement chargé d’impureté qui entoure l’homme depuis le péché originel. C’est ainsi que nous pratiquons l’ablation de ce petit bout de chaire pour permettre au nourrisson de se développer sur le plan spirituel et vivre dans la sainteté. C’est la raison pour laquelle cet acte doit être réalise par l’homme car Hachem veut « associer » l’homme dans son projet, en lui permettant de se purifier de ses impuretés, voilà le rôle de la Mila.
Par cela nous comprenons la loi stipulant que celui qui fait le vœu de ne pas profiter des objets appartenant à un non circoncis, s’interdit automatiquement le profit des biens d’un non juif circoncis. La raison est que la circoncision ne peut enlever l’impureté au non juif car il n’est pas ordonné par les mitzvot. On comprend de cela qu’il ne s’agit pas d’un geste simple mais un moyen d’ouvrir son être vers les chemins de la vie dans la pureté. Seul le Juif a ce devoir !!!
Ici se trame le lien entre le début de la paracha qui traite de la période d’impureté suite à l’accouchement, et celui de la circoncision qui suit. Eve a été punie par : “J’aggraverai tes labeurs et ta grossesse; tu enfanteras avec douleur; la passion t’attirera, vers ton époux, et lui te dominera.”.”(Béréchit 3;16) C’est pourquoi l’accouchement de l’enfant se fait dans le sang et la douleur. C’est ce qui oblige la mère à se purifier pendant sept jours afin de permettre à l’enfant de continuer ce chemin de purification en réalisant la circoncision le 8eme jour.
On peut terminer en disant que cette paracha traite finalement d’un cheminement purificateur, incluant les deux sexes de la création. Ce qui signifie qu’il touche l’ensemble du peuple juif à savoir que le rapprochement de l’homme vers l’Eternel passe obligatoirement par le respect des lois de pureté, qui lui permettent d’accomplir les mitzvot et devenir un fil conducteur, acteur dans la création du monde !!!
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