Vaet’hanane – La foi en Hachem: jusqu’où ?
18 juillet 2010 à 16:05 | Publié dans Vaet'hanane | Laisser un commentaireLa paracha de cette semaine traîte d’un sujet tant abstrait à savoir la foi en Hachem, lorsque l’on lit le premier paragraphe du Chéma qui stipule: “Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir.” (Le Deutéronome 6,5)
en préambule à mon exposé, je dirais que l’amour est plus répandu sous la forme d’une expression du sentiment chez une personne envers l’autre. Un homme aime son Créateur, son ami lorsqu’il y a stimulation sentimentale, qui d’ailleurs ne pourrait être remplacée par autre chose. Néanmoins, on peut exprimer son amour par le biais de l’argent mais on ne peut aimer à travers l’argent. Même risquer sa vie pour son prochain n’est en rien un signe d’amour envers cette personne car la nature humaine pousserait n’importe qui à sauver un étranger du danger, même son ennemi. Alors que nous demande l’Eternel lorsqu’il nous dit au début du Chéma “Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir” ?
Afin de répondre à ce qui nous interpelle chaque jour dans notre rapprochement à Hachem, nous utiliserons quelques paraboles afin d’éclaircir l’idée.
Un homme marié attendait des années sans jamais réussir à avoir la chance d’être père. Il essayait tout ce qui était possible avec son épouse, voyageant au bout du monde, auprès de tous les grands spécialistes, priant de tout son coeur chaque jour et donnant une bonne partie de son argent aux yechivot, en espérant qu’Hachem allait l’exaucer un jour, lui changer la vie. Et c’est ce qui arrive soudainement lorsqu’un beau jour sa femme entre à la maison lui annonçant cette nouvelle tant attendue en hurlant de joie. Peut-on imaginer à cet instant l’amour éprouvé envers son Créateur par cet homme ???
Ou bien, un homme atteint par une maladie incurable où le plus optimiste parmi les médecins ne lui accorde pas plus de trois mois avant le départ de ce monde. Il rentre chez lui déconcerté, regardant le sol en pensant y retourner bientôt. Tout ce qui peut rendre heureux un homme; sa maison, sa famille, ses amis, tous ceux-ci ne peuvent rien pour lui. Et un jour, entre chez lui un homme tombé du ciel pour lui annoncer qu’il détient le traitement qui pourra le sauver. Qui pourrait décrire le sentiment profond de plénitude chez ce malade qui ressucite ??
Ou alors cet homme qui perd toute sa fortune en bourse en quelques heures et devient mendiant, bourré de dettes, toutes ses connaissances s’écartent de lui comme de la peste, ses enfants se demandant comment leur père va-t-il les marier. Et c’est dans ces moments de désarroi ou le directeur de la loterie nationale l’appelle pour lui annoncer que son ticket est l’unique gagnant !!! Tout redevient normal en un instant, sa richesse récupérée, il remonte du trou. Trouvera-t-il les mots pour remercier Hachem pour l’avoir sauver du cauchemar ???
Maintenant, imaginons un homme à qui toutes ces épreuves arrivent en même temps et qui s’en sort. On se demanderait même si son coeur n’explosera pas litéralement de joie lors de ce dénouement de toutes ces situations difficiles ? Est-ce qu’un autre homme sur terre aimerait D.ieu plus que lui ??? C’est cette amour qu’Hachem attend de nous !!!
La Torah nous donne ici les moyens de mesurer notre amour pour Hachem dans ce premier verset du Chéma: “de tout ton coeur” ce sont les enfants auquel le coeur de l’homme est dépendant, “de tout ton âme” évoquant la vie et la santé de l’homme, “de tout ton pouvoir” la nourriture, les revenus, le patrimoine matériel d’un homme.
Hachem nous demande de mettre tout ça d’un côté de la balance et de l’autre notre amour envers Lui !!!
Ca dérange beaucoup… car on se dirait que seul l’homme mis à l’épreuve comme ces derniers décrits plus haut, pourrait arriver à mesurer son amour. Mais nous, hommes standards, sans trop d’épreuves cruciales, d’où pourrait-on puiser cette ambition d’aimer notre D.ieu de cette manière allant à contre nature de l’homme en général ?
On peut également pousser la parabole un peu plus loin en imaginant un homme aisé qui décide de changer de vie en se rendant vers un pays plus prospère pour y résider avec sa famille et améliorer encore plus son train de vie. Cet exemple nous parle plus avec cette nomadisation de notre société que tous les économistes prévoient plus importante pour les futures générations. Mais les infrastructures de son pays, loins d’être au top, ne lui permettaient que de prendre une seule valise avec lui. Que fit-il ? Il vendit tous ses biens et acheta avec l’argent un diament d’une très grande valeur qu’il emporta avec quelques vêtements et un peu de nourriture pour le voyage. Mais ce voyage fut beaucoup plus long et sa gamelle se vida et ses vêtements s’usèrent. Bien sûr qu’il ne s’accomoda pas avec ces nouvelles conditions inconnues jusqu’alors; la faim le tenaillait, ses vêtements l’humiliaient, et il devait dormir avec d’autres personnes dans ces auberges peu confortables sur les routes. Mais il se débrouillait incroyablement, sans jamais perdre le moral, pensant continuellement à ce qui l’attendrait à l’arrivée lorsqu’il pourra enfin revendre son diament et retrouver une vie normale. Est-ce que ces quelques semaines de précarité réussiraient à amoindrir sa joie ?
La conclusion est là: celui qui sait mesurer l’importance des choses selon leur priorité dans ce monde par rapport au monde futur qui est éternel, ne ressentira pas la difficulté d’aimer Hachem quelque soit l’épreuve qui lui est soumise. Quelle valeur auront ces courtes années dans ce monde par rapport à ce que lui prévoit l’autre monde. Si on arrive à penser à cela à chaqu moment de notre vie, on pourra sans problème vivre en harmonie avec notre Créateur. Et la recette nous est donnée dans le verset suivant: “Ces devoirs que je t’impose aujourd’hui seront gravés dans ton cœur.” (Le Deutéronome 6,6). Ce qui se traduit par les mitzvot, qui seules ont le pouvoir de nous lier avec Hachem et nous assurer ce patrimoine dans le monde futur ainsi que les mérites que nous laiseront à nos enfants après notre départ. La force de la Torah et des mitsvot est de nous aider à juger ce qui est principale et ce qui est secondaire, superficiel, tout en purifiant notre esprit des défauts accumulés par l’influence du monde extérieur sur notre âme, nous empêchant de fortifier cette union entre l’homme et l’Eternel, Maître du monde.
Le Or Ha’haïm Hakadoche, commentateur au Moyen-age m’a fait ressentir, à travers ce dvar torah, d’une manière encore plus intense de ce que j’ai pu être ému avec mon père lors de cette visite du musée de Jérusalem il y’a quelques années, où l’on voyait tous ces objets de cultes exposés et retraçant l’histoire de notre peuple à travers les exils et les massacres. Ce qui est impressionant c’est qu’il n’y a pas d’art dans notre nation qui ne soit lié à la Torah et sa partique; tout est là pour témoigner l’attachement des Juifs à leur D.ieu malgré la haine des peuples à chaque époque, à travers la sublimation des objets de cultes. C’est ce témoignage unique qui nous permet de voir la main d’Hachem à travers le temps. Comment aurions pu survivre aux empires jurant de nous exterminer si ce n’est en se raccrochant à cette Torah éternelle ???
Heureux sommes nous d’appartenir à cette lignée d’hommes qui ont glorifié le nom Divin à travers les temps !!!
C’est ce sentiment qui nous oblige à notre tour à agir dans le même sens afin de mériter, un jour, de voir la venue du Machia’h et le retour de la Grandeur Divine, la Ché’hina qui cloturera l’histoire de l’humanité sur Terre.
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