Michpatim – Les oreilles écoutent pour les générations futures
7 février 2010 à 17:18 | Publié dans Michpatim | 3 CommentairesLa Paracha de Michpatim relate la liste des commandements enseignés aux Hébreux suite au don de la Torah au Mont Sinaï et l’on est tout de suite interpellé par la première Mitsva qui parle de l’esclave juif qui, suite au vol qu’il a commi et n’a pas les moyens de rembourser, se voit obligé de passer six ans à servir le propritaire afin d’expier sa faute. Mais si ce dernier souhaite prolonger sa servitude au-delà de cette durée, le verset raconte: “Que si l’esclave dit: “J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas être affranchi”, son maître l’amènera par-devant le tribunal, on le placera près d’une porte ou d’un poteau; et son maître lui percera l’oreille avec un poinçon et il le servira indéfiniment. “(L’Exode 21,5-6).
Rachi explique ces versets par l’enseignement suivant de Rabbi Yo’hanan ben Zakaï : ‘cette oreille a entendu au Mont Sinaï “Tu ne voleras pas” et pourtant cet homme est quand même parti voler, et bien elle sera percée.’
Deux questions s’imposent: Si l’on considère que seules les âmes des Bnei Israel étaient présentes au Mont Sinaï, comment peut-on accuser cet organe auditif de ce voleur qui naquit des centaines d’années, et le comparer aux hommes présents physiquement lors de la révélation extraordinaire d’Hachem? De plus, pourquoi s’en prendre aux oreilles qui ne sont que des transmetteurs de sons au cerveau, alors que c’est ce dernier qui commande l’action de l’être humain?
Rav Haïm Shmoulevits dans son livre Si’hot Moussar nous indique que cet actium de base qui voudrait que l’oreille ne soit qu’un organe musculaire transmettant au cerveau les sons de notre environnement est bel et bien erroné. En fait, il faut comprendre d’ici que chaque organe a une source spirituelle reliée au Nefesh de l’homme et c’est pour cela que l’oreille est mise en cause. Le roi David écrit dans les Psaumes cette allégorie: “J’ai médité sur mes voies, et ramené mes pas vers tes statuts. (119,59)”. Les Sages de commenter: David s’écria devant Hachem “Tous les jours je méditais et décidais d’aller à tel endroit, mais mes pieds me dirrigeaient vers les synagogues et lieux d’études”.
C’est à dire que malgré la nécéssité de régler tel ou tel problème, David Hamélè’h était commandé par ses pieds qu’il avait habitué des années auparavant à se dirriger vers les lieux de prière. Cette habitude a fait que ses pieds se transformèrent en entité spirituelle, en un membre inséparable de sa racine spirituelle, capable d’agir indépendament des autres organes jusqu’au point de diriger le roi David à une autre destination que celle souhaitée.
Mieux encore, cette force spirituelle ne disparait pas avec la personne, elle se transmet de père en fils, de génération en génération. Ce qui nous indique également que dans le sens contraire, si jamais le père influence négativement ses membres, en les utilisant pour agir d’une façon interdite, ces derniers influenceront dans le mauvais sens ses propres descendants.
‘Cette oreille qui a entendu au Mont Sinaï’, il est claire que ce n’est pas la même oreille qui a écouté les paroles de l’Eternel, mais sur le plan spirituel l’oreille du fauteur reflète celle de son ancêtre qui a entendu les Dix commandements. Si son oreille ne l’a pas empêché de voler, c’est qu’il y a eu une détérioration spirituelle de cet organe. C’est la raison pour laquelle au bout de six ans, si jamais l’esclave souhaite rester encore chez son maître on lui poinçonne l’oreille car cela signifie qu’il n’a rien compris et que pour corriger le déaut spirituel de cet organe, il faut agir physiquement sur ce dernier et le réparer.
Le dépassement de soi afin d’accomplir une Mitsva est tellement fort qu’il provoque en la personne une élévation spirituelle qu’il ne saurait imaginer, et pour ressentir cela un récit sur notre maître vénéré Baba Salé de mémoire bénite nous aidera dans ce sens. Un soir, à la sortie de Chabat, tout le monde se dirrigea vers la cour de la synagogue afin de réciter avec le Tsadik la bénédiction de la Lune, mais voilà que les nuages cachaient cette dernière et chacun se tourna vers Baba Salé afin d’observer comment allait-il réagir. Ils assistèrent méduisés au miracle qui se produit lorsque le Tsadik leva sa canne et la dirrigea vers la gauche, les nuages firent de même et dévoilèrent la Lune de manière à ce que tous les fidèles puissent réciter la bénédiction de la Lune! A la fin de la prière un homme s’approcha du Tsadik en lui demandant comment avait-il le pouvoir de dominer la nature? Baba salé lui répondit que ce miracle ne datait pas d’aujourd’hui, à Netivot là où ils récitèrent la bénédiction mais des années auparavant, à Lyon. En effet, un soir au moment de la récitation de cette Bra’ha, les nuages empechèrent le Tsadik de la réciter, et cela durant plusieurs soirs, jusqu’au moment où ses éleves lui dirent que pour pouvoir la réciter il fallait voyager jusqu’a Marseille a 380 km. Immédiatement, Baba Salé demanda qu’on l’amène là-bas et c’est comme cela qu’il réussit a accomplir cette extraordinaire Mitsva, suite à cela Hachem lui donna le mérite de pouvoir l’accomplir quelque soit la météo !
En conclusion, il nous est enseigné ici un message qui impose à tout un chacun le devoir de préserver ses yeux, ses oreilles, ainsi que ses autres organes, non pas uniquement sur le plan matériel mais également sur celui du spirituel. Ce que nos oreilles entendent, ce que nos yeux regardent, devient quelque chose d’indissociable et personne ne pourra affirmer que cela ne l’influence pas car même si lui ne le ressent pas, ses membres eux ne lui demanderont pas la permission, ils le conduiront tout simplement vers leur direction, celle choisie par leur racine intérieure !
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