Metsora – la réponse à l’orgueil et ses différentes expressions
14 avril 2010 à 15:18 | Publié dans Metsora | Laisser un commentaireTags : Cohen Gadol, dartre, hachem, hautaine, impureté, introspection, kli yakar, l'appât du gain, l'instinct de survie, lêpre, maison, maladie, médisance, Metsora, paracha, plaie, pontife, pureté, Sages, Sota, superficialité, talmud, Tazria, torah, vêtements
La Paracha de Metsora traîte en détails la notion de pureté et d’impureté chez l’homme et la femme, mais aussi sur les habits et jusqu’à la maison. Il est évoqué tout d’abord l’impureté chez la femme suite aux naissances garçon et fille où l’on observe une différence du nombre de jours qui la sépare de la pureté selon le sexe de l’enfant qui est venu au monde. Mais ensuite, la Torah s’attarde sur la notion du Metsora, cette maladie qu’on associe à la lêpre, survenant chez l’homme qui a fauté en médisant envers son prochain. Cette maladie attaque la peau, les vêtements, pour finir sur les murs de sa demeure s’il n’avait pas expié sa faute. De manière générale, les couleurs de taches se ressemblent, mais un détail saute aux yeux et marque une différence non négligeable lorsqu’on se penche sur les versets suivants:
“Et le pontife, au septième jour, l’examinera de nouveau: si cette plaie s’est affaiblie et qu’elle n’ait fait aucun progrès sur la peau, le pontife la déclarera pure, c’est une simple dartre: l’homme lavera ses vêtements et sera pur.” (Lévitique 13 ,6)
“Mais si le pontife, lorsqu’il vient, observe que la plaie n’a pas fait de progrès dans la maison après que celle-ci a été recrépie, le pontife déclarera cette maison pure, car la plaie est guérie.” (Lévitique 14 ,48)
“Si le pontife observe que cette plaie, après avoir été lavée, n’a pas changé d’aspect et qu’elle ne s’est pas agrandie, elle est impure, tu la consumeras par le feu: il y a érosion sur l’envers ou sur l’endroit de l’étoffe.” (Lévitique 13 ,55)
Les plaies chez l’homme ou sur les murs de la maison qui ne se sont pas étendues et qui n’ont pas changé d’aspect sont considérées comme guéries et le Cohen Gadol déclarera l’homme ou la maison pur. Alors que celles qui se trouvent sur les habits demeurent impures tant qu’elles n’ont pas diminué en taille. Pourquoi cette différence?
Le fait que la Paracha distingue ces trois catégories de plaies, nous indique la présence de trois fautes ayant la même racine. Cette origine est l’une des plus mauvaises qualités comportementales chez l’homme: l’orgueil. Nos Sages expliquent qu’il y a trois degrés d’orgueil, en effet les plaies sur les murs sont la conséquence de l’appât du gain. L’homme désir posséder pour se sentir maître de chez soi, c’est donc par superficialité qu’il pêche d’orgueil et c’est pour cette raison que les plaies attaquent la maison qui représente le chez-soi.
Lorsque les vêtements d’une personne sont atteints, c’est que ce dernier a fauté directement de sa personne,physiquement, c’est pourquoi ses habits qui sont censés lui rendre toute sa dignité et son prestige sont attaqués. Enfin, les plaies sur le corps sont la réponse d’Hachem au Lachone Ara, à la médisance qui est une conséquence directe de l’orgueil. C’est ce trait de caractère qui encourage l’homme à se moquer de son prochain en se sentant supérieur aux autres et chercher continuellement les défauts du voisin sans jamais se pencher sur les siens. C’est la raison pour laquelle sa personne est attaquée physiquement!
Cependant il est essentiel de différencier ces trois catégories d’orgueil. L’appât du gain est un défaut qui peut-être corrigé mais pas éradiqué car l’instinct de survie fait appel essentiellement à ce trait de caractère. De même pour l’orgueil de l’esprit qui est selon nos Sages positif tant qu’il ne dépasse pas 1/64 de sa personalité (enseignement de Rav, Talmud Sota 5). Mais l’orgueil qui met en avant le corps est essentiellement mauvais et doit disparaître définitivement.
La Torah nous montre une fois de plus, s’il fallait le rappeler, combien la personalité de l’homme et ses traits de caractère doivent en permanence être étudiés. C’est pourquoi le verset a bien différencié les expressions de l’orgueil et enseigné que les plaies attaquant les murs et le corps sont impures tant qu’elles s’étendent comme pour indiquer une exagération. En revanche lorsque les habits de l’homme sont touchés, ce n’est pas l’excès qui est reproché mais le fait que l’homme s’enorguilli en portant des vêtements de prestige qui lui permettent de regarder les autres de manière hautaine. C’est en soi un signe d’impureté qu’il faut donc éradiquer et le ‘Kli Yakar’ dans son commentaire de la Paracha nous fait ici une démonstration extraordinaire de psychologie et nous transmet le devoir d’introspection, à savoir qu’il nous incombe de savoir si tel ou tel objet que nous désirons n’a pas pour origine une volonté de nous élever et ainsi regarder les autres d’en haut par l’apparence qu’on donne. On se doit aussi de chercher toujours à être conscients de nos défauts et ne pas s’échapper en cherchant ceux des autres et se donner ainsi bonne conscience, c’est cela aussi l’orgueil du corps qui est le plus dangereux selon l’enseignement de nos Sages!
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