Houkat – l’admiration des nations devant la profondeur de nos lois

14 juin 2010 à 20:41 | Publié dans Houkat | Laisser un commentaire

“L’Éternel parla à Moïse et à Aaron en ces termes: Ceci est un statut de la loi qu’a prescrit l’Éternel, savoir: Avertis les enfants d’Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug. Vous la remettrez au pontife Eléazar; il la fera conduire hors du camp, et on l’immolera en sa présence. Le pontife Eléazar prendra du sang de l’animal avec le doigt, et il fera, en les dirigeant vers la face de la tente d’assignation, sept aspersions de ce sang. Alors on brûlera la vache sous ses yeux: sa peau, sa chair et son sang, on les brûlera avec sa fiente. Le pontife prendra du bois de cèdre, de l’hysope et de l’écarlate, qu’il jettera dans le feu où se consume la vache.” (Les Nombres 19,1-6)

La Paracha est appelée Houkat avec pour racine ‘Hok’ qui signifie une mitsva que nous ne pouvons pas comprendre, c’est-à-dire que l’explication ou plutôt le sens profond ne nous est pas dévoilé. La Paracha débute donc par l’expression ”ZOT HOUKAT HATORAH” (ceci est le statut de la Torah) en référence à la vache rousse. C’est une mitsva que nous ne pouvons absolument pas comprendre. La Torah emploie le mot ’Hok’ pour désigner une loi qui échappe à l’entendement humain. Rachi commente l’emploi de ce terme, dans notre verset : « du fait que le Satan et les peuples du monde s’en prennent à Israël en invoquant : « qu’est-ce que cette mitsvah et quel sens a-t-elle donc ? », la Torah utilise ici le terme H’OUKA (« statut »), pour nous dire que : « c’est un décret émanant de Moi, et tu n’as pas le droit de le remettre en question. »

D’après l’explication de Rachi, il semble que les nations du Monde se moquent de cette mitsva justement par le fait qu’il n’y a pas de sens, de raison profonde et logique. C’est l’incompréhension que la vache rousse suscite qui invite les peuples à dénigrer les Hébreux. Pourtant dans la Paracha de Vaet’hanane nous observons une contradiction avec cette analyse de Rachi: “Observez-les et pratiquez-les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu’ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront: “Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation!” En effet, où est le peuple assez grand pour avoir des divinités accessibles, comme l’Éternel, notre Dieu, l’est pour nous toutes les fois que nous l’invoquons? Et où est le peuple assez grand pour posséder des lois et des statuts aussi bien ordonnés que toute cette doctrine que je vous présente aujourd’hui?” (Le Deutéronome 4,6-8) Moché Rabénou annonce au peuple Juif que de tout temps les nations envieront ce dernier justement pour la grandeur de ses lois, comment donc concilier ces versets avec le commentaire de Rachi qui relève plutôt la moquerie que nos lois et statuts réveillent chez les autres peuples de la Terre?

Rabbi Yaacov Neumann dans son livre Darkei Moussar nous répond en disant qu’au début, les nations se sont vantées d’être au-dessus de ces lois qui sont souvent incompréhensibles, mais lorsqu’elles ont vu comment, à travers le temps le peuple Juif a éclairé le Monde par ses sages, entièrement pénétrés par la profondeur de la Torah, ils ne purent que constater, non sans cacher une énorme jalousie, que les mitsvot dans leur ensemble, y compris celles dont le sens profond n’a pas été révélé, élèvent l’homme bien au-dessus d’une vie terre à terre! Le fait d’appliquer à la lettre des lois comme la pureté familiale et la cacherout, apporte aux Hébreux une sainteté qui s’exprime à travers la grandiosité des réalisations tant au niveau des sciences que de la pensée juive; “Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation!”

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