Dévarim – la nécéssité du deuil à chaque génération
11 juillet 2010 à 15:23 | Publié dans Devarim | Laisser un commentaireCette semaine nous entamons le dernier volume du pentateuque, Dévarim, qui est un résumé de toute l’épopée du peuple Juif durant ces 40 ans passés dans le désert avant d’entrer conquérir la terre d’Israel. Moché rabeinou est sur le point de quitter ce monde et rassemble une ultime fois son peuple afin de lui soumettre les dernières recomandations en lui rappellant ses obligations envers la Loi et les erreurs commises durant ce périple.
En évoquant les propos négatifs des explorateurs, Moché s’exprime d’une manière terrifiante par ces termes : ” Mais vous refusâtes d’y monter, désobéissant ainsi à la voix de l’Éternel, votre Dieu; et vous murmurâtes dans vos tentes et vous dîtes: “C’est par haine pour nous que l’Éternel nous a fait sortir de l’Egypte! C’est pour nous livrer au pouvoir de l’Amorréen, pour nous anéantir!” (Dévarim 1,26-27)
Mais ces mots nous sont incompréhensibles autant que surprenants, car les hébreux ont vécu tout ce temps par des miracles quotidiens, la manne, le puit de Myriam qui se déplaçait avec eux, les colonnes de nuée qui les protégeaient des ennemis, etc… Quel doute auraient-t-ils pu avoir sur cet amour éternel d’Hachem envers son peuple ?
Le Sfourno explique qu’il s’agit en fait d’une crainte des Bnei Israel remontant à l’époque de leur esclavage en Egypte où ils étaient descendus au plus bas niveau spirituel, enfermés dans la magie noire. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, malgré les miracles vécus depuis, ils se demandent par quel mérite Hachem les aidera à gagner toutes ces guerres qui s’annoncent pour conquérir Israel ! On pourrait étoffer ce commentaire par la parabole suivante: un homme d’affaires a employé un comptable dans son bureau mais ce dernier, après quelque temps a dérobé une partie des recettes jusqu’au jour où par hasard il fut pris la main dans le sac. Son patron n’a pas porté plainte, au contraire, il l’a placé à un autre poste, s’est rapproché de lui, l’a considéré encore plus pour que l’incident soit oublié et ne se reproduise plus. Un jour, ce même directeur décide d’élever la fonction de son employé en le plaçant parmi l’équipe exécutive de l’entreprise. Et là, ce fut la joie mélangée à l’incompréhension car nul ne doutait que ce poste n’était pas mérité, mais alors il s’agirait peut-être d’un piège tendu à ce “repenti”, un test auquel il pourrait à nouveau flanchir. Comment sortir de ces craintes; en jugeant le degré de complicité entre les deux personnes. S’ils sont de véritables partenaires ça ira, sinon ces doutes vont empirer au fur et à mesure que les responsabilités vont être confiées à cet employé. C’est exactement la situation du peuple Juif à l’époque. Après le retour des explorateurs, nul ne doutait quant à la capacité d’Hachem à dirriger son peuple de victoires en victoires, mais c’est le prix à payer qui les inquiétait, car est-ce que ces miracles dans le désert vont continuer lors des guerres de conquètes où il faudra lutter contre des géants ??? Cette culpabilité grandissante depuis leur sortie d’Egypte s’est enfin exprimée devant ce mur à franchir. Pourquoi n’ont-ils pas compris que peut-être Hachem avait oublié ce passé peu glorieux de son peuple ? Rachi répond ainsi: “Il vous aimait mais vous l’avez haï ! Comme l’exprime un dicton populaire; ce que tu éprouves envers quelqu’un, tu le lui attribues envers toi !” Ce qui signifie que puisque leur amour envers Le Créateur était dépendant d’un élément, il leur était difficile de ressentir qu’Hachem les aimait sans raison, sans intérêt. et c’est ce même défaut qui a provoqué le destruction du Temple. Je m’explique: la raison la plus connue de notre exil est rapportée dans la guémara Guittine est la haine gratuite qu’il y avait parmi le peuple Juif à l’époque du Temple. Celle-ci qui n’a aucune raison et pas de base logique, ne peut s’exprimer que lorsque l’amour est défaillant. Durant la période de la sortie d’Egypte, du don de la Torah, des miracles dans la traversée du désert, il y avait la possibilité de lier avec Hachem un amour éternel, sans aucune limite tant la proximité était palpable. Si le Peuple Elu avait pris cette oportunité unique dans son histoire, alors l’exil n’aurait pas eu lieu, devenant inutile. En effet, le but de notre renvoi de la terre d’Israel est d’apprendre à aimer notre Créateur dans les épreuves qu’il nous envoie. Il y a deux possibilités pour faire ressentir l’amour à l’homme: on peut aimer ce qu’on a par le profit qu’on en tire, mais il est également concevable d’aimer une chose qu’on n’a plus par le manque qu’elle nous provoque. Ces prochains jours seront caractérisés par le deuil obligatoire durant la semaine du 9 Av où l’on jeune lors de ce jour où le Temple a été détruit à deux reprises. Et c’est en essayant d’aimer Hachem au plus profond de nous mêmes, en pensant combien la présence divine nous manque, que nous arriverons à extirper cette haine du prochain que nous avons et qui détruit tout sur son passage, même la résidence de D.ieu ici bas. Puisse Hachem nous aider à l’aimer le plus intensément possible, et ainsi mériter d’assister au Retour de la Sainteté sur notre Terre avec l’arrivée du Machia’h et la reconstruction du Temple qui nous rapprochera à jamais de nôtre Créateur ,Amen !!!
Un Blog WordPress.com. | Thème : Pool par Borja Fernandez.
Entrées et commentaires feeds.