Ki Tétsé – Les enfants responsabilisent leur parents

15 août 2010 à 16:39 | Publié dans 1, Ki Tétsé | Laisser un commentaire
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La paracha de la semaine traite dans les détails les divers cas où un homme va s’unir avec une femme. C’est surtout l’occasion de bien définir ce qui est permis et ce qui est parfois obligatoire. D’où l’évocation de cette veuve qui n’a pas eu d’enfants où la Torah oblige le frère du défunt de la prendre pour épouse et ainsi permettre la continuité de la descendance du disparu. S’il refuse pour diverses raisons il y a la cérémonie de H’alitsa, ainsi la femme n’est plus tenue envers sa belle famille et peut ainsi se remarier avec la personne de son choix.
On voit donc ici l’importance de la cellule familiale, idée que nous dévelpperons dans cet exposé.
Mais revenons au début de la paracha qui commence par le verset suivant : “Quand tu iras en guerre contre tes ennemis, que l’Éternel, ton Dieu, les livrera en ton pouvoir, et que tu leur feras des prisonniers; si tu remarques, dans cette prise, une femme de belle figure, qu’elle te plaise, et que tu la veuilles prendre pour épouse, tu l’emmèneras d’abord dans ta maison; elle se rasera la tête et se coupera les ongles, se dépouillera de son vêtement de captive, demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère, un mois entier. Alors seulement, tu pourras t’approcher d’elle et avoir commerce avec elle, et elle deviendra ainsi ton épouse. S’il arrive que tu n’aies plus de goût pour elle, tu la laisseras partir libre de sa personne, mais tu ne pourras pas la vendre à prix d’argent: tu ne la traiteras plus comme esclave, après lui avoir fait violence.” (Dévarim 21,10-14)
On remarquera que le verset précise que l’homme part en guerre et non pour faire la guerre car c’est Hachem qui se bat et qui décide de livrer les ennemis de son peuple en captivité. Il s’agit ici d’un cas particulier où la Torah, connaissant à la perfection la nature de l’homme, autorise ce dernier à s’unir avec une captive originaire d’une nation ennemie du peuple Juif, qui par sa beauté a été envoyée aux premières rangées afin de détourner la concentration des combattants ennemis et ainsi les pousser à faillir dans leur mission.
De plus, on avait appris dernièrement que les soldats Hébreux étaient tout d’abord les plus grands érudits et les plus pieux parmi les gens du peuple. Mais la Torah n’épargne personne car nul ne saurait résister à l’attirance sexuelle qu’une femme, aussi dépravée soit-elle, provoquerait chez l’homme. Et c’est pourquoi ce soldat pourra la prendre pour épouse après un mois où elle aura été laissée dépérir et convertie par la suite. En effet on devra lui raser la tête, laisser pousser ses ongles, l’isoler pour qu’elle puisse pleurer ses parents et ses origines, et si malgré tout notre combattant la désire toujours, il s’unira avec elle et ainsi elle sera son épouse.
Qu’est-ce que ce texte aurait à nous enseigner de plus si ce n’est la force du Yetser Ara qui pousse l’homme à agir contrairement à tous ses principes?  La Torah étant humaine, l’autorise à s’unir avec cette femme car sinon il n’y résistera pas !!!
Le Yetser Ara est un expert et agit en provoquant chez l’homme l’impression que cette faute lui est autorisée pour une série de raisons. Il se rassurera en pretextant que la Torah ne lui demande pas d’être  un Tsadik mais plutôt d’être respectueux des 613 commandements, un bon Juif en quelque sorte…
Justement, le verset précise “et que tu la veuilles prendre pour épouse”, nos Sages de déduire: pour toi mais pas pour tes enfants. Ce qui signifie que les raisons, pour lesquelles tu te permets l’union avec une femme qui représente le contraire des valeurs que tu voudrais transmettre à tes enfants, ne seront pas justifiées aux yeux des enfants que tu auras avec elle. L’influence destructrice ne sera pas tempérée par toutes ces raisons !!!
 
Souvent on pense que nos enfants peuvent très bien imaginer comme nous des pretextes à nos actions et trouveront le moyen de nous déculpabiliser, alors que c’est totalement faux. Car ce qu’on se permet à postériori en disant qu’on avait pas le choix, devient chez nos enfants une philosophie de vie à priori. Ils ne jugent que les actes et puisque papa agit ainsi, alors nous aussi et c’est tout !!!
Le Kli Yakar nous enseigne qu’en vérité il y a plusieurs endroits dans la Torah où l’on évoque le Yetser Ara. On reconnait facilement agir en dépit de notre conscience simplement parce que la pression sociale est trop grande, même si à priori il serait préférable d’agir différement. On se justifiera on disant que ce ne sont que des interdits de nos Sages mais que la Torah n’est pas vraiment explicite sur le sujet.
C’est pourquoi il est impératif de savoir qu’il est possible de trouver des raisons justifiant nos actes, qu’il est trop dur de nager à contre-sens mais il ne faut pas oublier le regard de nos enfants sur nous. Un gamin qui voit ses parents investits dans le matériel, où tout est axé sur le paraître et non sur l’être, il ne faudrait surtout pas espérer qu’il ait une quelconque attirance vers la démarche spirituelle de la vie, au-delà de ce que la société propose.
Et c’est tout naturellement que la paracha poursuit par l’histoire de cet enfant rebelle, âgé de 12 ans, qu’il faudra tuer et ainsi l’empêcher de devenir criminel. L’histoire nous a montré que ce cas n’est jamais arrivé dans notre peuple, mais la Torah n’écrit jamais des commandements pour rien et la leçon de tout ça est que tout est lié, qu’on ne peut occulter de notre conscience les conséquences de nos actes et que les gens ne sont pas forcément portés vers un jugement circonstentiel de ce qu’on leur montre de nous-mêmes.
Je terminerai en partageant avec vous l’histoire connue sur le Gaon de Vilna qui reçut un jour la visite du boucher du village lui demandant comment se fait-il que son camarade de classe soit devenu Gaon (le plus sage de sa génération) et que lui et ses enfants, de simples bouchers ? le Gaon lui demanda :
_ “quand est-ce que tu as commencé à te préoccuper de l’éducation de tes enfants ?
_ dès qu’ils ont eu l’âge de parler.
_ moi, j’ai commencé lorsque j’ai eu l’âge de 15 ans !!!!!
 
Ce qui nous montre que nous nous devons, par soucis de père et surtout de futur père, nous habituer à agir en fonction de ce que nos enfants comprendraient pour eux-mêmes. Ceci nous responsabilise bien avant d’en avoir et l’on ne pourra jamais dire qu’on observera les mitsvot seulement lorsqu’on mettra nos enfants à l’école juive, car pour bien imprégner nos héritiers des valeurs profondes du judaïsme il faudrait déjà nous éduquer nous-mêmes, afin de jouïr pleinement de l’épanouïssement et de la plénitude dans nos familles !!!

Choftim – Lutter face à la menace psychologique de l’ennemi

8 août 2010 à 10:48 | Publié dans 1, Choftim | Laisser un commentaire
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Cette semaine, la paracha commence par l’ordre de mettre en action, dès l’entrée du peuple Juif en Israël, un appareil juridique et policier agissant avec impartialité et professionalisme. Il y a là une nécéssité de rendre justice rapidement, pas de mise en examen, pas d’emprisonnement le temps de préparer l’accusation. Il est vrai que la justice permet d’éviter les conflits, de protéger les dominés. Mais tout cela n’est que conséquence de la justice mais pas le but recherché. En effet, ce dernier est beaucoup plus métaphysique, car la justice permet à l’homme de purifier son relationnel avec son prochain. Il y a là notion de purification tout comme celle des sacrifices qui permet à l’homme de se rapprocher de l’Eternel. On comprend pourquoi l’animal devait être Cacher mais surtout sans défaut physique, car il est un vecteur de pureté.
Ce préambule nous permet de mieux aborder le sujet de la guerre. Après que Hachem énnoncera précisément ce que signifie la justice durant les trois quarts de la paracha, voici que l’on change de chapitre et le verset d’annoncer: “Quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille, et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, n’en sois pas effrayé; car tu as avec toi l’Éternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte.” (Devarim 20,1)
Rachi explique le rapprochement en disant que si l’on garde la justice scrupuleusement, Hachem nous protègera lors des guerres à venir.
De nos jours avec la menace atomique que l’Iran fait peser sur nous en Israel, les menaces verbales de ces derniers jours qui échauffent les esprits de chacun, ce verset devient des plus actuels. C’est pourquoi il serait intéréssant d’analyser, d’après la Torah, ce que veut dire la peur de l’ennemi. Car le passouk est clair en nous ordonnant de repousser ces sentiments de craintes qui, à priori, sont naturels. Néanmoins, si l’on poursuit notre lecture on s’aperçoit qu’il y a contradiction avec l’ordre de partir en guerre sans crainte de notre vulnérabilité potentielle. Le verset continue: “Or, quand vous serez sur le point de combattre, le pontife s’avancera et parlera au peuple. Il leur dira: “Ecoute, Israël! Vous allez, en ce moment, livrer bataille à vos ennemis; que votre courage ne mollisse point; soyez sans crainte, ne vous laissez ni déconcerter ni terrifier par eux. Car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui marche avec vous, afin de combattre pour vous contre vos ennemis et de vous procurer la victoire.” Ensuite les préposés parleront au peuple en ces termes: “Si quelqu’un a bâti une maison neuve et n’en a pas encore pris possession, qu’il parte et s’en retourne à sa maison; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre en prendrait possession. Si quelqu’un a planté une vigne et n’en a pas encore acquis la jouissance, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre acquerrait cette jouissance. Et si quelqu’un a promis mariage à une femme et ne l’a pas encore épousée, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre homme l’épouserait.” Les préposés adresseront de nouveau la parole au peuple, et diront: “S’il est un homme qui ait peur et dont le cœur soit lâche, qu’il se retire et retourne chez lui, pour que le cœur de ses frères ne défaille point comme le sien!” Alors, les préposés ayant fini de parler au peuple, on placera des officiers de légions à la tête de l’armée.” (Devarim 20,2-9)
On se demande alors, si la Torah prévoit qu’il puisse avoir des morts au combat, pourquoi nous demande-t-elle de ne pas avoir peur de l’ennemi ??? La réponse se trouve dans le verset lui-même si l’on prend la peine de le lire correctement. Il s’agit de la peur des chars, d’un peuple plus nombreux. Qu’est-ce qui engendre la peur ? Le danger lui-même n’effraie pas car objectivement tout le monde sait qu’il y a toujours des morts lors d’un conflit, mais lorsqu’on observe l’ennemi, son arsenal, sa force de frappe, on est pris d’un effroi incontrolable. C’est l’imagination, la projection de ce que pourrait impliquer une défaite qui détruit le morale du soldat. C’est là tout le message qu’Hachem veut nous donner.
Il ne faut pas croire que ce sont les armes, les missiles ou les chars de nos ennemis qui sont la menace, ils ne sont qu’une illusion car en fait Hachem contrôle ces ustensils. Il ne s’agit pas ici de rentrer sa tête dans le sable et attendre de se faire tirer dessus en pensant que peu importe l’arme qui va faire le sale boulot puisque de toute façon le résultat sera le même. Au contraire, on se doit d’anticiper et d’adopter la meilleure stratégie pour gagner le plus facilement. Hachem nous interdit de craindre la menace psychologique de l’ennemi. On a tous en mémoire les défilés des chars russes pendant la guerre froide, ou dernièrement ceux d’Iran. Leur manière n’a pas changé, il y aura toujours quelqu’un pour menacer le peuple Juif, mais notre réaction doit toujours être la même, à savoir que la menace n’est pas directement liée à l’ennemi, ce dernier n’a pas la possibilité d’exécuter tant qu’Hachem ne lui donne pas le feu vert. Tout n’est qu’illusion et c’est l’Eternel qui fait la guerre.
 
Le Hafets Haïm reprend cet enseignement pour aller encore plus loin et dire que la vrai guerre n’est pas celle que nos enemis nous livrent mais surtout celle que notre Yetser Ara nous prépare à chaque moment de la journée. Ce sont les mêmes procédés qui agissent ici. Prenons l’exemple d’un homme qui se lève le matin en prenant la ferme résolution de modifier son quotidien. Aujourd’hui il sera à l’heure à la prière, il ne quittera pas la synagogue avant la fin, il gèrera ses affaires le plus justement et sans compromis, il sera concentré au cours de Torah du soir; toute une révolution dans sa journée !!
Mais le Yetser Ara se prépare également au combat…, il sait que cet homme tiendra ses promesses tant qu’il restera concentré sur ses nouveaux objectifs. Ainsi, il va tout faire pour l’en éloigner. Et c’est parti: le téléphone sonne juste avant que notre homme ne franchisse le pas de la porte pour aller à la synagogue, au milieu de la prière il se souviendra que juste aujourd’hui il avait promis à son épouse de faire les courses avant d’aller au travail, et là dommage que justement aujourd’hui vient l’assureur constater les dégats et qu’il faille arrondir le montant (vers le haut bien sûr). On le comprend mais demain c’est sûr il sera parfait ……
C’est ainsi qu’on prend conscience de l’emprise qu’exerce sur nous cet ennemi intérieur. A chaque fois on a l’impression de ne pas avoir le choix, on voudrait être sur la bonne voie mais encore une fois tout n’est qu’illusion et il nous est difficile de s’en défaire.
 
La justice, c’est cela !! C’est remettre de l’ordre dans notre vie et tout d’abord à l’intérieur de nous mêmes. C’est une chance que D.ieu nous donne d’avoir un mois entier pour se préparer à Roch Hachana, en purifiant notre intérieur par l’introspection, le bilan de nos actions, l’analyse de nos faiblesses, des mauvaises influences, de notre léthargie à accomplir les mitsvot. Hachem nous interdit d’avoir peur, cette peur qui bloque l’esprit, celle qui nous ralentit dans notre engagement, ce “je peux pas, c’est pas pour moi”…
Il faut se dire qu’Hachem fait ce qu’il a à faire, la nature remplit son rôle à merveille, le soleil ne refuse jamais d’éclairer le monde, et les nations attendent toujours de nous voir exemplaire, mais nous est-ce que nous remplissons notre rôle de Juif ? Alors faisons ce que nous avons à faire et au diable les illusions !!!!
Je terminerai en évoquant le message adressé dans la paracha de la semaine dernière. Hachem présente au peuple Juif  le choix entre la bénédiction si l’on suit les commandements de la Torah et la malédiction si on les refusent. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de troisième option, celle du milieu à savoir: accomplir ce qui nous arrange parmi les mitsvot de manière passer entre les mailles en disant “qu’on me laisse tranquille, je veux être ni beni ni maudit !”
C’est impossible, notre histoire nous a montré qu’il n’y a jamais eu de période où l’on a cessé de s’interresser aux juifs.
Souhaitons que  le mois de Eloul nous permette de faire le vide à l’intérieur de nous mêmes et qu’Hachem nous aide à prendre les bonnes résolutions pour l’année à venir !!!!

Re’eh – La bénédiction est à portée de main

2 août 2010 à 13:36 | Publié dans Re'eh | 2 Commentaires
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“Voyez, je vous propose en ce jour, d’une part, la bénédiction, la malédiction de l’autre: la bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, que je vous impose aujourd’hui; et la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd’hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point. Or, quand l’Éternel, ton D.ieu, t’aura installé dans le pays où tu vas pour le conquérir, tu proclameras la bénédiction sur le mont Garizim, la malédiction sur le mont Hébal. (Devarim 11,26-28)

Moché place devant Israël la bénédiction et la malédiction, selon leur obéissance ou non aux lois de D.ieu. Il leur explique que le culte sacrificiel sera établi dans un lieu à déterminer, et exhorte le peuple à ne pas écouter ceux qui voudraient les inciter à l’idolâtrie. En tant que fils d’Hachem, ils doivent se différencier des peuples idolâtres environnant, notamment par leur alimentation. Ils doivent prélever la dîme sur la récolte, aider les pauvres, libérer les esclaves et enfin, accomplir les fêtes de pélerinage.

A priori, cette introduction des bénédictions ainsi que des malédictions dans notre Paracha est superflue du fait que dans Ki Tavo, trois sections plus loin, Moché détaille dans de long versets les différents événements qui surviendront dans le temps si les Bnei Israël suivront les précèptes de la Torah ou non. Quel est donc le sens à ce “Voyez” de notre Paracha?

Rav Chimchone Raphael Hirsh, rabbin de la communauté de Francfort au XIXème siècle, explique qu’en fait lorsque les Léviim ont prononcé la bénédiction sur le mont Garizim et la malédiction sur le mont Hébal, ces montagnes ont reçu l’influence des mots qui ont été dit sur leur sol. Désormais, le mont Garizim est devenu le symbole de la Béra’ha tandis que le mont Hébal représente la Klala. D’ailleurs, à ce jour ces deux montagnes ont gardé par leur aspect extérieur – la verdure pour l’une et l’aridité pour l’autre – leur symbolique.

Le message de Moché vient ici nous enseigner une base de la Avodat Hachem; il ne faut pas seulement avoir à l’esprit qu’à travers l’accomplissement des Mitsvot on est méritant de bénédictions, il est nécéssaire de voir de ses propres yeux la Béra’ha dans sa beauté afin de s’imprégner réellement et avoir une foi inébranlable. On a donc conscience que la bénédiction est à portée de main et qu’il ne faut surtout pas la laisser filer! Nous avons tous un ami ou un proche qui croit en la chance, la destinée comme étant des vecteurs de notre existence. Mais plutôt que de chercher à parfaire leur comportement, ils préfèrent s’adonner aux Ségoulot porte-bonheur afin d’orienter positivement leur Mazal et ainsi trouver la bénédiction dans leurs entreprises. En fait, c’est parce qu’il est difficile pour l’homme de vivre constamment en pensant que chacune de ses actions aura une conséquence sur le coefficient chance de son avenir, qu’il se laisse tenter par ces soi-disant gri-gris moins responsabilisants.

De même la malédiction, qu’Hachem nous en préserve, ne relève pas de forces obscures incontrôlables, nous dépassant. La Torah nous indique clairement que de même que nous voyons l’aridité sur le mont Hébal, nous sommes à mêmes de faire le lien entre nos actes et la malchance qui nous poursuit. La bénédiction comme la malédiction du produit de la terre obéissent au seul bon vouloir d’Hachem. En réalité l’Eternel se soumet au bon vouloir de l’homme dès l’instant où il applique les Mitsvot. La bénédiction lui est acquise à profusion. A contrario, D.ieu se doit de sévir par une malédiction lorsque l’homme se détourne des Mitsvot.

Ne doutons jamais de notre faculté de résister aux séductions de notre penchant au mal. Soyons au contraire bien conscient du fait que notre aptitude à accomplir le bien nous est procurée par Hachem, qui sera avec nous, comme Il nous le dit Lui-même – “que je vous impose aujourd’hui…” N’ayons donc aucune crainte ! Nos Sages nous enseignent en effet (Souka 52a) que le mauvais penchant nous domine constamment tout au long de la journée et que si Hachem ne nous assistait pas, nous serions vaincus !
Ne nous laissons pas davantage aller au désespoir en pensant qu’Il accordera Ses bénédictions uniquement s’il y a de nombreux hommes vertueux ici-bas, et donc qu’il ne sert à rien d’être le seul pieux dans un environnement dépravé… La Torah emploie ici le singulier (“Vois – Re’eh”), pour bien montrer que même l’individu peut être le véhicule par lequel la bénédiction divine se répand dans le monde entier. C’est donc une inviation personnelle qui nous est envoyée dans cette Paracha afin de nous introspecter et prendre conscience de l’extraordinaire cadeau qui nous est donné par Hachem, ce libre arbitre qui fait que nous avons la possibilité d’écrire l’histoire de notre vie à travers l’orientation que nous choisissons de prendre. C’est ce qui fait la supériorité de l’Homme par rapport aux autres créatures de l’Eternel sur la Terre!

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