Houkat – l’admiration des nations devant la profondeur de nos lois

25 juin 2009 at 20:41 | In Houkat | Leave a Comment

“L’Éternel parla à Moïse et à Aaron en ces termes: Ceci est un statut de la loi qu’a prescrit l’Éternel, savoir: Avertis les enfants d’Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug. Vous la remettrez au pontife Eléazar; il la fera conduire hors du camp, et on l’immolera en sa présence. Le pontife Eléazar prendra du sang de l’animal avec le doigt, et il fera, en les dirigeant vers la face de la tente d’assignation, sept aspersions de ce sang. Alors on brûlera la vache sous ses yeux: sa peau, sa chair et son sang, on les brûlera avec sa fiente. Le pontife prendra du bois de cèdre, de l’hysope et de l’écarlate, qu’il jettera dans le feu où se consume la vache.” (Les Nombres 19,1-6)

La Paracha est appelée Houkat avec pour racine ‘Hok’ qui signifie une mitsva que nous ne pouvons pas comprendre, c’est-à-dire que l’explication ou plutôt le sens profond ne nous est pas dévoilé. La Paracha débute donc par l’expression ”ZOT HOUKAT HATORAH” (ceci est le statut de la Torah) en référence à la vache rousse. C’est une mitsva que nous ne pouvons absolument pas comprendre. La Torah emploie le mot ’Hok’ pour désigner une loi qui échappe à l’entendement humain. Rachi commente l’emploi de ce terme, dans notre verset : « du fait que le Satan et les peuples du monde s’en prennent à Israël en invoquant : « qu’est-ce que cette mitsvah et quel sens a-t-elle donc ? », la Torah utilise ici le terme H’OUKA (« statut »), pour nous dire que : « c’est un décret émanant de Moi, et tu n’as pas le droit de le remettre en question. »

D’après l’explication de Rachi, il semble que les nations du Monde se moquent de cette mitsva justement par le fait qu’il n’y a pas de sens, de raison profonde et logique. C’est l’incompréhension que la vache rousse suscite qui invite les peuples à dénigrer les Hébreux. Pourtant dans la Paracha de Vaet’hanane nous observons une contradiction avec cette analyse de Rachi: “Observez-les et pratiquez-les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu’ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront: “Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation!” En effet, où est le peuple assez grand pour avoir des divinités accessibles, comme l’Éternel, notre Dieu, l’est pour nous toutes les fois que nous l’invoquons? Et où est le peuple assez grand pour posséder des lois et des statuts aussi bien ordonnés que toute cette doctrine que je vous présente aujourd’hui?” (Le Deutéronome 4,6-8) Moché Rabénou annonce au peuple Juif que de tout temps les nations envieront ce dernier justement pour la grandeur de ses lois, comment donc concilier ces versets avec le commentaire de Rachi qui relève plutôt la moquerie que nos lois et statuts réveillent chez les autres peuples de la Terre?

Rabbi Yaacov Neumann dans son livre Darkei Moussar nous répond en disant qu’au début, les nations se sont vantées d’être au-dessus de ces lois qui sont souvent incompréhensibles, mais lorsqu’elles ont vu comment, à travers le temps le peuple Juif a éclairé le Monde par ses sages, entièrement pénétrés par la profondeur de la Torah, ils ne purent que constater, non sans cacher une énorme jalousie, que les mitsvot dans leur ensemble, y compris celles dont le sens profond n’a pas été révélé, élèvent l’homme bien au-dessus d’une vie terre à terre! Le fait d’appliquer à la lettre des lois comme la pureté familiale et la cacherout, apporte aux Hébreux une sainteté qui s’exprime à travers la grandiosité des réalisations tant au niveau des sciences que de la pensée juive; “Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation!”

Korah – l’égalitarisme est une rébellion devant l’Eternel

19 juin 2009 at 13:33 | In Korah | Leave a Comment
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La paracha débute par un épisode difficile à comprendre tant la vengence d’Hachem fut violente, et pourtant au XXIème siècle, ce combat de Korah pour la démocratie a tout l’air honorable voire exemplaire. Que s’est-il passé pour que lui et ses deux cent cinquante acolytes soient exterminés de la sorte, comme en témoignent les versets: “la terre ouvrit son sein et les dévora, eux et leurs maisons, et tous les gens de Korah, et tous leurs biens. Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée. Et tous les Israélites qui étaient autour d’eux s’enfuirent à leurs cris, disant:”La terre pourrait bien nous engloutir!” Puis un feu s’élança de devant le Seigneur, et consuma les deux cent cinquante hommes qui avaient offert l’encens.” (Bamidbar 16,32-35)

Si l’on relit l’histoire telle qu’elle nous est contée dans la paracha, nous nous apercevrons que Korah n’a pas été accusé de rébellion face à Moché et Aharon mais contre l’Eternel. “Alors Moïse dit: “Par ceci vous reconnaîtrez que c’est l’Éternel qui m’a donné mission d’accomplir toutes ces choses, que je n’ai rien fait de mon chef: si ces gens meurent comme meurent tous les hommes; si la commune destinée des hommes doit être aussi la leur, ce n’est pas Dieu qui m’a envoyé. Mais si l’Éternel produit un phénomène; si la terre ouvre son sein pour les engloutir avec tout ce qui est à eux, et qu’ils descendent vivants dans la tombe, vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,28-30)

Pourtant dès l’ouverture de notre paracha on observe que Korah s’offusque envers les deux dirrigeants du peuple Juif et leur repproche d’avoir pris en mains la destinée des Hébreux alors que chacun a la possibilité de se gérer tout seul: “Ils s’avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d’Israël, princes de la communauté, membres des réunions, personnages notables; et, s’étant attroupés autour de Moïse et d’Aaron, ils leur dirent: “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” (idem 16,2-3)

Pourquoi Moché considéra cette revendication comme une rébellion devant l’Eternel? “Et Moïse dit à Korah: “Or, écoutez, enfants de Lévi. C’est donc peu, pour vous, que le Dieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir? Il t’a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous réclamez encore le sacerdoce! En vérité, toi et toute ta bande, c’est contre l’Éternel que vous vous êtes ligués; car Aaron, qu’est-il, pour que vous murmuriez contre lui?” (idem 16,8-11)

En fait, pour comprendre et donner un sens à cet épisode douloureux de la traversée du désert, il nous faut tout d’abord expliquer ces versets: “Moïse, en les entendant, se jeta sur sa face; puis il parla à Korah et à toute sa faction, en ces termes: “Demain, le Seigneur fera savoir qui est digne de lui, qui est le saint qu’il admet auprès de lui; celui qu’il aura élu, il le laissera approcher de lui.” (idem 16,4-5) Rachi nous éclaire avec le Midrache suivant: “Demain” Moché s’adressa à Korah et lui dit: “Hachem a limité le monde par des cloisons, pourriez-vous inverser le matin au soir? De la même manière il est impossible d’anuler la hiérarchie”. Cet enseignement nous impose la question à savoir pourquoi Moché compare Korah à un homme voulant inverser le jour et la nuit? Voulait-il changer l’ordre de la création du monde lorsqu’il revendiqua le droit au sacerdoce?

Le Kli Yakar répond qu’effectivement, Korah a été diplomate mais au fond de lui se cachait une rébellion envers le Créateur du Monde. Si Korah affirmait qu’Hachem n’avait pas choisi Moché et Aharon, nous aurions compris qu’il ne reconnaissait pas la prophétie de Moché. Mais ce révolutionaire a été beaucoup plus loin lorsqu’il affirma “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” Korah a renié le choix d’un prophète ou un Cohen parmis l’assemblée, jugeant que chacun est saint, et par conséquence Moché et Aharon s’élèvent comme des dictateurs. Pourtant, une des bases de la foi juive est la force de la Havdala, la séparation. A la sortie de Chabbat, nous disons cette phrase: Celui qui sépare le Kodech du ‘Hol, la lumière de l’obscurité, Israël des nations, le septième jour des six jours d’activité. Quelle est la raison pour laquelle nous mentionons toutes ces différences alors qu’il suffirait, à priori, de rappeler uniquement la sainteté de Chabbat par rapport aux autres jours de la semaine? Il faut donc déduire que la Havdala n’est pas réduite à une bénédiction de séparation, mais un concept unique en soi relié aux autres ’séparations’. La seule présence de cette notion de Havdala est en soi un témoignage de la présence divine, du Maître du Monde. Comment?

Prenons l’exemple d’un employé d’usine qui s’en prendrait à son supérieur hiérarchique en lui disant: Ne me dis pas ce que j’ai à faire! De quel droit tu me prends de haut? Es-tu plus intelligeant que moi? Nous sommes tous égaux devant la loi!… Il ne fait aucun doute que même si le directeur était sénile, et que tous les employés étaient à la même enseigne, de toutes les manières la revendication de cet homme ne vaut rien. Si l’usine vivait dans l’anarchie totale nous aurions compris et encouragé cet employé. Mais la logique veut qu’il y ait un patron qui décide selon son bon vouloir et c’est comme cela que fonctionnent les millions d’usines dans le monde. Ce patron a tous les droits et quand bien même il aurait nommé un chef de production pas compétent, se rebeller contre ce dernier reviendrait à s’en prendre au PDG directement!

C’est pourquoi, le fait même qu’Hachem a instauré dans la création du monde ce pouvoir de séparer, met un lien direct entre notre foi en un Créateur célèste et le pouvoir qu’Il a de classifier et de partager les rôles selon Sa volonté. Celui qui affirme qu’il n’y a pas de supériorité du saint sur le profane, d’Israël sur les nations, parce que tout les hommes sont égaux, est tout simplement en train de renier Hachem et Sa création quant bien même ses propos semblent humanistes. Par extension, nous comprenons maintenant le lien, qui n’est pas un hasard, entre ceux qui mettent au même niveau les hommes et les animaux, les socialistes avec comme porte drapeau la parité, l’égalité, et toutes ces associations de défense des animaux dirrigées par des athés généralement hostiles aux Juifs…

Moché Rabeinou a percé le fond de la pensée de Korah. En apparence, c’est un révolutionaire franc voulant se rapprocher de la ‘kedoucha’ et la redistribuer équitablement aux Bnei Israël. Mais en fait, ce qui se cachait derrière cette revendication d’égalitarisme, n’était rien d’autre qu’une remise en question de l’ordre divin, “vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,30) ! Et c’est tout naturellement que nous comprenons pourquoi Korah et sa bande ont péri de cette manière comme en témoigne le verset “Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée.” (idem 16,33) Ajoutons que c’est la seule fois dans l’Histoire où l’Eternel agit ainsi car du fait que Korah et ses acolytes ont renié la création du monde telle qu’elle a été exécutée par Hachem, il fallait donc une réponse surnaturelle pour les éradiquer de la Terre. Aucun élément de la nature n’a été utilisé, ni les maladies, ni l’agonie, ni la mort naturelle. La fin de Korah a été un des plus grands témoignages de l’Histoire qu’il y a bel et bien un Maître du monde, ce fut donc un grand moment de gloire pour l’Eternel !

Chela’h le’ha – La perception tragique des explorateurs

12 juin 2009 at 13:52 | In Chela'h le'ha | Leave a Comment
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La paracha traîte en détail le douloureux épisode des explorateurs envoyés par Moché Rabeinou afin de décrire la Terre promise et rassurer le peuple Juif s’apprêtant à la conquérir. Mais par l’amplification exagérée de la description, ils découragèrent cette population apeurée: “Mais il est puissant le peuple qui habite ce pays! Puis, les villes sont fortifiées et très grandes, et même nous y avons vu des descendants d’Anak! Amalec habite la région du midi; le Héthéen, le Jébuséen et l’Amorréen habitent la montagne, et le Cananéen occupe le littoral et la rive du Jourdain. Caleb fit taire le peuple soulevé contre Moïse, et dit: “Montons, montons-y et prenons-en possession, car certes nous en serons vainqueurs! Mais les hommes qui étaient partis avec lui, dirent: “Nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous”. Et ils décrièrent le pays qu’ils avaient exploré, en disant aux enfants d’Israël: “Le pays que nous avons parcouru pour l’explorer est un pays qui dévorerait ses habitants; quant au peuple que nous y avons vu, ce sont tous gens de haute taille. Nous y avons même vu les Nefilîm, les enfants d’Anak, descendants des Nefilîm: nous étions à nos propres yeux comme des sauterelles, et ainsi étions-nous à leurs yeux.” (Les Nombres – Chapitre 13, 28-33)

Moché se tourna vers Hachem et tenta d’apaiser sa colère suite au désaveu de son peuple: “Maintenant donc, de grâce, que la puissance d’Adonaï se déploie, comme tu l’as déclaré en disant: “L’Éternel est plein de longanimité et de bienveillance; il supporte le crime et la rébellion, sans toutefois les absoudre, faisant justice du crime des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération.”Oh! Pardonne le crime de ce peuple selon ta clémence infinie, et comme tu as pardonné à ce peuple depuis l’Egypte jusqu’ici!” L’Éternel répondit: “Je pardonne, selon ta demande. Mais, aussi vrai que je suis vivant et que la majesté de l’Éternel remplit toute la terre, tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges, en Egypte et dans le désert, et qui m’ont tenté dix fois déjà, et n’ont pas obéi à ma voix, jamais ils ne verront ce pays que j’ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point! Pour mon serviteur Caleb, attendu qu’il a été animé d’un esprit différent et m’est resté pleinement fidèle, je le ferai entrer dans le pays où il a pénétré, et sa postérité le possédera. Or, l’Amalécite et le Cananéen occupent la vallée: demain, changez de direction et partez pour le désert, du côté de la mer des Joncs.” (Les Nombres – Chapitre 14, 17-25)

Et c’est ainsi que la destinée des Hébreux bascula soudainement, Hachem les fit traverser le désert durant quarante ans afin que seule, la future génération puisse entrer en Israël, celle qui n’aura pas fauté avec les explorateurs. Si on observe les derniers versets, on constate que l’Eternel emploie plusieurs fois le terme de vision: “tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges…jamais ils ne verront ce pays que j’ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point!” Il apparaît clairement une relation de cause à effet relative au fait de voir. Quel est le sens de cette faute et de la punition par la vision?

Lors de l’épisode du don de la Torah au Mont Sinaï, le verset témoigne à nouveau de la vision des Bnei Israël: “Or, tout le peuple fut témoin de ces tonnerres, de ces feux, de ce bruit de cor, de cette montagne fumante et le peuple à cette vue, trembla et se tint à distance.” (L’Exode – Chapitre 20,14) Il nous faut comprendre la raison pour laquelle Hachem fit ce miracle où son peuple fut capable de voir les tonnerres, pas seulement les entendre!

La différence entre voir et entendre est comme le jour et la nuit: le sens de l’ouïe est un réceptacle du pan spirituel chez l’homme. En effet, les sons perçus par l’oreille sont traduits en messages par le cerveau qui, grâce à l’imagination, donnera une image matérielle précise. En revanche, le sens visuel permet aux hommes de percevoir directement le matériel et c’est à ces derniers de transcrire la vision en message. Evidemment que tout ceci est limité; celui qui voit ne pourra jamais décrire sa vision parfaitement, de même que celui qui écoute la description de tel ou tel objet ne pourra jamais l’imaginer aussi bien que celui qui le voit réellement.

Le don de la Torah était un événement spirituel à cent pour cent et de ce fait, les yeux ne pouvaient pas percevoir ne serait-ce qu’un seul moment de ce qui se passait. Seules les oreilles ont entendu et transmis les sons au cerveau, mais si Hachem n’avait pas fait ce miracle où les yeux ont pu voir les sons des tonnerres, le don de la Torah n’aurait pas été parfait dans le sens où les cinq sens n’auraient pas perçu l’événement dans son entité ! C’est pourquoi dans notre paracha Hachem rappelle que “tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges, en Egypte et dans le désert, et qui m’ont tenté dix fois déjà, et n’ont pas obéi à ma voix, jamais ils ne verront ce pays que j’ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point!” L’Eternel nous enseigne ici que ceux qui ont vu ce que la vision humaine ne peut percevoir et n’ont pas gravé dans leur mémoire cette image surréalistes de la perception des sons, ne peuvent pas ambitionner au privilège de fouler le sol de la Terre Sainte et c’est justement pour cela qu’ils ont fauté avec les explorateurs. Cette fameuse Terre où coule le lait et le miel, c’est-à-dire recélant des trésors naturels et pouvant apporter à ses habitants une richesse matérielle sans limites, est source de dangers pour celui qui y entre sans préparation antérieure. Pourquoi? Tout simplement parce que toute terre conquise doit être déffrichée, travaillée, afin de devenir viable, l’homme doit construire des routes, des villes, des ponts, il doit aussi gérer l’économie, etc… Non seulement ce sont des choses qui poussent l’homme à agir de part sa nature, mais surtout ce sont des éléments essentiels à  tout pays en construction. Le danger ici est que ces devoirs impératifs sur le plan matériel occulteront la dimension spirituelle d’Erets Israël, la Torah sera mise au rebus. C’est pourquoi Hachem rappelle l’événement du don de la Torah dans le livre de Dévarim: “Mais aussi garde-toi, et évite avec soin, pour ton salut, d’oublier les événements dont tes yeux furent témoins, de les laisser échapper de ta pensée, à aucun moment de ton existence! Fais-les connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants!” (Le Deutéronome – Chapitre 4,9) Celui qui était présent à ce moment et qui a vu les tonnerres, a intégré en lui la Torah comme étant palpable, perceptible, et autant essentielle que la construction matérielle du pays, voire même comme étant la seule chose réellement concrète et tout le reste n’est qu’illusion. Cet homme aura compris qu’il faut tout d’abord se soucier des infrastructures liées à la Torah avant d’engager les travaux de la terre d’Israël!

Celui qui ‘voit’ aujourd’hui encore la ‘gloire d’Hachem’ avec la même intensité que ses ailleux au Mont Sinaï pourra observer la Terre Sainte avec la vision et la proportion adéquates. En revanche celui qui ne la voit pas avec ces mêmes yeux, pour lui la vision de cette terre est un danger: “eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point!” Rav Chimchone Raphael Hirsh nous révèle ici la juste vision qu’il nous faut avoir quant à ce petit pays tant convoité par nos ennemis. C’est une ambition d’élevation spirituelle uniquement qui nous garantira la pérénité de notre peuple en sa terre.

 A l’heure où l’Occident comme l’Orient nous ordonne pratiquement de partager ce pays et sa ville sainte de Jérusalem, il nous incombe de nous renforcer idéologiquement et à  réfléchir au sens que nous voulons donner à  nos vies sur cette terre bénie d’Hachem et qui ne peut supporter l’abomination quotidienne qui est générée sur son sol! Ainsi, les nations du monde reconnaîtront l’exclusivité du peuple Juif sur sa terre et par cela, l’unicité du Maître du Monde dans l’univers !

Béaaloté’ha – La Ménora: le lien entre Hachem et le peuple Juif

1 juin 2009 at 17:06 | In Béaaloté'ha | Leave a Comment
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La paracha de cette semaine commence par l’ordre divin d’allumer tous les jours les sept veilleuses de la Ménora du Michkane: “Parle à Aaron et dis-lui: Quand tu disposeras les lampes, c’est vis-à-vis de la face du candélabre que les sept lampes doivent projeter la lumière.”(Bamidbar 8,2) Hachem précise à Moché la nécéssité de construire un candélabre d’une seule pièce en or où toutes ses branches seront rattachés à celle du milieu sans quelconque soudure. Et c’est alors que l’on s’interroge pourquoi Hachem répète-il ce détail alors qu’il avait été explicite dans les parachiyote Térouma et Vayakel, et quelle est donc la raison de cette redondance ???
En fait le verset fait suite à la recommendation d’avoir les bougies orientées vers la bougie centrale, ce qui n’est pas simplement un détail mais une allusion à notre façon de vivre telle qu’elle devrait être sur le plan matériel comme spirituel.
Le Sfourno, grand commentateur de la Torah en Italie au XVI siècle, explique que les trois lampes à droite et les trois autres de gauche servent ensembles celle du milieu qui représente la volonté divine. Et c’est l’expression que l’on a retrouvé lorsque les Juifs ont dit ensemble :”tout ce que voudra Hachem nous ferons” au pluriel, c’est à dire qu’avec le concours de toutes les forces réunies vers un même but nous répondrons à son appel.
On comprend donc que chaque membre du peuple juif ne peut pas servir son créateur dans son coin, reclus de la société car la Torah nous a été donnée alors que nous étions tous réunis autour d’une même montagne. Bien sûr que dans l’urgence on protège d’abord ses intérêts mais cela ne doit pas être une vision de la vie en général.
 
Néanmoins, même après être arrivé à ce stade l’homme se demande: faut-il tout donner quitte à ne pas profiter de son aisance ? Est-ce qu’on ne pourrait pas diviser une partie pour soi et l’autre pour le prochain ??? C’est la vision chrétienne des choses, vivre pour la cause. Hachem voit les choses complètement différamment, car en fait si l’un réussit dans ses entreprises et vit aisément, c’est d’abord Hachem qui l’a désiré. Pour la simple raison que chacun a ses propres qualités qui l’aidront dans son service Divin.
 
On pourrait illustrer cela par la parabole suivante: Réouven se rend dans un restaurant luxueux et rencontre Simon qui en sort. Les deux travaillent pour la même société et Simon lui confie avoir mangé avec ses potes sur le compte de cette dernière. Réouven fait de même et le lendemain les deux se retrouvent dans le bureau du patron. Simon est remboursé mais pas Réouven. Le patron s’explique en disant que Simon invite des gros clients et leur fait signer des contrats juteux à la fin du repas, donc le repas fait parti du business alors que Réouven ne rapporte rien au groupe.
Le message se décrypte tout seul: un riche peut profiter de ses biens – car ils lui ont été destiné – mais pas gratuitement, sans contrepartie. Car grâce à cela il pourra avoir plus d’invités chez lui par exemple, aider les institutions toraniques, engager plus d’ouvriers pieux et honnêtes. Ses beaux habits le représenteront dans son niveau social et par ricochet il honorera la communité auprès des nations. Cet homme se posera toujours la question comment servir la communauté à travers ses affaires. Il ne divise pas une partie pour lui et une autre pour la communauté, il est investi complètement pour Hachem et c’est cela qui le différencie des autres riches car lui, il dépense mais pour le compte de la société.
C’est pour cela qu’Hachem répète ici encore la nécéssité d’avoir une Ménora (qui représente le lien entre Hachem et le peuple Juif) conçue d’une seule pièce pour évoquer à l’homme la mission qui lui est confiée, à savoir vivre complètement pour honorer le Créateur tel que l’ont enseigné nos sages dans Pirkei Avot (les Maximes de nos Pères) : tous tes actes, tous tes investissement seront Léchem Chamaïm, pour la gloire d’Hachem !!

Tazria – le lien entre la circoncision et la pureté

1 juin 2009 at 16:41 | In Tazria | Leave a Comment
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La paracha de Tazria traite des différentes notions relatives à la pureté et l’impureté. Les premiers versets évoquent la naissance d’un enfant ; mâle ou femelle et des incidences sur la mère au niveau de la pureté. Depuis la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 68 de l’ère moderne, ces notions ont diminué en nombre mais depuis toujours le peuple Juif se caractérise notamment par le respect de ce qu’on appelle la pureté familiale, autrement dit les lois de séparation du couple pendant la période des règles et suivant un accouchement.

 Mais ce qui est surprenant c’est l’association dans le texte de la mitzva de Mila à celle des lois de pureté, car le verset indique que la mère devient impure durant les sept jours suivant la naissance du garçon et que le 8eme jour sera celui de la circoncision. Notons dans le verset la liaison des deux thèmes par « et le 8e jour ». Quelle relation peut on établir entre deux sujets, la circoncision et la pureté de la femme juive ?

 

Le Midrache Tan’houma nous rapporte à ce sujet un dialogue ; « Tournousroupous le mécréant demanda un jour a Rabbi Akiva,

-         Quelles sont les plus belles réalisations ? celles d’Hachem ou celles de l’homme ?

-         celles de l’homme répondit Rabbi Akiva…

-         alors pourquoi faites-vous la circoncision ?

Rabbi Akiva lui apporta un épi de blé ainsi qu’un morceau de pain et s’écria ; voici la réalisation d’Hachem et voici celle de l’homme (montrant le pain plus beau que le blé), n’est elle pas plus belle ?

-         Si Hachem veut que ses enfants soient circoncis, pourquoi ne naissent-ils pas déjà circoncis ?

-         Car l’Eternel bénit soit-Il n’a donné les mitzvot à son peuple que pour l’associer à sa création. Ainsi le roi David le dit dans les Psaumes ; « les paroles de D.ieu associent, et Il protège tous ceux qui Le craignent. »

 Nous n’avons aucune idée de la profondeur et de la portée de ce dialogue entre l’impie et le sage de la génération !!!!

Est-ce que l’intention du voyou était de demander pourquoi Hachem n’a pas créé le monde sans que l’homme n’ait à intervenir, ou bien il réside une interrogation profonde derrière cela ? De toute façon il nous faut tirer la leçon derrière la réponse de Rabbi Akiva.

 Tournousroupous le mécréant n’a pas vu dans l’acte de circoncision quelque chose d’autre qu’un simple geste chirurgical, l’extraction d’un morceau de chaire superflu, c’est donc la raison de sa question à savoir que si Hachem l’avait voulu, il aurait fait naître les garçons déjà circoncis ? A nous de comprendre maintenant l’allusion du pain dans la réponse du sage.

Le processus de fabrication du pain est très long. Il commence par la semence des grains de blé, le travail sur-le-champ, la moisson et la moulure du blé pour terminer par la fermentation de la pâte, et la cuisson enfin dans le four. C’est la main indispensable de l’homme qui permet à priori la réalisation de ce pain. Mais en fait il faut savoir que lors de la création du monde le pain poussait directement prêt à la consommation, Adam n’avait qu’à consommer sans efforts et le monde était parfait tel quel sans intervention de l’homme. C’est après la faute d’Adam que l’homme fut maudit: “Parce que tu as cédé à la voix de ton épouse, et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais enjoint de ne pas manger, maudite est la terre à cause de toi: c’est avec effort que tu en tireras ta nourriture, tant que tu vivras.”(Béréchit 3;17) De ce fait la terre fut modifiée dans son programme et ne fit pousser que des matières premières !!!

Ceci nous paraît invraisemblable et pourtant nos sages témoignent qu’à la fin des temps, lors de la venue du Machia’h, Hachem fera souffler un vent purificateur sur terre et pousseront des pains et ustensiles pour la Mila !!!

C’est la raison pour laquelle Rabbi Akiva a voulu nous enseigner le message profond derrière l’ordre divin de la circoncision des males. Telle la malédiction envoyée sur Terre que nous avons évoqué, la Orla (ce morceau de chaire que nous enlevons) n’est pas un organe naturel chez l’homme mais seulement l’expression de cet environnement chargé d’impureté qui entoure l’homme depuis le péché originel. C’est ainsi que nous pratiquons l’ablation de ce petit bout de chaire pour permettre au nourrisson de se développer sur le plan spirituel et vivre dans la sainteté. C’est la raison pour laquelle cet acte doit être réalise par l’homme car Hachem veut « associer » l’homme dans son projet, en lui permettant de se purifier de ses impuretés, voilà le rôle de la Mila.

 Par cela nous comprenons la loi stipulant que celui qui fait le vœu de ne pas profiter des objets appartenant à un non circoncis, s’interdit automatiquement le profit des biens d’un non juif circoncis. La raison est que la circoncision ne peut enlever l’impureté au non juif car il n’est pas ordonné par les mitzvot. On comprend de cela qu’il ne s’agit pas d’un geste simple mais un moyen d’ouvrir son être vers les chemins de la vie dans la pureté. Seul le Juif a ce devoir !!!

 Ici se trame le lien entre le début de la paracha qui traite de la période d’impureté suite à l’accouchement, et celui de la circoncision qui suit. Eve a été punie par : “J’aggraverai tes labeurs et ta grossesse; tu enfanteras avec douleur; la passion t’attirera, vers ton époux, et lui te dominera.”.”(Béréchit 3;16) C’est pourquoi l’accouchement de l’enfant se fait dans le sang et la douleur. C’est ce qui oblige la mère à se purifier pendant sept jours afin de permettre à l’enfant de continuer ce chemin de purification en réalisant la circoncision le 8eme jour.

 On peut terminer en disant que cette paracha traite finalement d’un cheminement purificateur, incluant les deux sexes de la création. Ce qui signifie qu’il touche l’ensemble du peuple juif à savoir que le rapprochement de l’homme vers l’Eternel passe obligatoirement par le respect des lois de pureté, qui lui permettent d’accomplir les mitzvot et devenir un fil conducteur, acteur dans la création du monde !!!

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