Parachat Mikets – Les rêves de Pharaon

21 décembre 2008 at 19:28 | In mikets | 1 Comment
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jettez un oeil sur cet article original !

Les sept vaches grasses

Sachez exploiter votre rêve

Vache grasse n°1 : l’économie.

Vache grasse n°2 : la liberté et la démocratie.

Vache grasse n°3 : la technologie moderne (l’automobile, l’ouvre-boîte électrique, l’Internet).

Vache grasse n°4 : la médecine moderne (la neurochirurgie, le Prozac, les lentilles de contact colorées).

Vache grasse n°5 : la communauté juive (Albert Einstein, Gad Elmaleh, Pierre Mendès-France).

Vache grasse n°6 : l’état politique de la nation (les Juifs vivant sur leur terre sous un gouvernement juif, etc, etc).

Vache grasse n°7 : l’état spirituel de la nation (une abondance de yéchivas, de synagogues, de centres communautaires, de cours de Paracha, de Talmud, de Kabbala, de rabbins, de rabbis et de gourous comme jamais auparavant).

Et voici que sept autres vaches montaient du Fleuve après elles, celles-là chétives et maigres, et s’arrêtèrent près des premières au bord du fleuve. (Genèse 41, 3)

Vache maigre n°1 : l’économie.

Vache maigre n°2 : la liberté et la démocratie.

Vache maigre n°3 : la technologie moderne.

Vache maigre n°4 : les coupes dans le budget de la santé.

Vache maigre n°5 : la communauté juive.

Vache maigre n°6 : l’état politique de la nation.

Vache grasse n°7 : l’état spirituel de la nation.

 L’un des détails importants, mais peu analysé, du célèbre rêve de Pharaon est le fait qu’au départ les sept vaches grasses et les sept vache maigres se tenaient côte à côte sur la rive du fleuve. En d’autres termes, les quatorze vaches existaient simultanément dans ce rêve, contrairement à ce qui s’est déroulé dans la réalité où les sept années de famine ont succédé aux sept années de plénitude.

C’est la raison pour laquelle les sages de Pharaon, qui avancèrent toutes sortes d’interprétations exotiques à son rêve (par exemple « sept filles te naîtront et sept filles mourront »), n’admettaient pas cette solution qui était pourtant l’évidence même. Quand les vaches sont-elles grasses ? Quand les récoltes sont abondantes ! Et quand sont-elles décharnées ? En temps de famine. Et il en va de même pour les épis de blé gras et maigres. Quoi de plus évident ?

Mais Pharaon avait vu les vaches grasses et les vaches maigres paître ensemble. Il est impossible d’avoir des années d’abondance et des années de famine en même temps, disaient les sages. Les rêves doivent avoir un autre sens, moins évident, de plus métaphorique.

Le génie de Joseph fut de comprendre que les rêves de Pharaon n’annonçaient pas seulement les événements à venir, mais enseignaient également comment y faire face : ils disaient à Pharaon de faire en sorte que les sept années d’abondance coexistent avec les sept années de famine. Quand Joseph instruisit Pharaon sur la manière de se préparer à la famine annoncée, il n’offrait pas un conseil non sollicité : ce conseil était partie intégrante de l’interprétation du rêve. Si tu gardes le surplus de la récolte des années de richesse, disait Joseph, alors les sept vaches grasses seront toujours présentes lorsque les sept vaches maigres sortiront de la rivière et ces dernières auront de quoi manger.

Les Maîtres de la ‘ Hassidout remarquent que le premier galout (« exil ») du peuple juif se produisit dans une brume de rêves. Les rêves de Joseph, les rêves du boulanger et de l’échanson et les rêves du Pharaon conduisirent Joseph, puis toute sa famille, en Égypte où ils allaient subir l’exil, l’esclavage et les persécutions jusqu’à leur libération par Moïse, plus de deux siècles plus tard. Il est à noter que l’exil précédent de Jacob à ‘Haran avait également commencé et terminé par des rêves.

Ceci car le galout est en soi un rêve : un état d’existence parcouru de métaphores obscures, de terrifiantes exagérations et d’impossibilités rationnelles. Un état dans lequel les vaches grasses et les vaches maigres vivent simultanément, dans lequel une vache peut même être à la fois grasse et maigre.

Le galout est un lieu où une économie florissante est à la fois une bénédiction et une malédiction, où le courant de liberté qui bouillonne révèle en l’homme le meilleur comme le pire, où le Web conquérant véhicule la sagesse et l’abomination, où nous sommes saturés de spiritualité et en même temps spirituellement démunis.

Mais il existe une solution à ce désordre cosmique. Écoutons parler Joseph (Pharaon lui-même sait reconnaître un bon conseil quand il en entend un). Ne fuyez pas le rêve, dit Joseph. Ne lui cherchez pas d’autres explications. Utilisez-le. Si le galout vous présente le paradoxe des vaches grasses et des vaches maigres, paissant côte à côte sur le bord du fleuve, utilisez les vaches grasses pour nourrir les vaches maigres. Faites du rêve lui-même la solution.

Parachat Vayéchev – Yossef vendu par ses frères

21 décembre 2008 at 17:15 | In Vayechev | Leave a Comment
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La parachat Vayéchev commence par un événement dramatique, qui jusqu’à la fin des temps bousculera notre esprit, la vente de Yossef par ses frères. C’est incontestablement l’une des histoires les plus troublantes de la Torah. Le degré d’élévation spirituel des fils de Yaacov dépasse l’entendement de chacun de nous, si bien qu’il nous est presque impossible de tenter une quelconque explication de ce qui a pu être leur motivation à se séparer de leur frère en l’envoyant en exil, loin de son père, vendu en esclave. La gravité de cette faute fera que des siècles plus tard, Rabbi Akiva et 9 autres tsadikim furent exécutés dans une barbarie extrême afin d’expier la faute des 10 frères de Yossef (Binyamine n’ayant pas participé à cet épisode).

 

Le fait que la décision de vendre Yossef fut à l’unanimité, nous indique que les frères  étaient tous convaincus d’agir selon de règles de justice des plus claires. Le verset indique “et ils se sont assis pour manger du pain”(37,25), ce qui signifie sans ambiguïté que leur décision était prise en toute conscience et après avoir jeté Yossef dans un trou, ils déjeunèrent tranquillement en attendant qu’une caravane de commerçants nomades vienne à leur rencontre et acheter Yossef pour esclave.

D’un autre coté, lorsque Yossef, devenu vice roi en Egypte reconnut ses frères venus lui acheter du blé et ainsi survivre à la famine, pris Shimon comme otage en attendant de voir Binyamine, ces derniers se lamentèrent en faisant un rapprochement de leur situation avec celle de Yossef au moment de la vente; “mais nous sommes coupables d’avoir vu la souffrance de notre frère nous suppliant et nous ne l’avons pas entendu, c’est pour cela que vient sur nous ce malheur.” Nous observons que les frères ont compris 14 ans plus tard que leur erreur était d’avoir agi envers Yossef de manière pragmatique voire froide alors qu’ils auraient du faire preuve de jugement plus humain. Mais il ne s’agit en aucun cas de regretter de quelque manière que se soit d’avoir jugé leur frère, néanmoins c’est surtout de l’avoir fait avec des préjugés qui les firent douter de leur clairvoyance.

Quel était donc le motif pour lequel ils sont arrivés a agir de telle sorte; et quelle est la raison pour laquelle ils n’ont pas jugé bon de demander à Yaacov leur père de trouver lui-même la réponse adaptée face au problème existentiel que leur posait Yossef ?

la réponse que nous propose le Sfourno est des plus subtiles ; les frères de Yossef savaient parfaitement que chacun d’entre eux avait une mission spécifique dans le projet spirituel du peuple Juif et c’est la raison pour laquelle ils ne comprenaient ni pourquoi Yossef se permettait d’ambitionner à devenir le premier de la lignée des rois d’Israël, ni pourquoi leur père avait sciemment approuver les intentions de son fils en lui offrant une tunique à rayures, symbole du roi vêtu d’habits de grande valeur.

De plus, comme nous l’explique le Maguid de Doubno, les frères savaient que l’un d’entre eux allait donner naissance à la lignée des rois d’Israël, mais en même temps ils n’imaginaient pas que Yossef pouvait être l’élu du fait de son comportement hautain envers eux et la facilité avec laquelle il se permettait de raconter à Yaacov tous leurs méfaits, lorsqu’on sait que la mission première du roi est d’être le représentant d’Hachem, avec toute l’humilité que ça nécessite !!!

Enfin, du fait que Yaacov avait pris parti pour Yossef en lui offrant cette fameuse tunique, ses autres fils n’ont à aucun moment jugé utile d’en parler à leur père, le considérant parti prenante donc dans l’impossibilité totale d’apporter une solution partiale et juste à ce problème. Là, résidait leur erreur et cet exemple nous aidera à saisir encore plus fort le message qui est transmis ici à chacun d’entre nous:

Un groupe de personnes sur un bateau guette à l’horizon la terre ferme quand soudain le capitaine muni de ses jumelles s’écrie ‘terre a bâbord’! Les gens suivent son regard mais ne voient rien à vu d’oeil, alors ils le traitent de menteur. Mais l’un d’entre eux les fait taire en leur disant ‘comment pouvez-vous douter du capitaine alors qu’il est le seul a disposer de jumelles pour voir au loin?’

 

Comment les fils de Yaacov pouvaient penser que leur père voyait les choses du même objectif qu’eux? Yaacov, le plus parfait des Avot, son visage gravé sur l’un des pieds du trône céleste, jugerait les situations de manière subjective? Est-ce qu’on pouvait parler de décision à la majorité quand Yaacov disposait d’un champ de vision mille fois plus grand que ses propres enfants?

Voila comment l’homme peut passer complètement à cote de sa vie et des bonnes décisions quand il ne prend pas la peine de demander conseils aux grands de la génération, aux rabbanim qui voient par discernement alors que lui est dans le flou !!!

 

Si jamais nous pouvions à notre niveau transposer l’histoire de la vente de Yossef par ses frères dans notre vie quotidienne, nous verrions facilement combien de fois nous avons pensé être les seuls a pouvoir décider de ce qui est bon pour nous et réaliser, parfois des dizaines d’années plus tard, a quel point nous avions tout faux. Par extension nous pouvons ajouter que l’autre enseignement de ce tragique épisode de la Torah est qu’il est évident qu’on ne peut vivre son judaïsme de manière personnelle sans tenir compte des mauvaises influences de notre entourage et qu’il est essentiel voire vital de vivre près de nos maîtres qui pourront mieux nous connaître et ainsi nous conseiller d’après le Daat Torah, ce discernement que seule la Torah peut nous garantir qu’il est des plus objectifs possible à l’échelle humaine !

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