Parachat Mikets – sagesse et grandeur de Yossef
25 décembre 2008 at 19:54 | In mikets | Leave a CommentTags: david, doubno, eternel, grandeur, maguid, mikets, moussar, pharaon, reve, sagesse, si'hot moussar, vaches grasses, Yossef
Au cours de cette paracha, le lecteur assiste à l’accélération des événements qui amèneront Yossef à sa libération des géoles egyptiennes pour devenir vice-roi de Pharaon; une ascension sociale des plus rare dans l’Histoire. Yossef est appelé au chevet de Pharaon, troublé par ses rêves ou les vaches maigres engloutissent les vaches grasses, ou les épis de blé chétifs feront de même avec les beaux et grands épis. Seul Yossef interprêtera correctement ces rêves, tout en inssistant sur le fait que “ce qu’Hachem fait, il l’a raconté a Pharaon”.
Rachi explique que les conseillers et magiciens de Pharaon ont tout essayé afin d’interprêter les rêves en vain; ces derniers tentaient des explications farfelues du genre sept filles naitront au Pharaon mais elles mourront toutes. Lorsqu’on observe l’analyse de Yossef on se demande comment les magiciens n’ont pas eu l’idée d’expliquer ces rêves de manière si simple et tellement logique. En effet les sept années d’abondance suivies de sept années de famine répondent parfaitement au fait que les vaches maigres mangeront les vaches bien portantes. On peut alors se demander ce qui a fait que les conseillers n’ont pas retenu cette possibilité?
deuxiemement, comment Yossef se permet de donner des conseils économiques à Pharaon en lui recommendant de nommer un ministre du trésor digne de confiance capable de gérer les années de crise, alors qu’il n’est qu’un ex détenu présenté à la cour du roi; une personne qui devrait plutôt répondre aux questions sans se permettre d’en rajouter de sa propre initiative?
En préambule, il faut savoir que lorsqu’Hachem se révèle au prophête, c’est par un songe, une allusion qui évoque le message derrière la prophétie ou le rêve. Les conseillers de Pharaon savaient ceci et c’est la raison pour laquelle ils allèrent chercher très loin l’interprêtation sans jamais imaginer que le rêve représentait concrêtement les événements a venir, à savoir que les vaches et les épis de blé indiquaient clairement l’abondance et la famine, d’où le verset ”ce qu’Hachem fait, il l’a raconté au Pharaon”(41,25). Du coup l’interprétation simpliste de Yossef ne pouvait pas les mettre d’accord tant c’était trop beau pour être vrai et il risquait de devenir en quelques minutes la risée de toute la crême d’Egypte et du Pharaon. Que fit Yossef pour mettre tout le monde de son côté?
Le Maguid de Doubno nous donne ici un aperçu de ce que pouvait être la sagesse de Yossef par l’exemple suivant:
Dans une contrée lointaine, le fils héritier du roi tomba gravement malade et tous les médecins de la cour se succédèrent des jours durant au chevet du prince sans réussir à trouver l’origine de la maladie ni le remède adequat après avoir tenté de mixer toutes sortes d’herbes rarissimes cueillies du bout du monde. Déséspéré, le roi se tourna vers le peuple en invitant toute personne compétante en la matière capable de sauver son fils agonisant. Et voila que l’un des plus simples médecins du pays se présenta au palais, annoncant aux gardiens être celui qui connait les symptomes de la maladie et disposant du remède. Le médecin est conduit au chevet du prince, entouré de tous les grands médecins et pharmaciens de la cour, curieux de savoir par quel miracle ce dernier pourrait sauver le peuple du drame national qui s’annonce. Notre docteur en question avait un probleme cependant; le remède n’était composé en fait que de quelques herbes qui se trouvent dans n’importe quel jardin du pays, donc comment faire pour ne pas paraitre ridicule devant la cour? Ce dernier déclara donc très habilement que le remède pouvait être obtenu non pas par des herbes rares mais par la préparation méticuleuse de ces simples feuilles, demandant beaucoup de professionalisme. Chacun des médecins présents acquiésa, pensant être le seul capable d’une telle préparation et donc celui que le roi va désigner certainement pour remplir cette mission !
C’est exactement ce que fit Yossef en rajoutant à l’interprêtation ce conseil au Pharaon de nommer le plus loyal des experts en économie du pays pour répondre à la menace de la famine en gérant de manière brillante les récoltes durant les 7 années d’abondance. De ce fait, tous les conseillers de Pharaon pensaient tous etre capables d’une telle mission et d’un commun regard ils éclairèrent le palais de leur admiration pour cette interprétation !
Mais la suite est bien connue, Yossef seul fut désigné par Pharaon pour être le vice-roi, détenant ainsi les clés de tous les hangars de blé en Egypte. Rav Haim Shmoulevits auteur du Si’hot Moussar explique que grace au fait que Yossef ne montra aucun signe d’orgueil ou de satisfaction personnelle au moment ou il fut présenté à la cour, en rappelant qu’Hachem est le seul capable d’interpréter les rêves, Pharaon eut ainsi la conviction que seul Yossef était le plus à même de répondre à la mission de gérer le pays à l’aube de la crise économique. En effet, durant l’abondance n’importe quel autre conseiller n’aurait pas résisté à la tentation de mettre quelques tonnes de blé de côté pour lui-même et ses proches lors de la famine annoncée. Yossef qui ne montra aucun orgueil au moment d’une telle ascension sociale, passant de simple esclave en prison au statut de conseiller du Pharaon répondant présent face aux situations les plus complexes. Il gagna la plus grande des confiances que Pharaon n’avait jamais accordé à ses sujets en lui donnant sa bague et son trône, s’obligeant par là-même à s’en faire construire un autre un peu plus grand !
Nous pouvons tirer de ce commentaire que seule la foi profonde de Yossef a été le moteur de sa sagesse et qu’Hachem l’a récompensé en le libérant de manière extraordinaire, et c’est ce qu’on lit trois fois par jour dans ‘Achrei’ lorsque le roi David écrit “Proche est Hachem … de tous ceux qui l’appèllent vraiment”. Que l’Eternel puisse nous aider à se renforcer dans notre partique des Mitsvot et de croire en toute circonstance même lors d’epreuves, car finalement Hachem nous en sors par la plus inattendue des manières !
Parachat Vayetsé – La prière de Yaacov
25 décembre 2008 at 19:39 | In vayetsé | Leave a CommentTags: abraham, berechit, Egypte, essav, eternel, harane, isaac, jacques attali, kli yakar, lavan, lea, prière, puit, rachel, torah, vayetsé, yaacov, Yossef
La paracha de Vayétsé traite du départ de Yaacov de sa maison natale suite aux menaces de mort proférées à son égard par Essav vers Harane. Et à nouveau autour d’un puit (la Torah étant toujours associée à l’eau qui nous est vitale) eu lieu la rencontre émouvante avec Rachel. On connaît la suite, où Lavan son oncle et futur beau père lui inversa Rachel par Léa en prétextant qu’on ne marie pas la seconde avant l’aînée, et de ce fait Yaacov épousa ses deux cousines pour ainsi donner naissance aux douze tribus d’Israël. Mais auparavant il y eut le fameux rêve ou notre patriarche vit une échelle d’où montaient et descendaient les anges et comprit qu’il se trouvait dans un endroit saint et fit une prière en ces termes: « que D.ieu soit avec moi et me garde dans ce chemin que j’emprunte, et qu’Il me donne du pain à manger et un vêtement pour se vêtir. Et je retournerai en paix dans la maison de mon père … ».
Deux questions viennent à l’esprit en lisant cette prière:
Premièrement le verset raconte que pendant son rêve l’Éternel lui affirma être avec lui et le protéger lors de ce voyage alors d’où vient le besoin de demander à nouveau alors qu’il n’y a déjà plus aucun doute ?
De plus, quel intérêt à prier particulièrement pour du pain et des vêtements, en exprimant le désir particulier de bénéficier – exceptionnellement – du Hessed divin alors qu’on récite tous les jours dans le Birkat hamazone le verset « Tu ouvres ta main et nourrit tous les vivants » ?
En fait, il faut revoir en profondeur la teneur de cette promesse divine dans le rêve de Yaacov. L’Éternel s’adressa en ces termes: « Je suis Hachem D.ieu d’Abraham ton père et D.ieu d’Isaac, cette terre où tu couche dessus, à toi je donnerai et à ta descendance. Et sera ta descendance comme la poussière de la terre, et tu t’étendra vers l’est, l’ouest, le nord, et le sud, et seront bénis par toi toutes les familles de la terre et te descendance. Et ainsi je serai avec toi et te garderai là où tu iras et je te ramènerai vers cette terre, car je ne t’abandonnerai pas tel que je te le dis. »
Ce qui apparaît clairement c’est l’absence de promesse quant à la nourriture et aux vêtements. Ce qui démontre que dans la prière de Yaacov en se levant de ce rêve n’est pas un besoin d’être assuré d’avoir bien compris. Il faut donc comprendre qu’il ne s’agit pas d’une prière pour la sécurité physique mais plutôt spirituelle. Notre ancêtre savait la mauvaise influence que tentera d’exercer son oncle idolâtre sur lui et sa famille et c’est pourquoi il avait besoin d’être également rassuré sur ce plan métaphysique car sinon la mission était perdue d’avance.
À ce moment Yaacov, le plus parfait des trois patriarches, ayant bénéficié des conseils et de la sagesse de son père Isaac et son grand-père Abraham, mais surtout âgé de 75 ans et donc construit sur tous les plans par sa propre recherche de la vérité, cet hommes demande s’il ne perdra pas son chemin auprès de Lavan. Et c’est pourquoi que sa prière pour le pain et l’habit exprimait surtout l’angoisse d’être mis à l’épreuve de la pauvreté ou de la richesse, car le surplus abîme également une personne. Donc il fallait du pain mais seulement « pour manger » et des vêtements « pour se vêtir » mais rien de plus !!!!!!!!
« je reviendrai dans la maison de mon père » car même si Hachem lui promettait dans ce rêve de le ramener en paix vers les terres familiales, il lui fallait être sûr que ça soit « la maison de mon père » avec la même intensité spirituelle, non pas seulement en paix physiquement !!!
Le message du célèbre commentateur ‘Kli Yakar’ est des plus limpide, à savoir que même si l’homme sur le point de subir un déracinement prierai plutôt pour la richesse et la Bera’ha dans l’abondance, pour ainsi survivre l’épreuve du périple, il est aussi important de prier pour trouver là où on se trouvera un équilibre sur le plan spirituel. Certaines personnes vont des fois au bout du monde pour leur survie matérielle et aujourd’hui c’est encore plus facile et abordable avec la révolution des transports, mais l’homme ne peut se dissocier des besoins spirituelles qui font partie de lui. Malheureusement des gens fuient la France en prétextant l’antisémitisme mais oublient de regarder si lorsqu’ils arriveront en Israël, ils ne s’installeront pas loin des centres communautaires qu’ils avaient l’habitude de trouver près de chez eux. on pense que du fait d’être méritant rien qu’en foulant la terre d’Israël, le reste n’est déjà plus que secondaire. C’est faux car les forces d’opposition sont beaucoup plus évidentes en Israël tant il existe de définitions du judaïsme contemporain !!
C’est pourquoi les aspirations du Olé (l’immigrant) doivent être élevées sur le plan spirituel car ici le pain n’est que pour la survie ainsi que l’habit, l’économie reste inexplicable comme l’a déclaré à la Knesset Jacques Attali en 1976, la chemita (année de jachère) reste une source de bénédiction et n’a aucune explication rationnelle. Tout est fait pour nous interpeller sur les priorités à fixer dans notre vie pour réussir la conquête de la Terre Sainte.
Le message de nos ancêtre à toujours été durant tous leurs voyages racontés dans Béréchit, ce soucis de conserver l’identité de la famille juive qui naissait, et on retrouvera plus tard la déchirure lors de l’exil de Yossef en Égypte ce deuil de père ne sachant plus où son protégé trouverait la porte du spirituel loin de lui et lors des retrouvailles Yaacov de dire « je peux mourir maintenant après t’avoir revu » car il avait senti l’intégrité de son fils perdu restée intacte malgré l’éloignement.
Puissions tous réussir à nous garder des influences négatives que le monde nous fait subir et ainsi, là où Hachem nous enverra, nous resterons Juifs dans le sens spirituel du terme !!!
Parachat Mikets – Les rêves de Pharaon
21 décembre 2008 at 19:28 | In mikets | 1 CommentTags: Egypte, esclavage, exil, famine, galout, joseph, mikets, moché, moise, pharaon, reve, vaches grasses, vaches maigres, Yossef
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Parachat Vayéchev – Yossef vendu par ses frères
21 décembre 2008 at 17:15 | In Vayechev | Leave a CommentTags: avot, benjamin, binyamine, chimon, daat torah, dracha, Egypte, freres, hachem, jacob, levi, machia'h, paracha, parasha, rabbanim, rabbi akiva, reouven, sfourno, shevatim, shimon, simon, tunique, Vayechev, vendu, vente de Yossef, yaacov, yehouda, Yossef
La parachat Vayéchev commence par un événement dramatique, qui jusqu’à la fin des temps bousculera notre esprit, la vente de Yossef par ses frères. C’est incontestablement l’une des histoires les plus troublantes de la Torah. Le degré d’élévation spirituel des fils de Yaacov dépasse l’entendement de chacun de nous, si bien qu’il nous est presque impossible de tenter une quelconque explication de ce qui a pu être leur motivation à se séparer de leur frère en l’envoyant en exil, loin de son père, vendu en esclave. La gravité de cette faute fera que des siècles plus tard, Rabbi Akiva et 9 autres tsadikim furent exécutés dans une barbarie extrême afin d’expier la faute des 10 frères de Yossef (Binyamine n’ayant pas participé à cet épisode).
Le fait que la décision de vendre Yossef fut à l’unanimité, nous indique que les frères étaient tous convaincus d’agir selon de règles de justice des plus claires. Le verset indique “et ils se sont assis pour manger du pain”(37,25), ce qui signifie sans ambiguïté que leur décision était prise en toute conscience et après avoir jeté Yossef dans un trou, ils déjeunèrent tranquillement en attendant qu’une caravane de commerçants nomades vienne à leur rencontre et acheter Yossef pour esclave.
D’un autre coté, lorsque Yossef, devenu vice roi en Egypte reconnut ses frères venus lui acheter du blé et ainsi survivre à la famine, pris Shimon comme otage en attendant de voir Binyamine, ces derniers se lamentèrent en faisant un rapprochement de leur situation avec celle de Yossef au moment de la vente; “mais nous sommes coupables d’avoir vu la souffrance de notre frère nous suppliant et nous ne l’avons pas entendu, c’est pour cela que vient sur nous ce malheur.” Nous observons que les frères ont compris 14 ans plus tard que leur erreur était d’avoir agi envers Yossef de manière pragmatique voire froide alors qu’ils auraient du faire preuve de jugement plus humain. Mais il ne s’agit en aucun cas de regretter de quelque manière que se soit d’avoir jugé leur frère, néanmoins c’est surtout de l’avoir fait avec des préjugés qui les firent douter de leur clairvoyance.
Quel était donc le motif pour lequel ils sont arrivés a agir de telle sorte; et quelle est la raison pour laquelle ils n’ont pas jugé bon de demander à Yaacov leur père de trouver lui-même la réponse adaptée face au problème existentiel que leur posait Yossef ?
la réponse que nous propose le Sfourno est des plus subtiles ; les frères de Yossef savaient parfaitement que chacun d’entre eux avait une mission spécifique dans le projet spirituel du peuple Juif et c’est la raison pour laquelle ils ne comprenaient ni pourquoi Yossef se permettait d’ambitionner à devenir le premier de la lignée des rois d’Israël, ni pourquoi leur père avait sciemment approuver les intentions de son fils en lui offrant une tunique à rayures, symbole du roi vêtu d’habits de grande valeur.
De plus, comme nous l’explique le Maguid de Doubno, les frères savaient que l’un d’entre eux allait donner naissance à la lignée des rois d’Israël, mais en même temps ils n’imaginaient pas que Yossef pouvait être l’élu du fait de son comportement hautain envers eux et la facilité avec laquelle il se permettait de raconter à Yaacov tous leurs méfaits, lorsqu’on sait que la mission première du roi est d’être le représentant d’Hachem, avec toute l’humilité que ça nécessite !!!
Enfin, du fait que Yaacov avait pris parti pour Yossef en lui offrant cette fameuse tunique, ses autres fils n’ont à aucun moment jugé utile d’en parler à leur père, le considérant parti prenante donc dans l’impossibilité totale d’apporter une solution partiale et juste à ce problème. Là, résidait leur erreur et cet exemple nous aidera à saisir encore plus fort le message qui est transmis ici à chacun d’entre nous:
Un groupe de personnes sur un bateau guette à l’horizon la terre ferme quand soudain le capitaine muni de ses jumelles s’écrie ‘terre a bâbord’! Les gens suivent son regard mais ne voient rien à vu d’oeil, alors ils le traitent de menteur. Mais l’un d’entre eux les fait taire en leur disant ‘comment pouvez-vous douter du capitaine alors qu’il est le seul a disposer de jumelles pour voir au loin?’
Comment les fils de Yaacov pouvaient penser que leur père voyait les choses du même objectif qu’eux? Yaacov, le plus parfait des Avot, son visage gravé sur l’un des pieds du trône céleste, jugerait les situations de manière subjective? Est-ce qu’on pouvait parler de décision à la majorité quand Yaacov disposait d’un champ de vision mille fois plus grand que ses propres enfants?
Voila comment l’homme peut passer complètement à cote de sa vie et des bonnes décisions quand il ne prend pas la peine de demander conseils aux grands de la génération, aux rabbanim qui voient par discernement alors que lui est dans le flou !!!
Si jamais nous pouvions à notre niveau transposer l’histoire de la vente de Yossef par ses frères dans notre vie quotidienne, nous verrions facilement combien de fois nous avons pensé être les seuls a pouvoir décider de ce qui est bon pour nous et réaliser, parfois des dizaines d’années plus tard, a quel point nous avions tout faux. Par extension nous pouvons ajouter que l’autre enseignement de ce tragique épisode de la Torah est qu’il est évident qu’on ne peut vivre son judaïsme de manière personnelle sans tenir compte des mauvaises influences de notre entourage et qu’il est essentiel voire vital de vivre près de nos maîtres qui pourront mieux nous connaître et ainsi nous conseiller d’après le Daat Torah, ce discernement que seule la Torah peut nous garantir qu’il est des plus objectifs possible à l’échelle humaine !
Parachat Vayichla’h – Le rapport à l’argent chez Yaacov.
13 décembre 2008 at 16:40 | In vayichla'h | Leave a CommentTags: dracha, essav, hachem, hashem, machia'h, paracha, parasha, vayichla'h, vayishlach, yaacov
La paracha de la semaine traite longuement de la rencontre des deux frères ennemis Essav et Yaacov qui aurait du se passer par un combat sanglant entre l’armée de Essav (400 hommes) et les membres de la famille de son cadet. Notre patriarche se prépara à cet événement par la prière, les cadeaux, et les armes. Mais il savait que son frère serait encore plus impressionné s’il divisait les cadeaux (bétails et autres) en plusieurs groupes, de ce fait Essav arriverait jusqu’à lui après plusieurs étapes où il recevrait à chacune d’elles des présents qui le calmerait et lui feraient renoncer à tuer son frère qui a reçu les dernières bénédictions d’Isaac leur père.
Tout en préparant ces différents camps, le verset raconte que Yaacov resta seul le soir après avoir fait traversé sa famille le fleuve de Yabok et qu’il eut un long combat avec une homme jusqu’au lever du jour. Rachi explique qu’il retourna prendre quelques fioles d’huiles qu’il avait oublié de l’autre côté de la rive et qu’un ange de Essav l’attaqua. lorsqu’il vit qu’il pouvait le battre et que le soleil se levait il demanda à Yaacov de le laisser repartir mais ce dernier refusa tant qu’il ne recevait pas de bénédiction de l’ange. Et c’est là qu’il lui fut annoncé le changement son nom en Israël .
On est loin d’imaginer la grandeur d’âme de nos ancêtres et si la torah détaille ce qui apparemment nous parait être un défaut comme retourner chercher quelques fioles sans grande valeur, c’est bien qu’il nous faut déceler le message qui nous concerne, et c’est ce que nous allons essayer de comprendre ensemble à travers les commentaires de nos sages.
Le yetser ara est comparé à une mouche qui se niche dans un coin du cœur. De même que la mouche se pose sur les plaies de l’homme et suce son sang, ne serait-ce que sur une petite plaies, ainsi tant que l’homme est parfait le yetser ara ne peut l’atteindre, mais dès qu’il décèle une quelconque défaillance il l’attaque sur ce point faible.
Nos sages se demandent pourquoi Yaacov resta seul malgré la nuit pour rechercher quelques objets auxquels on n’attacherait aucune importance ?
C’est pour nous montrer à quel point l’argent des tsadikim leur est important. De là est venue la célèbre caricature du juif radin, proche de ses biens. Mais sachant que la cupidité est un grand défaut il nous faut comprendre la raison pour laquelle précisément les justes agissent ainsi.
En fait, ce n’est pas l’attachement à l’argent synonyme de moyen d’assouvissement des désirs qui les anime mais le moyen d’accomplir une infinité de mitzvot. Lorsque nous sommes amenés une fois par an à choisir notre loulave et étrog pour la fête de souccot on est pris d’un sentiment de respect proportionnel à l’effort pécuniaire et de temps qu’il nous a coûté. C’est pour cela que le tsadik s’efforce de dépenser un argent qu’il sait propre. S’il est employé, il fera attention à ne pas perdre un instant sur le compte de son employeur. S’il est indépendant il gèrera ses affaires en évitant toute fraude. Et s’il emploie du personnel il agira le plus scrupuleusement possible, sans jamais retarder leur salaire. De ce point de vue nous ne sommes plus surpris que les tsadikim font attention à leur argent !
Mais il est clair que cette démarche doit être la plus parfaite, tel un funambule qui ne doit pas flancher. C’est pourquoi le tsadik devra penser à chaque moment si son attachement aux dépenses pour les mitzvot n’est en rien abîmé par un quelconque intérêt autre que celui d’accomplir le plus possible la volonté d’Hachem.
Et c’est sur ce point que l’ange d’Essav a voulu tester yaacov. au moment où il l’a vu retourner récupérer quelques fioles il a pensé à l’attaquer, profitant du brouillard dans l’esprit de Yaacov, occupé à ses affaires.
Le verset nous le dit bien à propos de la corruption qu’elle aveugle les sages même de la grandeur de Yaacov.
C’est là où l’on comprend que leur combat était avant tout idéologique et Yaacov réussit à prouver tout au long de la nuit qu’il était libre de tout soupçon quant à son approche de l’argent, connaissant l’ampleur des dégâts pouvant être causés à sa foi. Et la raison de ce combat jusqu’au matin est une allusion aux périodes sombres que pourrait traverser le peuple juif et la nécessité dans ces moments là de redoubler d’efforts pour ne pas salir notre foi car lorsque l’éclaircissement viendra avec le Machia’h tout sera limpide et notre engagement sera connu de tous, ici comme la haut.
Mais une cicatrice est restée de ce combat pour toute les générations futures. L’ange frappa Yaacov à la cuisse et de même que cet organe est caché ainsi les paroles de torah sont considérées comme cachées. Nos sages expliquent que dans la mesure où l’homme laisse place à la cupidité, cette soif d’argent, sa capacité à approfondir ses connaissances en torah sera limitée. Et de conclure que tout celui qui accomplit la torah dans la pauvreté finira par le faire dans la richesse. Il s’agit d’une richesse spirituelle bien entendu car son investissement aura été complet. Et c’est ainsi que le roi David écrit dans les psaumes: « C’est un avantage pour moi d’avoir connu ta misère, pour mieux apprendre tes préceptes. » !!
Aujourd’hui nous avons la chance de pouvoir accéder à une immensité de connaissances en torah par tous les moyens de communications développés ces dernières années. Mais l’épreuve est là car nous sommes amenés à devoir fournir d’autres efforts pour mériter d’intégrer tout ce qu’on apprend en nous mêmes. On ne peut plus prétexter le manque de temps ou de connaissances pour se pencher vers l’infinité de la torah mais il nous reste toujours à investir pour que notre corps soit un ustensile valable et étanche pour recevoir et ingérer ces connaissances qui agissent positivement sur notre équilibre. C’est notre mission en ce nouveau millénaire où les influences négatives à notre éthique juive n’auront cesse de vouloir enlever à notre peuple le plus précieux de ses biens !!!
Si vous avez la moindre question à propos de ce texte ou en rapport à cette dracha, n’hésitez pas à me laisser un commentaire, je me ferais un plaisir de vous répondre.
Avi Amram.
Bonjour a vous tous!
13 décembre 2008 at 16:31 | In Non classé | Leave a CommentBonjour a vous tous!!
Voici mon tout premier blog relatant quelques chiourim de torah et autres études de tout autre texte (guemara, halakha etc…) et je suis heureux de vous le présenter!
Je vous souhaite donc une bonne lecture!
Amicalement, Avi.
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