Le’h Le’ha – Croire en Hachem les yeux fermés

29 octobre 2009 at 16:27 | In Le'h Le'ha | Leave a Comment
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La paracha de Le’h Le’ha commence par l’ordre divin donné à Abraham de quitter sa terre natale : “Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai.” (Béréchit 12,1) Et Rachi de commenter sur place que l’Eternel n’a pas révélé l’itinéraire complet jusqu’en Israel, pour que cette contrée puisse être désirée encore plus par Abraham et ainsi lui donner un mérite pour chaque pas l’amenant à destination. Le suspens provoqué par Hachem est compréhensible mais la seconde raison nous laisse interrogatifs car pourquoi le mérite est d’autant plus grand que l’on s’avance vers l’inconnu alors que l’effort reste le même, que l’on sache où l’on va ou pas ? Pourquoi Hachem attend de nous que l’on suive ses ordres aveuglément ? Au contraire aurait-on dit, car la motivation est plus intense lorsque l’on sait ce qu’on fait et pourquoi…. 

Afin d’envisager une réponse qui nous donnera la sensation de ce que la Emouna signifie, prenons comme référence la mitsva de Maasser Béhéma (le prélèvement sur le bétail). Le mode opératoire était le suivant : on faisait passer chaque bête par un portillon qui ne pouvait en faire passer qu’une par une et sur chaque dixième bête on mettait un signe qui la rendait sainte, réservée à Hachem tandis que les autres étaient libres de rester chez le propriétaire qui disposait de ces dernières selon sa volonté. A priori ce procédé est bien plus compliqué que celui consistant à les compter une par une et en prendre un dixième à la fin sans avoir besoin de les faire passer par ce portail étroit. Quel intérêt la Torah a-t-elle vu pour nous ordonner de procéder de cette manière ? Il semble, que l’intention voulue n’est pas de sanctifier la dixième bête seulement mais également toutes les autres qui auront subi le même traitement. En effet, si l’on devait analyser notre rôle dans l’accomplissement des divers commandements qui nous sont ordonnés tous les jours, on comprendrait que l’acte en soi depend de l’aide directe d’Hachem car sans cette dernière rien ne se ferait… 

 Donc ce qui est attendu de notre part est l’intention, la ‘kavana’, la bonne volonté que l’on y met. Ainsi nous serons jugés. Le roi David écrit dans les Psaumes “mon rôle O Hachem, je l’ai dit, est de respecter tes paroles”, ce qui signifie en d’autres termes que ce que je dit, pense et m’organise pour garder les mitsvot, c’est cela mon rôle. De ce fait, il est clair que si l’on comptait les bêtes et l’on prélèverait le dixième d’entres elles à la fin, il n’y aurait pas eu de regard, de kavana, sur les autres bêtes. Alors que maintenant où il faut les faire passer une par une par la porte et les compter sans savoir à l’avance qui parmi elles sera choisie pour être celle du maasser, du prélèvement, celui qui exécute la mitsva aura la même intention pour chaque bête, à savoir que chacune a la possibilité, le potentiel de devenir kadoche et ainsi chaque bête fera donc partie intégrante de la mitsva !!!

  De la même manière nous pouvons expliquer la raison pour laquelle Hachem avait choisi de ne pas indiquer précisement l’itinéraire pour arriver en Israel à Abraham. En effet, en ayant connaissance de la destination finale; le mérite n’aurait été que pour l’acte en soi, les frais de déplacement… Alors que maintenant qu’il devait avancer et se demander à chaque pas si c’était bien la volonté d’Hachem, son intention d’accomplir la mitsva était intense à chaque moment car il était possible qu’Hachem lui fasse changer de route constament. Et puisque nous avons prouvé que ce sur quoi nous sommes jugés c’est sur l’intention, l’investissement que nous mettons en avant, il va de soi que sur chaque moment où nous nous demandons si nous sommes en accord avec la mitsva, nous sommes méritant !!!!!

   Ce qui nous permet de conclure que notre raison d’être n’est pas dans l’accomplissement unique des actes de foi mais surtout dans l’intensité, dans l’effort, dans la démarche que nous avons, seuls témoins de notre Emouna. Notre quotidien nous fait oublier le sens des choses que l’on fait instinctivement presque; se lever tous les matins et mettre les téfilines, faire chabbat car c’est sur le calendrier… nous fait perdre l’intention attendue par le Créateur. Et malheureusement les mitsvot finissent par nous paraître rébarbatives, contraignantes !!! 

Le message qui nous est laissé de ce long voyage qu’entreprit Abraham est le même que pour les autres épreuves auxquelles il sera attendu au tournant telles que le sacrifice d`Isaac où Hachem ne lui indiquera qu’à la fin le lieu (qui sera celui du Temple plus tard). Pour élargir l’idée je terminerai en disant que c’est bien le propre du juif d’avancer sans savoir où D.ieu guide ses pas, sans comprendre le pourquoi des épreuves et des tragédies vécues depuis l’esclavage en Egypte (date de la formation du peuple Juif), mais notre force que les nations nous envient est bien celle de la détermination, du courage et de notre dignité malgré les souffrances que nous subissons encore aujourd’hui dans le monde. C’est cette même force qui nous est ordonnée d’avoir par Hachem lorsqu’il nous est demandé d’espérer en la venue du Machia’h par une Emouna chéléma, une foi parfaite tel que Maimonide nous l’enseigne dans les lois relatives à la foi. 

Mes chers amis, je souhaite expressement que ce message pénètre en nos esprits car il me semble que dans le monde ou nous vivons, toutes les valeurs prônées dans le judaisme sont mises à mal pour la simple raison qu’elle sont engageantes et responsabilisantes. le Midrache explique qu’Hachem regarda dans la Torah et s’inspira pour créer le monde, ce qui veut dire que l’équilibre du monde passe automatiquement par le respect des valeurs que nos ancêtres nous ont fait hériter, c’est pourquoi  l’on peut parler d’universalisme de la Torah !!!!

Noa’h – Un homme ou un Tsaddik ?

21 octobre 2009 at 09:38 | In noa'h | Leave a Comment
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 ”Voici les générations de Noa’h. Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. Noa’h enfanta trois fils : Chem, ‘Ham et Yèfeth”. (6, 9-10)
Le mot èlé (« voici »), explique Rav Yonathan Eybeschuetz, indique une exclusion et est destiné ici à marquer une différence entre Noa’h et Avraham : Ceux que « voici » – Chem, ‘Ham et Yèfeth – sont descendus de Noa’h, et pas d’autres.
En revanche, s’agissant d’Abraham et de Sarah, la Tora parle des « âmes qu’ils avaient faites à ‘Haran » (12, 5), désignant ainsi les multitudes de gens dont la vie avait été changée à leur contact. Ils ont exercé une influence dynamique sur leurs contemporains, les invitant chez eux et leur montrant, par leur bonté et leur force de conviction, le non-sens que constitue l’idolâtrie. Contrairement à Avraham et à Sara, Noa’h n’était pas un activiste qui allait vers ses contemporains pour les rapprocher de Hachem. Les seuls gens qu’il a « faits » ont été ses trois fils. Il a néanmoins été considéré comme un homme vertueux, parce qu’il « marchait avec Dieu ».
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. (6, 9)

Que signifie le mot « homme » ? N’aurait-il pas suffi de dire simplement que Noa’h était « vertueux et intègre dans ses générations » ?
Ce terme, explique Rav Moché Feinstein, souligne que Noa’h était un homme, pas un enfant – et donc un être mature et stable. Pour être vertueux, il faut d’abord être un homme. Il faut être intelligent et clairvoyant, posséder du bon sens et un jugement droit. Autrement, la vertu sera instable. Un insensé peut facilement se laisser détourner, et il serait inapproprié de le tenir pour un individu vertueux.
Ibn Ezra émet la même remarque à propos de la réaction de Moché quand Yitro lui a conseillé de se faire assister par des « hommes craignant Dieu » (Chemoth 8, 21). Il chercha aussitôt des « hommes sages » (Devarim 1, 13), les seuls à craindre véritablement Hachem.
Rav Israël Salanter avait l’habitude de dire que la première mitswa de la Torah est de ne pas être un imbécile…

Rav Yaaqov Neumann suggère une approche complètement différente.Le roi David écrit : « Ne me rejette pas au moment de ma vieillesse ! » (Psaumes 71, 9). Pourquoi souligne-t-il la nécessité d’une assistance divine pendant la vieillesse ? N’en a-t-on pas besoin aussi dans sa jeunesse ?
Rav Yits’haq Blaser répond dans Kokhevei Or à l’aide d’une parabole : Deux jeunes gens de dix-huit ans avaient été convoqués pour le service militaire. Le jour prévu pour leur incorporation, aucun d’eux ne se présenta. On lança contre eux des ordres d’arrestation, mais les appelés réussirent à se soustraire aux recherches.
Une année s’écoula, puis une deuxième. Las de cette existence de fugitif, un des garçons se présenta à la caserne. Bien entendu, le commandant se mit en colère contre lui. Mais comme le jeune homme s’était soumis volontairement et était venu pour exécuter ses obligations, bien que tardivement, il déchira l’ordre d’arrestation et permit à l’intéressé de rejoindre son unité comme l’aurait fait toute autre recrue.
Quant à l’autre appelé, il resta hors d’atteinte pendant des décennies. Finalement, alors qu’il était devenu vieux, il décida de suivre l’exemple de son camarade qui s’était soumis bien des années plus tôt. Un beau jour, il entra dans la caserne et se présenta devant le commandant, lequel le fit aussitôt arrêter.
« Mais pourquoi m’arrêtez-vous ? protesta-t-il. Vous n’avez pourtant pas fait incarcérer mon camarade, qui s’est également laissé incorporer après ses années d’insoumission !
– Quel âge avez-vous ? demanda le commandant.
– Soixante et un ans.
– Comment pouvez-vous vous comparer à votre camarade ? observa l’officier. Il s’est présenté alors qu’il n’avait que vingt ans. Comme ses années les plus productives étaient encore devant lui, nous avons pu nous montrer compréhensifs. Mais les vôtres sont maintenant derrière vous. Quelle valeur revêt pour nous votre enrôlement ? Pourquoi devrions-nous vous témoigner de l’indulgence ? »
Il en va de même, conclut Rav Blaser, pour celui qui se repent. Le roi David écrit (Psaumes 112, 1) : « Heureux l’homme qui craint Hachem. » Le Talmud (Avoda zara 19a) applique ce verset à celui qui, étant encore un « homme », craint Dieu. Quand une personne pèche et se repent étant encore jeune et vigoureuse, son retour vers Hachem a une grande valeur, et Il la traite avec clémence. Mais si elle attend jusqu’à la vieillesse, alors que son sang a cessé de bouillonner et que ses instincts et ses impulsions se sont affaiblis, quelle valeur peut avoir un tel repentir ? Où était-elle quand elle était plus jeune ? Telle est la supplication du roi David : Il implore Hachem d’avoir pitié et d’accepter le repentir, même si on ne le met en pratique que dans sa vieillesse. « Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse », bien que j’eusse dû me repentir depuis déjà longtemps !
Rav Neumann applique cette pensée à Noa’h. La Torah complimente celui-ci pour avoir été vertueux et intègre étant encore un « homme ». Il n’a pas attendu d’être devenu vieux pour se mettre en quête de la vertu.
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. (6, 9)

Le Talmud (Meguila 13b) rapporte que Ra’hel a demandé à Yaaqov : « Comment un homme aussi intègre que toi a-t-il pu se permettre de berner Lavan ? » Yaaqov répondit qu’il est permis de duper une personne perfide, comme il est écrit (II Samuel 22, 27) : « Sois sincère avec les cœurs purs, mais trompeur avec les perfides ! »
D’où la question : Puisque Noa’h a vécu dans une société entièrement corrompue et malhonnête, pourquoi n’a-t-il pas estimé nécessaire de faire fi de tous scrupules envers ses contemporains ? Pourquoi n’a-t-il pas « trompé les perfides » ?
Le ‘Hatham Sofèr cite une lettre du Rambam dans laquelle celui-ci permet à une personne vertueuse de berner son prochain uniquement si elle le rencontre inopinément, mais pas de manière habituelle. On ne doit jamais se laisser accoutumer à la tromperie ; celle-ci risquerait de devenir un trait naturel, ce qui serait destructeur.Voilà pourquoi Noa’h s’est comporté si scrupuleusement. Autrement, puisque tous ses contemporains étaient des voleurs et des menteurs, il se serait tellement habitué à la duperie qu’il aurait pu finir par devenir malhonnête lui-même.

Béréchit – Le monde créé ex nihilo

16 octobre 2009 at 10:25 | In berechit | Leave a Comment
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J`éspère que les fêtes de Tichri se sont bien passées et que la reprise aussi. Chaque fête a le pouvoir de nous renforcer pour commencer l`année sur de nouvelles bases, si l`on a pris la peine de chercher le sens des différentes mitsvot rattachées à ces jours uniques. Et c’est ainsi que nous reprenons le cycle annuel des parachiyot en ouvrant la Genèse qui commence par le récit de la création du monde, de même qu`Hachem reconstruit le monde chaque jour de l`an. Ce qui est extraordinaire, c`est le nombre important d`acteurs dans ce premier tome du Pentateuque, ce qui bien evidemment nous invite à tenter de développer nos recherches sur les différents qualités et les leçons de vie que nos patriarches nous ont laissé en  héritage. Mais en attendant d’apprendre les enseignements relatifs aux actes de nos pères bibliques, essayont d’entrevoir l’explication du premier verset de la Bible “Au commencement l’Eternel créa les cieux et la terre.” donnée par le Ora’h Haim Hakadoche.

Tout d’abord il est essentiel de préciser qu’il ne s’agit pas ici d’une donnée chronologique venant ainsi annoncer l’ordre des événements relatifs à la création du monde où nous vivons. En effet, il s’agit de nous révéler le premier enseignement de la Torah à savoir qu’Hachem a créé le ciel et la terre ex nihilo, c’est à dire que la base de la croyance juive est que la création du monde a commencé de rien, Hachem n’a pas utilisé d’éléments physiques existants pour créer.
Une allégorie nous aidera à comprendre les conséquences réelles de ce postulat: un homme à la recherche d’un bien immobilier dispose de plusieurs options;
- la première et la plus simple est d’acheter du tout prêt, si Hachem l’aide tout ira très vite vu qu’il n’y a pas de négociations avec les entrepreneurs, les ouvriers, la paprasse, etc….
- la seconde est d’acheter sur plan, c’est la manière la plus répandue et ce pas seulement parce qu’elle offre la possibilité d’acquérir du neuf mais surtout car il est possible de faire des arrangements avec l’architecte selon ses propres besoins.
Cependant il reste de nombreux inconnus, à savoir le genre de voisins qu’on aura, ou les orientations géographiques exactes souhaitées. Seuls des personnes véritablement aisées peuvent se permettre d’acquérir un terrain et y construire la maison de leur rêves. Malgré tout eux aussi seront limités dans la réalisation de ce rêve car tout dans ce monde ici bas est limité, rien est véritablement sur mesure et chacun doit s’efforcer de joindre l’utile à l’agréable, d’adapter le rêve à la réalité, d’apprendre à se suffir de ce qu’il dispose.
Cette idée est valable pour l’Homme qui ne peut créer qu’à partir d’éléments existants. En effet, même le chimiste le plus érudit ou le nobel de physique ne pourront pas dépasser le fait que toute création réalisée par l’Homme ne pourra jamais être ex nihilo.
Seul Hachem a pu donc créer un monde adapté parfaitement à la fonction et au but de sa création.
Quel est ce but? Celui de faire du bien à ses créatures, de leur procurer la plénitude à savoir de pouvoir arriver à la perfection dans la réalisation de soi.
L’Eternel a pu créer le monde sans aucune entrave et donc rien ne l’empêche aujourd’hui et demain d’amener ce monde à sa finalité, à la perfection totale.

La conception du monde des idolâtres a toujours été contraire à ce que nous enseigne ce premier verset de la Torah, et cela n’est pas par hasard. Selon eux il n’y a pas de Maître du monde, les idoles qui dominent les forces de la nature ne les ont pas créées, car le monde a toujours été. De ce fait les idolâtres ne conçoivent pas la notion de bien absolu mais plutôt celle du relatif.
Evidemment que celui qui conçoit les choses ainsi ne s’efforcera donc jamais d’améliorer le monde de manière morale ou spirituelle, à fortiori lui-même… car tout est relatif, tout est limité et il n’y a donc aucune possibilité d’atteindre le bien absolu.
Mais le peuple juif, issu d’Avraham, Its’hak et Yaacov, detient la vérité car c’est la première leçon de la Torah : Hachem a créé le monde à partir de rien, ce qui rend ce monde parfait, illimité et il appartient à chacun de nous, en nous réalisant pleinement de rapprocher le monde de sa finalité, de sa perfection absolue.
Il est certain que l’Homme est souvent amené a constater à quel point il est loin de la perfection et ne voit pas de raison suffisante à s’efforcer encore pour l’atteindre. C’est pourquoi il est essentiel de nous le dire et le répéter que si Hachem a créé le monde dans ce but, il est evident qu’Il a insufflé dans celui-ci toutes les forces necéssaires à sa finalité.
Notre devoir est donc d’ambitionner réellement à la perfection de nous mêmes, et surtout pas de manière hypothétique.

Cette leçon arrive justement après les fêtes de Tichri ou nous avons puisé toutes les forces, nous l’espérons, utiles à nos actions et à nos réalisations pour cette nouvelle année à venir.
Pour ma part, le fait d’avoir initié un office des jeunes (au 24 Ben Hamou étage -2) avec la kehila des marseillais de Har Homa, où le renouveau est d’une certaine manière plus présent qu’à l’accoutumé, il va de soi que les attentes d’Hachem pour cette nouvelle année sont nombreuses concernant notre si belle kehila. Mails il est certain également qu’Hachem nous a donné à Roch hachana toutes les forces necéssaires à la réalisation de Ses attentes.
A nous tous, unis comme une famille heureuse, d’en avoir conscience et de rapprocher par nos bonnes actions la venue du Machia’h tsidkeinou, Amen !

Roch Hachana – Glorifier Hachem en ce jour du renouveau

15 septembre 2009 at 20:49 | In Roch hachana | Leave a Comment
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A la veille du jour de l’an hébraïque, j’ai souhaité cette fois m’inspirer de commentateurs contemporains tels que Rav Haïm Friedlander za’l, ancien maître de la pensée juive à la yechiva de Poniewitz de Bnei Brak, qui nous ont légué ce précieux héritage nous permettant de se préparer mentalement à ce grand jour du jugement.

De nombreux qualificatifs sont attribués à Roch Hachana, citons le jour du jugement, mais aussi le premier jour des dix jours de pénitence, ainsi que le jour de la création de Adam, premier homme sur Terre. Lorsqu’on parcours les différentes prières de cette fête on s’aperçoit qu’il est principalement question du couronnement d’Hachem par son peuple. En bref, il apparait plusieurs facettes associées à ce jour, ce qui n’est pas pour nous faciliter la marche à suivre quant à notre devoir spirituel attendu de nous par l’Eternel… Durant le mois de Eloul et jusqu’à la fin de Yom Kippour nous avons l’habitude de réciter le psaume 27 évoquant ces dix jours redoutables commençant par: “A David, D.ieu ma lumière et mon sauveur…” nos sages expliquent “ma lumière” à Roch Hachana et “mon sauveur” à Kippour. On arrive à comprendre que l’Eternel nous sauve en nous pardonnant nos fautes à Kippour mais quel est le sens de la lumière associée au Créateur le jour de Roch Hachana ? On s’interroge aussi sur la raison pour laquelle nous ne récitons à aucun moment des prières du nouvel an quelque supplication que ce soit, ni regrets de nos fautes alors que nous sommes déjà dans ces dix jours de pénitence où Hachem attend de chacun une remise en question, un bilan annuel et surtout de meilleures résolutions pour l’année à venir ? Pourquoi enfin nous consacrons un maximum de temps à louer l’Eternel, à le glorifier par le couronnement, alors qu’il aurait été plus logique, à priori, de rédiger une prière où nous demandons de manière détaillée la bénédiction dans tous nos besoins et une longue vie ? Quel est le rapport entre le couronnement du Créateur et le jugement à Roch Hachana ?

La réponse à toutes ces questions se trouve dans cette parabole: un homme constuit une usine fabriquant des produits de grande consommation, après quelques temps il réussit à développer son entreprise jusqu’au jour où son nom est de renommée mondiale et les plus gros clients abandonnent les concurents pour rejoindre cet homme et traiter avec lui, conscients qu’ils ne trouveraient pas meilleur rapport qualité prix, ponctualité au niveau livraison et un service parfait ! Mais un jour les plaintes se sont fait entendre et le patron s’aperçoit lors du bilan annuel que tout s’est déterioré et que l’usine se trouve dans une impasse. Il fait appel d’urgence à une équipe d’expert chargés de comprendre les causes de cette descente aux enfers. Après une longue recherche minutieuse sur le terrain, les experts déposent sur le bureau de l’exécutif un rapport accablant sur le disfonctionnement de l’usine. Notre patron se met à le lire et découvre avec stupeur des raisons qu’il n’aurait jamais imaginé. En effet, il s’avère que tout est parti d’un désengagement de la part des membres dirrigeants, un laisser aller grandissant. Au lieu de s’efforcer à trouver les meilleurs moyens de rentabiliser et faire fructifier la boite, ils se sont remplis les poches et ont fait marcher leurs propres intérets, en ne déclarant pas tous les bénéfices pour les renvoyer vers leurs comptes privés. Ils n’ont pas hésité à se payer des vacances en famille à l’étranger sur le compte de la société. L’effet s’est répercuté sur les employés manutentionaires qui ont eux aussi fait preuve de désintérêt pour les machines et les ont laissé s’abimer, ce qui a généré de grands défauts de qualité sur les produits et provoqué les revendications des clients… Néanmoins le rapport précise que quelques employés dévoués et loyaux ont continuer à donner le meilleur d’eux-mêmes sans se laisser influencer par l’argent facile et le travail baclé. Le patron en colère pris sur le champ les décisions qui s’imposaient en envoyant des lettres de licenciement à tout le monde, demandant à ceux qui n’ont pas eu de comportement excessivement reprochables de lui remettre une lettre de motivation en précisant les raisons pour lesquelles l’employé désire continuer à oeuver pour le bien de l’entreprise. La réponse finale revient évidemment au patron qui prendra sa décision au bout de dix jours. Bien entendu ceux qui ont été loués pour leur sérieux dans le rapport ont été élevés d’office dans leur fonction avec tous les avantages qui vont avec…

Le message est très clair; l’usine est le monde qu’a créé Hachem il y a 5765 ans, il le dirige et nous sommes ses employés. Chacun de nous a une tâche confiée dans ce monde selon ses capacités afin de répandre le respect divin par nos actions. Roch Hachana est le jour de “la naissance du monde” tel qu’on le dit dans la prière, avec l’apparition de l’homme sur Terre comme élément central de la création, on dit aussi qu’Hachem recommence cette même création chaque année et c’est le sens à ce qu’on a raconté sur ce patron qui referme son usine en licenciant ses employé pour réouvrir la boite avec de meilleurs cadres. Ceux qui ont été loyaux et responsables seront replacés dans leur fonction ou même élevés en grade. Ceux qui n’ont pas joué leur rôle correctement seront transférés à d’autres tâches moins honorables et les traitres seront tout simplement renvoyés car Hachem ne leur trouve pas de postes adéquat dans sa nouvelle usine.

En ce jour de Roch Hachana, il nous est donné à chacun la possibilité de retrouver un travail dans la nouvelle usine, car Hachem fait passer devant lui comme un troupeau chaque être humain et vérifie dans le livres de nos actions notre degré de loyauté. C’est pourquoi nos sages ont fixé dans la prière de ce jour le rôle principal qui nous est donné, à savoir couronner notre D.ieu, car à travers ceci nous lui montrons notre volonté de servir dans son monde de manière plus loyale à l’avenir. C’est pourquoi nos sages nous enseignent que lors de ce jugement, tous nos besoins matériels, notre salaire, nos dettes, notre santé, sont fixés pour le reste de l’année afin que l’on puisse remplir correctement notre mission sur cette Terre, chacun dans son secteur. C’est donc une chance extraordinaire de savoir que l’Eternel nous juge à Roch Hachana par cette lettre de motivation que nous lui présentons en espérant qu’avec Sa bonté il nous pardonnera de notre désengagement dans son usine. Cette téchouva est caractérisée par la volonté de tout reprendre à zéro en évitant les pièges dans lesquels nous sommes tombés l’année écoulée. Si nous devions passer notre temps à nous lamenter sur nos fautes, il serait fort probables que nous sombriions dans l’abandon et la perte d’espoir car il est tellement difficile d’ouvrir une nouvelle page !!!

C’est cette lumière que le roi David dans ses Psaumes nous évoque, cette lumière de miséricorde où Hachem nous donne un jour pour nous rattraper et lui montrer notre motivation à changer nos mauvaises habitudes !!!! C’est ainsi que nous pouvons désormais comprendre le lien entre les différents attributs donnés à ce jour, car en tant que premier jour de l’année il est tout naturel qu’il soit consacré au jugement en souvenir du premier jour de la création où tout était parfait et nouveau. Ce jour où le Créateur redessine son monde et vérifie qui est apte à l’embellir par ses actions et qui va risquer de l’abimer. Mais également ce jour est reservé à la volonté de chacun de couronner Hachem sur le monde et sur soi même, prendre sur nous l’engagement d’être un employé digne de confiance en gardant les mitsvot et en s’écartant des fautes, toutes liées à la volonté du gain facile, de l’effort minimum et du démérite. Lorsque nous parviendrons à montrer à notre D.ieu que notre prise de conscience est sincère, il nous inscrivera dans le livre de la vie en nous reservant un rôle dans son royaume et c’est ce qui nous apportera la réussite dans nos entreprises et la santé que tout le monde souhaite en ce début d’année.

Puisse Hachem entendre et accepter nos prières et nous envoyer le Machia’h cette année afin que la grandeur divine soit palpable aux yeux de tous et que le monde entier reconnaisse la vérité que détient notre peuple, cette Torah source d’équilibre et de paix dans le monde, Amen !!!

Ki Tétsé – Les enfants responsabilisent leur parents

24 août 2009 at 16:39 | In 1, Ki Tétsé | Leave a Comment
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La paracha de la semaine traite dans les détails les divers cas où un homme va s’unir avec une femme. C’est surtout l’occasion de bien définir ce qui est permis et ce qui est parfois obligatoire. D’où l’évocation de cette veuve qui n’a pas eu d’enfants où la Torah oblige le frère du défunt de la prendre pour épouse et ainsi permettre la continuité de la descendance du disparu. S’il refuse pour diverses raisons il y a la cérémonie de H’alitsa, ainsi la femme n’est plus tenue envers sa belle famille et peut ainsi se remarier avec la personne de son choix.
On voit donc ici l’importance de la cellule familiale, idée que nous dévelpperons dans cet exposé.
Mais revenons au début de la paracha qui commence par le verset suivant : “Quand tu iras en guerre contre tes ennemis, que l’Éternel, ton Dieu, les livrera en ton pouvoir, et que tu leur feras des prisonniers; si tu remarques, dans cette prise, une femme de belle figure, qu’elle te plaise, et que tu la veuilles prendre pour épouse, tu l’emmèneras d’abord dans ta maison; elle se rasera la tête et se coupera les ongles, se dépouillera de son vêtement de captive, demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère, un mois entier. Alors seulement, tu pourras t’approcher d’elle et avoir commerce avec elle, et elle deviendra ainsi ton épouse. S’il arrive que tu n’aies plus de goût pour elle, tu la laisseras partir libre de sa personne, mais tu ne pourras pas la vendre à prix d’argent: tu ne la traiteras plus comme esclave, après lui avoir fait violence.” (Dévarim 21,10-14)
On remarquera que le verset précise que l’homme part en guerre et non pour faire la guerre car c’est Hachem qui se bat et qui décide de livrer les ennemis de son peuple en captivité. Il s’agit ici d’un cas particulier où la Torah, connaissant à la perfection la nature de l’homme, autorise ce dernier à s’unir avec une captive originaire d’une nation ennemie du peuple Juif, qui par sa beauté a été envoyée aux premières rangées afin de détourner la concentration des combattants ennemis et ainsi les pousser à faillir dans leur mission.
De plus, on avait appris dernièrement que les soldats Hébreux étaient tout d’abord les plus grands érudits et les plus pieux parmi les gens du peuple. Mais la Torah n’épargne personne car nul ne saurait résister à l’attirance sexuelle qu’une femme, aussi dépravée soit-elle, provoquerait chez l’homme. Et c’est pourquoi ce soldat pourra la prendre pour épouse après un mois où elle aura été laissée dépérir et convertie par la suite. En effet on devra lui raser la tête, laisser pousser ses ongles, l’isoler pour qu’elle puisse pleurer ses parents et ses origines, et si malgré tout notre combattant la désire toujours, il s’unira avec elle et ainsi elle sera son épouse.
Qu’est-ce que ce texte aurait à nous enseigner de plus si ce n’est la force du Yetser Ara qui pousse l’homme à agir contrairement à tous ses principes?  La Torah étant humaine, l’autorise à s’unir avec cette femme car sinon il n’y résistera pas !!!
Le Yetser Ara est un expert et agit en provoquant chez l’homme l’impression que cette faute lui est autorisée pour une série de raisons. Il se rassurera en pretextant que la Torah ne lui demande pas d’être  un Tsadik mais plutôt d’être respectueux des 613 commandements, un bon Juif en quelque sorte…
Justement, le verset précise “et que tu la veuilles prendre pour épouse”, nos Sages de déduire: pour toi mais pas pour tes enfants. Ce qui signifie que les raisons, pour lesquelles tu te permets l’union avec une femme qui représente le contraire des valeurs que tu voudrais transmettre à tes enfants, ne seront pas justifiées aux yeux des enfants que tu auras avec elle. L’influence destructrice ne sera pas tempérée par toutes ces raisons !!!
 
Souvent on pense que nos enfants peuvent très bien imaginer comme nous des pretextes à nos actions et trouveront le moyen de nous déculpabiliser, alors que c’est totalement faux. Car ce qu’on se permet à postériori en disant qu’on avait pas le choix, devient chez nos enfants une philosophie de vie à priori. Ils ne jugent que les actes et puisque papa agit ainsi, alors nous aussi et c’est tout !!!
Le Kli Yakar nous enseigne qu’en vérité il y a plusieurs endroits dans la Torah où l’on évoque le Yetser Ara. On reconnait facilement agir en dépit de notre conscience simplement parce que la pression sociale est trop grande, même si à priori il serait préférable d’agir différement. On se justifiera on disant que ce ne sont que des interdits de nos Sages mais que la Torah n’est pas vraiment explicite sur le sujet.
C’est pourquoi il est impératif de savoir qu’il est possible de trouver des raisons justifiant nos actes, qu’il est trop dur de nager à contre-sens mais il ne faut pas oublier le regard de nos enfants sur nous. Un gamin qui voit ses parents investits dans le matériel, où tout est axé sur le paraître et non sur l’être, il ne faudrait surtout pas espérer qu’il ait une quelconque attirance vers la démarche spirituelle de la vie, au-delà de ce que la société propose.
Et c’est tout naturellement que la paracha poursuit par l’histoire de cet enfant rebelle, âgé de 12 ans, qu’il faudra tuer et ainsi l’empêcher de devenir criminel. L’histoire nous a montré que ce cas n’est jamais arrivé dans notre peuple, mais la Torah n’écrit jamais des commandements pour rien et la leçon de tout ça est que tout est lié, qu’on ne peut occulter de notre conscience les conséquences de nos actes et que les gens ne sont pas forcément portés vers un jugement circonstentiel de ce qu’on leur montre de nous-mêmes.
Je terminerai en partageant avec vous l’histoire connue sur le Gaon de Vilna qui reçut un jour la visite du boucher du village lui demandant comment se fait-il que son camarade de classe soit devenu Gaon (le plus sage de sa génération) et que lui et ses enfants, de simples bouchers ? le Gaon lui demanda :
_ “quand est-ce que tu as commencé à te préoccuper de l’éducation de tes enfants ?
_ dès qu’ils ont eu l’âge de parler.
_ moi, j’ai commencé lorsque j’ai eu l’âge de 15 ans !!!!!
 
Ce qui nous montre que nous nous devons, par soucis de père et surtout de futur père, nous habituer à agir en fonction de ce que nos enfants comprendraient pour eux-mêmes. Ceci nous responsabilise bien avant d’en avoir et l’on ne pourra jamais dire qu’on observera les mitsvot seulement lorsqu’on mettra nos enfants à l’école juive, car pour bien imprégner nos héritiers des valeurs profondes du judaïsme il faudrait déjà nous éduquer nous-mêmes, afin de jouïr pleinement de l’épanouïssement et de la plénitude dans nos familles !!!

Choftim – Lutter face à la menace psychologique de l’ennemi

16 août 2009 at 12:48 | In 1, Choftim | Leave a Comment
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Cette semaine, la paracha commence par l’ordre de mettre en action, dès l’entrée du peuple Juif en Israël, un appareil juridique et policier agissant avec impartialité et professionalisme. Il y a là une nécéssité de rendre justice rapidement, pas de mise en examen, pas d’emprisonnement le temps de préparer l’accusation. Il est vrai que la justice permet d’éviter les conflits, de protéger les dominés. Mais tout cela n’est que conséquence de la justice mais pas le but recherché. En effet, ce dernier est beaucoup plus métaphysique, car la justice permet à l’homme de purifier son relationnel avec son prochain. Il y a là notion de purification tout comme celle des sacrifices qui permet à l’homme de se rapprocher de l’Eternel. On comprend pourquoi l’animal devait être Cacher mais surtout sans défaut physique, car il est un vecteur de pureté.
Ce préambule nous permet de mieux aborder le sujet de la guerre. Après que Hachem énnoncera précisément ce que signifie la justice durant les trois quarts de la paracha, voici que l’on change de chapitre et le verset d’annoncer: “Quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille, et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, n’en sois pas effrayé; car tu as avec toi l’Éternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte.” (Devarim 20,1)
Rachi explique le rapprochement en disant que si l’on garde la justice scrupuleusement, Hachem nous protègera lors des guerres à venir.
De nos jours avec la menace atomique que l’Iran fait peser sur nous en Israel, les menaces verbales de ces derniers jours qui échauffent les esprits de chacun, ce verset devient des plus actuels. C’est pourquoi il serait intéréssant d’analyser, d’après la Torah, ce que veut dire la peur de l’ennemi. Car le passouk est clair en nous ordonnant de repousser ces sentiments de craintes qui, à priori, sont naturels. Néanmoins, si l’on poursuit notre lecture on s’aperçoit qu’il y a contradiction avec l’ordre de partir en guerre sans crainte de notre vulnérabilité potentielle. Le verset continue: “Or, quand vous serez sur le point de combattre, le pontife s’avancera et parlera au peuple. Il leur dira: “Ecoute, Israël! Vous allez, en ce moment, livrer bataille à vos ennemis; que votre courage ne mollisse point; soyez sans crainte, ne vous laissez ni déconcerter ni terrifier par eux. Car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui marche avec vous, afin de combattre pour vous contre vos ennemis et de vous procurer la victoire.” Ensuite les préposés parleront au peuple en ces termes: “Si quelqu’un a bâti une maison neuve et n’en a pas encore pris possession, qu’il parte et s’en retourne à sa maison; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre en prendrait possession. Si quelqu’un a planté une vigne et n’en a pas encore acquis la jouissance, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre acquerrait cette jouissance. Et si quelqu’un a promis mariage à une femme et ne l’a pas encore épousée, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre homme l’épouserait.” Les préposés adresseront de nouveau la parole au peuple, et diront: “S’il est un homme qui ait peur et dont le cœur soit lâche, qu’il se retire et retourne chez lui, pour que le cœur de ses frères ne défaille point comme le sien!” Alors, les préposés ayant fini de parler au peuple, on placera des officiers de légions à la tête de l’armée.” (Devarim 20,2-9)
On se demande alors, si la Torah prévoit qu’il puisse avoir des morts au combat, pourquoi nous demande-t-elle de ne pas avoir peur de l’ennemi ??? La réponse se trouve dans le verset lui-même si l’on prend la peine de le lire correctement. Il s’agit de la peur des chars, d’un peuple plus nombreux. Qu’est-ce qui engendre la peur ? Le danger lui-même n’effraie pas car objectivement tout le monde sait qu’il y a toujours des morts lors d’un conflit, mais lorsqu’on observe l’ennemi, son arsenal, sa force de frappe, on est pris d’un effroi incontrolable. C’est l’imagination, la projection de ce que pourrait impliquer une défaite qui détruit le morale du soldat. C’est là tout le message qu’Hachem veut nous donner.
Il ne faut pas croire que ce sont les armes, les missiles ou les chars de nos ennemis qui sont la menace, ils ne sont qu’une illusion car en fait Hachem contrôle ces ustensils. Il ne s’agit pas ici de rentrer sa tête dans le sable et attendre de se faire tirer dessus en pensant que peu importe l’arme qui va faire le sale boulot puisque de toute façon le résultat sera le même. Au contraire, on se doit d’anticiper et d’adopter la meilleure stratégie pour gagner le plus facilement. Hachem nous interdit de craindre la menace psychologique de l’ennemi. On a tous en mémoire les défilés des chars russes pendant la guerre froide, ou dernièrement ceux d’Iran. Leur manière n’a pas changé, il y aura toujours quelqu’un pour menacer le peuple Juif, mais notre réaction doit toujours être la même, à savoir que la menace n’est pas directement liée à l’ennemi, ce dernier n’a pas la possibilité d’exécuter tant qu’Hachem ne lui donne pas le feu vert. Tout n’est qu’illusion et c’est l’Eternel qui fait la guerre.
 
Le Hafets Haïm reprend cet enseignement pour aller encore plus loin et dire que la vrai guerre n’est pas celle que nos enemis nous livrent mais surtout celle que notre Yetser Ara nous prépare à chaque moment de la journée. Ce sont les mêmes procédés qui agissent ici. Prenons l’exemple d’un homme qui se lève le matin en prenant la ferme résolution de modifier son quotidien. Aujourd’hui il sera à l’heure à la prière, il ne quittera pas la synagogue avant la fin, il gèrera ses affaires le plus justement et sans compromis, il sera concentré au cours de Torah du soir; toute une révolution dans sa journée !!
Mais le Yetser Ara se prépare également au combat…, il sait que cet homme tiendra ses promesses tant qu’il restera concentré sur ses nouveaux objectifs. Ainsi, il va tout faire pour l’en éloigner. Et c’est parti: le téléphone sonne juste avant que notre homme ne franchisse le pas de la porte pour aller à la synagogue, au milieu de la prière il se souviendra que juste aujourd’hui il avait promis à son épouse de faire les courses avant d’aller au travail, et là dommage que justement aujourd’hui vient l’assureur constater les dégats et qu’il faille arrondir le montant (vers le haut bien sûr). On le comprend mais demain c’est sûr il sera parfait ……
C’est ainsi qu’on prend conscience de l’emprise qu’exerce sur nous cet ennemi intérieur. A chaque fois on a l’impression de ne pas avoir le choix, on voudrait être sur la bonne voie mais encore une fois tout n’est qu’illusion et il nous est difficile de s’en défaire.
 
La justice, c’est cela !! C’est remettre de l’ordre dans notre vie et tout d’abord à l’intérieur de nous mêmes. C’est une chance que D.ieu nous donne d’avoir un mois entier pour se préparer à Roch Hachana, en purifiant notre intérieur par l’introspection, le bilan de nos actions, l’analyse de nos faiblesses, des mauvaises influences, de notre léthargie à accomplir les mitsvot. Hachem nous interdit d’avoir peur, cette peur qui bloque l’esprit, celle qui nous ralentit dans notre engagement, ce “je peux pas, c’est pas pour moi”…
Il faut se dire qu’Hachem fait ce qu’il a à faire, la nature remplit son rôle à merveille, le soleil ne refuse jamais d’éclairer le monde, et les nations attendent toujours de nous voir exemplaire, mais nous est-ce que nous remplissons notre rôle de Juif ? Alors faisons ce que nous avons à faire et au diable les illusions !!!!
Je terminerai en évoquant le message adressé dans la paracha de la semaine dernière. Hachem présente au peuple Juif  le choix entre la bénédiction si l’on suit les commandements de la Torah et la malédiction si on les refusent. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de troisième option, celle du milieu à savoir: accomplir ce qui nous arrange parmi les mitsvot de manière passer entre les mailles en disant “qu’on me laisse tranquille, je veux être ni beni ni maudit !”
C’est impossible, notre histoire nous a montré qu’il n’y a jamais eu de période où l’on a cessé de s’interresser aux juifs.
Souhaitons que  le mois de Eloul nous permette de faire le vide à l’intérieur de nous mêmes et qu’Hachem nous aide à prendre les bonnes résolutions pour l’année à venir !!!!

Re’eh – La bénédiction est à portée de main

14 août 2009 at 13:36 | In Re'eh | Leave a Comment
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“Voyez, je vous propose en ce jour, d’une part, la bénédiction, la malédiction de l’autre: la bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, que je vous impose aujourd’hui; et la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd’hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point. Or, quand l’Éternel, ton D.ieu, t’aura installé dans le pays où tu vas pour le conquérir, tu proclameras la bénédiction sur le mont Garizim, la malédiction sur le mont Hébal. (Devarim 11,26-28)

Moché place devant Israël la bénédiction et la malédiction, selon leur obéissance ou non aux lois de D.ieu. Il leur explique que le culte sacrificiel sera établi dans un lieu à déterminer, et exhorte le peuple à ne pas écouter ceux qui voudraient les inciter à l’idolâtrie. En tant que fils d’Hachem, ils doivent se différencier des peuples idolâtres environnant, notamment par leur alimentation. Ils doivent prélever la dîme sur la récolte, aider les pauvres, libérer les esclaves et enfin, accomplir les fêtes de pélerinage.

A priori, cette introduction des bénédictions ainsi que des malédictions dans notre Paracha est superflue du fait que dans Ki Tavo, trois sections plus loin, Moché détaille dans de long versets les différents événements qui surviendront dans le temps si les Bnei Israël suivront les précèptes de la Torah ou non. Quel est donc le sens à ce “Voyez” de notre Paracha?

Rav Chimchone Raphael Hirsh, rabbin de la communauté de Francfort au XIXème siècle, explique qu’en fait lorsque les Léviim ont prononcé la bénédiction sur le mont Garizim et la malédiction sur le mont Hébal, ces montagnes ont reçu l’influence des mots qui ont été dit sur leur sol. Désormais, le mont Garizim est devenu le symbole de la Béra’ha tandis que le mont Hébal représente la Klala. D’ailleurs, à ce jour ces deux montagnes ont gardé par leur aspect extérieur – la verdure pour l’une et l’aridité pour l’autre – leur symbolique.

Le message de Moché vient ici nous enseigner une base de la Avodat Hachem; il ne faut pas seulement avoir à l’esprit qu’à travers l’accomplissement des Mitsvot on est méritant de bénédictions, il est nécéssaire de voir de ses propres yeux la Béra’ha dans sa beauté afin de s’imprégner réellement et avoir une foi inébranlable. On a donc conscience que la bénédiction est à portée de main et qu’il ne faut surtout pas la laisser filer! Nous avons tous un ami ou un proche qui croit en la chance, la destinée comme étant des vecteurs de notre existence. Mais plutôt que de chercher à parfaire leur comportement, ils préfèrent s’adonner aux Ségoulot porte-bonheur afin d’orienter positivement leur Mazal et ainsi trouver la bénédiction dans leurs entreprises. En fait, c’est parce qu’il est difficile pour l’homme de vivre constamment en pensant que chacune de ses actions aura une conséquence sur le coefficient chance de son avenir, qu’il se laisse tenter par ces soi-disant gri-gris moins responsabilisants.

De même la malédiction, qu’Hachem nous en préserve, ne relève pas de forces obscures incontrôlables, nous dépassant. La Torah nous indique clairement que de même que nous voyons l’aridité sur le mont Hébal, nous sommes à mêmes de faire le lien entre nos actes et la malchance qui nous poursuit. La bénédiction comme la malédiction du produit de la terre obéissent au seul bon vouloir d’Hachem. En réalité l’Eternel se soumet au bon vouloir de l’homme dès l’instant où il applique les Mitsvot. La bénédiction lui est acquise à profusion. A contrario, D.ieu se doit de sévir par une malédiction lorsque l’homme se détourne des Mitsvot.

Ne doutons jamais de notre faculté de résister aux séductions de notre penchant au mal. Soyons au contraire bien conscient du fait que notre aptitude à accomplir le bien nous est procurée par Hachem, qui sera avec nous, comme Il nous le dit Lui-même – “que je vous impose aujourd’hui…” N’ayons donc aucune crainte ! Nos Sages nous enseignent en effet (Souka 52a) que le mauvais penchant nous domine constamment tout au long de la journée et que si Hachem ne nous assistait pas, nous serions vaincus !
Ne nous laissons pas davantage aller au désespoir en pensant qu’Il accordera Ses bénédictions uniquement s’il y a de nombreux hommes vertueux ici-bas, et donc qu’il ne sert à rien d’être le seul pieux dans un environnement dépravé… La Torah emploie ici le singulier (“Vois – Re’eh”), pour bien montrer que même l’individu peut être le véhicule par lequel la bénédiction divine se répand dans le monde entier. C’est donc une inviation personnelle qui nous est envoyée dans cette Paracha afin de nous introspecter et prendre conscience de l’extraordinaire cadeau qui nous est donné par Hachem, ce libre arbitre qui fait que nous avons la possibilité d’écrire l’histoire de notre vie à travers l’orientation que nous choisissons de prendre. C’est ce qui fait la supériorité de l’Homme par rapport aux autres créatures de l’Eternel sur la Terre!

Vaet’hanane – La foi en Hachem: jusqu’où ?

31 juillet 2009 at 16:05 | In Vaet'hanane | Leave a Comment
La paracha de cette semaine traîte d’un sujet tant abstrait à savoir la foi en Hachem, lorsque l’on lit le premier paragraphe du Chéma qui stipule: “Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir.” (Le Deutéronome 6,5)
en préambule à mon exposé, je dirais que l’amour est plus répandu sous la forme d’une expression du sentiment chez une personne envers l’autre. Un homme aime son Créateur, son ami lorsqu’il y a stimulation sentimentale, qui d’ailleurs ne pourrait être remplacée par autre chose. Néanmoins, on peut exprimer son amour par le biais de l’argent mais on ne peut aimer à travers l’argent. Même risquer sa vie pour son prochain n’est en rien un signe d’amour envers cette personne car la nature humaine pousserait n’importe qui à sauver un étranger du danger, même son ennemi. Alors que nous demande l’Eternel lorsqu’il nous dit au début du Chéma “Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir” ?
Afin de répondre à ce qui nous interpelle chaque jour dans notre rapprochement à Hachem, nous utiliserons quelques paraboles afin d’éclaircir l’idée.
Un homme marié attendait des années sans jamais réussir à avoir la chance d’être père. Il essayait tout ce qui était possible avec son épouse, voyageant au bout du monde, auprès de tous les grands spécialistes, priant de tout son coeur chaque jour et donnant une bonne partie de son argent aux yechivot, en espérant qu’Hachem allait l’exaucer un jour, lui changer la vie. Et c’est ce qui arrive soudainement lorsqu’un beau jour sa femme entre à la maison lui annonçant cette nouvelle tant attendue en hurlant de joie. Peut-on imaginer à cet instant l’amour éprouvé envers son Créateur par cet homme ???
Ou bien, un homme atteint par une maladie incurable où le plus optimiste parmi les médecins ne lui accorde pas plus de trois mois avant le départ de ce monde. Il rentre chez lui déconcerté, regardant le sol en pensant y retourner bientôt. Tout ce qui peut rendre heureux un homme; sa maison, sa famille, ses amis, tous ceux-ci ne peuvent rien pour lui. Et un jour, entre chez lui un homme tombé du ciel pour lui annoncer qu’il détient le traitement qui pourra le sauver. Qui pourrait décrire le sentiment profond de plénitude chez ce malade qui ressucite ??
Ou alors cet homme qui perd toute sa fortune en bourse en quelques heures et devient mendiant, bourré de dettes, toutes ses connaissances s’écartent de lui comme de la peste, ses enfants se demandant comment leur père va-t-il les marier. Et c’est dans ces moments de désarroi ou le directeur de la loterie nationale l’appelle pour lui annoncer que son ticket est l’unique gagnant !!! Tout redevient normal en un instant, sa richesse récupérée, il remonte du trou. Trouvera-t-il les mots pour remercier Hachem pour l’avoir sauver du cauchemar ???
 
Maintenant, imaginons un homme à qui toutes ces épreuves arrivent en même temps et qui s’en sort. On se demanderait même si son coeur n’explosera pas litéralement de joie lors de ce dénouement de toutes ces situations difficiles ? Est-ce qu’un autre homme sur terre aimerait D.ieu plus que lui ??? C’est cette amour qu’Hachem attend de nous !!!
 
La Torah nous donne ici les moyens de mesurer notre amour pour Hachem dans ce premier verset du Chéma: “de tout ton coeur” ce sont les enfants auquel le coeur de l’homme est dépendant, “de tout ton âme” évoquant la vie et la santé de l’homme, “de tout ton pouvoir” la nourriture, les revenus, le patrimoine matériel d’un homme.
Hachem nous demande de mettre tout ça d’un côté de la balance et de l’autre notre amour envers Lui !!!
Ca dérange beaucoup… car on se dirait que seul l’homme mis à l’épreuve comme ces derniers décrits plus haut, pourrait arriver à mesurer son amour. Mais nous, hommes standards, sans trop d’épreuves cruciales, d’où pourrait-on puiser cette ambition d’aimer notre D.ieu de cette manière allant à contre nature de l’homme en général ?
On peut également pousser la parabole un peu plus loin en imaginant un homme aisé qui décide de changer de vie en se rendant vers un pays plus prospère pour y résider avec sa famille et améliorer encore plus son train de vie. Cet exemple nous parle plus avec cette nomadisation de notre société que tous les économistes prévoient plus importante pour les futures générations. Mais les infrastructures de son pays, loins d’être au top, ne lui permettaient que de prendre une seule valise avec lui. Que fit-il ? Il vendit tous ses biens et acheta avec l’argent un diament d’une très grande valeur qu’il emporta avec quelques vêtements et un peu de nourriture pour le voyage. Mais ce voyage fut beaucoup plus long et sa gamelle se vida et ses vêtements s’usèrent. Bien sûr qu’il ne s’accomoda pas avec ces nouvelles conditions inconnues jusqu’alors; la faim le tenaillait, ses vêtements l’humiliaient, et il devait dormir avec d’autres personnes dans ces auberges peu confortables sur les routes. Mais il se débrouillait incroyablement, sans jamais perdre le moral, pensant continuellement à ce qui l’attendrait à l’arrivée lorsqu’il pourra enfin revendre son diament et retrouver une vie normale. Est-ce que ces quelques semaines de précarité réussiraient à amoindrir sa joie ?
 
La conclusion est là: celui qui sait mesurer l’importance des choses selon leur priorité dans ce monde par rapport au monde futur qui est éternel, ne ressentira pas la difficulté d’aimer Hachem quelque soit l’épreuve qui lui est soumise. Quelle valeur auront ces courtes années dans ce monde par rapport à ce que lui prévoit l’autre monde. Si on arrive à penser à cela à chaqu moment de notre vie, on pourra sans problème vivre en harmonie avec notre Créateur. Et la recette nous est donnée dans le verset suivant: “Ces devoirs que je t’impose aujourd’hui seront gravés dans ton cœur.” (Le Deutéronome 6,6). Ce qui se traduit par les mitzvot, qui seules ont le pouvoir de nous lier avec Hachem et nous assurer ce patrimoine dans le monde futur ainsi que les mérites que nous laiseront à nos enfants après notre départ. La force de la Torah et des mitsvot est de nous aider à juger ce qui est principale et ce qui est secondaire, superficiel, tout en purifiant notre esprit des défauts accumulés par l’influence du monde extérieur sur notre âme, nous empêchant de fortifier cette union entre l’homme et l’Eternel, Maître du monde.
Le Or Ha’haïm Hakadoche, commentateur au Moyen-age m’a fait ressentir, à travers ce dvar torah, d’une manière encore plus intense de ce que j’ai pu être ému avec mon père lors de cette visite du musée de Jérusalem il y’a quelques années, où l’on voyait tous ces objets de cultes exposés et retraçant l’histoire de notre peuple à travers les exils et les massacres. Ce qui est impressionant c’est qu’il n’y a pas d’art dans notre nation qui ne soit lié à la Torah et sa partique; tout est là pour témoigner l’attachement des Juifs à leur D.ieu malgré la haine des peuples à chaque époque, à travers la sublimation des objets de cultes. C’est ce témoignage unique qui nous permet de voir la main d’Hachem à travers le temps. Comment aurions pu survivre aux empires jurant de nous exterminer si ce n’est en se raccrochant à cette Torah éternelle ???
Heureux sommes nous d’appartenir à cette lignée d’hommes qui ont glorifié le nom Divin à travers les temps !!!
C’est ce sentiment qui nous oblige à notre tour à agir dans le même sens afin de mériter, un jour, de voir la venue du Machia’h et le retour de la Grandeur Divine, la Ché’hina qui cloturera l’histoire de l’humanité sur Terre.

Dévarim – la nécéssité du deuil à chaque génération

31 juillet 2009 at 15:23 | In Devarim | Leave a Comment

Cette semaine nous entamons le dernier volume du pentateuque, Dévarim, qui est un résumé de toute l’épopée du peuple Juif durant ces 40 ans passés dans le désert avant d’entrer conquérir la terre d’Israel. Moché rabeinou est sur le point de quitter ce monde et rassemble une ultime fois son peuple afin de lui soumettre les dernières recomandations en lui rappellant ses obligations envers la Loi et les erreurs commises durant ce périple.
En évoquant les propos négatifs des explorateurs, Moché s’exprime d’une manière terrifiante par ces termes : ” Mais vous refusâtes d’y monter, désobéissant ainsi à la voix de l’Éternel, votre Dieu; et vous murmurâtes dans vos tentes et vous dîtes: “C’est par haine pour nous que l’Éternel nous a fait sortir de l’Egypte! C’est pour nous livrer au pouvoir de l’Amorréen, pour nous anéantir!” (Dévarim 1,26-27)
Mais ces mots nous sont incompréhensibles autant que surprenants, car les hébreux ont vécu tout ce temps par des miracles quotidiens, la manne, le puit de Myriam qui se déplaçait avec eux, les colonnes de nuée qui les protégeaient des ennemis, etc… Quel doute auraient-t-ils pu avoir sur cet amour éternel d’Hachem envers son peuple ?
Le Sfourno explique qu’il s’agit en fait d’une crainte des Bnei Israel remontant à l’époque de leur esclavage en Egypte où ils étaient descendus au plus bas niveau spirituel, enfermés dans la magie noire. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, malgré les miracles vécus depuis, ils se demandent par quel mérite Hachem les aidera à gagner toutes ces guerres qui s’annoncent pour conquérir Israel ! On pourrait étoffer ce commentaire par la parabole suivante: un homme d’affaires a employé un comptable dans son bureau mais ce dernier, après quelque temps a dérobé une partie des recettes jusqu’au jour où par hasard il fut pris la main dans le sac. Son patron n’a pas porté plainte, au contraire, il l’a placé à un autre poste, s’est rapproché de lui, l’a considéré encore plus pour que l’incident soit oublié et ne se reproduise plus. Un jour, ce même directeur décide d’élever la fonction de son employé en le plaçant parmi l’équipe exécutive de l’entreprise. Et là, ce fut la joie mélangée à l’incompréhension car nul ne doutait que ce poste n’était pas mérité, mais alors il s’agirait peut-être d’un piège tendu à ce “repenti”, un test auquel il pourrait à nouveau flanchir. Comment sortir de ces craintes; en jugeant le degré de complicité entre les deux personnes. S’ils sont de véritables partenaires ça ira, sinon ces doutes vont empirer au fur et à mesure que les responsabilités vont être confiées à cet employé. C’est exactement la situation du peuple Juif à l’époque. Après le retour des explorateurs, nul ne doutait quant à la capacité d’Hachem à dirriger son peuple de victoires en victoires, mais c’est le prix à payer qui les inquiétait, car est-ce que ces miracles dans le désert vont continuer lors des guerres de conquètes où il faudra lutter contre des géants ??? Cette culpabilité grandissante depuis leur sortie d’Egypte s’est enfin exprimée devant ce mur à franchir. Pourquoi n’ont-ils pas compris que peut-être Hachem avait oublié ce passé peu glorieux de son peuple ? Rachi répond ainsi: “Il vous aimait mais vous l’avez haï ! Comme l’exprime un dicton populaire; ce que tu éprouves envers quelqu’un, tu le lui attribues envers toi !” Ce qui signifie que puisque leur amour envers Le Créateur était dépendant d’un élément, il leur était difficile de ressentir qu’Hachem les aimait sans raison, sans intérêt. et c’est ce même défaut qui a provoqué le destruction du Temple. Je m’explique: la raison la plus connue de notre exil est rapportée dans la guémara Guittine est la haine gratuite qu’il y avait parmi le peuple Juif à l’époque du Temple. Celle-ci qui n’a aucune raison et pas de base logique, ne peut s’exprimer que lorsque l’amour est défaillant. Durant la période de la sortie d’Egypte, du don de la Torah, des miracles dans la traversée du désert, il y avait la possibilité de lier avec Hachem un amour éternel, sans aucune limite tant la proximité était palpable. Si le Peuple Elu avait pris cette oportunité unique dans son histoire, alors l’exil n’aurait pas eu lieu, devenant inutile. En effet, le but de notre renvoi de la terre d’Israel est d’apprendre à aimer notre Créateur dans les épreuves qu’il nous envoie. Il y a deux possibilités pour faire ressentir l’amour à l’homme: on peut aimer ce qu’on a par le profit qu’on en tire, mais il est également concevable d’aimer une chose qu’on n’a plus par le manque qu’elle nous provoque. Ces prochains jours seront caractérisés par le deuil obligatoire durant la semaine du 9 Av où l’on jeune lors de ce jour où le Temple a été détruit à deux reprises. Et c’est en essayant d’aimer Hachem au plus profond de nous mêmes, en pensant combien la présence divine nous manque, que nous arriverons à extirper cette haine du prochain que nous avons et qui détruit tout sur son passage, même la résidence de D.ieu ici bas. Puisse Hachem nous aider à l’aimer le plus intensément possible, et ainsi mériter d’assister au Retour de la Sainteté sur notre Terre avec l’arrivée du Machia’h et la reconstruction du Temple qui nous rapprochera à jamais de nôtre Créateur ,Amen !!!

Balak – La jalousie et la concurence détruisent la société

2 juillet 2009 at 19:05 | In Balak | Leave a Comment
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Cette semaine nous est racontée l’histoire d’un roi Moabite Balak qui a fait appel à Bilam, le plus grand des prophètes et des magiciens parmi les nations pour maudire le peuple Juif et ainsi l’affaiblir en l’écartant de sa foi. ”Il envoya des messagers à Bilam, fils de Beor, à Pethor qui est sur le fleuve, dans le pays de ses concitoyens, pour le mander, en ces termes: “Un peuple est sorti d’Egypte; déjà il couvre la face du pays, et il est campé vis-à-vis de moi. Viens donc, je te prie, et maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi: peut-être parviendrai-je à le vaincre et le repousserai-je du pays. Car, je le sais, celui que tu bénis est béni, et celui que tu maudis est maudit.”(Les Nombres 22,5-6)

Bilam accepte et rencontre un ange d’Hachem sur son chemin qui l’avertit du risque qu’il prenait en tentant de s’opposer aux destinées du peuple élu. Ainsi Bilam rejoint Balak sur une colline dans le désert surplombant le campement des Hébreux et le prévient de répéter strictement les propos que D.ieu lui dictera.

On connait la suite, à trois reprises ce ne seront que des louanges proférées par Bilam, déconcerté, qui énerveront Balak au point de renvoyer ce prophète chez lui avec toutes les malédictions qu’on puisse souhaiter à son pire ennemi.

Quel est le message qui nous est adressé à travers ce récit ? Le fait que nous soyons super protégés par Hachem ? Surement pas, l’histoire nous montrera le contraire car nos ancêtres ont fauté, suite à cet événement, en se laissant séduire par les Moabites, réputées pour exceller en philosophie idolâtre et extérieurement vêtues de la dernière mode.

La description de l’état d’esprit du peuple Juif à cette époque nous est contée par les louanges de Bilam, dictées par l’Eternel lui-même.

Je voudrais relever avec vous l’une d’entre elles qui a fait de ce verset un chant connu de tous : “Ma tovou oalé’ha Yaacov michkénoté’ha Israel” qui se traduit par “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël!” (Les Nombres 24,5). On notera la présence des deux noms de notre patriarche Yaacov, appelé plus tard Israël par Hachem lui-même.

Rachi explique ce verset en relevant une caractéristique propre aux Hébreux, qui dans leur campement du désert ont tenu à respecter l’intimité du voisin en évitant de placer les portes de leur tentes les unes en face des autres. c’est ce qui a inspiré Bilam à citer ce verset.

Dans le traité de Sanhédrine (108 A) Rabbi Yo’hanane nous enseigne qu’à travers les bénédictions de cet impie (Bilam) on discerne les mauvaises intentions de ce dernier. Car nous savons qu’il avait été engagé pour maudire le peuple du Livre et Hachem renversait le tout par des louanges. Bilam désirait anéantir les synagogues et autres lieux d’étude de la Torah, ainsi l’Eternel lui dicta “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob”. il souhaitait écarter la présence Divine, mais Hachem lui récita “Tes demeures, ô Israël”.

 

A priori on serait tenter d’opposer l’explication de Rachi à celle de la guémara Sanhédrine car selon Rachi l’intention de Bilam était de maudire ce peuple qui tenait à respecter profondément la vie privée de chacun, alors que d’après la guémara il voulait anéantir leur lieux de cultes.

 Penchons nous d’abord sur le commentaire de Rachi. En fait, ce qui a frappé Bilam était cette capacité de chacun à améliorer son confort sans empêcher le voisin de respecter ce proverbe de nos sages: qui est riche ? celui qui sait se réjouir de ce qu’il possède.

Cette philosophie de vie nous permet de comprendre le fait que grâce à cela nul ne serait amené à convoiter, à jalouser son prochain et à rechercher tous les moyens d’en avoir autant. En effet, la jalousie, indépendamment du mal qu’elle contient en elle, provoque chez l’homme le besoin de courir après les plaisirs de ce monde, et de ralentir sa recherche spirituelle. Les sages nous ont enseigné à ce propos que celui qui désire faire rentrer à l’intérieur de soi les enseignement que nous offre la Torah doit auparavant prier afin de moins désirer manger et boire.

On comprend maintenant que les enseignements de Rachi et du Talmud sont en fait complémentaires, car en se comportant de manière à ne pas convoiter le bien de son prochain on empêche le Yetser Ara de nous influencer à rechercher les plaisirs les plus matériels de ce monde. Ainsi l’homme devient libre de vouer sa vie à l’évolution spirituelle quotidienne qui apporte un équilibre à tous ceux qui harmonisent leur vie en concordant leurs besoins matériels à ceux spirituels.

Bilam désirait mourir tel un juste, “Qui peut compter la poussière de Jacob, nombrer la multitude d’Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur!”(Les Nombres 23,10), c’est à dire faire téchouva une minute avant de quitter ce monde sans faire un bilan de ses actes régulièrement et essayer de se parfaire en vivant harmonieusement avec la Torah.

Il voulait mourir avec la téchouva mais pas vivre avec cette dernière.

C’est un sentiment qui abrite beaucoup de gens de la communauté, et cela de tout temps. On écoute le discours du rabbin le chabbat matin, on s’en souvient et on le répète quelque fois à table, mais aller jusqu’à mettre en application ces conseils de vie dans son quotidien, s’en est trop ! Changer ses habitudes, maitriser ses envies, se réjouir de se qu’on a c’est bon pour les hommes qui ne vivent que pour l’étude de la Torah !!!

Cette bonne conscience pour les autres nous affaiblit nous-mêmes et nous empêche de rechercher l’authenticité dans notre vie. C’est pour cela qu’il faut encore plus s’investir dans l’étude et tout mettre en œuvre pour l’intégrer dans notre quotidien, car tout le monde envie celui qui vit en harmonie avec sa conscience !!!!!

Quelle liberté d’action !!!

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