Ki Tétsé – Les enfants responsabilisent leur parents
15 août 2010 à 16:39 | Publié dans 1, Ki Tétsé | Laisser un commentaireTags : captivité, cellule familiale, enfant rebelle, hachem, Hébreux, Ki Tétsé, kli yakar, paracha, soldat, Tsadik, une femme de belle figure, Yetser Ara
Choftim – Lutter face à la menace psychologique de l’ennemi
8 août 2010 à 10:48 | Publié dans 1, Choftim | Laisser un commentaireTags : appareil juridique, Choftim, Eloul, ennemis, hachem, Hafets Haïm, Israel, justice, menace psychologique, paracha, peuple juif, Rachi, Roch hachana, torah, Yetser Ara
Re’eh – La bénédiction est à portée de main
2 août 2010 à 13:36 | Publié dans Re'eh | 2 CommentairesTags : Avodat Hachem, bénédiction, Bera'ha, Bnei Israel, destinée, Garizim, Hébal, Israel, Ki Tavo, Klala, libre arbitre, malédiction, mauvais penchant, Mazal, moché, paracha, Rav Chimchone Raphael Hirsh, Re'eh, Ségoulot, torah
“Voyez, je vous propose en ce jour, d’une part, la bénédiction, la malédiction de l’autre: la bénédiction, quand vous obéirez aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, que je vous impose aujourd’hui; et la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements de l’Éternel, votre D.ieu, si vous quittez la voie que je vous trace aujourd’hui, pour suivre des dieux étrangers, que vous ne connaissez point. Or, quand l’Éternel, ton D.ieu, t’aura installé dans le pays où tu vas pour le conquérir, tu proclameras la bénédiction sur le mont Garizim, la malédiction sur le mont Hébal. (Devarim 11,26-28)
Moché place devant Israël la bénédiction et la malédiction, selon leur obéissance ou non aux lois de D.ieu. Il leur explique que le culte sacrificiel sera établi dans un lieu à déterminer, et exhorte le peuple à ne pas écouter ceux qui voudraient les inciter à l’idolâtrie. En tant que fils d’Hachem, ils doivent se différencier des peuples idolâtres environnant, notamment par leur alimentation. Ils doivent prélever la dîme sur la récolte, aider les pauvres, libérer les esclaves et enfin, accomplir les fêtes de pélerinage.
A priori, cette introduction des bénédictions ainsi que des malédictions dans notre Paracha est superflue du fait que dans Ki Tavo, trois sections plus loin, Moché détaille dans de long versets les différents événements qui surviendront dans le temps si les Bnei Israël suivront les précèptes de la Torah ou non. Quel est donc le sens à ce “Voyez” de notre Paracha?
Rav Chimchone Raphael Hirsh, rabbin de la communauté de Francfort au XIXème siècle, explique qu’en fait lorsque les Léviim ont prononcé la bénédiction sur le mont Garizim et la malédiction sur le mont Hébal, ces montagnes ont reçu l’influence des mots qui ont été dit sur leur sol. Désormais, le mont Garizim est devenu le symbole de la Béra’ha tandis que le mont Hébal représente la Klala. D’ailleurs, à ce jour ces deux montagnes ont gardé par leur aspect extérieur – la verdure pour l’une et l’aridité pour l’autre – leur symbolique.
Le message de Moché vient ici nous enseigner une base de la Avodat Hachem; il ne faut pas seulement avoir à l’esprit qu’à travers l’accomplissement des Mitsvot on est méritant de bénédictions, il est nécéssaire de voir de ses propres yeux la Béra’ha dans sa beauté afin de s’imprégner réellement et avoir une foi inébranlable. On a donc conscience que la bénédiction est à portée de main et qu’il ne faut surtout pas la laisser filer! Nous avons tous un ami ou un proche qui croit en la chance, la destinée comme étant des vecteurs de notre existence. Mais plutôt que de chercher à parfaire leur comportement, ils préfèrent s’adonner aux Ségoulot porte-bonheur afin d’orienter positivement leur Mazal et ainsi trouver la bénédiction dans leurs entreprises. En fait, c’est parce qu’il est difficile pour l’homme de vivre constamment en pensant que chacune de ses actions aura une conséquence sur le coefficient chance de son avenir, qu’il se laisse tenter par ces soi-disant gri-gris moins responsabilisants.
De même la malédiction, qu’Hachem nous en préserve, ne relève pas de forces obscures incontrôlables, nous dépassant. La Torah nous indique clairement que de même que nous voyons l’aridité sur le mont Hébal, nous sommes à mêmes de faire le lien entre nos actes et la malchance qui nous poursuit. La bénédiction comme la malédiction du produit de la terre obéissent au seul bon vouloir d’Hachem. En réalité l’Eternel se soumet au bon vouloir de l’homme dès l’instant où il applique les Mitsvot. La bénédiction lui est acquise à profusion. A contrario, D.ieu se doit de sévir par une malédiction lorsque l’homme se détourne des Mitsvot.
Ne doutons jamais de notre faculté de résister aux séductions de notre penchant au mal. Soyons au contraire bien conscient du fait que notre aptitude à accomplir le bien nous est procurée par Hachem, qui sera avec nous, comme Il nous le dit Lui-même – “que je vous impose aujourd’hui…” N’ayons donc aucune crainte ! Nos Sages nous enseignent en effet (Souka 52a) que le mauvais penchant nous domine constamment tout au long de la journée et que si Hachem ne nous assistait pas, nous serions vaincus !
Ne nous laissons pas davantage aller au désespoir en pensant qu’Il accordera Ses bénédictions uniquement s’il y a de nombreux hommes vertueux ici-bas, et donc qu’il ne sert à rien d’être le seul pieux dans un environnement dépravé… La Torah emploie ici le singulier (“Vois – Re’eh”), pour bien montrer que même l’individu peut être le véhicule par lequel la bénédiction divine se répand dans le monde entier. C’est donc une inviation personnelle qui nous est envoyée dans cette Paracha afin de nous introspecter et prendre conscience de l’extraordinaire cadeau qui nous est donné par Hachem, ce libre arbitre qui fait que nous avons la possibilité d’écrire l’histoire de notre vie à travers l’orientation que nous choisissons de prendre. C’est ce qui fait la supériorité de l’Homme par rapport aux autres créatures de l’Eternel sur la Terre!
Vaet’hanane – La foi en Hachem: jusqu’où ?
18 juillet 2010 à 16:05 | Publié dans Vaet'hanane | Laisser un commentaireDévarim – la nécéssité du deuil à chaque génération
11 juillet 2010 à 15:23 | Publié dans Devarim | Laisser un commentaireCette semaine nous entamons le dernier volume du pentateuque, Dévarim, qui est un résumé de toute l’épopée du peuple Juif durant ces 40 ans passés dans le désert avant d’entrer conquérir la terre d’Israel. Moché rabeinou est sur le point de quitter ce monde et rassemble une ultime fois son peuple afin de lui soumettre les dernières recomandations en lui rappellant ses obligations envers la Loi et les erreurs commises durant ce périple.
En évoquant les propos négatifs des explorateurs, Moché s’exprime d’une manière terrifiante par ces termes : ” Mais vous refusâtes d’y monter, désobéissant ainsi à la voix de l’Éternel, votre Dieu; et vous murmurâtes dans vos tentes et vous dîtes: “C’est par haine pour nous que l’Éternel nous a fait sortir de l’Egypte! C’est pour nous livrer au pouvoir de l’Amorréen, pour nous anéantir!” (Dévarim 1,26-27)
Mais ces mots nous sont incompréhensibles autant que surprenants, car les hébreux ont vécu tout ce temps par des miracles quotidiens, la manne, le puit de Myriam qui se déplaçait avec eux, les colonnes de nuée qui les protégeaient des ennemis, etc… Quel doute auraient-t-ils pu avoir sur cet amour éternel d’Hachem envers son peuple ?
Le Sfourno explique qu’il s’agit en fait d’une crainte des Bnei Israel remontant à l’époque de leur esclavage en Egypte où ils étaient descendus au plus bas niveau spirituel, enfermés dans la magie noire. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, malgré les miracles vécus depuis, ils se demandent par quel mérite Hachem les aidera à gagner toutes ces guerres qui s’annoncent pour conquérir Israel ! On pourrait étoffer ce commentaire par la parabole suivante: un homme d’affaires a employé un comptable dans son bureau mais ce dernier, après quelque temps a dérobé une partie des recettes jusqu’au jour où par hasard il fut pris la main dans le sac. Son patron n’a pas porté plainte, au contraire, il l’a placé à un autre poste, s’est rapproché de lui, l’a considéré encore plus pour que l’incident soit oublié et ne se reproduise plus. Un jour, ce même directeur décide d’élever la fonction de son employé en le plaçant parmi l’équipe exécutive de l’entreprise. Et là, ce fut la joie mélangée à l’incompréhension car nul ne doutait que ce poste n’était pas mérité, mais alors il s’agirait peut-être d’un piège tendu à ce “repenti”, un test auquel il pourrait à nouveau flanchir. Comment sortir de ces craintes; en jugeant le degré de complicité entre les deux personnes. S’ils sont de véritables partenaires ça ira, sinon ces doutes vont empirer au fur et à mesure que les responsabilités vont être confiées à cet employé. C’est exactement la situation du peuple Juif à l’époque. Après le retour des explorateurs, nul ne doutait quant à la capacité d’Hachem à dirriger son peuple de victoires en victoires, mais c’est le prix à payer qui les inquiétait, car est-ce que ces miracles dans le désert vont continuer lors des guerres de conquètes où il faudra lutter contre des géants ??? Cette culpabilité grandissante depuis leur sortie d’Egypte s’est enfin exprimée devant ce mur à franchir. Pourquoi n’ont-ils pas compris que peut-être Hachem avait oublié ce passé peu glorieux de son peuple ? Rachi répond ainsi: “Il vous aimait mais vous l’avez haï ! Comme l’exprime un dicton populaire; ce que tu éprouves envers quelqu’un, tu le lui attribues envers toi !” Ce qui signifie que puisque leur amour envers Le Créateur était dépendant d’un élément, il leur était difficile de ressentir qu’Hachem les aimait sans raison, sans intérêt. et c’est ce même défaut qui a provoqué le destruction du Temple. Je m’explique: la raison la plus connue de notre exil est rapportée dans la guémara Guittine est la haine gratuite qu’il y avait parmi le peuple Juif à l’époque du Temple. Celle-ci qui n’a aucune raison et pas de base logique, ne peut s’exprimer que lorsque l’amour est défaillant. Durant la période de la sortie d’Egypte, du don de la Torah, des miracles dans la traversée du désert, il y avait la possibilité de lier avec Hachem un amour éternel, sans aucune limite tant la proximité était palpable. Si le Peuple Elu avait pris cette oportunité unique dans son histoire, alors l’exil n’aurait pas eu lieu, devenant inutile. En effet, le but de notre renvoi de la terre d’Israel est d’apprendre à aimer notre Créateur dans les épreuves qu’il nous envoie. Il y a deux possibilités pour faire ressentir l’amour à l’homme: on peut aimer ce qu’on a par le profit qu’on en tire, mais il est également concevable d’aimer une chose qu’on n’a plus par le manque qu’elle nous provoque. Ces prochains jours seront caractérisés par le deuil obligatoire durant la semaine du 9 Av où l’on jeune lors de ce jour où le Temple a été détruit à deux reprises. Et c’est en essayant d’aimer Hachem au plus profond de nous mêmes, en pensant combien la présence divine nous manque, que nous arriverons à extirper cette haine du prochain que nous avons et qui détruit tout sur son passage, même la résidence de D.ieu ici bas. Puisse Hachem nous aider à l’aimer le plus intensément possible, et ainsi mériter d’assister au Retour de la Sainteté sur notre Terre avec l’arrivée du Machia’h et la reconstruction du Temple qui nous rapprochera à jamais de nôtre Créateur ,Amen !!!
Balak – La jalousie et la concurence détruisent la société
22 juin 2010 à 19:05 | Publié dans Balak | Laisser un commentaireTags : Balak, Bilam, eternel, guémara, hachem, Hébreux, Israel, Moabites, prophète, Rabbi Yo'hanane, Rachi, Sanhédrine, talmud, Techouva, torah, yaacov, Yetser Ara
Cette semaine nous est racontée l’histoire d’un roi Moabite Balak qui a fait appel à Bilam, le plus grand des prophètes et des magiciens parmi les nations pour maudire le peuple Juif et ainsi l’affaiblir en l’écartant de sa foi. ”Il envoya des messagers à Bilam, fils de Beor, à Pethor qui est sur le fleuve, dans le pays de ses concitoyens, pour le mander, en ces termes: “Un peuple est sorti d’Egypte; déjà il couvre la face du pays, et il est campé vis-à-vis de moi. Viens donc, je te prie, et maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi: peut-être parviendrai-je à le vaincre et le repousserai-je du pays. Car, je le sais, celui que tu bénis est béni, et celui que tu maudis est maudit.”(Les Nombres 22,5-6)
Bilam accepte et rencontre un ange d’Hachem sur son chemin qui l’avertit du risque qu’il prenait en tentant de s’opposer aux destinées du peuple élu. Ainsi Bilam rejoint Balak sur une colline dans le désert surplombant le campement des Hébreux et le prévient de répéter strictement les propos que D.ieu lui dictera.
On connait la suite, à trois reprises ce ne seront que des louanges proférées par Bilam, déconcerté, qui énerveront Balak au point de renvoyer ce prophète chez lui avec toutes les malédictions qu’on puisse souhaiter à son pire ennemi.
Quel est le message qui nous est adressé à travers ce récit ? Le fait que nous soyons super protégés par Hachem ? Surement pas, l’histoire nous montrera le contraire car nos ancêtres ont fauté, suite à cet événement, en se laissant séduire par les Moabites, réputées pour exceller en philosophie idolâtre et extérieurement vêtues de la dernière mode.
La description de l’état d’esprit du peuple Juif à cette époque nous est contée par les louanges de Bilam, dictées par l’Eternel lui-même.
Je voudrais relever avec vous l’une d’entre elles qui a fait de ce verset un chant connu de tous : “Ma tovou oalé’ha Yaacov michkénoté’ha Israel” qui se traduit par “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël!” (Les Nombres 24,5). On notera la présence des deux noms de notre patriarche Yaacov, appelé plus tard Israël par Hachem lui-même.
Rachi explique ce verset en relevant une caractéristique propre aux Hébreux, qui dans leur campement du désert ont tenu à respecter l’intimité du voisin en évitant de placer les portes de leur tentes les unes en face des autres. c’est ce qui a inspiré Bilam à citer ce verset.
Dans le traité de Sanhédrine (108 A) Rabbi Yo’hanane nous enseigne qu’à travers les bénédictions de cet impie (Bilam) on discerne les mauvaises intentions de ce dernier. Car nous savons qu’il avait été engagé pour maudire le peuple du Livre et Hachem renversait le tout par des louanges. Bilam désirait anéantir les synagogues et autres lieux d’étude de la Torah, ainsi l’Eternel lui dicta “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob”. il souhaitait écarter la présence Divine, mais Hachem lui récita “Tes demeures, ô Israël”.
A priori on serait tenter d’opposer l’explication de Rachi à celle de la guémara Sanhédrine car selon Rachi l’intention de Bilam était de maudire ce peuple qui tenait à respecter profondément la vie privée de chacun, alors que d’après la guémara il voulait anéantir leur lieux de cultes.
Penchons nous d’abord sur le commentaire de Rachi. En fait, ce qui a frappé Bilam était cette capacité de chacun à améliorer son confort sans empêcher le voisin de respecter ce proverbe de nos sages: qui est riche ? celui qui sait se réjouir de ce qu’il possède.
Cette philosophie de vie nous permet de comprendre le fait que grâce à cela nul ne serait amené à convoiter, à jalouser son prochain et à rechercher tous les moyens d’en avoir autant. En effet, la jalousie, indépendamment du mal qu’elle contient en elle, provoque chez l’homme le besoin de courir après les plaisirs de ce monde, et de ralentir sa recherche spirituelle. Les sages nous ont enseigné à ce propos que celui qui désire faire rentrer à l’intérieur de soi les enseignement que nous offre la Torah doit auparavant prier afin de moins désirer manger et boire.
On comprend maintenant que les enseignements de Rachi et du Talmud sont en fait complémentaires, car en se comportant de manière à ne pas convoiter le bien de son prochain on empêche le Yetser Ara de nous influencer à rechercher les plaisirs les plus matériels de ce monde. Ainsi l’homme devient libre de vouer sa vie à l’évolution spirituelle quotidienne qui apporte un équilibre à tous ceux qui harmonisent leur vie en concordant leurs besoins matériels à ceux spirituels.
Bilam désirait mourir tel un juste, “Qui peut compter la poussière de Jacob, nombrer la multitude d’Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur!”(Les Nombres 23,10), c’est à dire faire téchouva une minute avant de quitter ce monde sans faire un bilan de ses actes régulièrement et essayer de se parfaire en vivant harmonieusement avec la Torah.
Il voulait mourir avec la téchouva mais pas vivre avec cette dernière.
C’est un sentiment qui abrite beaucoup de gens de la communauté, et cela de tout temps. On écoute le discours du rabbin le chabbat matin, on s’en souvient et on le répète quelque fois à table, mais aller jusqu’à mettre en application ces conseils de vie dans son quotidien, s’en est trop ! Changer ses habitudes, maitriser ses envies, se réjouir de se qu’on a c’est bon pour les hommes qui ne vivent que pour l’étude de la Torah !!!
Cette bonne conscience pour les autres nous affaiblit nous-mêmes et nous empêche de rechercher l’authenticité dans notre vie. C’est pour cela qu’il faut encore plus s’investir dans l’étude et tout mettre en œuvre pour l’intégrer dans notre quotidien, car tout le monde envie celui qui vit en harmonie avec sa conscience !!!!!
Quelle liberté d’action !!!
Houkat – l’admiration des nations devant la profondeur de nos lois
14 juin 2010 à 20:41 | Publié dans Houkat | Laisser un commentaire“L’Éternel parla à Moïse et à Aaron en ces termes: Ceci est un statut de la loi qu’a prescrit l’Éternel, savoir: Avertis les enfants d’Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug. Vous la remettrez au pontife Eléazar; il la fera conduire hors du camp, et on l’immolera en sa présence. Le pontife Eléazar prendra du sang de l’animal avec le doigt, et il fera, en les dirigeant vers la face de la tente d’assignation, sept aspersions de ce sang. Alors on brûlera la vache sous ses yeux: sa peau, sa chair et son sang, on les brûlera avec sa fiente. Le pontife prendra du bois de cèdre, de l’hysope et de l’écarlate, qu’il jettera dans le feu où se consume la vache.” (Les Nombres 19,1-6)
La Paracha est appelée Houkat avec pour racine ‘Hok’ qui signifie une mitsva que nous ne pouvons pas comprendre, c’est-à-dire que l’explication ou plutôt le sens profond ne nous est pas dévoilé. La Paracha débute donc par l’expression ”ZOT HOUKAT HATORAH” (ceci est le statut de la Torah) en référence à la vache rousse. C’est une mitsva que nous ne pouvons absolument pas comprendre. La Torah emploie le mot ’Hok’ pour désigner une loi qui échappe à l’entendement humain. Rachi commente l’emploi de ce terme, dans notre verset : « du fait que le Satan et les peuples du monde s’en prennent à Israël en invoquant : « qu’est-ce que cette mitsvah et quel sens a-t-elle donc ? », la Torah utilise ici le terme H’OUKA (« statut »), pour nous dire que : « c’est un décret émanant de Moi, et tu n’as pas le droit de le remettre en question. »
D’après l’explication de Rachi, il semble que les nations du Monde se moquent de cette mitsva justement par le fait qu’il n’y a pas de sens, de raison profonde et logique. C’est l’incompréhension que la vache rousse suscite qui invite les peuples à dénigrer les Hébreux. Pourtant dans la Paracha de Vaet’hanane nous observons une contradiction avec cette analyse de Rachi: “Observez-les et pratiquez-les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu’ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront: “Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation!” En effet, où est le peuple assez grand pour avoir des divinités accessibles, comme l’Éternel, notre Dieu, l’est pour nous toutes les fois que nous l’invoquons? Et où est le peuple assez grand pour posséder des lois et des statuts aussi bien ordonnés que toute cette doctrine que je vous présente aujourd’hui?” (Le Deutéronome 4,6-8) Moché Rabénou annonce au peuple Juif que de tout temps les nations envieront ce dernier justement pour la grandeur de ses lois, comment donc concilier ces versets avec le commentaire de Rachi qui relève plutôt la moquerie que nos lois et statuts réveillent chez les autres peuples de la Terre?
Rabbi Yaacov Neumann dans son livre Darkei Moussar nous répond en disant qu’au début, les nations se sont vantées d’être au-dessus de ces lois qui sont souvent incompréhensibles, mais lorsqu’elles ont vu comment, à travers le temps le peuple Juif a éclairé le Monde par ses sages, entièrement pénétrés par la profondeur de la Torah, ils ne purent que constater, non sans cacher une énorme jalousie, que les mitsvot dans leur ensemble, y compris celles dont le sens profond n’a pas été révélé, élèvent l’homme bien au-dessus d’une vie terre à terre! Le fait d’appliquer à la lettre des lois comme la pureté familiale et la cacherout, apporte aux Hébreux une sainteté qui s’exprime à travers la grandiosité des réalisations tant au niveau des sciences que de la pensée juive; “Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation!”
Korah – l’égalitarisme est une rébellion devant l’Eternel
11 juin 2010 à 07:30 | Publié dans Korah | Laisser un commentaireTags : Aharon, bénédiction de séparation, Bnei Israel, Créateur célèste, démocratie, Dieu, hachem, Havdala, Hébreux, Israel, Kedoucha, Korah, Maitre du Monde, moché, Moché Rabeinou, moise, paracha, profane, rébellion, saint, séparation
La paracha débute par un épisode difficile à comprendre tant la vengence d’Hachem fut violente, et pourtant au XXIème siècle, ce combat de Korah pour la démocratie a tout l’air honorable voire exemplaire. Que s’est-il passé pour que lui et ses deux cent cinquante acolytes soient exterminés de la sorte, comme en témoignent les versets suivants: “la terre ouvrit son sein et les dévora, eux et leurs maisons, et tous les gens de Korah, et tous leurs biens. Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée. Et tous les Israélites qui étaient autour d’eux s’enfuirent à leurs cris, disant:”La terre pourrait bien nous engloutir!” Puis un feu s’élança de devant le Seigneur, et consuma les deux cent cinquante hommes qui avaient offert l’encens.” (Bamidbar 16,32-35)
Si l’on relit l’histoire telle qu’elle nous est contée dans la paracha, nous nous apercevrons que Korah n’a pas été accusé de rébellion face à Moché et Aharon mais contre l’Eternel. “Alors Moïse dit: “Par ceci vous reconnaîtrez que c’est l’Éternel qui m’a donné mission d’accomplir toutes ces choses, que je n’ai rien fait de mon chef: si ces gens meurent comme meurent tous les hommes; si la commune destinée des hommes doit être aussi la leur, ce n’est pas Dieu qui m’a envoyé. Mais si l’Éternel produit un phénomène; si la terre ouvre son sein pour les engloutir avec tout ce qui est à eux, et qu’ils descendent vivants dans la tombe, vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,28-30)
Pourtant dès l’ouverture de notre paracha on observe que Korah s’offusque envers les deux dirrigeants du peuple Juif et leur repproche d’avoir pris en mains la destinée des Hébreux alors que chacun a la possibilité de se gérer tout seul: “Ils s’avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d’Israël, princes de la communauté, membres des réunions, personnages notables; et, s’étant attroupés autour de Moïse et d’Aaron, ils leur dirent: “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” (idem 16,2-3)
Pourquoi Moché considéra cette revendication comme une rébellion devant l’Eternel? “Et Moïse dit à Korah: “Or, écoutez, enfants de Lévi. C’est donc peu, pour vous, que le Dieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir? Il t’a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous réclamez encore le sacerdoce! En vérité, toi et toute ta bande, c’est contre l’Éternel que vous vous êtes ligués; car Aaron, qu’est-il, pour que vous murmuriez contre lui?” (idem 16,8-11)
En fait, pour comprendre et donner un sens à cet épisode douloureux de la traversée du désert, il nous faut tout d’abord expliquer ces versets: “Moïse, en les entendant, se jeta sur sa face; puis il parla à Korah et à toute sa faction, en ces termes: “Demain, le Seigneur fera savoir qui est digne de lui, qui est le saint qu’il admet auprès de lui; celui qu’il aura élu, il le laissera approcher de lui.” (idem 16,4-5) Rachi nous éclaire avec le Midrache suivant: “Demain” Moché s’adressa à Korah et lui dit: “Hachem a limité le monde par des cloisons, pourriez-vous inverser le matin au soir? De la même manière il est impossible d’anuler la hiérarchie”. Cet enseignement nous impose la question à savoir pourquoi Moché compare Korah à un homme voulant inverser le jour et la nuit? Voulait-il changer l’ordre de la création du monde lorsqu’il revendiqua le droit au sacerdoce?
Le Kli Yakar répond qu’effectivement, Korah a été diplomate mais au fond de lui se cachait une rébellion envers le Créateur du Monde. Si Korah affirmait qu’Hachem n’avait pas choisi Moché et Aharon, nous aurions compris qu’il ne reconnaissait pas la prophétie de Moché. Mais ce révolutionaire a été beaucoup plus loin lorsqu’il affirma “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” Korah a renié le choix d’un prophète ou un Cohen parmis l’assemblée, jugeant que chacun est saint, et par conséquence Moché et Aharon s’élèvent comme des dictateurs. Pourtant, une des bases de la foi juive est la force de la Havdala, la séparation. A la sortie de Chabbat, nous disons cette phrase: Celui qui sépare le Kodech du ‘Hol, la lumière de l’obscurité, Israël des nations, le septième jour des six jours d’activité. Quelle est la raison pour laquelle nous mentionons toutes ces différences alors qu’il suffirait, à priori, de rappeler uniquement la sainteté de Chabbat par rapport aux autres jours de la semaine? Il faut donc déduire que la Havdala n’est pas réduite à une bénédiction de séparation, mais un concept unique en soi relié aux autres ‘séparations’. La seule présence de cette notion de Havdala est en soi un témoignage de la présence divine, du Maître du Monde. Comment?
Prenons l’exemple d’un employé d’usine qui s’en prendrait à son supérieur hiérarchique en lui disant: Ne me dis pas ce que j’ai à faire! De quel droit tu me prends de haut? Es-tu plus intelligeant que moi? Nous sommes tous égaux devant la loi!… Il ne fait aucun doute que même si le directeur était sénile, et que tous les employés étaient à la même enseigne, de toutes les manières la revendication de cet homme ne vaut rien. Si l’usine vivait dans l’anarchie totale nous aurions compris et encouragé cet employé. Mais la logique veut qu’il y ait un patron qui décide selon son bon vouloir et c’est comme cela que fonctionnent les millions d’usines dans le monde. Ce patron a tous les droits et quand bien même il aurait nommé un chef de production pas compétent, se rebeller contre ce dernier reviendrait à s’en prendre au PDG directement!
C’est pourquoi, le fait même qu’Hachem a instauré dans la création du monde ce pouvoir de séparer, met un lien direct entre notre foi en un Créateur célèste et le pouvoir qu’Il a de classifier et de partager les rôles selon Sa volonté. Celui qui affirme qu’il n’y a pas de supériorité du saint sur le profane, d’Israël sur les nations, parce que tout les hommes sont égaux, est tout simplement en train de renier Hachem et Sa création quant bien même ses propos semblent humanistes. Par extension, nous comprenons maintenant le lien, qui n’est pas un hasard, entre ceux qui mettent au même niveau les hommes et les animaux, les socialistes avec comme porte drapeau la parité, l’égalité, et toutes ces associations de défense des animaux dirrigées par des athés généralement hostiles aux Juifs…
Moché Rabeinou a percé le fond de la pensée de Korah. En apparence, c’est un révolutionaire franc voulant se rapprocher de la ‘kedoucha’ et la redistribuer équitablement aux Bnei Israël. Mais en fait, ce qui se cachait derrière cette revendication d’égalitarisme, n’était rien d’autre qu’une remise en question de l’ordre divin, “vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,30) ! Et c’est tout naturellement que nous comprenons pourquoi Korah et sa bande ont péri de cette manière comme en témoigne le verset “Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée.” (idem 16,33) Ajoutons que c’est la seule fois dans l’Histoire où l’Eternel agit ainsi car du fait que Korah et ses acolytes ont renié la création du monde telle qu’elle a été exécutée par Hachem, il fallait donc une réponse surnaturelle pour les éradiquer de la Terre. Aucun élément de la nature n’a été utilisé, ni les maladies, ni l’agonie, ni la mort naturelle. La fin de Korah a été un des plus grands témoignages de l’Histoire qu’il y a bel et bien un Maître du monde, ce fut donc un grand moment de gloire pour l’Eternel !
Chela’h le’ha – La perception tragique des explorateurs
1 juin 2010 à 20:52 | Publié dans Chela'h le'ha | Laisser un commentaireTags : Chela'h le'ha, explorateurs, perception
La paracha traîte en détail le douloureux épisode des explorateurs envoyés par Moché Rabeinou afin de décrire la Terre promise et rassurer le peuple Juif s’apprêtant à la conquérir. Mais par l’amplification exagérée de la description, ils découragèrent cette population apeurée: “Mais il est puissant le peuple qui habite ce pays! Puis, les villes sont fortifiées et très grandes, et même nous y avons vu des descendants d’Anak! Amalec habite la région du midi; le Héthéen, le Jébuséen et l’Amorréen habitent la montagne, et le Cananéen occupe le littoral et la rive du Jourdain. Caleb fit taire le peuple soulevé contre Moïse, et dit: “Montons, montons-y et prenons-en possession, car certes nous en serons vainqueurs! Mais les hommes qui étaient partis avec lui, dirent: “Nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous”. Et ils décrièrent le pays qu’ils avaient exploré, en disant aux enfants d’Israël: “Le pays que nous avons parcouru pour l’explorer est un pays qui dévorerait ses habitants; quant au peuple que nous y avons vu, ce sont tous gens de haute taille. Nous y avons même vu les Nefilîm, les enfants d’Anak, descendants des Nefilîm: nous étions à nos propres yeux comme des sauterelles, et ainsi étions-nous à leurs yeux.” (Les Nombres – Chapitre 13, 28-33)
Moché se tourna vers Hachem et tenta d’apaiser sa colère suite au désaveu de son peuple: “Maintenant donc, de grâce, que la puissance d’Adonaï se déploie, comme tu l’as déclaré en disant: “L’Éternel est plein de longanimité et de bienveillance; il supporte le crime et la rébellion, sans toutefois les absoudre, faisant justice du crime des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération.”Oh! Pardonne le crime de ce peuple selon ta clémence infinie, et comme tu as pardonné à ce peuple depuis l’Egypte jusqu’ici!” L’Éternel répondit: “Je pardonne, selon ta demande. Mais, aussi vrai que je suis vivant et que la majesté de l’Éternel remplit toute la terre, tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges, en Egypte et dans le désert, et qui m’ont tenté dix fois déjà, et n’ont pas obéi à ma voix, jamais ils ne verront ce pays que j’ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point! Pour mon serviteur Caleb, attendu qu’il a été animé d’un esprit différent et m’est resté pleinement fidèle, je le ferai entrer dans le pays où il a pénétré, et sa postérité le possédera. Or, l’Amalécite et le Cananéen occupent la vallée: demain, changez de direction et partez pour le désert, du côté de la mer des Joncs.” (Les Nombres – Chapitre 14, 17-25)
Et c’est ainsi que la destinée des Hébreux bascula soudainement, Hachem les fit traverser le désert durant quarante ans afin que seule, la future génération puisse entrer en Israël, celle qui n’aura pas fauté avec les explorateurs. Si on observe les derniers versets, on constate que l’Eternel emploie plusieurs fois le terme de vision: “tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges…jamais ils ne verront ce pays que j’ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point!” Il apparaît clairement une relation de cause à effet relative au fait de voir. Quel est le sens de cette faute et de la punition par la vision?
Lors de l’épisode du don de la Torah au Mont Sinaï, le verset témoigne à nouveau de la vision des Bnei Israël: “Or, tout le peuple fut témoin de ces tonnerres, de ces feux, de ce bruit de cor, de cette montagne fumante et le peuple à cette vue, trembla et se tint à distance.” (L’Exode – Chapitre 20,14) Il nous faut comprendre la raison pour laquelle Hachem fit ce miracle où son peuple fut capable de voir les tonnerres, pas seulement les entendre!
La différence entre voir et entendre est comme le jour et la nuit: le sens de l’ouïe est un réceptacle du pan spirituel chez l’homme. En effet, les sons perçus par l’oreille sont traduits en messages par le cerveau qui, grâce à l’imagination, donnera une image matérielle précise. En revanche, le sens visuel permet aux hommes de percevoir directement le matériel et c’est à ces derniers de transcrire la vision en message. Evidemment que tout ceci est limité; celui qui voit ne pourra jamais décrire sa vision parfaitement, de même que celui qui écoute la description de tel ou tel objet ne pourra jamais l’imaginer aussi bien que celui qui le voit réellement.
Le don de la Torah était un événement spirituel à cent pour cent et de ce fait, les yeux ne pouvaient pas percevoir ne serait-ce qu’un seul moment de ce qui se passait. Seules les oreilles ont entendu et transmis les sons au cerveau, mais si Hachem n’avait pas fait ce miracle où les yeux ont pu voir les sons des tonnerres, le don de la Torah n’aurait pas été parfait dans le sens où les cinq sens n’auraient pas perçu l’événement dans son entité ! C’est pourquoi dans notre paracha Hachem rappelle que “tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges, en Egypte et dans le désert, et qui m’ont tenté dix fois déjà, et n’ont pas obéi à ma voix, jamais ils ne verront ce pays que j’ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point!” L’Eternel nous enseigne ici que ceux qui ont vu ce que la vision humaine ne peut percevoir et n’ont pas gravé dans leur mémoire cette image surréalistes de la perception des sons, ne peuvent pas ambitionner au privilège de fouler le sol de la Terre Sainte et c’est justement pour cela qu’ils ont fauté avec les explorateurs. Cette fameuse Terre où coule le lait et le miel, c’est-à-dire recélant des trésors naturels et pouvant apporter à ses habitants une richesse matérielle sans limites, est source de dangers pour celui qui y entre sans préparation antérieure. Pourquoi? Tout simplement parce que toute terre conquise doit être déffrichée, travaillée, afin de devenir viable, l’homme doit construire des routes, des villes, des ponts, il doit aussi gérer l’économie, etc… Non seulement ce sont des choses qui poussent l’homme à agir de part sa nature, mais surtout ce sont des éléments essentiels à tout pays en construction. Le danger ici est que ces devoirs impératifs sur le plan matériel occulteront la dimension spirituelle d’Erets Israël, la Torah sera mise au rebus. C’est pourquoi Hachem rappelle l’événement du don de la Torah dans le livre de Dévarim: “Mais aussi garde-toi, et évite avec soin, pour ton salut, d’oublier les événements dont tes yeux furent témoins, de les laisser échapper de ta pensée, à aucun moment de ton existence! Fais-les connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants!” (Le Deutéronome – Chapitre 4,9) Celui qui était présent à ce moment et qui a vu les tonnerres, a intégré en lui la Torah comme étant palpable, perceptible, et autant essentielle que la construction matérielle du pays, voire même comme étant la seule chose réellement concrète et tout le reste n’est qu’illusion. Cet homme aura compris qu’il faut tout d’abord se soucier des infrastructures liées à la Torah avant d’engager les travaux de la terre d’Israël!
Celui qui ‘voit’ aujourd’hui encore la ‘gloire d’Hachem’ avec la même intensité que ses ailleux au Mont Sinaï pourra observer la Terre Sainte avec la vision et la proportion adéquates. En revanche celui qui ne la voit pas avec ces mêmes yeux, pour lui la vision de cette terre est un danger: “eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point!” Rav Chimchone Raphael Hirsh nous révèle ici la juste vision qu’il nous faut avoir quant à ce petit pays tant convoité par nos ennemis. C’est une ambition d’élevation spirituelle uniquement qui nous garantira la pérénité de notre peuple en sa terre.
A l’heure où l’Occident comme l’Orient nous ordonne pratiquement de partager ce pays et sa ville sainte de Jérusalem, il nous incombe de nous renforcer idéologiquement et à réfléchir au sens que nous voulons donner à nos vies sur cette terre bénie d’Hachem et qui ne peut supporter l’abomination quotidienne qui est générée sur son sol! Ainsi, les nations du monde reconnaîtront l’exclusivité du peuple Juif sur sa terre et par cela, l’unicité du Maître du Monde dans l’univers !
Béaaloté’ha – La Ménora: le lien entre Hachem et le peuple Juif
25 mai 2010 à 19:05 | Publié dans Non classé | Laisser un commentaireTags : 'Aaron, Béaaloté'ha, candélabre, communauté, hachem, Léchem Chamaïm, Maximes de nos Pères, Ménora, Michkane, moché, paracha, Pirkei Avot, sfourno, torah
La paracha de cette semaine commence par l’ordre divin d’allumer tous les jours les sept veilleuses de la Ménora du Michkane: “Parle à Aaron et dis-lui: Quand tu disposeras les lampes, c’est vis-à-vis de la face du candélabre que les sept lampes doivent projeter la lumière.”(Bamidbar 8,2) Hachem précise à Moché la nécéssité de construire un candélabre d’une seule pièce en or où toutes ses branches seront rattachés à celle du milieu sans quelconque soudure. Et c’est alors que l’on s’interroge pourquoi Hachem répète-il ce détail alors qu’il avait été explicite dans les parachiyote Térouma et Vayakel, et quelle est donc la raison de cette redondance ???
En fait le verset fait suite à la recommendation d’avoir les bougies orientées vers la bougie centrale, ce qui n’est pas simplement un détail mais une allusion à notre façon de vivre telle qu’elle devrait être sur le plan matériel comme spirituel.
Le Sfourno, grand commentateur de la Torah en Italie au XVI siècle, explique que les trois lampes à droite et les trois autres de gauche servent ensembles celle du milieu qui représente la volonté divine. Et c’est l’expression que l’on a retrouvé lorsque les Juifs ont dit ensemble :”tout ce que voudra Hachem nous ferons” au pluriel, c’est à dire qu’avec le concours de toutes les forces réunies vers un même but nous répondrons à son appel.
On comprend donc que chaque membre du peuple juif ne peut pas servir son créateur dans son coin, reclus de la société car la Torah nous a été donnée alors que nous étions tous réunis autour d’une même montagne. Bien sûr que dans l’urgence on protège d’abord ses intérêts mais cela ne doit pas être une vision de la vie en général.
Néanmoins, même après être arrivé à ce stade l’homme se demande: faut-il tout donner quitte à ne pas profiter de son aisance ? Est-ce qu’on ne pourrait pas diviser une partie pour soi et l’autre pour le prochain ??? C’est la vision chrétienne des choses, vivre pour la cause. Hachem voit les choses complètement différamment, car en fait si l’un réussit dans ses entreprises et vit aisément, c’est d’abord Hachem qui l’a désiré. Pour la simple raison que chacun a ses propres qualités qui l’aidront dans son service Divin.
On pourrait illustrer cela par la parabole suivante: Réouven se rend dans un restaurant luxueux et rencontre Simon qui en sort. Les deux travaillent pour la même société et Simon lui confie avoir mangé avec ses potes sur le compte de cette dernière. Réouven fait de même et le lendemain les deux se retrouvent dans le bureau du patron. Simon est remboursé mais pas Réouven. Le patron s’explique en disant que Simon invite des gros clients et leur fait signer des contrats juteux à la fin du repas, donc le repas fait parti du business alors que Réouven ne rapporte rien au groupe.
Le message se décrypte tout seul: un riche peut profiter de ses biens – car ils lui ont été destiné – mais pas gratuitement, sans contrepartie. Car grâce à cela il pourra avoir plus d’invités chez lui par exemple, aider les institutions toraniques, engager plus d’ouvriers pieux et honnêtes. Ses beaux habits le représenteront dans son niveau social et par ricochet il honorera la communité auprès des nations. Cet homme se posera toujours la question comment servir la communauté à travers ses affaires. Il ne divise pas une partie pour lui et une autre pour la communauté, il est investi complètement pour Hachem et c’est cela qui le différencie des autres riches car lui, il dépense mais pour le compte de la société.
C’est pour cela qu’Hachem répète ici encore la nécéssité d’avoir une Ménora (qui représente le lien entre Hachem et le peuple Juif) conçue d’une seule pièce pour évoquer à l’homme la mission qui lui est confiée, à savoir vivre complètement pour honorer le Créateur tel que l’ont enseigné nos sages dans Pirkei Avot (les Maximes de nos Pères) : tous tes actes, tous tes investissement seront Léchem Chamaïm, pour la gloire d’Hachem !!
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