Balak – La jalousie et la concurence détruisent la société
2 juillet 2009 at 19:05 | In Balak | Leave a CommentTags: Balak, Bilam, eternel, guémara, hachem, Hébreux, Israel, Moabites, prophète, Rabbi Yo'hanane, Rachi, Sanhédrine, talmud, Techouva, torah, yaacov, Yetser Ara
Cette semaine nous est racontée l’histoire d’un roi Moabite Balak qui a fait appel à Bilam, le plus grand des prophètes et des magiciens parmi les nations pour maudire le peuple Juif et ainsi l’affaiblir en l’écartant de sa foi. ”Il envoya des messagers à Bilam, fils de Beor, à Pethor qui est sur le fleuve, dans le pays de ses concitoyens, pour le mander, en ces termes: “Un peuple est sorti d’Egypte; déjà il couvre la face du pays, et il est campé vis-à-vis de moi. Viens donc, je te prie, et maudis-moi ce peuple, car il est plus puissant que moi: peut-être parviendrai-je à le vaincre et le repousserai-je du pays. Car, je le sais, celui que tu bénis est béni, et celui que tu maudis est maudit.”(Les Nombres 22,5-6)
Bilam accepte et rencontre un ange d’Hachem sur son chemin qui l’avertit du risque qu’il prenait en tentant de s’opposer aux destinées du peuple élu. Ainsi Bilam rejoint Balak sur une colline dans le désert surplombant le campement des Hébreux et le prévient de répéter strictement les propos que D.ieu lui dictera.
On connait la suite, à trois reprises ce ne seront que des louanges proférées par Bilam, déconcerté, qui énerveront Balak au point de renvoyer ce prophète chez lui avec toutes les malédictions qu’on puisse souhaiter à son pire ennemi.
Quel est le message qui nous est adressé à travers ce récit ? Le fait que nous soyons super protégés par Hachem ? Surement pas, l’histoire nous montrera le contraire car nos ancêtres ont fauté, suite à cet événement, en se laissant séduire par les Moabites, réputées pour exceller en philosophie idolâtre et extérieurement vêtues de la dernière mode.
La description de l’état d’esprit du peuple Juif à cette époque nous est contée par les louanges de Bilam, dictées par l’Eternel lui-même.
Je voudrais relever avec vous l’une d’entre elles qui a fait de ce verset un chant connu de tous : “Ma tovou oalé’ha Yaacov michkénoté’ha Israel” qui se traduit par “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël!” (Les Nombres 24,5). On notera la présence des deux noms de notre patriarche Yaacov, appelé plus tard Israël par Hachem lui-même.
Rachi explique ce verset en relevant une caractéristique propre aux Hébreux, qui dans leur campement du désert ont tenu à respecter l’intimité du voisin en évitant de placer les portes de leur tentes les unes en face des autres. c’est ce qui a inspiré Bilam à citer ce verset.
Dans le traité de Sanhédrine (108 A) Rabbi Yo’hanane nous enseigne qu’à travers les bénédictions de cet impie (Bilam) on discerne les mauvaises intentions de ce dernier. Car nous savons qu’il avait été engagé pour maudire le peuple du Livre et Hachem renversait le tout par des louanges. Bilam désirait anéantir les synagogues et autres lieux d’étude de la Torah, ainsi l’Eternel lui dicta “Qu’elles sont belles tes tentes, ô Jacob”. il souhaitait écarter la présence Divine, mais Hachem lui récita “Tes demeures, ô Israël”.
A priori on serait tenter d’opposer l’explication de Rachi à celle de la guémara Sanhédrine car selon Rachi l’intention de Bilam était de maudire ce peuple qui tenait à respecter profondément la vie privée de chacun, alors que d’après la guémara il voulait anéantir leur lieux de cultes.
Penchons nous d’abord sur le commentaire de Rachi. En fait, ce qui a frappé Bilam était cette capacité de chacun à améliorer son confort sans empêcher le voisin de respecter ce proverbe de nos sages: qui est riche ? celui qui sait se réjouir de ce qu’il possède.
Cette philosophie de vie nous permet de comprendre le fait que grâce à cela nul ne serait amené à convoiter, à jalouser son prochain et à rechercher tous les moyens d’en avoir autant. En effet, la jalousie, indépendamment du mal qu’elle contient en elle, provoque chez l’homme le besoin de courir après les plaisirs de ce monde, et de ralentir sa recherche spirituelle. Les sages nous ont enseigné à ce propos que celui qui désire faire rentrer à l’intérieur de soi les enseignement que nous offre la Torah doit auparavant prier afin de moins désirer manger et boire.
On comprend maintenant que les enseignements de Rachi et du Talmud sont en fait complémentaires, car en se comportant de manière à ne pas convoiter le bien de son prochain on empêche le Yetser Ara de nous influencer à rechercher les plaisirs les plus matériels de ce monde. Ainsi l’homme devient libre de vouer sa vie à l’évolution spirituelle quotidienne qui apporte un équilibre à tous ceux qui harmonisent leur vie en concordant leurs besoins matériels à ceux spirituels.
Bilam désirait mourir tel un juste, “Qui peut compter la poussière de Jacob, nombrer la multitude d’Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur!”(Les Nombres 23,10), c’est à dire faire téchouva une minute avant de quitter ce monde sans faire un bilan de ses actes régulièrement et essayer de se parfaire en vivant harmonieusement avec la Torah.
Il voulait mourir avec la téchouva mais pas vivre avec cette dernière.
C’est un sentiment qui abrite beaucoup de gens de la communauté, et cela de tout temps. On écoute le discours du rabbin le chabbat matin, on s’en souvient et on le répète quelque fois à table, mais aller jusqu’à mettre en application ces conseils de vie dans son quotidien, s’en est trop ! Changer ses habitudes, maitriser ses envies, se réjouir de se qu’on a c’est bon pour les hommes qui ne vivent que pour l’étude de la Torah !!!
Cette bonne conscience pour les autres nous affaiblit nous-mêmes et nous empêche de rechercher l’authenticité dans notre vie. C’est pour cela qu’il faut encore plus s’investir dans l’étude et tout mettre en œuvre pour l’intégrer dans notre quotidien, car tout le monde envie celui qui vit en harmonie avec sa conscience !!!!!
Quelle liberté d’action !!!
Houkat – l’admiration des nations devant la profondeur de nos lois
25 juin 2009 at 20:41 | In Houkat | Leave a Comment“L’Éternel parla à Moïse et à Aaron en ces termes: Ceci est un statut de la loi qu’a prescrit l’Éternel, savoir: Avertis les enfants d’Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug. Vous la remettrez au pontife Eléazar; il la fera conduire hors du camp, et on l’immolera en sa présence. Le pontife Eléazar prendra du sang de l’animal avec le doigt, et il fera, en les dirigeant vers la face de la tente d’assignation, sept aspersions de ce sang. Alors on brûlera la vache sous ses yeux: sa peau, sa chair et son sang, on les brûlera avec sa fiente. Le pontife prendra du bois de cèdre, de l’hysope et de l’écarlate, qu’il jettera dans le feu où se consume la vache.” (Les Nombres 19,1-6)
La Paracha est appelée Houkat avec pour racine ‘Hok’ qui signifie une mitsva que nous ne pouvons pas comprendre, c’est-à-dire que l’explication ou plutôt le sens profond ne nous est pas dévoilé. La Paracha débute donc par l’expression ”ZOT HOUKAT HATORAH” (ceci est le statut de la Torah) en référence à la vache rousse. C’est une mitsva que nous ne pouvons absolument pas comprendre. La Torah emploie le mot ’Hok’ pour désigner une loi qui échappe à l’entendement humain. Rachi commente l’emploi de ce terme, dans notre verset : « du fait que le Satan et les peuples du monde s’en prennent à Israël en invoquant : « qu’est-ce que cette mitsvah et quel sens a-t-elle donc ? », la Torah utilise ici le terme H’OUKA (« statut »), pour nous dire que : « c’est un décret émanant de Moi, et tu n’as pas le droit de le remettre en question. »
D’après l’explication de Rachi, il semble que les nations du Monde se moquent de cette mitsva justement par le fait qu’il n’y a pas de sens, de raison profonde et logique. C’est l’incompréhension que la vache rousse suscite qui invite les peuples à dénigrer les Hébreux. Pourtant dans la Paracha de Vaet’hanane nous observons une contradiction avec cette analyse de Rachi: “Observez-les et pratiquez-les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu’ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront: “Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation!” En effet, où est le peuple assez grand pour avoir des divinités accessibles, comme l’Éternel, notre Dieu, l’est pour nous toutes les fois que nous l’invoquons? Et où est le peuple assez grand pour posséder des lois et des statuts aussi bien ordonnés que toute cette doctrine que je vous présente aujourd’hui?” (Le Deutéronome 4,6-8) Moché Rabénou annonce au peuple Juif que de tout temps les nations envieront ce dernier justement pour la grandeur de ses lois, comment donc concilier ces versets avec le commentaire de Rachi qui relève plutôt la moquerie que nos lois et statuts réveillent chez les autres peuples de la Terre?
Rabbi Yaacov Neumann dans son livre Darkei Moussar nous répond en disant qu’au début, les nations se sont vantées d’être au-dessus de ces lois qui sont souvent incompréhensibles, mais lorsqu’elles ont vu comment, à travers le temps le peuple Juif a éclairé le Monde par ses sages, entièrement pénétrés par la profondeur de la Torah, ils ne purent que constater, non sans cacher une énorme jalousie, que les mitsvot dans leur ensemble, y compris celles dont le sens profond n’a pas été révélé, élèvent l’homme bien au-dessus d’une vie terre à terre! Le fait d’appliquer à la lettre des lois comme la pureté familiale et la cacherout, apporte aux Hébreux une sainteté qui s’exprime à travers la grandiosité des réalisations tant au niveau des sciences que de la pensée juive; “Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation!”
Korah – l’égalitarisme est une rébellion devant l’Eternel
19 juin 2009 at 13:33 | In Korah | Leave a CommentTags: Aharon, bénédiction de séparation, Bnei Israel, Créateur célèste, démocratie, Dieu, hachem, Havdala, Hébreux, Israel, Kedoucha, Korah, Maitre du Monde, moché, Moché Rabeinou, moise, paracha, profane, rébellion, saint, séparation
La paracha débute par un épisode difficile à comprendre tant la vengence d’Hachem fut violente, et pourtant au XXIème siècle, ce combat de Korah pour la démocratie a tout l’air honorable voire exemplaire. Que s’est-il passé pour que lui et ses deux cent cinquante acolytes soient exterminés de la sorte, comme en témoignent les versets: “la terre ouvrit son sein et les dévora, eux et leurs maisons, et tous les gens de Korah, et tous leurs biens. Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée. Et tous les Israélites qui étaient autour d’eux s’enfuirent à leurs cris, disant:”La terre pourrait bien nous engloutir!” Puis un feu s’élança de devant le Seigneur, et consuma les deux cent cinquante hommes qui avaient offert l’encens.” (Bamidbar 16,32-35)
Si l’on relit l’histoire telle qu’elle nous est contée dans la paracha, nous nous apercevrons que Korah n’a pas été accusé de rébellion face à Moché et Aharon mais contre l’Eternel. “Alors Moïse dit: “Par ceci vous reconnaîtrez que c’est l’Éternel qui m’a donné mission d’accomplir toutes ces choses, que je n’ai rien fait de mon chef: si ces gens meurent comme meurent tous les hommes; si la commune destinée des hommes doit être aussi la leur, ce n’est pas Dieu qui m’a envoyé. Mais si l’Éternel produit un phénomène; si la terre ouvre son sein pour les engloutir avec tout ce qui est à eux, et qu’ils descendent vivants dans la tombe, vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,28-30)
Pourtant dès l’ouverture de notre paracha on observe que Korah s’offusque envers les deux dirrigeants du peuple Juif et leur repproche d’avoir pris en mains la destinée des Hébreux alors que chacun a la possibilité de se gérer tout seul: “Ils s’avancèrent devant Moïse avec deux cent cinquante des enfants d’Israël, princes de la communauté, membres des réunions, personnages notables; et, s’étant attroupés autour de Moïse et d’Aaron, ils leur dirent: “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” (idem 16,2-3)
Pourquoi Moché considéra cette revendication comme une rébellion devant l’Eternel? “Et Moïse dit à Korah: “Or, écoutez, enfants de Lévi. C’est donc peu, pour vous, que le Dieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir? Il t’a donc approché de lui, toi et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous réclamez encore le sacerdoce! En vérité, toi et toute ta bande, c’est contre l’Éternel que vous vous êtes ligués; car Aaron, qu’est-il, pour que vous murmuriez contre lui?” (idem 16,8-11)
En fait, pour comprendre et donner un sens à cet épisode douloureux de la traversée du désert, il nous faut tout d’abord expliquer ces versets: “Moïse, en les entendant, se jeta sur sa face; puis il parla à Korah et à toute sa faction, en ces termes: “Demain, le Seigneur fera savoir qui est digne de lui, qui est le saint qu’il admet auprès de lui; celui qu’il aura élu, il le laissera approcher de lui.” (idem 16,4-5) Rachi nous éclaire avec le Midrache suivant: “Demain” Moché s’adressa à Korah et lui dit: “Hachem a limité le monde par des cloisons, pourriez-vous inverser le matin au soir? De la même manière il est impossible d’anuler la hiérarchie”. Cet enseignement nous impose la question à savoir pourquoi Moché compare Korah à un homme voulant inverser le jour et la nuit? Voulait-il changer l’ordre de la création du monde lorsqu’il revendiqua le droit au sacerdoce?
Le Kli Yakar répond qu’effectivement, Korah a été diplomate mais au fond de lui se cachait une rébellion envers le Créateur du Monde. Si Korah affirmait qu’Hachem n’avait pas choisi Moché et Aharon, nous aurions compris qu’il ne reconnaissait pas la prophétie de Moché. Mais ce révolutionaire a été beaucoup plus loin lorsqu’il affirma “C’en est trop de votre part! Toute la communauté, oui, tous sont des saints, et au milieu d’eux est le Seigneur; pourquoi donc vous érigez-vous en chefs de l’assemblée du Seigneur?” Korah a renié le choix d’un prophète ou un Cohen parmis l’assemblée, jugeant que chacun est saint, et par conséquence Moché et Aharon s’élèvent comme des dictateurs. Pourtant, une des bases de la foi juive est la force de la Havdala, la séparation. A la sortie de Chabbat, nous disons cette phrase: Celui qui sépare le Kodech du ‘Hol, la lumière de l’obscurité, Israël des nations, le septième jour des six jours d’activité. Quelle est la raison pour laquelle nous mentionons toutes ces différences alors qu’il suffirait, à priori, de rappeler uniquement la sainteté de Chabbat par rapport aux autres jours de la semaine? Il faut donc déduire que la Havdala n’est pas réduite à une bénédiction de séparation, mais un concept unique en soi relié aux autres ’séparations’. La seule présence de cette notion de Havdala est en soi un témoignage de la présence divine, du Maître du Monde. Comment?
Prenons l’exemple d’un employé d’usine qui s’en prendrait à son supérieur hiérarchique en lui disant: Ne me dis pas ce que j’ai à faire! De quel droit tu me prends de haut? Es-tu plus intelligeant que moi? Nous sommes tous égaux devant la loi!… Il ne fait aucun doute que même si le directeur était sénile, et que tous les employés étaient à la même enseigne, de toutes les manières la revendication de cet homme ne vaut rien. Si l’usine vivait dans l’anarchie totale nous aurions compris et encouragé cet employé. Mais la logique veut qu’il y ait un patron qui décide selon son bon vouloir et c’est comme cela que fonctionnent les millions d’usines dans le monde. Ce patron a tous les droits et quand bien même il aurait nommé un chef de production pas compétent, se rebeller contre ce dernier reviendrait à s’en prendre au PDG directement!
C’est pourquoi, le fait même qu’Hachem a instauré dans la création du monde ce pouvoir de séparer, met un lien direct entre notre foi en un Créateur célèste et le pouvoir qu’Il a de classifier et de partager les rôles selon Sa volonté. Celui qui affirme qu’il n’y a pas de supériorité du saint sur le profane, d’Israël sur les nations, parce que tout les hommes sont égaux, est tout simplement en train de renier Hachem et Sa création quant bien même ses propos semblent humanistes. Par extension, nous comprenons maintenant le lien, qui n’est pas un hasard, entre ceux qui mettent au même niveau les hommes et les animaux, les socialistes avec comme porte drapeau la parité, l’égalité, et toutes ces associations de défense des animaux dirrigées par des athés généralement hostiles aux Juifs…
Moché Rabeinou a percé le fond de la pensée de Korah. En apparence, c’est un révolutionaire franc voulant se rapprocher de la ‘kedoucha’ et la redistribuer équitablement aux Bnei Israël. Mais en fait, ce qui se cachait derrière cette revendication d’égalitarisme, n’était rien d’autre qu’une remise en question de l’ordre divin, “vous saurez alors que ces hommes ont offensé l’Éternel.” (idem 16,30) ! Et c’est tout naturellement que nous comprenons pourquoi Korah et sa bande ont péri de cette manière comme en témoigne le verset “Ils descendirent, eux et tous les leurs, vivants dans la tombe; la terre se referma sur eux, et ils disparurent du milieu de l’assemblée.” (idem 16,33) Ajoutons que c’est la seule fois dans l’Histoire où l’Eternel agit ainsi car du fait que Korah et ses acolytes ont renié la création du monde telle qu’elle a été exécutée par Hachem, il fallait donc une réponse surnaturelle pour les éradiquer de la Terre. Aucun élément de la nature n’a été utilisé, ni les maladies, ni l’agonie, ni la mort naturelle. La fin de Korah a été un des plus grands témoignages de l’Histoire qu’il y a bel et bien un Maître du monde, ce fut donc un grand moment de gloire pour l’Eternel !
Chela’h le’ha – La perception tragique des explorateurs
12 juin 2009 at 13:52 | In Chela'h le'ha | Leave a CommentTags: Chela'h le'ha, explorateurs, perception
La paracha traîte en détail le douloureux épisode des explorateurs envoyés par Moché Rabeinou afin de décrire la Terre promise et rassurer le peuple Juif s’apprêtant à la conquérir. Mais par l’amplification exagérée de la description, ils découragèrent cette population apeurée: “Mais il est puissant le peuple qui habite ce pays! Puis, les villes sont fortifiées et très grandes, et même nous y avons vu des descendants d’Anak! Amalec habite la région du midi; le Héthéen, le Jébuséen et l’Amorréen habitent la montagne, et le Cananéen occupe le littoral et la rive du Jourdain. Caleb fit taire le peuple soulevé contre Moïse, et dit: “Montons, montons-y et prenons-en possession, car certes nous en serons vainqueurs! Mais les hommes qui étaient partis avec lui, dirent: “Nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous”. Et ils décrièrent le pays qu’ils avaient exploré, en disant aux enfants d’Israël: “Le pays que nous avons parcouru pour l’explorer est un pays qui dévorerait ses habitants; quant au peuple que nous y avons vu, ce sont tous gens de haute taille. Nous y avons même vu les Nefilîm, les enfants d’Anak, descendants des Nefilîm: nous étions à nos propres yeux comme des sauterelles, et ainsi étions-nous à leurs yeux.” (Les Nombres – Chapitre 13, 28-33)
Moché se tourna vers Hachem et tenta d’apaiser sa colère suite au désaveu de son peuple: “Maintenant donc, de grâce, que la puissance d’Adonaï se déploie, comme tu l’as déclaré en disant: “L’Éternel est plein de longanimité et de bienveillance; il supporte le crime et la rébellion, sans toutefois les absoudre, faisant justice du crime des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération.”Oh! Pardonne le crime de ce peuple selon ta clémence infinie, et comme tu as pardonné à ce peuple depuis l’Egypte jusqu’ici!” L’Éternel répondit: “Je pardonne, selon ta demande. Mais, aussi vrai que je suis vivant et que la majesté de l’Éternel remplit toute la terre, tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges, en Egypte et dans le désert, et qui m’ont tenté dix fois déjà, et n’ont pas obéi à ma voix, jamais ils ne verront ce pays que j’ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point! Pour mon serviteur Caleb, attendu qu’il a été animé d’un esprit différent et m’est resté pleinement fidèle, je le ferai entrer dans le pays où il a pénétré, et sa postérité le possédera. Or, l’Amalécite et le Cananéen occupent la vallée: demain, changez de direction et partez pour le désert, du côté de la mer des Joncs.” (Les Nombres – Chapitre 14, 17-25)
Et c’est ainsi que la destinée des Hébreux bascula soudainement, Hachem les fit traverser le désert durant quarante ans afin que seule, la future génération puisse entrer en Israël, celle qui n’aura pas fauté avec les explorateurs. Si on observe les derniers versets, on constate que l’Eternel emploie plusieurs fois le terme de vision: “tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges…jamais ils ne verront ce pays que j’ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point!” Il apparaît clairement une relation de cause à effet relative au fait de voir. Quel est le sens de cette faute et de la punition par la vision?
Lors de l’épisode du don de la Torah au Mont Sinaï, le verset témoigne à nouveau de la vision des Bnei Israël: “Or, tout le peuple fut témoin de ces tonnerres, de ces feux, de ce bruit de cor, de cette montagne fumante et le peuple à cette vue, trembla et se tint à distance.” (L’Exode – Chapitre 20,14) Il nous faut comprendre la raison pour laquelle Hachem fit ce miracle où son peuple fut capable de voir les tonnerres, pas seulement les entendre!
La différence entre voir et entendre est comme le jour et la nuit: le sens de l’ouïe est un réceptacle du pan spirituel chez l’homme. En effet, les sons perçus par l’oreille sont traduits en messages par le cerveau qui, grâce à l’imagination, donnera une image matérielle précise. En revanche, le sens visuel permet aux hommes de percevoir directement le matériel et c’est à ces derniers de transcrire la vision en message. Evidemment que tout ceci est limité; celui qui voit ne pourra jamais décrire sa vision parfaitement, de même que celui qui écoute la description de tel ou tel objet ne pourra jamais l’imaginer aussi bien que celui qui le voit réellement.
Le don de la Torah était un événement spirituel à cent pour cent et de ce fait, les yeux ne pouvaient pas percevoir ne serait-ce qu’un seul moment de ce qui se passait. Seules les oreilles ont entendu et transmis les sons au cerveau, mais si Hachem n’avait pas fait ce miracle où les yeux ont pu voir les sons des tonnerres, le don de la Torah n’aurait pas été parfait dans le sens où les cinq sens n’auraient pas perçu l’événement dans son entité ! C’est pourquoi dans notre paracha Hachem rappelle que “tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges, en Egypte et dans le désert, et qui m’ont tenté dix fois déjà, et n’ont pas obéi à ma voix, jamais ils ne verront ce pays que j’ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point!” L’Eternel nous enseigne ici que ceux qui ont vu ce que la vision humaine ne peut percevoir et n’ont pas gravé dans leur mémoire cette image surréalistes de la perception des sons, ne peuvent pas ambitionner au privilège de fouler le sol de la Terre Sainte et c’est justement pour cela qu’ils ont fauté avec les explorateurs. Cette fameuse Terre où coule le lait et le miel, c’est-à-dire recélant des trésors naturels et pouvant apporter à ses habitants une richesse matérielle sans limites, est source de dangers pour celui qui y entre sans préparation antérieure. Pourquoi? Tout simplement parce que toute terre conquise doit être déffrichée, travaillée, afin de devenir viable, l’homme doit construire des routes, des villes, des ponts, il doit aussi gérer l’économie, etc… Non seulement ce sont des choses qui poussent l’homme à agir de part sa nature, mais surtout ce sont des éléments essentiels à tout pays en construction. Le danger ici est que ces devoirs impératifs sur le plan matériel occulteront la dimension spirituelle d’Erets Israël, la Torah sera mise au rebus. C’est pourquoi Hachem rappelle l’événement du don de la Torah dans le livre de Dévarim: “Mais aussi garde-toi, et évite avec soin, pour ton salut, d’oublier les événements dont tes yeux furent témoins, de les laisser échapper de ta pensée, à aucun moment de ton existence! Fais-les connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants!” (Le Deutéronome – Chapitre 4,9) Celui qui était présent à ce moment et qui a vu les tonnerres, a intégré en lui la Torah comme étant palpable, perceptible, et autant essentielle que la construction matérielle du pays, voire même comme étant la seule chose réellement concrète et tout le reste n’est qu’illusion. Cet homme aura compris qu’il faut tout d’abord se soucier des infrastructures liées à la Torah avant d’engager les travaux de la terre d’Israël!
Celui qui ‘voit’ aujourd’hui encore la ‘gloire d’Hachem’ avec la même intensité que ses ailleux au Mont Sinaï pourra observer la Terre Sainte avec la vision et la proportion adéquates. En revanche celui qui ne la voit pas avec ces mêmes yeux, pour lui la vision de cette terre est un danger: “eux tous qui m’ont outragé, ils ne le verront point!” Rav Chimchone Raphael Hirsh nous révèle ici la juste vision qu’il nous faut avoir quant à ce petit pays tant convoité par nos ennemis. C’est une ambition d’élevation spirituelle uniquement qui nous garantira la pérénité de notre peuple en sa terre.
A l’heure où l’Occident comme l’Orient nous ordonne pratiquement de partager ce pays et sa ville sainte de Jérusalem, il nous incombe de nous renforcer idéologiquement et à réfléchir au sens que nous voulons donner à nos vies sur cette terre bénie d’Hachem et qui ne peut supporter l’abomination quotidienne qui est générée sur son sol! Ainsi, les nations du monde reconnaîtront l’exclusivité du peuple Juif sur sa terre et par cela, l’unicité du Maître du Monde dans l’univers !
Béaaloté’ha – La Ménora: le lien entre Hachem et le peuple Juif
1 juin 2009 at 17:06 | In Béaaloté'ha | Leave a CommentTags: paracha, hachem, sfourno, moché, torah, Pirkei Avot, Michkane, 'Aaron, communauté, Béaaloté'ha, Ménora, candélabre, Maximes de nos Pères, Léchem Chamaïm
La paracha de cette semaine commence par l’ordre divin d’allumer tous les jours les sept veilleuses de la Ménora du Michkane: “Parle à Aaron et dis-lui: Quand tu disposeras les lampes, c’est vis-à-vis de la face du candélabre que les sept lampes doivent projeter la lumière.”(Bamidbar 8,2) Hachem précise à Moché la nécéssité de construire un candélabre d’une seule pièce en or où toutes ses branches seront rattachés à celle du milieu sans quelconque soudure. Et c’est alors que l’on s’interroge pourquoi Hachem répète-il ce détail alors qu’il avait été explicite dans les parachiyote Térouma et Vayakel, et quelle est donc la raison de cette redondance ???
En fait le verset fait suite à la recommendation d’avoir les bougies orientées vers la bougie centrale, ce qui n’est pas simplement un détail mais une allusion à notre façon de vivre telle qu’elle devrait être sur le plan matériel comme spirituel.
Le Sfourno, grand commentateur de la Torah en Italie au XVI siècle, explique que les trois lampes à droite et les trois autres de gauche servent ensembles celle du milieu qui représente la volonté divine. Et c’est l’expression que l’on a retrouvé lorsque les Juifs ont dit ensemble :”tout ce que voudra Hachem nous ferons” au pluriel, c’est à dire qu’avec le concours de toutes les forces réunies vers un même but nous répondrons à son appel.
On comprend donc que chaque membre du peuple juif ne peut pas servir son créateur dans son coin, reclus de la société car la Torah nous a été donnée alors que nous étions tous réunis autour d’une même montagne. Bien sûr que dans l’urgence on protège d’abord ses intérêts mais cela ne doit pas être une vision de la vie en général.
Néanmoins, même après être arrivé à ce stade l’homme se demande: faut-il tout donner quitte à ne pas profiter de son aisance ? Est-ce qu’on ne pourrait pas diviser une partie pour soi et l’autre pour le prochain ??? C’est la vision chrétienne des choses, vivre pour la cause. Hachem voit les choses complètement différamment, car en fait si l’un réussit dans ses entreprises et vit aisément, c’est d’abord Hachem qui l’a désiré. Pour la simple raison que chacun a ses propres qualités qui l’aidront dans son service Divin.
On pourrait illustrer cela par la parabole suivante: Réouven se rend dans un restaurant luxueux et rencontre Simon qui en sort. Les deux travaillent pour la même société et Simon lui confie avoir mangé avec ses potes sur le compte de cette dernière. Réouven fait de même et le lendemain les deux se retrouvent dans le bureau du patron. Simon est remboursé mais pas Réouven. Le patron s’explique en disant que Simon invite des gros clients et leur fait signer des contrats juteux à la fin du repas, donc le repas fait parti du business alors que Réouven ne rapporte rien au groupe.
Le message se décrypte tout seul: un riche peut profiter de ses biens – car ils lui ont été destiné – mais pas gratuitement, sans contrepartie. Car grâce à cela il pourra avoir plus d’invités chez lui par exemple, aider les institutions toraniques, engager plus d’ouvriers pieux et honnêtes. Ses beaux habits le représenteront dans son niveau social et par ricochet il honorera la communité auprès des nations. Cet homme se posera toujours la question comment servir la communauté à travers ses affaires. Il ne divise pas une partie pour lui et une autre pour la communauté, il est investi complètement pour Hachem et c’est cela qui le différencie des autres riches car lui, il dépense mais pour le compte de la société.
C’est pour cela qu’Hachem répète ici encore la nécéssité d’avoir une Ménora (qui représente le lien entre Hachem et le peuple Juif) conçue d’une seule pièce pour évoquer à l’homme la mission qui lui est confiée, à savoir vivre complètement pour honorer le Créateur tel que l’ont enseigné nos sages dans Pirkei Avot (les Maximes de nos Pères) : tous tes actes, tous tes investissement seront Léchem Chamaïm, pour la gloire d’Hachem !!
Tazria – le lien entre la circoncision et la pureté
1 juin 2009 at 16:41 | In Tazria | Leave a CommentTags: accouchement, circoncision, david, hachem, impureté, Machia’h, Midrache Tan’houma, Mila, mitzva, paracha, Psaumes, pureté, pureté familiale, rabbi akiva, Tazria, Temple de Jérusalem, Tournousroupous
La paracha de Tazria traite des différentes notions relatives à la pureté et l’impureté. Les premiers versets évoquent la naissance d’un enfant ; mâle ou femelle et des incidences sur la mère au niveau de la pureté. Depuis la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 68 de l’ère moderne, ces notions ont diminué en nombre mais depuis toujours le peuple Juif se caractérise notamment par le respect de ce qu’on appelle la pureté familiale, autrement dit les lois de séparation du couple pendant la période des règles et suivant un accouchement.
Mais ce qui est surprenant c’est l’association dans le texte de la mitzva de Mila à celle des lois de pureté, car le verset indique que la mère devient impure durant les sept jours suivant la naissance du garçon et que le 8eme jour sera celui de la circoncision. Notons dans le verset la liaison des deux thèmes par « et le 8e jour ». Quelle relation peut on établir entre deux sujets, la circoncision et la pureté de la femme juive ?
Le Midrache Tan’houma nous rapporte à ce sujet un dialogue ; « Tournousroupous le mécréant demanda un jour a Rabbi Akiva,
- Quelles sont les plus belles réalisations ? celles d’Hachem ou celles de l’homme ?
- celles de l’homme répondit Rabbi Akiva…
- alors pourquoi faites-vous la circoncision ?
Rabbi Akiva lui apporta un épi de blé ainsi qu’un morceau de pain et s’écria ; voici la réalisation d’Hachem et voici celle de l’homme (montrant le pain plus beau que le blé), n’est elle pas plus belle ?
- Si Hachem veut que ses enfants soient circoncis, pourquoi ne naissent-ils pas déjà circoncis ?
- Car l’Eternel bénit soit-Il n’a donné les mitzvot à son peuple que pour l’associer à sa création. Ainsi le roi David le dit dans les Psaumes ; « les paroles de D.ieu associent, et Il protège tous ceux qui Le craignent. »
Nous n’avons aucune idée de la profondeur et de la portée de ce dialogue entre l’impie et le sage de la génération !!!!
Est-ce que l’intention du voyou était de demander pourquoi Hachem n’a pas créé le monde sans que l’homme n’ait à intervenir, ou bien il réside une interrogation profonde derrière cela ? De toute façon il nous faut tirer la leçon derrière la réponse de Rabbi Akiva.
Tournousroupous le mécréant n’a pas vu dans l’acte de circoncision quelque chose d’autre qu’un simple geste chirurgical, l’extraction d’un morceau de chaire superflu, c’est donc la raison de sa question à savoir que si Hachem l’avait voulu, il aurait fait naître les garçons déjà circoncis ? A nous de comprendre maintenant l’allusion du pain dans la réponse du sage.
Le processus de fabrication du pain est très long. Il commence par la semence des grains de blé, le travail sur-le-champ, la moisson et la moulure du blé pour terminer par la fermentation de la pâte, et la cuisson enfin dans le four. C’est la main indispensable de l’homme qui permet à priori la réalisation de ce pain. Mais en fait il faut savoir que lors de la création du monde le pain poussait directement prêt à la consommation, Adam n’avait qu’à consommer sans efforts et le monde était parfait tel quel sans intervention de l’homme. C’est après la faute d’Adam que l’homme fut maudit: “Parce que tu as cédé à la voix de ton épouse, et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais enjoint de ne pas manger, maudite est la terre à cause de toi: c’est avec effort que tu en tireras ta nourriture, tant que tu vivras.”(Béréchit 3;17) De ce fait la terre fut modifiée dans son programme et ne fit pousser que des matières premières !!!
Ceci nous paraît invraisemblable et pourtant nos sages témoignent qu’à la fin des temps, lors de la venue du Machia’h, Hachem fera souffler un vent purificateur sur terre et pousseront des pains et ustensiles pour la Mila !!!
C’est la raison pour laquelle Rabbi Akiva a voulu nous enseigner le message profond derrière l’ordre divin de la circoncision des males. Telle la malédiction envoyée sur Terre que nous avons évoqué, la Orla (ce morceau de chaire que nous enlevons) n’est pas un organe naturel chez l’homme mais seulement l’expression de cet environnement chargé d’impureté qui entoure l’homme depuis le péché originel. C’est ainsi que nous pratiquons l’ablation de ce petit bout de chaire pour permettre au nourrisson de se développer sur le plan spirituel et vivre dans la sainteté. C’est la raison pour laquelle cet acte doit être réalise par l’homme car Hachem veut « associer » l’homme dans son projet, en lui permettant de se purifier de ses impuretés, voilà le rôle de la Mila.
Par cela nous comprenons la loi stipulant que celui qui fait le vœu de ne pas profiter des objets appartenant à un non circoncis, s’interdit automatiquement le profit des biens d’un non juif circoncis. La raison est que la circoncision ne peut enlever l’impureté au non juif car il n’est pas ordonné par les mitzvot. On comprend de cela qu’il ne s’agit pas d’un geste simple mais un moyen d’ouvrir son être vers les chemins de la vie dans la pureté. Seul le Juif a ce devoir !!!
Ici se trame le lien entre le début de la paracha qui traite de la période d’impureté suite à l’accouchement, et celui de la circoncision qui suit. Eve a été punie par : “J’aggraverai tes labeurs et ta grossesse; tu enfanteras avec douleur; la passion t’attirera, vers ton époux, et lui te dominera.”.”(Béréchit 3;16) C’est pourquoi l’accouchement de l’enfant se fait dans le sang et la douleur. C’est ce qui oblige la mère à se purifier pendant sept jours afin de permettre à l’enfant de continuer ce chemin de purification en réalisant la circoncision le 8eme jour.
On peut terminer en disant que cette paracha traite finalement d’un cheminement purificateur, incluant les deux sexes de la création. Ce qui signifie qu’il touche l’ensemble du peuple juif à savoir que le rapprochement de l’homme vers l’Eternel passe obligatoirement par le respect des lois de pureté, qui lui permettent d’accomplir les mitzvot et devenir un fil conducteur, acteur dans la création du monde !!!
Emor – qui a besoin d’indépendance?
8 mai 2009 at 16:23 | In Emor | Leave a CommentLa lecture de la Parachat Emor se situe toujours pendant la période du Omer, où l’on compte les 49 jours nous séparant de la fête de Chavouot. Les différentes fêtes de l’année y sont évoquées, notamment cette période comme l’indiquent les versets suivants: “Puis, vous compterez chacun, depuis le lendemain de la fête, depuis le jour où vous aurez offert l’ômer du balancement, sept semaines, qui doivent être entières; vous compterez jusqu’au lendemain de la septième semaine, soit cinquante jours, et vous offrirez à l’Éternel une oblation nouvelle.” (Vayikra 23,15-16)
Comme nous le savons, le décompte du Omer appelé Sefirat Ha’omer, n’a rien de commun avec le chabbat, il peut donc commencer et se terminer tous les jours de la semaine. C’est pourquoi nous nous devons d’expliquer le langage ambigu du verset “sept semaines” qui littéralement s’écrit “sept chabbat”? De plus, pourquoi dans la Paracha de Réeh dans Dévarim il est clairement indiqué le terme de semaine et pas celui de chabbat?
Il faut comprendre le message de la Torah qui évoque la notion de chabbat et la relie au décompte du Omer, en indiquant le devoir de ne pas compter les jours sans mentionner leur position par rapport au chabbat.
Explication: la Sefirat Ha’omer est une mitsva correspondant à un décompte de 49 jours (7 semaines) qui séparent le deuxième jour de la fête de Pessa’h et le premier jour de la fête de Chavouot. Selon le récit de la Torah, 49 jours séparent en effet la libération des Israélites esclaves en Égypte (libération commémorée par la fête de Pessa’h) du don de la Torah à Moïse sur le Mont Sinaï, il y a environ 3000 ans (don commémoré par la fête de Chavouot).Ce décompte doit permettre symboliquement de préparer les Juifs à revivre le don de la Torah lors de Chavouot.
Le Passouk témoigne dans le livre de Dévarim: “Et quelle divinité entreprit jamais d’aller se chercher un peuple au milieu d’un autre peuple, à force d’épreuves, de signes et de miracles, en combattant d’une main puissante et d’un bras étendu, en imposant la terreur, toutes choses que l’Éternel, votre Dieu, a faites pour vous, en Egypte, à vos yeux? ” (Deutéronome 4,34) On observe ici qu’il s’agit de la gestation de notre liberté et indépendance nationale. La période du Omer fait la transition entre le moment de la liberté physique acquise lors de la sortie d’Egypte, et celui de la seconde liberté obtenue à Chavouot avec le don de la Torah. Lorsque caque juif compte ces 49 jours, il se prépare à recevoir la Torah et ainsi devenir différent des autres aspirations humaines de liberté qui se limitent au niveau de la défense de la patrie exclusivement, tant sur le plan territorial que culturel.
Mais voilà, la Torah n’est pas une culture, alors comment peut-on imaginer un peuple qui vient de naître, sorti de l’esclavage quelques semaines auparavant, accepter ce don de l’Eternel qui en quelque sorte est un autre joug, spirituel cette fois? Pourtant ce n’est qu’après la libération de l’esclavage que ce nouveau peuple devrait aspirer construire, établir cette culture nationale?
En effet, cette demande relève de l’impossible pour celui qui pense être le créateur, le constructeur, le maître de sa personne et du monde entier. Chez lui, céder sa liberté et son indépendance serait l’équivalent du suicide, car que lui resterait-il en ce monde? Mais le peuple Juif, en revanche, possède en lui cette croyance immuable “Car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment et il s’est reposé le septième jour; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du Sabbat et l’a sanctifié. ” (Exode 20,10) Nous savons profondément que nous ne sommes que de la matière dans la main du Créateur, des outils du Maître du Monde.
Les différentes nations ont besoin d’indépendance afin d’exprimer leur nationalisme, mais le peuple Juif n’a aucune difficulté à recevoir le joug de la Torah, car il sait qu’à travers Elle il est le seul à pouvoir véritablement créer, exister, traverser l’Histoire sans jamais disparaître!
Durant les jours de la semaine, où chacun d’entre nous est soumis aux lois de la société, au monde du travail, il est presque impossible de prendre conscience de la petitesse de l’homme et sa vulnérabilité. Seul le chabbat peut nous élever et nous montrer combien nous sommes bénéficiaires de la bonté d’Hachem à chaque instant de notre vie.
Rav Shimshone Raphael Hirsh, qui faisait parti des plus grands Sages en Allemagne au 19ème siècle, nous explique ici le sens profond du décompte du Omer, à savoir qu’il faut vivre ces sept semaine sous l’influence du chabbat et ainsi reconnaître que l’indépendance et la liberté, qui sont des notions essentielles et vitales dans la société occidentale, sont en fait des notions imaginaires, de la poudre aux yeux. Le peuple Juif a traversé les heures les plus sombres de l’Histoire sans jamais se décomposer totalement grâce à la Torah uniquement, et le fait que Yom Haatsmaout et Yom Yeroushalayim ont été établi dans le mois de Iyar (qui est d’ailleurs entièrement situé pendant le Omer), c’est sûrement pour nous indiquer l’objectif final de toute cette préparation; celui de recevoir la Torah le 50ème jour qui est celui de Chavouot!
Kedochim – Sanctifier le matériel
1 mai 2009 at 14:57 | In Kedochim | 1 CommentTags: Adam, Arou'h Achoul'han, Bnei Brak, Bnei Israel, Chabbat, Créateur, Devarim, Dix Commandements, eternel, gloire de l'Eternel, hachem, Kedochim, Kedoucha, Maitre du Monde, matériel, Midrache Raba, mitsvot, Mont Sinaï, paracha, Parnassa, peuple juif, Prouchim, Rachi, Rav Yehiel Epstein, Rav Zilberstein, respect des parents, sainteté, Sanctifier, Soyez saints, torah, Vayikra, veau d'or
”Parle à toute la communauté des enfants d’Israël et dis-leur: Soyez saints! Car je suis saint, moi l’Éternel, votre Dieu. Révérez, chacun, votre mère et votre père, et observez mes sabbats: je suis l’Éternel votre Dieu.” (Vayikra 19,2-3)
Ces deux versets par lesquels la Paracha commence, indiquent au lecteur que la notion de Kedoucha, de sainteté, est liée à celles du respect des parents et de l’observance du Chabbat. La question saute aux yeux, à savoir quel est le rapport entre cette notion de sainteté d’une part, qui à priori fait appel à un état d’esprit des plus élevés, ainsi que Rachi traduit Kedochim par Prouchim, celui de la piété, et le respect des parents et du Chabbat qui sont apparemment des mitsvot qui relèvent de la morale collective? De plus, pourquoi le verset termine-il par la répétition “je suis l’Éternel votre Dieu”?
Le Rav Yehiel Epstein, auteur du Arou’h Achoul’han rappelle que lors de la seconde fois où les Dix Commandements ont été énoncés, dans le livre de Devarim, on retrouve explicitement “je suis l’Éternel” à propos de ces mêmes mitsvot: “Observe le jour du Sabbat pour le sanctifier, comme te l’a prescrit l’Éternel, ton Dieu…Honore ton père et ta mère, comme te l’a prescrit l’Éternel, ton Dieu, afin de prolonger tes jours et de vivre heureux sur la terre que l’Éternel, ton Dieu, te destine.” (Devarim 5, 11-15)
Le sens à cela est le suivant: ces deux commandements sont logiques, acceptés et promulgués dans toutes les civilisations modernes, car il est concevable chez tout un chacun que l’homme a besoin d’un jour hebdomadaire pour se ressourcer et ainsi pouvoir péréniser son efficacité dans son travail, tout comme respecter ses parents relève de la morale minimum. C’est pourquoi la Torah nous recommande de ne pas respecter ces mitsvot sous pretexte que tous les peuples s’accordent sur leur nécéssité pour l’humanité, mais parce que Hachem nous l’a ordonné “comme te l’a prescrit l’Éternel”. La première fois où ont été prononcés les Dix Commandements au Mont Sinaï, il n’y avait pas de besoin d’un tel avertissement tant le degré spirituel des Bnei Israël était élevé et comparable aux anges, mais suite à la faute du veau d’or qui les avait fait descendre de niveau il fallait appuyer, préciser que ces commandements doivent être respectés seulement “comme te l’a prescrit l’Éternel”.
Nous pouvons aussi ajouter que la proximité des versets “Soyez saints” et “Révérez, chacun, votre mère et votre père, et observez mes sabbats” indique le chemin qui permet d’atteindre la Kedoucha, car lorsque l’homme observe les mitsvot pour honorer le Maître du Monde, et non pas parce que ces lois ne dérangent pas son mode de vie, il s’élève et peut arriver à la sainteté. Il en est ainsi pour toutes nos activités touchant au matériel, si l’on conjugue le spirituel dans le domaine matériel en donnant une place centrale au Créateur dans notre vie, alors nous pouvons sanctifier notre existence!
Nous pouvons désormais comprendre le Midrache Raba (Vayikra 24,9): ‘Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté’. A savoir qu’Hachem nous demande de tendre à un haut niveau de sainteté mais seulement en sanctifiant le matériel et non pas en devenant ascète comme d’autres croyances le préconise. Le peuple Juif est constitué de personnes égales les unes des autres si bien qu’il n’y a pas de hiérarchie qui ferait que l’élevation n’est réservée qu’aux élites, au contraire, chaque homme a le devoir de se réaliser en sanctifiant son quotidien, en agissant pour la gloire de l’Eternel!
A ce propos, le Rav Zilberstein raconte l’histoire du premier imprimeur de Bnei Brak qui avait l’exclusivité dans ce secteur jusqu’au jour où un concurent vint s’installer en face de lui. Evidemment toute la famille s’insurgea, mais quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils virent leur père accueillir ce nouveau concurent les bras ouverts en lui donnant une longue liste de clients et en lui expliquant durant de longues heures le fonctionnement des machines à imprimer. Ses enfants lui demandèrent, interloqués: nous pouvons comprendre que par ta bonté extraordinaire tu n’as pas chercher à le nuire, mais montre nous le verset dans la Torah qui te demande d’aider ton concurent avec une si grande générosité?
Leur père leur répondit calmement: il y’a bien une chose sur laquelle nous sommes tous d’accord, c’est que la Parnassa (gagne-pain) est fixée par l’Eternel et que personne ne peut ôter de son prochain ce qui lui est réservé ne serait-ce qu’un sou, donc c’est tout naturellement que j’ai aidé cette personne qui vient seulement d’entrer dans ce secteur d’activité en sachant que rien de ce qui m’est réservé par Hachem ne sera touché, n’est-ce pas?
Cette histoire nous montre qu’en fait nous savons beaucoup de choses qui nous permettent de connaître la véritable pensée juive mais qui ne sont pas assez ancrées dans notre esprit, et c’est cela la sagesse, c’est de vivre en harmonie avec ces enseignements. Ce vieil imprimeur continua: ‘mes chers enfants, sachez que chercher son gagne-pain est une malédiction car si jamais Adam (le premier homme) n’avait pas fauté nous aurions le mérite de vivre en priant et étudiant la Torah tout le temps, mais puisque désormais nous devons suer pour gagner notre vie, n’est-ce pas une occasion en or de me décharger de cette malédiction en aidant mon prochain et ainsi pouvoir être plus libre d’étudier dans la joie? N’avons-nous pas assez de pain pour manger et d’habits à porter?’
Voici un exemple vivant de ce que peut voiloir signifier la sainteté, au-delà de ce que cet homme a été miséricordieux avec son prochain, il a répandu la Kedoucha dans le monde entier!
Tazria – la réponse à l’orgueil et ses différentes expressions
24 avril 2009 at 15:18 | In Tazria | Leave a CommentTags: Cohen Gadol, dartre, hachem, hautaine, impureté, introspection, kli yakar, l'appât du gain, l'instinct de survie, lêpre, maison, maladie, médisance, Metsora, paracha, plaie, pontife, pureté, Sages, Sota, superficialité, talmud, Tazria, torah, vêtements
La Paracha de Tazria traîte en détails la notion de pureté et d’impureté chez l’homme et la femme, mais aussi sur les habits et jusqu’à la maison. Il est évoqué tout d’abord l’impureté chez la femme suite aux naissances garçon et fille où l’on observe une différence du nombre de jours qui la sépare de la pureté selon le sexe de l’enfant qui est venu au monde. Mais ensuite, la Torah s’attarde sur la notion du Metsora, cette maladie qu’on associe à la lêpre, survenant chez l’homme qui a fauté en médisant envers son prochain. Cette maladie attaque la peau, les vêtements, pour finir sur les murs de sa demeure s’il n’avait pas expié sa faute. De manière générale, les couleurs de taches se ressemblent, mais un détail saute aux yeux et marque une différence non négligeable lorsqu’on se penche sur les versets suivants:
“Et le pontife, au septième jour, l’examinera de nouveau: si cette plaie s’est affaiblie et qu’elle n’ait fait aucun progrès sur la peau, le pontife la déclarera pure, c’est une simple dartre: l’homme lavera ses vêtements et sera pur.” (Lévitique 13 ,6)
“Mais si le pontife, lorsqu’il vient, observe que la plaie n’a pas fait de progrès dans la maison après que celle-ci a été recrépie, le pontife déclarera cette maison pure, car la plaie est guérie.” (Lévitique 14 ,48)
“Si le pontife observe que cette plaie, après avoir été lavée, n’a pas changé d’aspect et qu’elle ne s’est pas agrandie, elle est impure, tu la consumeras par le feu: il y a érosion sur l’envers ou sur l’endroit de l’étoffe.” (Lévitique 13 ,55)
Les plaies chez l’homme ou sur les murs de la maison qui ne se sont pas étendues et qui n’ont pas changé d’aspect sont considérées comme guéries et le Cohen Gadol déclarera l’homme ou la maison pur. Alors que celles qui se trouvent sur les habits demeurent impures tant qu’elles n’ont pas diminué en taille. Pourquoi cette différence?
Le fait que la Paracha distingue ces trois catégories de plaies, nous indique la présence de trois fautes ayant la même racine. Cette origine est l’une des plus mauvaises qualités comportementales chez l’homme: l’orgueil. Nos Sages expliquent qu’il y a trois degrés d’orgueil, en effet les plaies sur les murs sont la conséquence de l’appât du gain. L’homme désir posséder pour se sentir maître de chez soi, c’est donc par superficialité qu’il pêche d’orgueil et c’est pour cette raison que les plaies attaquent la maison qui représente le chez-soi.
Lorsque les vêtements d’une personne sont atteints, c’est que ce dernier a fauté directement de sa personne,physiquement, c’est pourquoi ses habits qui sont censés lui rendre toute sa dignité et son prestige sont attaqués. Enfin, les plaies sur le corps sont la réponse d’Hachem au Lachone Ara, à la médisance qui est une conséquence directe de l’orgueil. C’est ce trait de caractère qui encourage l’homme à se moquer de son prochain en se sentant supérieur aux autres et chercher continuellement les défauts du voisin sans jamais se pencher sur les siens. C’est la raison pour laquelle sa personne est attaquée physiquement!
Cependant il est essentiel de différencier ces trois catégories d’orgueil. L’appât du gain est un défaut qui peut-être corrigé mais pas éradiqué car l’instinct de survie fait appel essentiellement à ce trait de caractère. De même pour l’orgueil de l’esprit qui est selon nos Sages positif tant qu’il ne dépasse pas 1/64 de sa personalité (enseignement de Rav, Talmud Sota 5). Mais l’orgueil qui met en avant le corps est essentiellement mauvais et doit disparaître définitivement.
La Torah nous montre une fois de plus, s’il fallait le rappeler, combien la personalité de l’homme et ses traits de caractère doivent en permanence être étudiés. C’est pourquoi le verset a bien différencié les expressions de l’orgueil et enseigné que les plaies attaquant les murs et le corps sont impures tant qu’elles s’étendent comme pour indiquer une exagération. En revanche lorsque les habits de l’homme sont touchés, ce n’est pas l’excès qui est reproché mais le fait que l’homme s’enorguilli en portant des vêtements de prestige qui lui permettent de regarder les autres de manière hautaine. C’est en soi un signe d’impureté qu’il faut donc éradiquer et le ‘Kli Yakar’ dans son commentaire de la Paracha nous fait ici une démonstration extraordinaire de psychologie et nous transmet le devoir d’introspection, à savoir qu’il nous incombe de savoir si tel ou tel objet que nous désirons n’a pas pour origine une volonté de nous élever et ainsi regarder les autres d’en haut par l’apparence qu’on donne. On se doit aussi de chercher toujours à être conscients de nos défauts et ne pas s’échapper en cherchant ceux des autres et se donner ainsi bonne conscience, c’est cela aussi l’orgueil du corps qui est le plus dangereux selon l’enseignement de nos Sages!
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