Parachat Vayétsé – La prière de Yaacov

22 novembre 2009 at 19:39 | In vayetsé | Leave a Comment
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La paracha de Vayétsé traite du départ de Yaacov de sa maison natale vers Harane, suite aux menaces de mort proférées à son égard par Essav . Et à nouveau autour d’un puit (la Torah étant toujours associée à l’eau qui nous est vitale) eu lieu la rencontre émouvante avec Rachel. On connaît la suite, où Lavan son oncle et futur beau père lui inversa Rachel par Léa en prétextant qu’on ne marie pas la seconde avant l’aînée, et de ce fait Yaacov épousa ses deux cousines pour ainsi donner naissance aux douze tribus d’Israël. Mais auparavant il y eut le fameux rêve ou notre patriarche vit une échelle d’où montaient et descendaient des anges et comprit qu’il se trouvait dans un lieu saint. C’est alors qu’il fit une prière en ces termes: “Si le Seigneur est avec moi, s’il me protège dans la voie où je marche, s’il me donne du pain à manger et des vêtements pour me couvrir; si je retourne en paix à la maison paternelle, alors le Seigneur aura été un Dieu pour moi et cette pierre que je viens d’ériger en monument deviendra la maison du Seigneur et tous les biens que tu m’accorderas, je veux t’en offrir la dîme.” (La Genèse 28, 20-22)
Deux questions viennent à l’esprit en lisant cette prière de Yaacov:
Premièrement le verset raconte que déjà pendant son rêve l’Éternel lui affirma être avec lui et le protéger lors de ce voyage alors d’où vient le besoin de demander à nouveau alors qu’il n’y a déjà plus aucun doute ?
De plus, quel intérêt à prier particulièrement pour du pain et des vêtements, en exprimant le désir particulier de bénéficier – exceptionnellement – du Hessed divin alors qu’on récite tous les jours dans le Birkat hamazone le verset « Tu ouvres la main et rassasies avec bienveillance tout être vivant» ? (Les Psaumes 145,16)
En fait, il faut revoir en profondeur la teneur de cette promesse divine dans le rêve de Yaacov. L’Éternel s’adressa en ces termes: « Puis, l’Éternel apparaissait au sommet et disait: “Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham ton père et d’Isaac; cette terre sur laquelle tu reposes, je te la donne à toi et à ta postérité. Elle sera, ta postérité, comme la poussière de la terre; et tu déborderas au couchant et au levant, au nord et au midi; et toutes les familles de la terre seront heureuses par toi et par ta postérité. Oui, je suis avec toi; je veillerai sur chacun de tes pas et je te ramènerai dans cette contrée, car je ne veux point t’abandonner avant d’avoir accompli ce que je t’ai promis.” » (La Genèse 28,13-15)
Ce qui apparaît clairement c’est l’absence de promesse quant à la nourriture et aux vêtements. Ce qui démontre que dans la prière de Yaacov en se levant de ce rêve n’est pas un besoin d’être assuré d’avoir bien compris. Il faut donc comprendre qu’il ne s’agit pas d’une prière pour la sécurité physique mais plutôt spirituelle. Notre ancêtre savait la mauvaise influence que tentera d’exercer son oncle idolâtre sur lui et sa famille et c’est pourquoi il avait besoin d’être également rassuré sur ce plan métaphysique car sinon la mission était perdue d’avance.
À ce moment Yaacov, le plus parfait des trois patriarches, ayant bénéficié des conseils et de la sagesse de son père Isaac et son grand-père Abraham, mais surtout âgé de 75 ans et donc construit sur tous les plans par sa propre recherche de la vérité, cet hommes demande s’il ne perdra pas son chemin auprès de Lavan. Et c’est pourquoi sa prière pour le pain et l’habit exprimait surtout l’angoisse d’être mis à l’épreuve de la pauvreté ou de la richesse, car le surplus de confort matériel abîme également une personne. Donc il fallait du pain mais seulement « pour manger » et des vêtements « pour se vêtir » mais rien de plus !!!!!!!!
« si je retourne en paix à la maison paternelle, alors le Seigneur aura été un Dieu pour moi» ce qui signifie que même si Hachem lui promettait dans ce rêve de le ramener en paix vers les terres familiales, il lui fallait être sûr que ça soit « la maison paternelle » avec la même intensité spirituelle, non pas seulement en paix physiquement !!!
Le message du célèbre commentateur ‘Kli Yakar’ est des plus limpide, à savoir que même si l’homme sur le point de subir un déracinement prierai plutôt pour la richesse et la Bera’ha dans l’abondance, pour ainsi survivre l’épreuve du périple, il est aussi important de prier pour trouver un équilibre sur le plan spirituel quelque soit la destination finale. Certaines personnes vont des fois au bout du monde pour leur survie matérielle et aujourd’hui c’est encore plus facile et abordable avec la révolution des transports, mais l’homme ne peut se dissocier des besoins spirituels qui font partie de lui. Malheureusement des gens fuient la France en prétextant l’antisémitisme mais oublient de regarder si lorsqu’ils arriveront en Israël, ils ne s’installeront pas loin des centres communautaires qu’ils avaient l’habitude de trouver près de chez eux. On pense que du fait d’être méritant rien qu’en foulant la terre d’Israël, le reste n’est déjà plus que secondaire. C’est faux car les forces d’opposition sont beaucoup plus évidentes en Israël tant il existe de définitions du judaïsme contemporain !!
C’est pourquoi les aspirations du Olé (l’immigrant) doivent être plus élevées sur le plan spirituel car ici le pain n’est que pour la survie ainsi que l’habit, l’économie reste inexplicable comme l’a déclaré à la Knesset Jacques Attali en 1976, la chemita (année de jachère) reste une source de bénédiction et n’a aucune explication rationnelle. Tout est fait pour nous interpeller sur les priorités à fixer dans notre vie pour réussir la conquête de la Terre Sainte.
Le message de nos ancêtre a toujours été durant tous leurs voyages racontés dans Béréchit, ce soucis de conserver l’identité de la famille juive qui naissait, et on retrouvera plus tard la déchirure lors de l’exil de Yossef en Égypte ce deuil de père ne sachant plus où son protégé trouverait la porte du spirituel loin de lui et lors des retrouvailles Yaacov de dire « Je puis mourir à présent, puisque j’ai vu ta face, puisque tu vis encore!» (La Genèse 46,30) car il avait senti que l’intégrité de son fils perdu était restée intacte malgré l’éloignement.
Puissions tous réussir à nous garder des influences négatives que le monde nos fait subir et ainsi, là où Hachem nous enverra, nous resterons Juifs dans le sens spirituel du terme !!!

Toldot – Yaacov a-t-il volé les bénédictions de son frère Essav?

20 novembre 2009 at 15:21 | In 1 | Leave a Comment

La paracha de Toldot relate le fossé séparant la personalité des deux frères jumaux issus de Isaac et Rivka, et ce depuis leur tendre enfance ainsi que l’enseigne le verset:

“Isaac implora l’Éternel au sujet de sa femme parce qu’elle était stérile; l’Éternel accueillit sa prière et Rébecca, sa femme, devint enceinte. Comme les enfants s’entre poussaient dans son sein, elle dit “Si cela est ainsi, à quoi suis-je destinée!” Et elle alla consulter le Seigneur. Le Seigneur lui dit: “Deux nations sont dans ton sein et deux peuples sortiront de tes entrailles; un peuple sera plus puissant que l’autre et l’aîné obéira au plus jeune.” L’époque de sa délivrance arrivée, il se trouva qu’elle portait des jumeaux. Le premier qui sortit était roux et tout son corps pareil à une pelisse; on lui donna le nom d’Ésaü. Ensuite naquit son frère tenant de la main le talon d’Ésaü et on le nomma Jacob. Isaac avait soixante ans lors de leur naissance. Les enfants ayant grandi, Ésaü devint un habile chasseur, un homme des champs, tandis que Jacob, homme inoffensif, vécut sous la tente. lsaac préférait Ésaü parce qu’il mettait du gibier dans sa bouche; mais Rébecca préférait Jacob.  Un jour Jacob faisait cuire un potage quand Ésaü revint des champs, fatigué. Ésaü dit à Jacob: “Laisse-moi avaler, je te prie, de ce rouge, de ce mets rouge, car je suis fatigué.” C’est à ce propos qu’on le nomma Édom. Jacob dit: “Vends-moi d’abord ton droit d’aînesse.” Ésaü répondit: “Certes! Je marche à la mort; à quoi me sert donc le droit d’aînesse?” Jacob dit: “Jure le moi dès à présent.” Et il lui fit serment et il vendit son droit d’aînesse à Jacob. Jacob servit à Ésaü du pain et un plat de lentilles; il mangea et but, se leva et ressortit. C’est ainsi qu’Ésaü dédaigna le droit d’aînesse.” (La Genèse –  25,21-34)

Le second passage de la Torah qu’il nous faut expliquer se trouve juste deux chapitres plus loin:

“Il arriva, comme Isaac était devenu vieux, que sa vue s’obscurcit. Un jour, il appela Ésaü, son fils aîné et lui dit: “Mon fils!” Il répondit: “Me voici.” Isaac reprit “Vois, je suis devenu vieux, je ne connais point l’heure de ma mort. Et maintenant, je te prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc; va aux champs et prends du gibier pour moi. Fais m’en un ragoût comme je l’aime, sers-le moi et que j’en mange afin que mon cœur te bénisse avant ma mort. Or Rébecca entendit ce qu’Isaac disait à Ésaü son fils. Ésaü alla aux champs pour chasser du gibier et le rapporter. Cependant Rébecca dit à Jacob, son fils: “Ecoute; j’ai entendu ton père parler ainsi à Ésaü, ton frère: ‘Apporte-moi du gibier et apprête moi un ragoût que je mangerai et je te bénirai devant le Seigneur avant de mourir.’ Et maintenant, mon fils, sois docile à ma voix, sur ce que je vais t’ordonner: va au menu bétail et prends moi deux beaux chevreaux et j’en ferai pour ton père un ragoût tel qu’il l’aime. Tu le présenteras à ton père et il mangera; de sorte qu’il te bénira avant de mourir.” Jacob dit à Rébecca sa mère: “Mais Ésaü, mon frère, est un homme velu et moi je ne le suis pas. Si par hasard mon père me tâte, je serai à ses yeux comme un trompeur, et, au lieu de bénédiction, c’est une malédiction que j’aurai attirée sur moi!” Sa mère lui répondit: “Je prends sur moi ta malédiction, mon fils. Obéis seulement à ma voix et va me chercher ce que j’ai dit.” Il alla le chercher et l’apporta à sa mère. Celle ci en fit un mets selon le goût de son père. Puis Rébecca prit les plus beaux vêtements d’Ésaü, son fils aîné, lesquels étaient sous sa main dans la maison et elle en revêtit Jacob, son plus jeune fils; de la peau des chevreaux, elle enveloppa ses mains et la surface lisse de son cou, et posa le mets avec le pain, qu’elle avait apprêtés, dans la main de Jacob, son fils. Celui-ci entra chez son père, disant: “Mon père!” Il répondit: “Me voici; qui es tu, mon fils?” Jacob dit à son père: “Je suis Ésaü, ton premier né; j’ai fait ainsi que tu m’as dit. Viens donc, assieds toi et mange de ma chasse afin que ton cœur me bénisse.” Isaac dit à son fils: “Qu’est ceci? tu as été prompt à faire capture mon fils!” Il répondit: “C’est que l’Éternel ton Dieu m’a donné bonne chance.” Isaac dit à Jacob “Approche que je te tâte, mon fils, pour savoir si tu es mon fils Ésaü ou non.”  Jacob s’approcha d’Isaac,son père, qui le tâta et dit: “Cette voix, c’est la voix de Jacob; mais ces mains sont les mains d’Ésaü.” Il ne le reconnut point, parce que ses mains étaient velues comme celles d’Ésaü son frère. Et il le bénit. Il dit encore: “Tu es bien mon fils Ésaü?” Il répondit: “Je le suis.” Il reprit: “Donne, que je mange de la chasse de mon fils afin que mon cœur te bénisse!” Il le servit et il mangea; lui présenta du vin et il but. Isaac son père lui dit: “Approche, je te prie et embrasse moi, mon fils.” Il s’approcha et l’embrassa. Isaac aspira l’odeur de ses vêtements; il le bénit et dit: “Voyez! le parfum de mon fils est comme le parfum d’une terre favorisée du Seigneur! Puisse-t-il t’enrichir, le Seigneur, de la rosée des cieux et des sucs de la terre, d’une abondance de moissons et de vendanges! Que des peuples t’obéissent! Que des nations tombent à tes pieds! Sois le chef de tes frères et que les fils de ta mère se prosternent devant toi! Malédiction à qui te maudira et qui te bénira soit béni!” (La Genèse 27, 1-29)

Ce qui nous met la puce à l’oreille est la réaction de Essav devant la ruse de son frère: “Ésaü dit alors: Est ce parce qu’on l’a nommé Jacob qu’il m’a supplanté deux fois déjà? Il m’a enlevé mon droit d’aînesse et voici que maintenant il m’enlève ma bénédiction!” (verset 36) Pourtant en lisant le témoignage détaillé de cette histoire dans la Torah nous observons clairement que la vente du droit d’aînesse à Yaacov a été sincère et sans rechinement de la part d’Essav. Néanmoins il nous reste à expliquer ce coup de maître réalisé par Rivka et Yaacov en dérobant les bénédictions qui, selon le texte étaient bien réservées à Essav: “Ton frère a usé de ruse et il a enlevé ta bénédiction.” (verset 35). Il s’agit ici surtout d’éclaircir un événement historique qui a malheureusement servi, tout au long de l’histoire juive, de prétexte aux différentes civilisations afin de nous accuser de tous les vices et ainsi, les nations ont pu délibérément nous oppresser et ce, jusque de nos jours.

La clé se trouve dans le Midrache relatant la vente d’Essav de son droit d’aînesse à Yaacov. Il est enseigné que Yaacov cuisina un plat de lentilles, qui par leur forme circulaire symbolisent le cercle de la vie où chaque être retourne en terre alors qu’Adam a été créé par cette dernière. En effet, Abraham venait de rejoindre l’autre monde et Essav comprenant la situation s’exclama: “Comment, même un saint homme comme notre grand-père a pu être atteint par la Midat Adin? Il n’y a pas de justice sur Terre!”

A priori, on ne peut que s’interroger sur la démesure de cette réaction car Abraham vécut 175 ans et quitta ce monde paisiblement ainsi qu’en témoigne clairement le verset: “Le nombre des années que vécut Abraham fut de cent soixante-quinze ans. Abraham défaillit et mourut, dans une heureuse vieillesse, âgé et satisfait; et il rejoignit ses pères.” (Béréchit 25,7-8) En fait il faut remonter à l’annonce de l’Eternel à Abraham que sa descendance endurera quatre cent ans d’exil ainsi que la Torah l’écrit: “ Le soleil étant sur son déclin, une torpeur s’empara d’Abram: tandis qu’une angoisse sombre profonde pesait sur lui. Dieu dit à Abram: “Sache-le bien, ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et opprimée, durant quatre cents ans. Mais, à son tour, la nation qu’ils serviront sera jugée par moi; et alors ils la quitteront avec de grandes richesses.Pour toi, tu rejoindras paisiblement tes pères; tu seras enterré après une vieillesse heureuse. Mais la quatrième génération reviendra ici, parce qu’alors seulement la perversité de l’Amorréen sera complète.” (Béréchit 15,12-16)

Essav savait que cet exil ne pouvait commencer qu’après le décès d’Abraham et ce n’est seulement que ceux qui suivraient le chemin de vie du patriarche ayant révélé le monothéisme qui seront touchés par cet exil. C’est pour cette raison qu’Essav s’empressa de déclarer qu’il ne souhaitait plus être lié au destin de sa famille et repoussa d’un revers de main sa foi en la justice d’Hachem. Yaacov comprit à ce moment que l’heure était propice au rachat du droit d’aînesse de son frère, mais il présenta les choses de manière à ce que l’un comme l’autre soit gagnant. Il conseilla à Essav de ne pas aller si loin et rejeter sa foi en Hachem pour être épargné des mauvais décrêts sur la descendance d’Abraham, il suffit tout simplement de renoncer au droit d’aînesse. Ainsi, Yaacov sera donc l’héritier spirituel de son aïeul pour le meilleur mais surtout pour le pire à venir. Essav l’accepta le plus sincèrement en disant “”Certes! Je marche à la mort; à quoi me sert donc le droit d’aînesse?” et c’est donc la preuve que Yaacov n’a jamais été voleur mais au contraire il a débarrassé son frère d’un poids insoutenable.

En revanche l’épisode des bénédictions met en exergue de toute évidence une machination orchestrée par Rivka et Yaacov, avec brio tout de même. C’est pour cette raison que seule l’analyse profonde de cette histoire par nos Sages peut en réalité nous montrer une toute autre image de cet événement. Le Midrache encore nous révèle qu’en fait Yaacov ne voulait pas de ces bénédictions sachant qu’elles ne serviraient qu’à un homme beignant dans la matérialité.  En effet,  la rosée des cieux, les sucs de la terre, l’abondance de moissons et de vendanges ne sont que des obstacles à la recherche spirituelle qui était le leit motiv de Yaacov! Et c’est pour cette raison que Isaac souhaitait bénir Essav qui aurait certainement de quoi faire avec ces bénédictions. Du coup, lorsque Yaacov mentionna le nom divin “c’est que l’Éternel ton Dieu m’a donné bonne chance”, la réponse de son père fut dubitative: “Cette voix, c’est la voix de Jacob; mais ces mains sont les mains d’Ésaü.” Isaac ne comprenait pas comment se pouvait-il que son fils Essav puisse associer à ses réalisations l’Eternel.

C’est là qu’intervient la sagesse de Rivka! Elle ne souhaitait certainement pas orienter Yaacov vers la futilité du matérialisme, encore moins enlever la raison de vivre de son autre fils, Essav. Elle voulut tout simplement faire en sorte que Yaacov demeure à jamais le maître des lieux et que Essav ne reçoive pas son bonheur et sa richesse directement des mains d’Hachem, mais plutôt de celles de son frère. Et quel aurait été l’avantage de tout celà si en fin de compte Essav serait celui qui récolterait les fruits? Yaacov posa cette question à sa mère qui lui répondit par cette alégorie. Le Midrache à propos du verset suivant: “prends moi deux beaux chevreaux” nous enseigne: beaux pour toi et beaux pour tes enfants; beaux pour toi car grâce à eux tu prendras les bénédictions, et beaux pour tes enfants car ce sont eux qui permettront le pardon des fautes de tes enfants le jour de Kipour “ Aaron tirera au sort pour les deux boucs: un lot sera pour l’Éternel, un lot pour Azazel” (Le Lévitique 16,8).

Quel est le rapport entre les deux beaux chevreaux et les deux boucs de Yom Kipour?

Le Bet Halévi nous éclaire d’un enseignement extraordinaire, une leçon de vie d’après la Torah qu’on se doit tous d’avoir continuellement à l’esprit! Rivka a souhaité transmettre à Yaacov par allusion que malgré le fait que les bénédictions de Isaac concernent la vie matérielle, cette dernière peut être vécue en harmonie de deux manières.

La première: “un lot pour l’Eternel”, ce qui signifie que la richesse peut aider l’homme a accomplir encore mieux les mitsvot tant qu’elle ne devient pas un but mais reste un moyen.

La seconde: “un lot pour Azazel”, on sait tous que le bouc Azazel devait être envoyé dans le désert comme le dit le verset: “Et le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une contrée solitaire, et on lâchera le bouc dans ce désert.” (Le Lévitique 16,22). Nos Sages nous expliquent qu’il s’agit d’un lieu où les forces d’impureté sont dominantes et la raison pour laquelle ce bouc devait mourir précisément à cet endroit est qu’afin que mêmes les impies puissent puiser leur ressources de cet endroit et vivre ainsi toute l’année à venir. Donc par ricochet, du fait que les Bnei Israël acceptent de céder une partie de ce qui leur revient aux impies, Hachem accepte aussi le pardon de leur fautes!

Telle était la leçon de Rivka! Il vallait mieux pour Essav de recevoir les plaisirs de ce monde par les mains de Yaacov qui les lui cède volontiers, et ainsi les enfants de Yaacov, appelé aussi Israël, pourront faire expier leur fautes chaque année jusqu’à la venue du Machia’h, souhaitons le plus vite possible! Même si à cause de cette manipulation orchestrée par Rivka, le peuple Juif n’a cessé d’être poursuivi et accusé de malhonneteté, celà vallait le coup car ce dernier a obtenu la possibilité de connaître le pardon d’Hachem chaque année et ainsi avoir le privilège de durer éternellement en portant le projet divin à jamais!

Hayé Sarah – Le premier regard est déterminant

10 novembre 2009 at 16:07 | In Hayé Sarah | Leave a Comment
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La Paracha de cette semaine traite des événements survenus après la Akéda d’Isaac, ce sacrifice évité de justesse évoqué dans la paracha précédente, la mort de Sarah qui n’a pas supporté l’épreuve de la Akéda et surtout le premier chidou’h (rencontre organisée à deux êtres afin de les marier) évoqué dans la Torah, celui d’Isaac et Rivka.

Le verset nous raconte (La Genèse – Chapitre 24) la demande formelle d’Abraham à son serviteur dévoué Eliezer d’aller rejoindre les membres de la famille de son maître à Aram Naharïm et chercher une fille pour Isaac car les filles de Canaan, où Abraham s’est installé, n’étaient pas vertueuses. La prière du serviteur étant exhaussée, le voici en présence de Rivka qui lui offre à boire ainsi qu’à ses chameaux au bord du ruisseau. Ce dernier impressionné par tant d’attention et de pudeur l’invite à l’amener chez ses parents qui acceptent tout de suite de la lui confier pour la présenter à Isaac.

Mais voilà que sur le chemin du retour Rivka aperçoit un homme en train de prier alors que le soleil se couchait sans savoir encore que ce dernier était sa destinée. Le Midrache raconte que le choc visuel la fit tomber du chameau et lorsque Eliezer lui annonça qu’elle venait de tomber sur l’homme de sa vie elle prit son châle et se recouvrit.

Si Hachem a rédigé la Torah de cette manière en abondant de détails sur cette rencontre c’est qu’il nous incombe de comprendre cet événement qui détermina la base du relationnel entre ce couple exceptionnel.

Si on le compare aux autres de la famille comme Abraham et Sarah, Yaacov et Ra’hel, on s’aperçoit que les autres étaient beaucoup plus directes dans leur dialogues. En effet, lorsque Sarah s’aperçut que Yichmaël était d’une mauvaise fréquentation pour Isaac elle ordonna à son époux de le renvoyer ainsi que sa mère Hagar. Le ton était donné et l’Eternel rassura Abraham en lui disant que sa femme avait vu juste. (La Genèse – Chapitre 21)

De même lorsque Ra’hel désespera du fait de sa stérilité, elle supplia Yaacov de lui donner des enfants et lui reprocha de ne pas prier comme son père l’avait fait pour Rivka. (La Genèse – Chapitre 30)

Alors que si on suit les versets des parachiyot suivantes on remarque que Rivka a toujours agi de manière discrète et n’a jamais reproché à son époux l’échec dans l’éducation de Essav, si bien que lorsqu’il fut question des béra’hot avant le décès de Isaac, elle arrangea tout de manière à ce que son fils préféré Yaacov les reçut à la place de son frère ainé sans que son mari s’aperçoive du stratagème.(La Genèse – Chapitre 27)

Le Netsiv de Volozine nous enseigne que la raison de tout ça remonte à l’origine de cette rencontre lorsqu’elle a vu cet homme prier et le considéra comme un ange. En se mariant avec lui elle resta sur cette forte impression et ne put jamais l’affronter directement tant elle l’admira et le vénérait. Mais Hachem avait prévu tout ceci, car grâce à ce trait de caractère qui ne la quitta jamais elle ne put éviter la déchirure entre ses deux fils et la rage d’Essav qui jura de tuer son frère après la mort d’Isaac.

Essav est le père de la civilisation grecque qu’on retrouve aujourd’hui dans l’Occident. Cet antisémitisme qui se répercute de générations en générations puise sa source en cette déchirure des deux héritiers d’Isaac provoquée, inconsciemment certes, par Rivka n’osant pas affronter son mari pour lui dire que Yaacov méritait plus ses bénédictions qu’Essav l’aîné.

On voit comment D.ieu planifie l’histoire du monde et les conséquences sur l’humanité qu’on explique à l’origine par les patriarches et leurs épouses, acteurs principaux de l’avenir du monde par leurs actes et leurs traits de caractères, permettant de fixer la donne de l’humanité jusqu’à la fin des temps.

Vayéra – Le sacrifice d’Isaac: L’épreuve authantifiant la vie d’Avraham

6 novembre 2009 at 12:11 | In Vayéra | Leave a Comment

La paracha de la semaine évoque la akedate Its’hac (sacrifice d’Isaac), sujet clé de la Torah. La dernière épreuve (nissayone) d’Avraham Avinou. Qu’a été la akédate Its’hac, qui joue un rôle déterminant jusqu’à aujourd’hui ? Pour preuve, nous évoquons son souvenir et son mérite les jours les plus solennels de l’année, c’est-à-dire durant Roch Hachana ainsi que Yom Kippour.

Hachem s’adresse à Avraham, vers la fin de notre paracha : « Il arriva, après ces faits, que Dieu éprouva Abraham. Il lui dit: “Abraham!” Il répondit: “Me voici.” Il reprit “Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac; achemine-toi vers la terre de Moria et là offre-le en holocauste sur une montagne que je te désignerai.” » (chapitre 22, 1-2). Rachi commente: “de grâce (mon) fils, surmonte cette (dernière) épreuve pour ne pas que les gens disent que les précédentes ne valaient rien”. Pourquoi les gens pourraient-ils penser une telle chose ? Est-ce que le fait qu’un élève échoue à son dernier examen, signifie que la réussite à tous les précédents n’étaient pas significative, cet échec remettrait alors en cause tout son niveau ?

Quelques versets plus loin, au terme de cette épreuve: “Il reprit: “Ne porte pas la main sur ce jeune homme, ne lui fais aucun mal! car, désormais, j’ai constaté que tu honores Dieu, toi qui ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique!” (22,12).

Rachi d’expliquer: désormais, je sais quoi répondre au Satan, et aux Nation qui s’étonneront de l’amour que je te porte. La raison que je donnerai est qu’ils voient que « tu crains l’Eternel » (midrache Tanh’ouma Vayéra 46). Comment comprendre cette allégation ? Elle sous-entend alors que jusqu’à présent toutes les épreuves qu’Avraham avait surmontées ne prouvaient rien quant à son attachement à Hachem ; ce n’est que cette ultime épreuve qui a vérifié l’intégrité d’Avraham. C’est incroyable et tout à fait surprenant.

Le Rav Eliaou LOPIAN rapporte au nom du Saba de Kellem des réponses à ces questions. Toutes les épreuves jusqu’à celle-ci avaient été des épreuves très dures, mais toutes laissaient place à l’esprit et à l’intelligence, à la compréhension. On pouvait y voir une défense des idées d’Avraham, qui s’engageait pour une cause en laquelle il croyait. Dans Our Kasdim par exemple (épisode où NIMROD, roi de l’idolâtrie l’a jeté dans la fournaise ardente), c’était une lutte de la foi et la rercherche de la vérité, contre l’hérésie qui est provoquée et justifiée par la recherche des passions et des pulsions, par l’envie de servir sa propre volonté. Quand l’esprit se renforce et prend le dessus sur le corps, alors on parvient à surmonter l’épreuve.

Tout homme qui a étudié comprend que sans l’étude nous ne sommes pas des hommes au sens où la Torah l’entend, c’est-à-dire un être capable de se dominer. Le Midrache nous enseigne que « La sagesse des peuples, tu peux t’en inspirer et y croire, mais la Torah (façon de se conduire) des Nations, n’y crois pas ». Il y avait des philosophes, des génies dans le passé, dont Socrate (que le Rambam qualifiait d’homme le plus savant des Nations) qui allaient contre l’idolâtrie. Il a été jugé, on l’a condamné à revenir sur ses paroles prononcées publiquement, à savoir que le concept de Divinité Grecque n’était qu’une chimère, il a dit aux juges « si vous souhaitez me tuer, tuez moi ». « Je suis prêt à mourir, même à boire un verre de poison ». Il aurait pu être acquitté de son accusation en renonçant à ses déclarations mais son esprit l’aavait élevé à un très haut niveau. A l’instar d’Avraham, dans l’épisode de la fournaise, où le Roi Nimrod lui demanda soit de renoncer à la Torah, soit d’entrer dans le feu, il préféra mourir dans la vérité plutôt que de vivre dans le mensonge. A priori, on voit que même des arabes sont capables de se faire exploser pour défendre leurs idées.

Avraham durant toutes ses épreuves allait donc d’après son intellect et d’après les idées qu’il défendait. Le Satan l’attaquait, mais à l’instar de Socrate, il parvenait à le combattre par la force de ses convictions. Socrate a mis à mal la mythologie Grec, il ne s’est pas repenti pour autant, et n’a pas trouvé le chemin de la vérité, à l’inverse d’Avraham qui a réduit à néant le bien fondé de l’idolâtrie et à découvert un nouveau sentier qui menait à la vérité, de la Majesté d’Hachem dans le monde. Pour eux, la vérité valait plus que la vie.

La dernière épreuve d’Avraham, le sacrifice de son fils, était aux antipodes de ses convictions, et de sa compréhension. De tout temps, Avraham allait de ville en ville de pays en pays, pour implorer les gens d’abandonner leurs mauvais chemins, il véhiculait les valeurs d’amour et de miséricorde. Il scandait des slogans, « L’Eternel est bon pour tous, sa pitié s’étend à toutes ses créatures» (Psaumes 145,9). Il a ramené des milliers d’adeptes à la Torah. Qu’allait il répondre, à cette pléiade de fidèles, lorsqu’il allait commettre un acte semblant proche de l’idolâtrie, et prenant à revers son combat de toute une vie ? Les gens se détourneraient à coup sûr du chemin qu’il leur avait enseigné. Le Satan est venu lutter contre Avraham avec cet argument quasi irréfutable. Quelle profanation du Nom de d’Hachem, pour celui qui a passé sa vie à Le sanctifier !!!

A quoi cela ressemble lui disait le Yetser ara ? A un Roi qui avait confié l’éducation de ses enfants, à son meilleur ministre. Il a donné à cet éducateur une épée pour qu’il sacrifie les enfants du Roi. L’éducateur a dit « je préfère que le Roi me tue, plutôt que de tuer les enfants du Roi ».

Par ailleurs, Avraham aurait pu dire à Hachem, « tu m’as dit hierque Isaac allait être mon héritier, tu me dis aujourd’hui de le sacrifier ? Nous sommes là pour faire le kidouch Hachem dans le monde, maintenant tu me demandes de commettre le pire Hiloul Hachem »?

Avraham a répondu, « tu as raison Satan, tes questions sont justes, mais Hachem te répondra, s’Il me l’a demandé je ne discute pas sa Volonté et ses ordres ». Avraham n’a pas posé ces questions logiques avant l’accomplissement de la Volonté Divine, il s’est inscrit dans la doctrine qui a valu au peuple d’Israël d’être le peuple élu; « Nous ferons et nous comprendrons ».

Hachem alors lui dit : « Je sais maintenant que tu Me crains » ce n’est pas seulement d’amour dont on parle ici, c’est de la crainte, de ne pas bouger devant les paroles d’Hachem. Maintenant Je sais quoi répondre aux nations et au Satan. Avant Je ne savais pas répondre, parce que les peuples sont capables de défendre leurs idées de cette façon extrême et entière. Mais Avraham a montré ce que personne n’était capable de faire, d’annuler son intellect et ses idées, devant la Volonté d’Hachem, de sacrifier toute sa vie et son travail pour accomplir la volonté d’Hachem. Cette épreuve a dévoilé que toutes les précédentes, bien qu’apparemment en phase avec la Volonté d’Avraham et ses idées, avaient été surmontées pour accomplir la Volonté d’Hachem, c’est pourquoi cette dernière épreuve est le dévoilement et le sceau de l’intégrité, du dévouement et de la sincérité d’Avraham. Nous percevons ici l’importance et la puissance de la Crainte du Ciel qui fait toute la différence entre Avraham et Socrate, entre Israël et les Nations.

Dans le Chapitre 20 verset 3: « Le Seigneur visita Abimélec dans un songe nocturne et lui dit: “Tu vas mourir, à cause de cette femme que tu as prise (Sarah) et qui est en puissance de mari.” »… Au petit matin il raconte à ses serviteurs ce qu’Hachem lui a dit, il était dans la peur et la crainte. Il avait foi en Hachem et réprimanda Avraham Avinou, de ne pas lui avoir dit qu’il était le mari de Sarah, et c’était en toute ignorance qu’il s’était permis de convoiter. Seul Avimelekh parlait. Il n’est pas mentionné dans la Torah ce qu’Avraham a répondu. Avimelekh lui a redemandé plus loin la même chose. Avraham devant le roi, ne répondait pas malgré les réprimandes.

Avraham n’a répondu que lorsque le Roi le lui a demandé expressément. Il a alors révélé les motifs pour lesquels il fit passer Sarah pour sa sœur. «Abraham répondit: “C’est que je pensais: Pour peu que la crainte de Dieu ne règne pas dans ce pays, ils me tueront à cause de ma femme.”(20,11).

Rachi explique, généralement quand quelqu’un est de passage dans une ville, on a coutume de lui demander ce qu’il souhaite manger ou boire, mais ici, on a demandé à Avraham des questions sur la femme qui l’accompagnait, ce qui dévoilait les mauvaises mœurs de ce peuple, à qui il dut voiler la vérité.

Le Rav Yamine TOLEDANO, grand talmudiste de Bné Brak, a commenté l’analogie entre l’évocation de la CRAINTE du Ciel dans cette paracha, une fois concernant Avraham, de façon positive, et une fois concernant le peuple du Roi Avimelekh de façon négative. Il a déduit de celle-ci, que lorsqu’on n’a pas de Crainte du Ciel, on peut en venir à tuer, c’est donc, que lorsque Hachem, atteste sur Avraham qu’il a à présent la Crainte du Ciel, c’est qu’il témoigne à cet instant, qu’Avraham ne pourra jamais tuer, puisqu’il est dominé par la Volonté d’Hachem, et non pas par ses passions et ses pulsions qui pourraient lui dicter une conduite abjecte, comme celle qu’il reprochait au peuple d’Avimelekh.

En 1937, Rav Elkhanane WASSERMAN Zatsal, était à Berlin pour collecter des fonds pour la yeshiva ; Rav Yehiel Yaacov WEINBERG, Rosh Yeshiva de Berlin lui a demandé de donner un cours de pensée juive, comme celui que nous sommes en train de partager. Rav WOLF, fondateur des séminaires pour les jeunes filles à Bné Brak, a entendu cette histoire, il faisait parti des élèves présents. C’était la semaine de la paracha de Vayéra. Rav WASSERMAN expliqua quelle était la discorde entre Avraham et Avimelekh. Il illustra son propos, par une comparaison avec la génération dans laquelle il vivait.

« Berlin, est la ville la plus élevée du point de vu de l’intelligence, de la science, de l’éducation, de la technologie… Il manque juste une chose : la Crainte du Ciel. S’il n’y a pas de crainte du Ciel, rien ne pourra tenir. Les passions et pulsions prendront le dessus, on pourrait se convaincre qu’une femme est veuve, pour se permettre de la convoiter ». Rav Elkhanane a alors déclaré contre toutes attentes et contre toutes les impressions, qu’il n’y avait pas de Crainte du Ciel (c’est-à-dire de conscience qu’on devra rendre des comptes à Hachem), et que par conséquent, que l’Allemagne commettrait un jour les pires crimes au monde. Certains le contestèrent, mais les années illustrèrent malheureusement ses propos visionnaires. La Seconde Guerre Mondiale a été le théâtre odieux de ce que l’homme civilisé et instruit a pu faire à l’homme, en lui ôtant sa condition d’homme.

Comme nous le citions précédemment, il ne faut pas croire en la Torah des peuples. L’homme doit certes marcher avec intelligence, (sinon il ne vaut pas plus qu’un animal), mais il faut l’assujettir à la Volonté d’Hachem qui doit prédominer. C’est uniquement par le biais de la Crainte du Ciel qu’on peut y parvenir.

Nombreux sont les fous capables de se faire exploser au milieu de populations civiles innocentes, parce que considérées comme ennemies, les kamikazes Japonais aussi furent l’illustration de l’apologie de la mort à des fins patriotes, pour défendre des idéologies. Mais prendre l’idéologie et l’assujettir à tout prix à la volonté d’Hachem (HALAKHA) sans comprendre, sans bouger, c’est trop difficile, c’est pourtant cela la Crainte du Ciel. Avraham a refléchi avec son esprit mais il s’est élevé pour accomplir la volonté d’Hachem, même lorsque celle-ci semblait aller à contre courrant de ses idées. C’est la grandeur de l’homme qui cherche a annuler sa volonté devant la Volonté d’Hachem, comme le Pirkei Avot nous y exhorte, c’est ainsi qu’on accomplit toujours le Dvar halakha (la loi de la Torah), en se convainquant que « il n’y a pas de sagesse et d’issue en dehors d’Hachem ».

Pour illustrer cet adage, la Guémara dit en substance la chose suivante: imaginons que le soir du mariage, le marié est paré d’un pantalon contenant du chaatnez (mélange de lin et de laine, interdit formellement par la Torah ; des laboratoires permettent de faire analyser la composition du vêtement, qui n’est souvent pas apparente sur l’étiquette). Un Rav expert dans l’analyse s’en aperçoit au mauvais moment. Il doit l’enlever sur place devant les caméras. C’est la halakha, même dans la rue. De même, si des cohanim sont au mikvé et qu’un d’entre eux, meurt subitement, les autres doivent courir pour sortir du Mikvé, tout nu, afin de ne pas contracter l’impureté transmise par le mort, lorsqu’il se trouve dans la même pièce que les cohanim. Imaginez ces scènes ! Combien elles sont difficiles à concevoir, combien on pourrait se dire, que ce n’est pas poli, ni civilisé, que c’est extrême, et pourtant c’est la volonté du Tout Puissant, celui qui l’accomplit montre par là sa Crainte du Ciel.

De même, si quelqu’un nous parle pendant le kaddish, on ne doit pas répondre, même si on passe pour un fou. C’est à ce sujet que notre Sainte Torah nous enseigne, « mieux vaut passer toute sa vie pour un fou aux yeux des hommes, qu’une seule seconde devant l’Eternel ».

Le juif doit savoir qu’il n’y a pas de compromis avec la Torah, lorsqu’on nous dit qu’on ne doit pas faire la bise à une femme, ou encore pire à sa tante, ou qu’on ne doit pas lui serrer la main, le Yetser ara nous attaque en nous disant que ce n’est pas logique… on coupe alors la Torah à sa mesure et pratique la religion à la carte. Ce type de juifs en Israël est appelé Massorati traditionaliste on traduit ce terme par le mot « scie ». C’est-à-dire qu’ils se munissent d’une scie pour façonner la Torah à leur guise. Le Rav KAPLAN racontait qu’une femme un jour lui avait confié, qu’elle avait dû un chabbat appeler les secours pour une raison de Pikouah’ nefesh (question de vie ou de mort). Lorsque le Rav lui a demandé si la personne s’en était bien sortie, la femme lui a répondu, que D.ieu merci le chien était sain et sauf. Où va-t-on ? On voit ainsi comment les rues sont devenues.

Tous les enfants d’Israël que nous sommes, voulons être bénéficiaires du mérite éternel du sacrifice d’Isaac. Quand on ne sait pas ce que l’on doit faire, il faut questionner des rabanim, qui nous disent ce qu’Hachem attend de nous. Dans notre génération on ne sait pas ce qu’on va devenir. Notre survie réside dans le fait de nous renforcer dans le respect du Choulkhan Aroukh (recueil des lois juives). Celui qui vit ainsi recevra la protection d’Avraham Avinou, qui le défendra du Ciel.

Qu’on puisse se renforcer dans la foi en Hachem et en nos maîtres, celle-ci qui nous sauvera lorsque viendra le Machia’h, que ce soit de nos jours, au plus vite, dans la téchouva et dans la joie. Amen.

Le’h Le’ha – Croire en Hachem les yeux fermés

29 octobre 2009 at 16:27 | In Le'h Le'ha | Leave a Comment
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La paracha de Le’h Le’ha commence par l’ordre divin donné à Abraham de quitter sa terre natale : “Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai.” (Béréchit 12,1) Et Rachi de commenter sur place que l’Eternel n’a pas révélé l’itinéraire complet jusqu’en Israel, pour que cette contrée puisse être désirée encore plus par Abraham et ainsi lui donner un mérite pour chaque pas l’amenant à destination. Le suspens provoqué par Hachem est compréhensible mais la seconde raison nous laisse interrogatifs car pourquoi le mérite est d’autant plus grand que l’on s’avance vers l’inconnu alors que l’effort reste le même, que l’on sache où l’on va ou pas ? Pourquoi Hachem attend de nous que l’on suive ses ordres aveuglément ? Au contraire aurait-on dit, car la motivation est plus intense lorsque l’on sait ce qu’on fait et pourquoi…. 

Afin d’envisager une réponse qui nous donnera la sensation de ce que la Emouna signifie, prenons comme référence la mitsva de Maasser Béhéma (le prélèvement sur le bétail). Le mode opératoire était le suivant : on faisait passer chaque bête par un portillon qui ne pouvait en faire passer qu’une par une et sur chaque dixième bête on mettait un signe qui la rendait sainte, réservée à Hachem tandis que les autres étaient libres de rester chez le propriétaire qui disposait de ces dernières selon sa volonté. A priori ce procédé est bien plus compliqué que celui consistant à les compter une par une et en prendre un dixième à la fin sans avoir besoin de les faire passer par ce portail étroit. Quel intérêt la Torah a-t-elle vu pour nous ordonner de procéder de cette manière ? Il semble, que l’intention voulue n’est pas de sanctifier la dixième bête seulement mais également toutes les autres qui auront subi le même traitement. En effet, si l’on devait analyser notre rôle dans l’accomplissement des divers commandements qui nous sont ordonnés tous les jours, on comprendrait que l’acte en soi depend de l’aide directe d’Hachem car sans cette dernière rien ne se ferait… 

 Donc ce qui est attendu de notre part est l’intention, la ‘kavana’, la bonne volonté que l’on y met. Ainsi nous serons jugés. Le roi David écrit dans les Psaumes “mon rôle O Hachem, je l’ai dit, est de respecter tes paroles”, ce qui signifie en d’autres termes que ce que je dit, pense et m’organise pour garder les mitsvot, c’est cela mon rôle. De ce fait, il est clair que si l’on comptait les bêtes et l’on prélèverait le dixième d’entres elles à la fin, il n’y aurait pas eu de regard, de kavana, sur les autres bêtes. Alors que maintenant où il faut les faire passer une par une par la porte et les compter sans savoir à l’avance qui parmi elles sera choisie pour être celle du maasser, du prélèvement, celui qui exécute la mitsva aura la même intention pour chaque bête, à savoir que chacune a la possibilité, le potentiel de devenir kadoche et ainsi chaque bête fera donc partie intégrante de la mitsva !!!

  De la même manière nous pouvons expliquer la raison pour laquelle Hachem avait choisi de ne pas indiquer précisement l’itinéraire pour arriver en Israel à Abraham. En effet, en ayant connaissance de la destination finale; le mérite n’aurait été que pour l’acte en soi, les frais de déplacement… Alors que maintenant qu’il devait avancer et se demander à chaque pas si c’était bien la volonté d’Hachem, son intention d’accomplir la mitsva était intense à chaque moment car il était possible qu’Hachem lui fasse changer de route constament. Et puisque nous avons prouvé que ce sur quoi nous sommes jugés c’est sur l’intention, l’investissement que nous mettons en avant, il va de soi que sur chaque moment où nous nous demandons si nous sommes en accord avec la mitsva, nous sommes méritant !!!!!

   Ce qui nous permet de conclure que notre raison d’être n’est pas dans l’accomplissement unique des actes de foi mais surtout dans l’intensité, dans l’effort, dans la démarche que nous avons, seuls témoins de notre Emouna. Notre quotidien nous fait oublier le sens des choses que l’on fait instinctivement presque; se lever tous les matins et mettre les téfilines, faire chabbat car c’est sur le calendrier… nous fait perdre l’intention attendue par le Créateur. Et malheureusement les mitsvot finissent par nous paraître rébarbatives, contraignantes !!! 

Le message qui nous est laissé de ce long voyage qu’entreprit Abraham est le même que pour les autres épreuves auxquelles il sera attendu au tournant telles que le sacrifice d`Isaac où Hachem ne lui indiquera qu’à la fin le lieu (qui sera celui du Temple plus tard). Pour élargir l’idée je terminerai en disant que c’est bien le propre du juif d’avancer sans savoir où D.ieu guide ses pas, sans comprendre le pourquoi des épreuves et des tragédies vécues depuis l’esclavage en Egypte (date de la formation du peuple Juif), mais notre force que les nations nous envient est bien celle de la détermination, du courage et de notre dignité malgré les souffrances que nous subissons encore aujourd’hui dans le monde. C’est cette même force qui nous est ordonnée d’avoir par Hachem lorsqu’il nous est demandé d’espérer en la venue du Machia’h par une Emouna chéléma, une foi parfaite tel que Maimonide nous l’enseigne dans les lois relatives à la foi. 

Mes chers amis, je souhaite expressement que ce message pénètre en nos esprits car il me semble que dans le monde ou nous vivons, toutes les valeurs prônées dans le judaisme sont mises à mal pour la simple raison qu’elle sont engageantes et responsabilisantes. le Midrache explique qu’Hachem regarda dans la Torah et s’inspira pour créer le monde, ce qui veut dire que l’équilibre du monde passe automatiquement par le respect des valeurs que nos ancêtres nous ont fait hériter, c’est pourquoi  l’on peut parler d’universalisme de la Torah !!!!

Noa’h – Un homme ou un Tsaddik ?

21 octobre 2009 at 09:38 | In noa'h | Leave a Comment
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 ”Voici les générations de Noa’h. Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. Noa’h enfanta trois fils : Chem, ‘Ham et Yèfeth”. (6, 9-10)
Le mot èlé (« voici »), explique Rav Yonathan Eybeschuetz, indique une exclusion et est destiné ici à marquer une différence entre Noa’h et Avraham : Ceux que « voici » – Chem, ‘Ham et Yèfeth – sont descendus de Noa’h, et pas d’autres.
En revanche, s’agissant d’Abraham et de Sarah, la Tora parle des « âmes qu’ils avaient faites à ‘Haran » (12, 5), désignant ainsi les multitudes de gens dont la vie avait été changée à leur contact. Ils ont exercé une influence dynamique sur leurs contemporains, les invitant chez eux et leur montrant, par leur bonté et leur force de conviction, le non-sens que constitue l’idolâtrie. Contrairement à Avraham et à Sara, Noa’h n’était pas un activiste qui allait vers ses contemporains pour les rapprocher de Hachem. Les seuls gens qu’il a « faits » ont été ses trois fils. Il a néanmoins été considéré comme un homme vertueux, parce qu’il « marchait avec Dieu ».
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. Noa’h marchait avec Dieu. (6, 9)

Que signifie le mot « homme » ? N’aurait-il pas suffi de dire simplement que Noa’h était « vertueux et intègre dans ses générations » ?
Ce terme, explique Rav Moché Feinstein, souligne que Noa’h était un homme, pas un enfant – et donc un être mature et stable. Pour être vertueux, il faut d’abord être un homme. Il faut être intelligent et clairvoyant, posséder du bon sens et un jugement droit. Autrement, la vertu sera instable. Un insensé peut facilement se laisser détourner, et il serait inapproprié de le tenir pour un individu vertueux.
Ibn Ezra émet la même remarque à propos de la réaction de Moché quand Yitro lui a conseillé de se faire assister par des « hommes craignant Dieu » (Chemoth 8, 21). Il chercha aussitôt des « hommes sages » (Devarim 1, 13), les seuls à craindre véritablement Hachem.
Rav Israël Salanter avait l’habitude de dire que la première mitswa de la Torah est de ne pas être un imbécile…

Rav Yaaqov Neumann suggère une approche complètement différente.Le roi David écrit : « Ne me rejette pas au moment de ma vieillesse ! » (Psaumes 71, 9). Pourquoi souligne-t-il la nécessité d’une assistance divine pendant la vieillesse ? N’en a-t-on pas besoin aussi dans sa jeunesse ?
Rav Yits’haq Blaser répond dans Kokhevei Or à l’aide d’une parabole : Deux jeunes gens de dix-huit ans avaient été convoqués pour le service militaire. Le jour prévu pour leur incorporation, aucun d’eux ne se présenta. On lança contre eux des ordres d’arrestation, mais les appelés réussirent à se soustraire aux recherches.
Une année s’écoula, puis une deuxième. Las de cette existence de fugitif, un des garçons se présenta à la caserne. Bien entendu, le commandant se mit en colère contre lui. Mais comme le jeune homme s’était soumis volontairement et était venu pour exécuter ses obligations, bien que tardivement, il déchira l’ordre d’arrestation et permit à l’intéressé de rejoindre son unité comme l’aurait fait toute autre recrue.
Quant à l’autre appelé, il resta hors d’atteinte pendant des décennies. Finalement, alors qu’il était devenu vieux, il décida de suivre l’exemple de son camarade qui s’était soumis bien des années plus tôt. Un beau jour, il entra dans la caserne et se présenta devant le commandant, lequel le fit aussitôt arrêter.
« Mais pourquoi m’arrêtez-vous ? protesta-t-il. Vous n’avez pourtant pas fait incarcérer mon camarade, qui s’est également laissé incorporer après ses années d’insoumission !
– Quel âge avez-vous ? demanda le commandant.
– Soixante et un ans.
– Comment pouvez-vous vous comparer à votre camarade ? observa l’officier. Il s’est présenté alors qu’il n’avait que vingt ans. Comme ses années les plus productives étaient encore devant lui, nous avons pu nous montrer compréhensifs. Mais les vôtres sont maintenant derrière vous. Quelle valeur revêt pour nous votre enrôlement ? Pourquoi devrions-nous vous témoigner de l’indulgence ? »
Il en va de même, conclut Rav Blaser, pour celui qui se repent. Le roi David écrit (Psaumes 112, 1) : « Heureux l’homme qui craint Hachem. » Le Talmud (Avoda zara 19a) applique ce verset à celui qui, étant encore un « homme », craint Dieu. Quand une personne pèche et se repent étant encore jeune et vigoureuse, son retour vers Hachem a une grande valeur, et Il la traite avec clémence. Mais si elle attend jusqu’à la vieillesse, alors que son sang a cessé de bouillonner et que ses instincts et ses impulsions se sont affaiblis, quelle valeur peut avoir un tel repentir ? Où était-elle quand elle était plus jeune ? Telle est la supplication du roi David : Il implore Hachem d’avoir pitié et d’accepter le repentir, même si on ne le met en pratique que dans sa vieillesse. « Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse », bien que j’eusse dû me repentir depuis déjà longtemps !
Rav Neumann applique cette pensée à Noa’h. La Torah complimente celui-ci pour avoir été vertueux et intègre étant encore un « homme ». Il n’a pas attendu d’être devenu vieux pour se mettre en quête de la vertu.
Noa’h fut un homme vertueux, il était intègre dans ses générations. (6, 9)

Le Talmud (Meguila 13b) rapporte que Ra’hel a demandé à Yaaqov : « Comment un homme aussi intègre que toi a-t-il pu se permettre de berner Lavan ? » Yaaqov répondit qu’il est permis de duper une personne perfide, comme il est écrit (II Samuel 22, 27) : « Sois sincère avec les cœurs purs, mais trompeur avec les perfides ! »
D’où la question : Puisque Noa’h a vécu dans une société entièrement corrompue et malhonnête, pourquoi n’a-t-il pas estimé nécessaire de faire fi de tous scrupules envers ses contemporains ? Pourquoi n’a-t-il pas « trompé les perfides » ?
Le ‘Hatham Sofèr cite une lettre du Rambam dans laquelle celui-ci permet à une personne vertueuse de berner son prochain uniquement si elle le rencontre inopinément, mais pas de manière habituelle. On ne doit jamais se laisser accoutumer à la tromperie ; celle-ci risquerait de devenir un trait naturel, ce qui serait destructeur.Voilà pourquoi Noa’h s’est comporté si scrupuleusement. Autrement, puisque tous ses contemporains étaient des voleurs et des menteurs, il se serait tellement habitué à la duperie qu’il aurait pu finir par devenir malhonnête lui-même.

Béréchit – Le monde créé ex nihilo

16 octobre 2009 at 10:25 | In berechit | Leave a Comment
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J`éspère que les fêtes de Tichri se sont bien passées et que la reprise aussi. Chaque fête a le pouvoir de nous renforcer pour commencer l`année sur de nouvelles bases, si l`on a pris la peine de chercher le sens des différentes mitsvot rattachées à ces jours uniques. Et c’est ainsi que nous reprenons le cycle annuel des parachiyot en ouvrant la Genèse qui commence par le récit de la création du monde, de même qu`Hachem reconstruit le monde chaque jour de l`an. Ce qui est extraordinaire, c`est le nombre important d`acteurs dans ce premier tome du Pentateuque, ce qui bien evidemment nous invite à tenter de développer nos recherches sur les différents qualités et les leçons de vie que nos patriarches nous ont laissé en  héritage. Mais en attendant d’apprendre les enseignements relatifs aux actes de nos pères bibliques, essayont d’entrevoir l’explication du premier verset de la Bible “Au commencement l’Eternel créa les cieux et la terre.” donnée par le Ora’h Haim Hakadoche.

Tout d’abord il est essentiel de préciser qu’il ne s’agit pas ici d’une donnée chronologique venant ainsi annoncer l’ordre des événements relatifs à la création du monde où nous vivons. En effet, il s’agit de nous révéler le premier enseignement de la Torah à savoir qu’Hachem a créé le ciel et la terre ex nihilo, c’est à dire que la base de la croyance juive est que la création du monde a commencé de rien, Hachem n’a pas utilisé d’éléments physiques existants pour créer.
Une allégorie nous aidera à comprendre les conséquences réelles de ce postulat: un homme à la recherche d’un bien immobilier dispose de plusieurs options;
- la première et la plus simple est d’acheter du tout prêt, si Hachem l’aide tout ira très vite vu qu’il n’y a pas de négociations avec les entrepreneurs, les ouvriers, la paprasse, etc….
- la seconde est d’acheter sur plan, c’est la manière la plus répandue et ce pas seulement parce qu’elle offre la possibilité d’acquérir du neuf mais surtout car il est possible de faire des arrangements avec l’architecte selon ses propres besoins.
Cependant il reste de nombreux inconnus, à savoir le genre de voisins qu’on aura, ou les orientations géographiques exactes souhaitées. Seuls des personnes véritablement aisées peuvent se permettre d’acquérir un terrain et y construire la maison de leur rêves. Malgré tout eux aussi seront limités dans la réalisation de ce rêve car tout dans ce monde ici bas est limité, rien est véritablement sur mesure et chacun doit s’efforcer de joindre l’utile à l’agréable, d’adapter le rêve à la réalité, d’apprendre à se suffir de ce qu’il dispose.
Cette idée est valable pour l’Homme qui ne peut créer qu’à partir d’éléments existants. En effet, même le chimiste le plus érudit ou le nobel de physique ne pourront pas dépasser le fait que toute création réalisée par l’Homme ne pourra jamais être ex nihilo.
Seul Hachem a pu donc créer un monde adapté parfaitement à la fonction et au but de sa création.
Quel est ce but? Celui de faire du bien à ses créatures, de leur procurer la plénitude à savoir de pouvoir arriver à la perfection dans la réalisation de soi.
L’Eternel a pu créer le monde sans aucune entrave et donc rien ne l’empêche aujourd’hui et demain d’amener ce monde à sa finalité, à la perfection totale.

La conception du monde des idolâtres a toujours été contraire à ce que nous enseigne ce premier verset de la Torah, et cela n’est pas par hasard. Selon eux il n’y a pas de Maître du monde, les idoles qui dominent les forces de la nature ne les ont pas créées, car le monde a toujours été. De ce fait les idolâtres ne conçoivent pas la notion de bien absolu mais plutôt celle du relatif.
Evidemment que celui qui conçoit les choses ainsi ne s’efforcera donc jamais d’améliorer le monde de manière morale ou spirituelle, à fortiori lui-même… car tout est relatif, tout est limité et il n’y a donc aucune possibilité d’atteindre le bien absolu.
Mais le peuple juif, issu d’Avraham, Its’hak et Yaacov, detient la vérité car c’est la première leçon de la Torah : Hachem a créé le monde à partir de rien, ce qui rend ce monde parfait, illimité et il appartient à chacun de nous, en nous réalisant pleinement de rapprocher le monde de sa finalité, de sa perfection absolue.
Il est certain que l’Homme est souvent amené a constater à quel point il est loin de la perfection et ne voit pas de raison suffisante à s’efforcer encore pour l’atteindre. C’est pourquoi il est essentiel de nous le dire et le répéter que si Hachem a créé le monde dans ce but, il est evident qu’Il a insufflé dans celui-ci toutes les forces necéssaires à sa finalité.
Notre devoir est donc d’ambitionner réellement à la perfection de nous mêmes, et surtout pas de manière hypothétique.

Cette leçon arrive justement après les fêtes de Tichri ou nous avons puisé toutes les forces, nous l’espérons, utiles à nos actions et à nos réalisations pour cette nouvelle année à venir.
Pour ma part, le fait d’avoir initié un office des jeunes (au 24 Ben Hamou étage -2) avec la kehila des marseillais de Har Homa, où le renouveau est d’une certaine manière plus présent qu’à l’accoutumé, il va de soi que les attentes d’Hachem pour cette nouvelle année sont nombreuses concernant notre si belle kehila. Mails il est certain également qu’Hachem nous a donné à Roch hachana toutes les forces necéssaires à la réalisation de Ses attentes.
A nous tous, unis comme une famille heureuse, d’en avoir conscience et de rapprocher par nos bonnes actions la venue du Machia’h tsidkeinou, Amen !

Roch Hachana – Glorifier Hachem en ce jour du renouveau

15 septembre 2009 at 20:49 | In Roch hachana | Leave a Comment
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A la veille du jour de l’an hébraïque, j’ai souhaité cette fois m’inspirer de commentateurs contemporains tels que Rav Haïm Friedlander za’l, ancien maître de la pensée juive à la yechiva de Poniewitz de Bnei Brak, qui nous ont légué ce précieux héritage nous permettant de se préparer mentalement à ce grand jour du jugement.

De nombreux qualificatifs sont attribués à Roch Hachana, citons le jour du jugement, mais aussi le premier jour des dix jours de pénitence, ainsi que le jour de la création de Adam, premier homme sur Terre. Lorsqu’on parcours les différentes prières de cette fête on s’aperçoit qu’il est principalement question du couronnement d’Hachem par son peuple. En bref, il apparait plusieurs facettes associées à ce jour, ce qui n’est pas pour nous faciliter la marche à suivre quant à notre devoir spirituel attendu de nous par l’Eternel… Durant le mois de Eloul et jusqu’à la fin de Yom Kippour nous avons l’habitude de réciter le psaume 27 évoquant ces dix jours redoutables commençant par: “A David, D.ieu ma lumière et mon sauveur…” nos sages expliquent “ma lumière” à Roch Hachana et “mon sauveur” à Kippour. On arrive à comprendre que l’Eternel nous sauve en nous pardonnant nos fautes à Kippour mais quel est le sens de la lumière associée au Créateur le jour de Roch Hachana ? On s’interroge aussi sur la raison pour laquelle nous ne récitons à aucun moment des prières du nouvel an quelque supplication que ce soit, ni regrets de nos fautes alors que nous sommes déjà dans ces dix jours de pénitence où Hachem attend de chacun une remise en question, un bilan annuel et surtout de meilleures résolutions pour l’année à venir ? Pourquoi enfin nous consacrons un maximum de temps à louer l’Eternel, à le glorifier par le couronnement, alors qu’il aurait été plus logique, à priori, de rédiger une prière où nous demandons de manière détaillée la bénédiction dans tous nos besoins et une longue vie ? Quel est le rapport entre le couronnement du Créateur et le jugement à Roch Hachana ?

La réponse à toutes ces questions se trouve dans cette parabole: un homme constuit une usine fabriquant des produits de grande consommation, après quelques temps il réussit à développer son entreprise jusqu’au jour où son nom est de renommée mondiale et les plus gros clients abandonnent les concurents pour rejoindre cet homme et traiter avec lui, conscients qu’ils ne trouveraient pas meilleur rapport qualité prix, ponctualité au niveau livraison et un service parfait ! Mais un jour les plaintes se sont fait entendre et le patron s’aperçoit lors du bilan annuel que tout s’est déterioré et que l’usine se trouve dans une impasse. Il fait appel d’urgence à une équipe d’expert chargés de comprendre les causes de cette descente aux enfers. Après une longue recherche minutieuse sur le terrain, les experts déposent sur le bureau de l’exécutif un rapport accablant sur le disfonctionnement de l’usine. Notre patron se met à le lire et découvre avec stupeur des raisons qu’il n’aurait jamais imaginé. En effet, il s’avère que tout est parti d’un désengagement de la part des membres dirrigeants, un laisser aller grandissant. Au lieu de s’efforcer à trouver les meilleurs moyens de rentabiliser et faire fructifier la boite, ils se sont remplis les poches et ont fait marcher leurs propres intérets, en ne déclarant pas tous les bénéfices pour les renvoyer vers leurs comptes privés. Ils n’ont pas hésité à se payer des vacances en famille à l’étranger sur le compte de la société. L’effet s’est répercuté sur les employés manutentionaires qui ont eux aussi fait preuve de désintérêt pour les machines et les ont laissé s’abimer, ce qui a généré de grands défauts de qualité sur les produits et provoqué les revendications des clients… Néanmoins le rapport précise que quelques employés dévoués et loyaux ont continuer à donner le meilleur d’eux-mêmes sans se laisser influencer par l’argent facile et le travail baclé. Le patron en colère pris sur le champ les décisions qui s’imposaient en envoyant des lettres de licenciement à tout le monde, demandant à ceux qui n’ont pas eu de comportement excessivement reprochables de lui remettre une lettre de motivation en précisant les raisons pour lesquelles l’employé désire continuer à oeuver pour le bien de l’entreprise. La réponse finale revient évidemment au patron qui prendra sa décision au bout de dix jours. Bien entendu ceux qui ont été loués pour leur sérieux dans le rapport ont été élevés d’office dans leur fonction avec tous les avantages qui vont avec…

Le message est très clair; l’usine est le monde qu’a créé Hachem il y a 5765 ans, il le dirige et nous sommes ses employés. Chacun de nous a une tâche confiée dans ce monde selon ses capacités afin de répandre le respect divin par nos actions. Roch Hachana est le jour de “la naissance du monde” tel qu’on le dit dans la prière, avec l’apparition de l’homme sur Terre comme élément central de la création, on dit aussi qu’Hachem recommence cette même création chaque année et c’est le sens à ce qu’on a raconté sur ce patron qui referme son usine en licenciant ses employé pour réouvrir la boite avec de meilleurs cadres. Ceux qui ont été loyaux et responsables seront replacés dans leur fonction ou même élevés en grade. Ceux qui n’ont pas joué leur rôle correctement seront transférés à d’autres tâches moins honorables et les traitres seront tout simplement renvoyés car Hachem ne leur trouve pas de postes adéquat dans sa nouvelle usine.

En ce jour de Roch Hachana, il nous est donné à chacun la possibilité de retrouver un travail dans la nouvelle usine, car Hachem fait passer devant lui comme un troupeau chaque être humain et vérifie dans le livres de nos actions notre degré de loyauté. C’est pourquoi nos sages ont fixé dans la prière de ce jour le rôle principal qui nous est donné, à savoir couronner notre D.ieu, car à travers ceci nous lui montrons notre volonté de servir dans son monde de manière plus loyale à l’avenir. C’est pourquoi nos sages nous enseignent que lors de ce jugement, tous nos besoins matériels, notre salaire, nos dettes, notre santé, sont fixés pour le reste de l’année afin que l’on puisse remplir correctement notre mission sur cette Terre, chacun dans son secteur. C’est donc une chance extraordinaire de savoir que l’Eternel nous juge à Roch Hachana par cette lettre de motivation que nous lui présentons en espérant qu’avec Sa bonté il nous pardonnera de notre désengagement dans son usine. Cette téchouva est caractérisée par la volonté de tout reprendre à zéro en évitant les pièges dans lesquels nous sommes tombés l’année écoulée. Si nous devions passer notre temps à nous lamenter sur nos fautes, il serait fort probables que nous sombriions dans l’abandon et la perte d’espoir car il est tellement difficile d’ouvrir une nouvelle page !!!

C’est cette lumière que le roi David dans ses Psaumes nous évoque, cette lumière de miséricorde où Hachem nous donne un jour pour nous rattraper et lui montrer notre motivation à changer nos mauvaises habitudes !!!! C’est ainsi que nous pouvons désormais comprendre le lien entre les différents attributs donnés à ce jour, car en tant que premier jour de l’année il est tout naturel qu’il soit consacré au jugement en souvenir du premier jour de la création où tout était parfait et nouveau. Ce jour où le Créateur redessine son monde et vérifie qui est apte à l’embellir par ses actions et qui va risquer de l’abimer. Mais également ce jour est reservé à la volonté de chacun de couronner Hachem sur le monde et sur soi même, prendre sur nous l’engagement d’être un employé digne de confiance en gardant les mitsvot et en s’écartant des fautes, toutes liées à la volonté du gain facile, de l’effort minimum et du démérite. Lorsque nous parviendrons à montrer à notre D.ieu que notre prise de conscience est sincère, il nous inscrivera dans le livre de la vie en nous reservant un rôle dans son royaume et c’est ce qui nous apportera la réussite dans nos entreprises et la santé que tout le monde souhaite en ce début d’année.

Puisse Hachem entendre et accepter nos prières et nous envoyer le Machia’h cette année afin que la grandeur divine soit palpable aux yeux de tous et que le monde entier reconnaisse la vérité que détient notre peuple, cette Torah source d’équilibre et de paix dans le monde, Amen !!!

Ki Tétsé – Les enfants responsabilisent leur parents

24 août 2009 at 16:39 | In 1, Ki Tétsé | Leave a Comment
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La paracha de la semaine traite dans les détails les divers cas où un homme va s’unir avec une femme. C’est surtout l’occasion de bien définir ce qui est permis et ce qui est parfois obligatoire. D’où l’évocation de cette veuve qui n’a pas eu d’enfants où la Torah oblige le frère du défunt de la prendre pour épouse et ainsi permettre la continuité de la descendance du disparu. S’il refuse pour diverses raisons il y a la cérémonie de H’alitsa, ainsi la femme n’est plus tenue envers sa belle famille et peut ainsi se remarier avec la personne de son choix.
On voit donc ici l’importance de la cellule familiale, idée que nous dévelpperons dans cet exposé.
Mais revenons au début de la paracha qui commence par le verset suivant : “Quand tu iras en guerre contre tes ennemis, que l’Éternel, ton Dieu, les livrera en ton pouvoir, et que tu leur feras des prisonniers; si tu remarques, dans cette prise, une femme de belle figure, qu’elle te plaise, et que tu la veuilles prendre pour épouse, tu l’emmèneras d’abord dans ta maison; elle se rasera la tête et se coupera les ongles, se dépouillera de son vêtement de captive, demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère, un mois entier. Alors seulement, tu pourras t’approcher d’elle et avoir commerce avec elle, et elle deviendra ainsi ton épouse. S’il arrive que tu n’aies plus de goût pour elle, tu la laisseras partir libre de sa personne, mais tu ne pourras pas la vendre à prix d’argent: tu ne la traiteras plus comme esclave, après lui avoir fait violence.” (Dévarim 21,10-14)
On remarquera que le verset précise que l’homme part en guerre et non pour faire la guerre car c’est Hachem qui se bat et qui décide de livrer les ennemis de son peuple en captivité. Il s’agit ici d’un cas particulier où la Torah, connaissant à la perfection la nature de l’homme, autorise ce dernier à s’unir avec une captive originaire d’une nation ennemie du peuple Juif, qui par sa beauté a été envoyée aux premières rangées afin de détourner la concentration des combattants ennemis et ainsi les pousser à faillir dans leur mission.
De plus, on avait appris dernièrement que les soldats Hébreux étaient tout d’abord les plus grands érudits et les plus pieux parmi les gens du peuple. Mais la Torah n’épargne personne car nul ne saurait résister à l’attirance sexuelle qu’une femme, aussi dépravée soit-elle, provoquerait chez l’homme. Et c’est pourquoi ce soldat pourra la prendre pour épouse après un mois où elle aura été laissée dépérir et convertie par la suite. En effet on devra lui raser la tête, laisser pousser ses ongles, l’isoler pour qu’elle puisse pleurer ses parents et ses origines, et si malgré tout notre combattant la désire toujours, il s’unira avec elle et ainsi elle sera son épouse.
Qu’est-ce que ce texte aurait à nous enseigner de plus si ce n’est la force du Yetser Ara qui pousse l’homme à agir contrairement à tous ses principes?  La Torah étant humaine, l’autorise à s’unir avec cette femme car sinon il n’y résistera pas !!!
Le Yetser Ara est un expert et agit en provoquant chez l’homme l’impression que cette faute lui est autorisée pour une série de raisons. Il se rassurera en pretextant que la Torah ne lui demande pas d’être  un Tsadik mais plutôt d’être respectueux des 613 commandements, un bon Juif en quelque sorte…
Justement, le verset précise “et que tu la veuilles prendre pour épouse”, nos Sages de déduire: pour toi mais pas pour tes enfants. Ce qui signifie que les raisons, pour lesquelles tu te permets l’union avec une femme qui représente le contraire des valeurs que tu voudrais transmettre à tes enfants, ne seront pas justifiées aux yeux des enfants que tu auras avec elle. L’influence destructrice ne sera pas tempérée par toutes ces raisons !!!
 
Souvent on pense que nos enfants peuvent très bien imaginer comme nous des pretextes à nos actions et trouveront le moyen de nous déculpabiliser, alors que c’est totalement faux. Car ce qu’on se permet à postériori en disant qu’on avait pas le choix, devient chez nos enfants une philosophie de vie à priori. Ils ne jugent que les actes et puisque papa agit ainsi, alors nous aussi et c’est tout !!!
Le Kli Yakar nous enseigne qu’en vérité il y a plusieurs endroits dans la Torah où l’on évoque le Yetser Ara. On reconnait facilement agir en dépit de notre conscience simplement parce que la pression sociale est trop grande, même si à priori il serait préférable d’agir différement. On se justifiera on disant que ce ne sont que des interdits de nos Sages mais que la Torah n’est pas vraiment explicite sur le sujet.
C’est pourquoi il est impératif de savoir qu’il est possible de trouver des raisons justifiant nos actes, qu’il est trop dur de nager à contre-sens mais il ne faut pas oublier le regard de nos enfants sur nous. Un gamin qui voit ses parents investits dans le matériel, où tout est axé sur le paraître et non sur l’être, il ne faudrait surtout pas espérer qu’il ait une quelconque attirance vers la démarche spirituelle de la vie, au-delà de ce que la société propose.
Et c’est tout naturellement que la paracha poursuit par l’histoire de cet enfant rebelle, âgé de 12 ans, qu’il faudra tuer et ainsi l’empêcher de devenir criminel. L’histoire nous a montré que ce cas n’est jamais arrivé dans notre peuple, mais la Torah n’écrit jamais des commandements pour rien et la leçon de tout ça est que tout est lié, qu’on ne peut occulter de notre conscience les conséquences de nos actes et que les gens ne sont pas forcément portés vers un jugement circonstentiel de ce qu’on leur montre de nous-mêmes.
Je terminerai en partageant avec vous l’histoire connue sur le Gaon de Vilna qui reçut un jour la visite du boucher du village lui demandant comment se fait-il que son camarade de classe soit devenu Gaon (le plus sage de sa génération) et que lui et ses enfants, de simples bouchers ? le Gaon lui demanda :
_ “quand est-ce que tu as commencé à te préoccuper de l’éducation de tes enfants ?
_ dès qu’ils ont eu l’âge de parler.
_ moi, j’ai commencé lorsque j’ai eu l’âge de 15 ans !!!!!
 
Ce qui nous montre que nous nous devons, par soucis de père et surtout de futur père, nous habituer à agir en fonction de ce que nos enfants comprendraient pour eux-mêmes. Ceci nous responsabilise bien avant d’en avoir et l’on ne pourra jamais dire qu’on observera les mitsvot seulement lorsqu’on mettra nos enfants à l’école juive, car pour bien imprégner nos héritiers des valeurs profondes du judaïsme il faudrait déjà nous éduquer nous-mêmes, afin de jouïr pleinement de l’épanouïssement et de la plénitude dans nos familles !!!

Choftim – Lutter face à la menace psychologique de l’ennemi

16 août 2009 at 12:48 | In 1, Choftim | Leave a Comment
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Cette semaine, la paracha commence par l’ordre de mettre en action, dès l’entrée du peuple Juif en Israël, un appareil juridique et policier agissant avec impartialité et professionalisme. Il y a là une nécéssité de rendre justice rapidement, pas de mise en examen, pas d’emprisonnement le temps de préparer l’accusation. Il est vrai que la justice permet d’éviter les conflits, de protéger les dominés. Mais tout cela n’est que conséquence de la justice mais pas le but recherché. En effet, ce dernier est beaucoup plus métaphysique, car la justice permet à l’homme de purifier son relationnel avec son prochain. Il y a là notion de purification tout comme celle des sacrifices qui permet à l’homme de se rapprocher de l’Eternel. On comprend pourquoi l’animal devait être Cacher mais surtout sans défaut physique, car il est un vecteur de pureté.
Ce préambule nous permet de mieux aborder le sujet de la guerre. Après que Hachem énnoncera précisément ce que signifie la justice durant les trois quarts de la paracha, voici que l’on change de chapitre et le verset d’annoncer: “Quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille, et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, n’en sois pas effrayé; car tu as avec toi l’Éternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte.” (Devarim 20,1)
Rachi explique le rapprochement en disant que si l’on garde la justice scrupuleusement, Hachem nous protègera lors des guerres à venir.
De nos jours avec la menace atomique que l’Iran fait peser sur nous en Israel, les menaces verbales de ces derniers jours qui échauffent les esprits de chacun, ce verset devient des plus actuels. C’est pourquoi il serait intéréssant d’analyser, d’après la Torah, ce que veut dire la peur de l’ennemi. Car le passouk est clair en nous ordonnant de repousser ces sentiments de craintes qui, à priori, sont naturels. Néanmoins, si l’on poursuit notre lecture on s’aperçoit qu’il y a contradiction avec l’ordre de partir en guerre sans crainte de notre vulnérabilité potentielle. Le verset continue: “Or, quand vous serez sur le point de combattre, le pontife s’avancera et parlera au peuple. Il leur dira: “Ecoute, Israël! Vous allez, en ce moment, livrer bataille à vos ennemis; que votre courage ne mollisse point; soyez sans crainte, ne vous laissez ni déconcerter ni terrifier par eux. Car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui marche avec vous, afin de combattre pour vous contre vos ennemis et de vous procurer la victoire.” Ensuite les préposés parleront au peuple en ces termes: “Si quelqu’un a bâti une maison neuve et n’en a pas encore pris possession, qu’il parte et s’en retourne à sa maison; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre en prendrait possession. Si quelqu’un a planté une vigne et n’en a pas encore acquis la jouissance, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre acquerrait cette jouissance. Et si quelqu’un a promis mariage à une femme et ne l’a pas encore épousée, qu’il parte et s’en retourne chez lui; car il pourrait mourir dans la bataille, et un autre homme l’épouserait.” Les préposés adresseront de nouveau la parole au peuple, et diront: “S’il est un homme qui ait peur et dont le cœur soit lâche, qu’il se retire et retourne chez lui, pour que le cœur de ses frères ne défaille point comme le sien!” Alors, les préposés ayant fini de parler au peuple, on placera des officiers de légions à la tête de l’armée.” (Devarim 20,2-9)
On se demande alors, si la Torah prévoit qu’il puisse avoir des morts au combat, pourquoi nous demande-t-elle de ne pas avoir peur de l’ennemi ??? La réponse se trouve dans le verset lui-même si l’on prend la peine de le lire correctement. Il s’agit de la peur des chars, d’un peuple plus nombreux. Qu’est-ce qui engendre la peur ? Le danger lui-même n’effraie pas car objectivement tout le monde sait qu’il y a toujours des morts lors d’un conflit, mais lorsqu’on observe l’ennemi, son arsenal, sa force de frappe, on est pris d’un effroi incontrolable. C’est l’imagination, la projection de ce que pourrait impliquer une défaite qui détruit le morale du soldat. C’est là tout le message qu’Hachem veut nous donner.
Il ne faut pas croire que ce sont les armes, les missiles ou les chars de nos ennemis qui sont la menace, ils ne sont qu’une illusion car en fait Hachem contrôle ces ustensils. Il ne s’agit pas ici de rentrer sa tête dans le sable et attendre de se faire tirer dessus en pensant que peu importe l’arme qui va faire le sale boulot puisque de toute façon le résultat sera le même. Au contraire, on se doit d’anticiper et d’adopter la meilleure stratégie pour gagner le plus facilement. Hachem nous interdit de craindre la menace psychologique de l’ennemi. On a tous en mémoire les défilés des chars russes pendant la guerre froide, ou dernièrement ceux d’Iran. Leur manière n’a pas changé, il y aura toujours quelqu’un pour menacer le peuple Juif, mais notre réaction doit toujours être la même, à savoir que la menace n’est pas directement liée à l’ennemi, ce dernier n’a pas la possibilité d’exécuter tant qu’Hachem ne lui donne pas le feu vert. Tout n’est qu’illusion et c’est l’Eternel qui fait la guerre.
 
Le Hafets Haïm reprend cet enseignement pour aller encore plus loin et dire que la vrai guerre n’est pas celle que nos enemis nous livrent mais surtout celle que notre Yetser Ara nous prépare à chaque moment de la journée. Ce sont les mêmes procédés qui agissent ici. Prenons l’exemple d’un homme qui se lève le matin en prenant la ferme résolution de modifier son quotidien. Aujourd’hui il sera à l’heure à la prière, il ne quittera pas la synagogue avant la fin, il gèrera ses affaires le plus justement et sans compromis, il sera concentré au cours de Torah du soir; toute une révolution dans sa journée !!
Mais le Yetser Ara se prépare également au combat…, il sait que cet homme tiendra ses promesses tant qu’il restera concentré sur ses nouveaux objectifs. Ainsi, il va tout faire pour l’en éloigner. Et c’est parti: le téléphone sonne juste avant que notre homme ne franchisse le pas de la porte pour aller à la synagogue, au milieu de la prière il se souviendra que juste aujourd’hui il avait promis à son épouse de faire les courses avant d’aller au travail, et là dommage que justement aujourd’hui vient l’assureur constater les dégats et qu’il faille arrondir le montant (vers le haut bien sûr). On le comprend mais demain c’est sûr il sera parfait ……
C’est ainsi qu’on prend conscience de l’emprise qu’exerce sur nous cet ennemi intérieur. A chaque fois on a l’impression de ne pas avoir le choix, on voudrait être sur la bonne voie mais encore une fois tout n’est qu’illusion et il nous est difficile de s’en défaire.
 
La justice, c’est cela !! C’est remettre de l’ordre dans notre vie et tout d’abord à l’intérieur de nous mêmes. C’est une chance que D.ieu nous donne d’avoir un mois entier pour se préparer à Roch Hachana, en purifiant notre intérieur par l’introspection, le bilan de nos actions, l’analyse de nos faiblesses, des mauvaises influences, de notre léthargie à accomplir les mitsvot. Hachem nous interdit d’avoir peur, cette peur qui bloque l’esprit, celle qui nous ralentit dans notre engagement, ce “je peux pas, c’est pas pour moi”…
Il faut se dire qu’Hachem fait ce qu’il a à faire, la nature remplit son rôle à merveille, le soleil ne refuse jamais d’éclairer le monde, et les nations attendent toujours de nous voir exemplaire, mais nous est-ce que nous remplissons notre rôle de Juif ? Alors faisons ce que nous avons à faire et au diable les illusions !!!!
Je terminerai en évoquant le message adressé dans la paracha de la semaine dernière. Hachem présente au peuple Juif  le choix entre la bénédiction si l’on suit les commandements de la Torah et la malédiction si on les refusent. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de troisième option, celle du milieu à savoir: accomplir ce qui nous arrange parmi les mitsvot de manière passer entre les mailles en disant “qu’on me laisse tranquille, je veux être ni beni ni maudit !”
C’est impossible, notre histoire nous a montré qu’il n’y a jamais eu de période où l’on a cessé de s’interresser aux juifs.
Souhaitons que  le mois de Eloul nous permette de faire le vide à l’intérieur de nous mêmes et qu’Hachem nous aide à prendre les bonnes résolutions pour l’année à venir !!!!
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